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« Evite le mal, fais ce qui est bien » Psaume 36 (37), 27

7 septembre 2012 | Publié par Véronique Belen dans Méditations bibliques

Fais confiance au Seigneur, agis bien,
habite la terre et reste fidèle ; 
mets ta joie dans le Seigneur :
il comblera les désirs de ton cœur. 

Dirige ton chemin vers le Seigneur,
fais-lui confiance, et lui, il agira. 
Il fera lever comme le jour ta justice,
et ton droit comme le plein midi.

Évite le mal, fais ce qui est bien,
et tu auras une habitation pour toujours,
car le Seigneur aime le bon droit,
il n’abandonne pas ses amis.

Le Seigneur est le salut pour les justes,
leur abri au temps de la détresse.
Le Seigneur les aide et les délivre,
car ils cherchent en lui leur refuge.

Psaume 36 ( 37), 3-4, 5-6, 27-28ab, 39-40 ac

Quand je lis ce psaume, il chante en moi parce que j’en écoute souvent une version  très joyeuse sur un CD du Chemin Neuf :

« Mets ta joie dans le Seigneur
Compte sur lui et tu verras
Il agira et t’apportera
Plus que les désirs de ton coeur… »

Refrain qui me met en joie à chaque fois.

Je relève aussi dans ce psaume :

Évite le mal, fais ce qui est bien,
et tu auras une habitation pour toujours,
car le Seigneur aime le bon droit,
il n’abandonne pas ses amis.

Je le souligne, car on a trop tendance de nos jours à minimiser, en théologie, l’importance des oeuvres, de la fidélité dans le bien et dans l’attitude juste. Nous sommes à l’ère du « tout miséricorde ». J’écoutais récemment sur le net quelques homélies d’un prêtre qui remporte un franc succès en France en ce moment, succès médiatique avec force éloges flatteuses de toutes parts qui produisent en moi l’effet inverse du but recherché, à savoir, une méfiance immédiate (« Malheureux êtes-vous quand tous les hommes disent du bien de vous : c’est ainsi que leurs pères traitaient les faux prophètes » Luc 6, 26)

Ce prêtre disait dans son homélie : « Les plus grands saints sont peut-être les plus grands pécheurs. »

Et là je dis mon désaccord, même s’il est à la mode par exemple dans la mouvance charismatique de sanctifier les anciens dealers et multi-délinquants qui ont parfois même une mort sur la conscience. C’est aller un peu vite en besogne. Revenons à ce psaume.
Le Seigneur est le salut pour les justes, leur abri au temps de la détresse.

Les dix commandements sont toujours d’actualité. Certes, on peut trouver le pardon de ses péchés dans la miséricorde du Christ. Mais à force de faire des héros des anciens délinquants, on brade un peu vite les voies escarpées du Royaume.

Et c’est d’autant plus irritant que ces super miséricordieux sont ou deviennent aussi souvent les plus puritains en matière de morale familiale…

Image : Fra Angelico, 1440-1441  Le Christ bafoué   Détail : Saint Dominique lisant

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5 commentaires

  • Véronique says:

    Pour préciser encore ma pensée d’agacement contre le « tout miséricorde ».
    Sur un forum catholique, on débattait naguère sur le salut de Khadafi.
    Personnellement j’en restais à « Il renverse les puissants de leur trône ».
    Et à espérer en la justice de Dieu.
    Ce lien est édifiant sur le personnage :

    http://www.lematindz.net/news/9414-un-livre-enquete-mouammar-kadhafi-le-violeur-de-filles.html

  • André BONDU says:

    Bien sûr, Véronique, que la Prostituée n’ est pas le plus grand des pécheurs ! Dans beaucoup de cas, est- elle même une pécheresse ? Mais, à cette époque, on la considérait comme telle, alors que les hommes avaient tous les droits.. C’ était un symbole du péché !

    C’ est, d’ ailleurs, pourquoi, Jésus, devant la femme adultère qu’ on veut lapider, demander que celui qui n’ as pas péché lui lance la première pierre ! N’ est-ce pas la preuve éclatante que Jésus lit parfaitement dans les coeurs et sait très bien ce qu ‘il fait .!

    Son comportement n’ est-il pas, pour ces gens bornés, la plus grande des leçons

    Il y avait bien, au temps de Jésus, des violeurs, des assassins, des pédophiles, des chefs de gangs; des terroristes, des dictateurs, des hommes qui battaient leurs femmes !
    Mais ses auditeurs étaient- ils prêts à entendre sa parole sur toutes ses situations ?

