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« Mais auparavant, il faut qu’il souffre beaucoup et qu’il soit rejeté par cette génération » Luc 17, 25

14 novembre 2019 | Publié par Véronique Belen dans Méditations bibliques

En ce temps-là, comme les pharisiens demandaient à Jésus quand viendrait le règne de Dieu, il prit la parole et dit : « La venue du règne de Dieu n’est pas observable.
On ne dira pas : “Voilà, il est ici !” ou bien : “Il est là !” En effet, voici que le règne de Dieu est au milieu de vous. »
Puis il dit aux disciples : « Des jours viendront où vous désirerez voir un seul des jours du Fils de l’homme, et vous ne le verrez pas.
On vous dira : “Voilà, il est là-bas !” ou bien : “Voici, il est ici !” N’y allez pas, n’y courez pas.
En effet, comme l’éclair qui jaillit illumine l’horizon d’un bout à l’autre, ainsi le Fils de l’homme, quand son jour sera là.
Mais auparavant, il faut qu’il souffre beaucoup et qu’il soit rejeté par cette génération. »

Luc 17, 20-25
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

Jésus a prononcé ces paroles il y a 2000 ans ! Nous en rendons-nous toujours bien compte ? Et pourtant elles demeurent, elles sont toujours d’actualité, et si ses contemporains avaient beaucoup à en apprendre, il en va de même pour nous, vingt siècles plus tard.
Les contemporains de Jésus venu dans la chair ont eu cette chance inestimable de le côtoyer, de pouvoir l’écouter et même l’interroger. Malheureusement, souvent, ils ne l’ont fait que pour chercher à le piéger ou à ridiculiser son enseignement, comme nous l’avons vu dans l’évangile de dimanche dernier (Luc 20, 27-38) au sujet de la résurrection des morts. Les pharisiens, les sadducéens et autres sceptiques s’en prenant à Jésus ne pouvaient pas anticiper sa résurrection –  que nous chrétiens nous connaissons – et y comprendre à l’avance quelque chose. Et Jésus en était tristement lucide quand il disait :
« Mais auparavant, il faut qu’il souffre beaucoup et qu’il soit rejeté par cette génération. »

J’insiste une fois de plus sur le fait que la passion et la crucifixion de Jésus n’ont pas été « un accident de l’histoire » comme le prétendent certains théologiens contemporains. Elles étaient inéluctables, tout comme est inéluctable à notre époque le rejet de la vérité qui est dans l’Evangile – tous les faits et gestes, et surtout la Parole du Christ Jésus. « Cette génération », c’est aussi la nôtre, et même spécialement la nôtre, elle qui rejette les enseignements de la Sagesse incarnée à son tour après le Verbe incarné il y a vingt siècles.

Cette génération, la nôtre, ne comprend pas qu’elle se trouve au tournant décisif de la révélation divine. A ce repli de l’histoire de l’humanité qui nécessiterait que l’Evangile du Christ soit enfin pleinement pris au sérieux, dans tout ce qu’il nous enseigne. Et ainsi, le règne de Dieu s’est manifesté une première fois au temps de l’incarnation de Jésus, qui fut cruellement rejeté par son peuple d’appartenance, et il s’annonce une seconde fois pour être dorénavant inauguré tout à fait ailleurs que sur cette création dévoyée par l’homme et son péché. Le signal en sera, bien sûr, le second avènement du Messie, qui se manifestera cette fois de manière visible et incontestable par toute chair. Mais voilà précisément ce que l’humanité refuse de prendre en considération : ce retour du Christ en gloire dont elle se gausse, auquel elle ne veut pas croire, dont elle parle avec dédain et mépris pour ceux qui l’attendent vraiment – et nous sommes très peu nombreux même parmi les chrétiens, en particulier dans l’Eglise catholique.

Que fait notre Eglise de nos jours ? Elle s’englue dans ses innombrables fautes contre l’Evangile, et cherche comment sauver la face après avoir meurtri les plus vulnérables jusque dans leur chair, elle compte ses deniers et se soucie de sa pérennité terrestre dans la course aux vocations sacerdotales…

La Sagesse en personne serait-elle incarnée dans ses propres rangs au détour du troisième millénaire, pour l’avertir de l’imminence du retour du Christ en gloire et de la survenue réelle du règne de Dieu en d’autres lieux que sur cette terre perdue, elle la ferait taire, la persécuterait, la moquerait, oh, un peu plus proprement que le peuple juif ne l’a fait à Jésus ! De nos jours, l’Eglise préfère abandonner aux psychiatres ses prophètes, surtout si ce sont des femmes, pour qu’elle ait une paix de surface et puisse ainsi continuer à ne pas annoncer au monde ce qui advient.

Malheureuse et coupable surdité ! Mais heureux et affûtés celles et ceux qui accordent à l’émanation féminine du Messie quelque attention !

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