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Entre fête et foi

22 décembre 2016 | Publié par Véronique Belen dans Blog

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Je le dis tout net : Noël n’est de loin pas la fête liturgique que je préfère. Il y a à cela diverses raisons : elle est placée au cœur d’une période de froid, de grisaille et de manque de luminosité que je vis chaque année avec difficulté. Elle a été plaquée dans les débuts de l’histoire du christianisme sur des dates de célébrations païennes et rien ne nous permet de penser que Jésus soit effectivement né en cette période du solstice d’hiver. D’où le reproche récurrent des non-croyants de « l’illégitimité » du Noël chrétien qui me met toujours fort mal à l’aise. Les célébrations du 24 décembre virent souvent à la foire touristique. Désolée de devoir le dire, mais je suis incapable de me recueillir à l’église devant un mystère chrétien dans une telle ambiance. Même les initiatives de la meilleure volonté sont noyées dans le « non-silence » d’une foule en quête de merveilleux plus que de foi. Ça bouge, ça bavarde, ça se bouscule pour apercevoir la « crèche vivante » qui, dans un tel contexte, relève plus du folklore que d’une célébration digne et recueillie. Je me dis d’ailleurs que les personnes qui ne vont à la messe qu’une fois par an, ce jour-là, ne peuvent absolument pas se rendre compte de ce qu’est une célébration recueillie de l’Eucharistie.

Bref, on l’aura compris : Noël comme fête liturgique, ce n’est pas vraiment mon truc. En outre, je trouve qu’on en fait beaucoup trop autour de Jésus Christ petit enfant. Cela pourrait être aussi une manière de minimiser le poids de sa Parole, qui devrait être le vrai cœur de notre foi. Jésus, pour moi, c’est un partenaire de vie pleinement adulte. Infiniment adulte. Je ne parviens pas à m’émouvoir vraiment devant un santon de lui nouveau-né. C’est un peu comme si, à chaque anniversaire, on faisait exclusivement mémoire du nourrisson qu’on a été. Non ! On célèbre la vie qui continue, qui grandit, qui mûrit. La progression vers la sagesse, et pas le retour aux vagissements !

Autant je vis en plénitude Pâques et toute la Semaine Sainte, autant les célébrations du temps de Noël me pèsent sans que j’y trouve vraiment ma place. Le Christ Jésus est bien trop fortement présent à ma vie quotidienne pour que je songe à « l’enfanter », selon les métaphores chères aux prédicateurs. Et pour en finir avec mes griefs, j’ajouterais que c’est un peu facile d’adorer un bébé de plâtre, certes exemple d’humilité dans sa crèche, mais quand les mêmes se prosternent devant le « petit Jésus » et font la sourde oreille quand une personne adulte, en chair et en os et leur contemporaine parle au nom de l’Esprit Saint, il y a de quoi se poser des questions sur leur réceptivité à Celui qui vient pour faire « se ressouvenir » de tout ce que Jésus nous a enseigné…

Cela dit, je ne néglige absolument pas la fête de Noël. Chez moi, je prends grand soin de mettre en évidence la crèche sous le sapin, nous passons des moments tout-à-fait privilégiés en famille, à la lumière des bougies et en écoutant des chants de Noël, et nous nous régalons d’une manière unique au réveillon. C’est un moment auquel je tiens, que je soigne, que je veux peut-être d’autant plus heureux pour les miens que les Noël de mon enfance n’étaient pas très joyeux. Je n’en ai d’ailleurs retenu pratiquement que les célébrations religieuses, qui, dans ma famille, en ont toujours été le centre – pas de Père Noël chez nous, et d’ailleurs, très, très peu de cadeaux… Cela ayant été un bien.

On sera peut-être étonné de ma perception de Noël, moi qui vibre pourtant de foi en Jésus Christ. Mais l’avènement que j’attends avec ardeur, c’est le second, pas cette évocation toujours un peu trop mièvre et peut-être très éloignée de la réalité de la Nativité.

