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«Il est possédé par un esprit impur.» Marc 3, 30

27 janvier 2020 | Publié par Véronique Belen dans Méditations bibliques

En ce temps-là, les scribes, qui étaient descendus de Jérusalem, disaient : « Il est possédé par Béelzéboul ; c’est par le chef des démons qu’il expulse les démons. »
Les appelant près de lui, Jésus leur dit en parabole : « Comment Satan peut-il expulser Satan ?
Si un royaume est divisé contre lui-même, ce royaume ne peut pas tenir.
Si les gens d’une même maison se divisent entre eux, ces gens ne pourront pas tenir.
Si Satan s’est dressé contre lui-même, s’il est divisé, il ne peut pas tenir ; c’en est fini de lui.
Mais personne ne peut entrer dans la maison d’un homme fort et piller ses biens, s’il ne l’a d’abord ligoté. Alors seulement il pillera sa maison.
Amen, je vous le dis : Tout sera pardonné aux enfants des hommes : leurs péchés et les blasphèmes qu’ils auront proférés.
Mais si quelqu’un blasphème contre l’Esprit Saint, il n’aura jamais de pardon. Il est coupable d’un péché pour toujours. »
Jésus parla ainsi parce qu’ils avaient dit : « Il est possédé par un esprit impur. »

Marc 3, 22-30
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

«Il est possédé par un esprit impur.»
Les scribes ont osé le dire au sujet de Jésus. A priori. Sans chercher à l’écouter vraiment, à le comprendre, à discerner ses propos et ses faits et gestes. Ils ont préféré dire qu’il était possédé par le démon car Jésus les gênait dans leurs prérogatives séculaires. Eux s’estimant de la vérité et de Dieu, Jésus devait sans nul doute, à leurs yeux, être du mensonge et de Satan. Bien trop dérangeant pour l’ordre religieux établi.

Finalement, nous avons là un bon critère de discernement pour aujourd’hui, à cette époque étrange où même en Eglise, beaucoup ne croient plus en l’existence du Mauvais et de ses hordes d’esprits retors prompts à mettre en accusation ce qui vient réellement de Dieu.

Il faut dire que le Malin est devenu plus rusé que jamais. Depuis le serpent de la Genèse, il s’ingénie à prendre des apparences bien plus anodines et ambiguës. Passer inaperçu et ne plus exister aux yeux de ceux qui n’ont aucune forme de foi solide, c’est déjà son triomphe. Mais il jubile encore bien davantage quand il parvient à revêtir les apparences de la sainteté. Car ne nous leurrons pas : Satan a un ennemi majeur, c’est le Dieu Trinité, Père, Fils et Esprit Saint, de qui sourd toute Vérité. Il n’a pas tant pour ennemi l’être humain : le séduisant pour le perdre et le priver de vie éternelle, il est d’une complaisance extrême avec les âmes qui aiment par dessus tout le monde. Comme lorsqu’il a voulu tenter le Christ Jésus lui-même, le Mauvais fait miroiter à l’être humain l’avoir, le pouvoir et le paraître. Toutes choses qu’il peut offrir, et dont l’humain raffole. J’ai remarqué souvent que les gens qui se laissaient aller à ces trois convoitises fondamentales avaient en apparence une vie des plus agréables : inféodés au « prince de ce monde », ils sont comblés et le monde leur sourit. La vie leur est facile, ils glissent sur le toboggan des possessions matérielles, de l’insouciance spirituelle et des plaisirs. Et n’allez pas leur dire qu’ils sont en train d’y perdre leur âme, vu qu’elle les indiffère, eux qui ne croient, justement, ni à Dieu ni à diable. Satan les tient par la ruse de leur faire croire qu’il n’est pour rien dans leur inconsistance spirituelle, vu qu’il n’existe même pas à leurs yeux !

Mais encore bien plus retors est le Mauvais quand il s’attaque à un chrétien. Il lui est en effet difficile de rivaliser avec la figure tout de même respectée voire aimée de Jésus, même par ceux qui ne le suivent pas. Il lui est difficile de contrecarrer l’Evangile dont les préceptes peuvent plaire, même si on ne les met pas en application. Alors le Malin cherche à déformer la Parole de Dieu, comme le serpent le fit aux origines. Dans la Genèse, nous pouvons constater qu’il connaît bien cette Parole, oui, il l’a étudiée avant de s’immiscer dans la relation d’Adam et Eve avec le Créateur. Il va ainsi pouvoir la déformer pour les faire chuter l’un et l’autre dans la défiance vis-à-vis de Dieu. Habile et rusé serpent !

Il faudrait être naïf pour croire que de nos jours, le Mauvais ne connaît plus les Ecritures et la vie de Jésus. Bien sûr qu’il les connaît, et presque mieux que n’importe quel chrétien ! Et quelle jubilation pour lui, alors, de se saisir des âmes souffreteuses qui se voudraient saintes, et qui sont toutes prêtes, sans en avoir conscience, à sombrer dans le péché de vanité. Prenez donc n’importe quelle fausse mystique, trop faible dans sa connaissance du Christ réel et mal accompagnée par des dévots prétentieux, et vous aurez les ingrédients dont rêvent des chrétiens crédules en quête coûte que coûte de signes. Vous obtiendrez en tête de cortège une Maria Valtorta propre à égarer même des théologiens : « Ah mais quelle magnifique compréhension du monde dans lequel s’est incarné le Christ, que de détails historiques impossibles à inventer par une faible femme inculte ! » Et voilà, le rusé serpent des origines a réussi son œuvre : il a complètement travesti le Fils de Dieu jusqu’à le rendre méconnaissable de narcissisme et de vains bavardages… Et puis au passage, de moins de deux cents pages d’Evangile, il va en faire cinq mille, ce qui laissera au lecteur le temps d’être bien imprégné de ces fadaises et de ne plus parvenir à s’en délivrer.

Alors oui, je le répète, il y a péril en la demeure, quand bon nombre de catholiques se repaissent des écrits de Maria Valtorta et des innombrables fausses mystiques qu’elle suscite encore en son sillage, il y a péril en la demeure quand un confesseur ose vous conseiller de lire ces écrits proprement diaboliques au prétexte qu’ils étaient le livre de chevet de tel ou tel pape.

J’en reviens toujours au conseil éclairé que me donna un sage et lumineux cistercien octogénaire : « Véronique, c’est l’Evangile qu’il faut méditer. »

Le vrai. En deux cents pages. Dieu et son Verbe ne se sont pas manifestés pour nous étourdir de verbiages inutiles propres à nous perdre.

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