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L’unité par la vérité

22 janvier 2017 | Publié par Véronique Belen dans Blog

Nous sommes au milieu de la semaine de prière pour l’unité des chrétiens. Un temps qui me tient à cœur.
Je le répète, je ne suis ni théologienne, ni dotée d’une quelconque fonction pour travailler à ce thème. Disons plutôt que ce thème « me travaille », et depuis longtemps. Il est souvent, pas seulement cette semaine, au cœur de ma prière. Et ce que j’ai à en dire ne vient pas d’une élaboration intellectuelle personnelle, mais de ce que je reçois, depuis longtemps, dans l’oraison, que j’accompagne d’une grande attention à ce qui se dit ici ou là sur ce thème. Au niveau du chrétien de base, et pas des doctes qui rédigent des déclarations communes. Celles-ci permettent des avancées théologiques, mais je ne pense pas que l’unité se fera par les sommets de la pyramide, mais plutôt par la base des églises. Prenons l’exemple tout simple du couple catholique – protestant : ces conjoints-là vivent l’œcuménisme bien mieux que n’importe quel théoricien de la question, non sans une certaine souffrance d’ailleurs.

Il y a un mot qui fâche et que l’on évite dans les discussions œcuméniques : c’est le mot Vérité. Et pourtant, je pense que c’est là le nœud des divisions. Les catholiques ont tendance à ériger la leur en absolu. Les protestants finissent par la relativiser à l’extrême : je suis tout de même choquée quand je lis sur des plateformes de discussion protestantes libérales que Jésus n’est pas forcément le Fils de Dieu, conçu de l’Esprit Saint dans le sein vierge de Marie. Or, cela est tout de même la base de notre foi : Jésus né sans l’intervention d’aucun homme pécheur, de la volonté et la puissance de Dieu son Père, ainsi sans péché depuis ses origines, ce qui le rend légitime à prendre sur lui tout le péché du monde à la Croix. Ne pas croire en la divinité de Jésus par son Père et en son humanité par sa mère, c’est prendre le risque de tronquer tout le mystère de la rédemption.

Parallèlement, l’obstination des catholiques romains et orthodoxes à proclamer « Marie toujours vierge » me désole tout autant. Les réformés ont fait un travail considérable sur les Ecritures, et ont eu l’honnêteté de rejeter les évangiles apocryphes décrivant l’enfance de Jésus, qui frisent le ridicule. Oui, il faudrait vraiment avoir un jour l’honnêteté de reconnaître, côté catholique, que nombre de doctrines et même de fêtes liturgiques trouvent leurs sources dans ces écrits-là, qui ne sont pas canoniques et auraient dû être mis définitivement de côté.

Abordons le sujet clairement : Marie toujours vierge ?
Si Jésus s’est incarné dans la chair, s’il a pris chair humaine, ce n’est pas pour s’évaporer le temps de sa naissance.
On me rétorquera l’argument habituel : après la résurrection, le Christ est entré au cénacle alors que les portes étaient closes. Fort bien. Mais cet événement se situe justement après sa résurrection, quand il est revenu dans son corps glorieux. Nous ne savons rien des propriétés d’un tel corps. Par contre, nous proclamons Jésus venu dans la chair, il avait donc bien une chair humaine au moment de son passage du sein de Marie au monde. Sinon, aurait-elle eu besoin de le nourrir ? Après tout, s’il avait pouvoir de s’évaporer en naissant, il n’aurait jamais eu aucun besoin physiologique non plus, et pourquoi pas, aurait pu aussi s’évaporer de la croix.

Dans tout l’Ancien Testament, on fait mention des premiers-nés qui « ouvrent le sein maternel » pour être offerts au Seigneur. Mention qui s’applique parfaitement à Jésus.

Faisons confiance aussi à nos amis protestants quant à leur réalisme sur les « frères et sœurs de Jésus », et non pas cousins ou que sais-je encore. La Sainte Famille Marie-Jésus-Joseph ne m’a jamais semblé réaliste. Inconcevable dans le monde juif de l’époque. Et dans quel intérêt ? Faire de Jésus un fils unique gâté, n’ayant jamais eu à se frotter à une fratrie pas toujours bien disposée à son égard ? Tout fils de Marie qu’ils aient été, les frères de Jésus montrent en plusieurs endroits de l’Evangile de l’hostilité à son égard : « Il a perdu la tête » et autres manifestations d’inquiétude ou de jalousie spirituelle qu’on peut mettre à leur compte. Ce n’est qu’après la résurrection que Jacques « le frère du Seigneur » s’investira dans l’Eglise naissante.

Je constate avec amertume, depuis longtemps, qu’une frange de l’Eglise catholique romaine se montre irréconciliable avec les réformés en raison de sa crispation sur ces doctrines. C’est plutôt la foire aux arguments fallacieux pour défendre coûte que coûte la virginité gynécologique de Marie « avant, pendant et après l’accouchement ». Comme s’ils avaient absolument besoin de cette déesse désincarnée pour exister spirituellement. Et de mettre en avant toutes les fausses révélations de fausses mystiques pour se justifier.

Je ne voulais pas aujourd’hui aborder les autres points qui divisent les chrétiens. Celui-ci m’en semble déjà un, majeur. Mais le clivage n’est plus entre catholiques et protestants. Il est entre catholiques conservateurs et dogmatiques d’un côté, et catholiques ouverts à une remise en question de certaines de leurs doctrines, main dans la main avec les réformés, de l’autre côté.

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