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4 commentaires

  • Claire says:

    Bonjour Véronique, l’Eglise répète avec émerveillement, siècle après siècle : « Un enfant nous est né ! » Il me semble que cela n’est pas un rabachage un peu mièvre, même si certaines célébrations de Noël ont cette tonalité là avec des enfants-santons sous l’ oeil attendri de leur parents bien plus admiratifs de leur progéniture déguisée qu’à l’écoute de la Parole de Dieu.. L’Incarnation devrait révolutionner toute notre vie intérieure : Jésus ne vient pas seulement nous montrer le chemin vers le ciel ou nous l’enseigner, Il se fait lui-même chemin. « Je suis la Voie, la Vérité et la Vie. Nul ne vient au Père que par moi » Au lieu de nous appuyer sur nos propres forces, d’essayer vainement de conquérir nos vertus à la force du poignet, savons-nous tout recevoir de lui ? 
     C’esr aussi un bouleversement dans le peuple élu : ni les prêtres du Temple, ni les docteurs de la Loi, ne sont associés à l’événement, mais de simples bergers: désormais c’est le Christ qui est la présence de Dieu et son corps est le nouveau Temple…il ne vient pas comme une météorite, mais comme un événement préparé, comme un fruit mûr ..après des siècles de préparation et de pédagogie de Dieu…à travers ce petit peuple hébreu…J’ai l’impression de creuser un peu plus tout cela à chaque Noël, et il se profile déjà Pâques..qui ne serait pas advenu sans Noël!

    • Véronique Belen says:

      Oui Claire, tout ce que vous dites est juste. (Et je vous remercie aussi vivement de vos prières pour Cécile).
      Quant à moi, je me situe toujours dans une perspective eschatologique : je pense ainsi qu’ à trop insister sur le mystère de Noël comme avènement de Jésus dans la chair, on a tendance à trop passer sous silence son second avènement, en Gloire, dont nous sommes, j’en suis persuadée, bien plus proches que du premier il y a 2000 ans. Ce second avènement est « préparé » aussi avec précision dans les Ecritures (évangiles, Nouveau Testament, Apocalypse…). Mais l’Eglise catholique est d’une frilosité extrême dans ce registre, comme si elle avait peur de cet avènement, voire ne le souhaitait même pas…
      C’est le sens profond de ce billet.
      Ma crèche est rangée, ce n’est pas le « petit Jésus » que j’attends.
      Viens, Seigneur Jésus, mais viens vraiment !

  • Thod says:

    Bonjour Véronique ,

    oui on peut voir comme tu le dis, mais je crois qu’a Noël il faut regarder Jésus et Vivre un peu avec ceux qui l’accueillent en ce monde , Marie ne devait pas forcement avoir très chaud lors de la mise au monde, pour le confort on sait que le Ritz était plein ce jour là, et il ne faisait peut être pas très beau non plus dehors , donc l’inconfort permet d’être au présent de ce qu’a vécue Marie , une mère une femme comme toute autre !
    il est certain que l’on ne vient pas philosopher sur le pti Jésus et l’âne ou le bœuf à Noël on vient avec Dieu en son cœur et on tente d’en faire une crèche pour qu’Il échauffe ce lieu !
    on s’embête a vouloir penser au pti Jésus a Dieu fait homme , il suffit d’être là aujourd’hui ave cLui et de ne rien projeter sinon encore d’Aimer et se laisser aimer !
    Jésus n’est pas venu spécialement pour qu’on fête Noël , mais pour nous faire entrer dans Sa Crèche Éternelle ! ce qu’IL appel le Royaume !
    Joyeux Jesus de Noël a Toi !

    Thod

    • Véronique Belen says:

      Bonjour Thod,

      A mon avis, le Royaume que le Christ nous a promis n’a rien à voir avec une inconfortable crèche : bien au contraire, on y vivra la plénitude de relations transparentes avec autrui et la vision de Jésus Christ dans sa gloire et pas dans un dépouillement de nouveau-né… On a tendance à mettre beaucoup de santons dans une crèche ; l’Evangile nous enseigne au contraire que très peu nombreux ont été ceux qui ont reconnu la messianité de Jésus de son vivant parmi les hommes…



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