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« Oui, voici : je vais créer un ciel nouveau et une terre nouvelle, on ne se souviendra plus du passé, il ne reviendra plus à l’esprit » Isaïe 65, 17

15 mars 2021 | Publié par Véronique Belen dans Méditations bibliques

Ainsi parle le Seigneur : Oui, voici : je vais créer un ciel nouveau et une terre nouvelle, on ne se souviendra plus du passé, il ne reviendra plus à l’esprit.
Soyez plutôt dans la joie, exultez sans fin pour ce que je crée. Car je vais recréer Jérusalem, pour qu’elle soit exultation, et que son peuple devienne joie.
J’exulterai en Jérusalem, je trouverai ma joie dans mon peuple. On n’y entendra plus de pleurs ni de cris.
Là, plus de nourrisson emporté en quelques jours, ni d’homme qui ne parvienne au bout de sa vieillesse ; le plus jeune mourra centenaire, ne pas atteindre cent ans sera malédiction.
On bâtira des maisons, on y habitera ; on plantera des vignes, on mangera leurs fruits.

Isaïe 65,17-21
Textes liturgiques©AELF

Il faut être aveugle au monde d’aujourd’hui, halluciné ou de mauvaise foi pour prétendre que les prophéties d’Isaïe sont toutes accomplies depuis la venue parmi les hommes de Jésus Christ, que ces prophéties annonçaient essentiellement la venue du Messie il y a 2000 ans ou, pire encore – mais cela s’entend parfois – le temps de l’Eglise… Il faut être un doux rêveur, ou plutôt, un chrétien hypocrite pour avancer que toute l’Ecriture est déjà accomplie en l’Incarnation du Verbe et que nous n’avons plus désormais qu’à laisser fructifier cette grâce. Il faut aussi singulièrement manquer de foi en Dieu pour laisser entendre que Ses promesses ne seront pas tenues davantage que par ce qui nous est donné dans le monde d’aujourd’hui et, au mieux, dans la vie après la mort. Il faut aussi être diablement résigné à l’injustice pour considérer que depuis 2000 ans, nous avons tout en main et que l’avènement d’un monde plus juste dépend uniquement de nos faits et gestes.

Je veux par cette introduction un brin désabusée signifier à quel point je m’érige contre la manie chrétienne de considérer que toute l’Ecriture est déjà accomplie et qu’il nous faut exulter d’avoir l’Eglise et les sacrements au milieu d’un monde qui s’éloigne peut-être chaque jour davantage des préceptes de l’Evangile, très loin d’en vivre. Les apparats de l’Eglise, cette illusion de magnificence qui lui a inspiré qu’elle était devenue la vraie Jérusalem sur terre, sont un mirage en train de s’effondrer sous nos yeux.

Je crois qu’il y a lieu de déconstruire des siècles de développements sur une conception de l’Eglise comme aboutissement des prophéties de l’Ancien Testament, et du monde nouveau comme déjà advenu, ou tout au moins à améliorer désormais par nous-mêmes. Comme si la Trinité était figée dans son Ciel, n’avait plus à se manifester ni à descendre de son trône de gloire pour montrer le vrai chemin et mener l’humanité non pas vers un utopique monde terrestre régénéré, mais bel et bien vers le jugement des vivants et des morts et le passage vers la terre nouvelle ci-dessus décrite par Isaïe. Celle-ci ne ressemblera absolument pas à notre contexte même  – surtout ? – contemporain, elle en sera plutôt tout l’inverse. Cette terre nouvelle n’est certes pas la première création criblée de mort, de maladies, de virus, de deuil et de larmes, ce monde en déliquescence que l’humain et le mal se sont acharnés à dégrader siècle après siècle et décennie après décennie. Cette terre où nous vivons n’est qu’une sorte de « laboratoire d’essai » d’une autre création que Dieu prodiguera aux rachetés, sans doute notre planète était-elle dévolue à la procréation, notre Dieu se désirant un peuple innombrable, et aussi à la quête de ce Dieu qui sait se cacher mais qui aime tant se laisser trouver par les persévérants dans la prière et la justice. Nul sur terre n’a été aussi proche du Dieu éternel que son Fils Jésus en son incarnation. Nul ne peut communier aux ultimes vérités de la Révélation sans s’agréger au cœur de ce Verbe si doux, lui qui aime qu’on l’écoute, mette sa parole en pratique et se laisse conduire vers son Père pour une étreinte d’amour filial sans commune mesure avec ce qui peut se vivre ici-bas.

Alors me direz-vous, que vient faire Jérusalem dans ces promesses ineffables de vie enfin dépouillée de mal et de souffrance ?

Jérusalem est au-delà de ce qu’Isaïe lui-même en comprenait en prononçant ces prophéties. Jérusalem est l’objet de la complaisance du Seigneur qui a fait choix d’elle pour toujours. Elle n’est ni la ville portant son nom, ni l’Eglise et ses prélats déguisés en Epouse, elle n’est pas non plus le Ciel de la première résurrection où les bienheureux se consacrent pour le moment à intercéder pour nous pauvres créatures perdues dans un monde hostile, et non à faire la fête en paradis comme on l’imagine parfois. Ce qui serait devenir, après sa mort, bien égoïste…

Non, Jérusalem est la prédilection du Seigneur, sa confidente, son vis-à-vis, comme Salomon reçut la Sagesse en don divin, comme le Serviteur souffrant rayonna de vie au matin de Pâques, elle est celle que le Verbe chérit et comblera de bénédictions, y associant dans une même accolade tout l’heureux peuple des rachetés.

Quand ?

Quand le Père aura décidé que le moment est venu de manifester la gloire de la Trinité, et de la révéler enfin telle qu’elle Est.

On ne se souviendra plus du passé, il ne reviendra plus à l’esprit.
Soyez plutôt dans la joie, exultez sans fin pour ce que je crée. Car je vais recréer Jérusalem, pour qu’elle soit exultation, et que son peuple devienne joie.
J’exulterai en Jérusalem, je trouverai ma joie dans mon peuple. On n’y entendra plus de pleurs ni de cris.

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