    En cette époque machiste, le viol, la pédophilie, l’ humiliation de la femme que l ‘on battait,séquestrait ou humiliait, étaient, sans doute, pratiques courantes … Qu’ aurait-on compris si Jésus avait dénoncé brutalement cette mentalité dominante que tout le monde jugeait sans doute « normale ». ?

    J’ irai, même jusqu’ à dire que Jésus, lui-même, quand il a dit à sa mère : « En quoi cela te regarde-t-il ? « ,n’ a pas été particulièrement gentil avec elle; Il s ‘est conduit comme un juif qu ‘il était ! Mais, ce qui est merveilleux,
    c’ est que Marie a fait comme si elle n’ avait rien entendu et a dit aux serviteurs de faire ce qu ‘il leur dirait, sans se demander si son heure était ou non arrivée ! C’ est elle qui s’ est chargée de la faire arriver ! ( N’ y a-t-il pas, dans cet échange, la manifestation du rôle de la femme dans le Royaume annoncé par Jésus ?)..
    Car Jésus, Fils de Dieu, n’ ignoraitycertainement pas quelle serait la réaction de sa mère !
    N’ a-t-il pas, volontairement, voulu la provoquer ?

    L’ Eglise n’ est- elle pas, encore aujourd’ hui, foncièrement misogyne ? Et l’ archevêque de Récife n’ a-t-il pas jugé la mère et le médecin de l’ adolescente de 14 ans, enceinte de deux enfants de son beau-père, plus coupables que celui-ci ? Il faut le dire !!!

    J’ admets bien volontiers ton interprétation qui fait la distinction entre Marie de Béthanie qui verse le parfum
    sur les pieds de Jésus et la pécheresse qui pleure, en même temps, à ses pieds ? Car il me paraîtrait impensable que Marie de Béthanie soit devenue une pécheresse en si peu de temps !
    Quant à Marie de Magdala, il est maintenant prouvé qu’ elle était une autre personne. .
    Mais, en lui apparaissant, avant tout le monde, après sa résurrection, et en lui demandant d’ aller dire à ses disciples de se rendre en Galilée pour l’ attendre, Jésus nous donne une sacrée leçon !

    La conversion peut faire de grandes choses; Voir Charles de Foucauld, pour qui j’ ai beaucoup de vénération, et François d’ Assise, de pécheurs, ne sont-ils pas devenus de très grands saints ?

    J’ ai lu que les Provençaux, en réunissant dans la Marie-Madeleine de la sainte Baume les trois Marie que tu dissocies, ont voulu donner plus de relief à celle qui a débarqué sur le rivage provençal .

    Si Jésus a tellement mis en avant les prostituées, c ‘ est parce que, par cet exemple, ses auditeurs comprenaient mieux ! Mêmes’ il y avait de beaucoup plus grands pécheurs u’ elles !
    Elles était un symbole du péché..

    Mais certains catholiques ne jugent-ils pas, encore aujourd’hui, que les femmes violées sont responsables de ce qui leur arrive, parce que, femmes, elles ont provoqué leur violeur !
    Vive le niqab ! Toutefois, il ne protège pas la femme de son mari qui a tous les droits !.

    La dictature des romains était bien réelle. Combien de juifs ont été crucifiés par centaines au nom de l’ Empereur de Rome ?

    La parabole du bon Samaritain montre bien qu ‘il y avait des bandits qui attaquaient les voyageurs !

    Les juifs devaient bien consommer de la drogue, alors qu ‘on cultive le pavot en quantité en Iran..

    Si Jésus s’ est conduit en pédagogue, que nous aurions aimé plus virulent, n’ a-t-il pas dû, à Gethsémani et sur la Croix, souffrir atrocement pour ces péchés dont il n’ a jamais parlé ?

    Je t’ embrasse.
    André.

  • André BONDU says:

    Véronique, Sophie, vous me réjouissez toutes les deux, car vous dites finalement la même chose, touies les deux sous deux angles différents.!
    C’ est vrai que Jésus a dit ;  » Il y aura plus de joie au ciel pour un seul pécheur qui fait pénitence que pour quatre vingt dix neuf juste qui n’ ont pas besoin de conversion ». Qu’ est-ce que çà veut dire:  » n’ont pas besoin de conversion » ? Qui se croient justes ? qui sont imbus de leur sainteté ?
    L’ enfant prodigue ? Il se repent avec une grande sincérité ! Son frère aîné, qui n’ a rien à se reprocher, que son père lui-même reconnait comme tel, se révolte. Il ne reconnait pas à son père le droit d’ être miséricordieux, et, par là- même, il pèche encore plus gravement que son frère…
    Quand Jésus dit :  » Les publicains et les prostituées vous précéderont dans le Royaume des cieux « , il parle des publicains et des prostituées qui se convertissent, qui reconnaissent leur péché, qui savent  » qu ‘il ont besoin de conversion », alors que ceux qu ‘ils précéderont dans le Royaume, ce sont les pharisiens, qui se croient justes, qui s’ affirment justes, les orgueilleux vantards, qui se pavanent, qui mettent des poids énormes sur les épaules des pauvres  » fidèles » et se dispensent du moindre effort, en se croyant supérieurs. au-desus de tout soupçon.!
    Quand le père demande à ses fils d’ aller travailler à sa vigne., le premier dit non, mais, pris de remords, il y va, le deuxième dit oui, mas il n’ y va pas. Dans ce cas, c’ est bien le premier qui a fait la volonté de son père !
    Et la parabole du Pharisien et du Publicain, la dîme du Pharisien vantard et l’ obole de la pauvre veuve toute effacée ?
    Quand le Roi fait venir à son festin tout ce que ses serviteurs trouve sur les places et dans les rues, parce que les invités n’ en sont pas dignes, il n’ en fait pas moins jeter à la porte, pieds et mains liés, l’ invité de la dernière heure qui n’ a pas sa robe de noce. ! Il ne fait pas venir n’ importe qui !  » Il y a beaucoup d’ appelés, mais peu d’ élus !
    Quand la mère de Jacques et Jean demande à Jésus de, mettre ses deux fils, l’un à sa droite, l’ autre à sa gauche, dans son royaume, il lui répond qu’ elle se sait pas ce qu’ elle demande ! Les premiers seront les derniers et les derniers seront les premiers, mais à certaines conditions : il faudra qu ‘ils boivent la coupe que, lui, va boire, il faudra quitter maison, père, mère, frères, soeurs, ou champ, à cause de son nom. Non seulement il faudra avoir pratiqué tous les commandements comme le jeune homme riche, mais il faudra tout quitter pour être parfait. Et le jeune homme riche est parti, tête baissé, car il avait de grands biens, et qu ‘il n’ est pas facile de tout quitter !
    Si David a été considéré comme un grand ancêtre de Jésus, malgré son horrible péché, c’ est qu ‘il a reconnu sa faute et qu ‘il l’ a expiée toute sa vie, ce qui lui a permis d’ écrire au moins la moité des psaumes, qui sont des cris de repentir !
    La Samaritaine, Marie de Magdala, la pécheresse qui verse pour 300 livres de parfums sur les pieds de Jésus, Zachée et Matthieu, le premier, riche chef de publicains, le second collecteur d’ impôts, les deux pas très honnêtes, sont devenus amis de Jésus, le premier parce qu’ il a dédommagé tous ceux qu ‘il avait volés et donné la moitié de ses biens aux pauvres, le second parce qu ‘il a tout quitté pour le lui. Ce ne sont pas parce qu ‘ils étaient tous, ou prostituées, ou femmes de mauvaise vie, ou publicains que Jésus les montrent en exemple, mais parce qu ‘ils ont reconnu leur péché et qu ‘ils se sont convertis jusqu’ au plus profond de leur coeur, ce que ne sont souvent pas capables de faire ceux qui sont justes et le savent.

    Il faut accueillir le Royaume comme un petit enfant, avec une âme d’ enfant.
    C’ est ce qu’ a fait Thérèse de l’ Enfant Jésus.

    Et quand Paul dis : Aime et fais tout ce que tu voudras,
    cela veut dire que, lorsqu’ on aime au point où Saint Paul l’ envisage,
    Paul a la certitude qu’ on ne fera rien qui puisse déplaire à Dieu., mais qu’ au contraire,  » aimant tant », on ne fera que ce qui lui plait…

    • Véronique says:

      Et il y a encore de plus grands pécheurs que ceux que tu cites, André. Après tout, la prostituée ne se fait-elle pas du mal qu’à elle-même ? N’est-ce pas le proxénète et le client qui sont de plus grands pécheurs qu’elle ?

      Je suis toujours frappée par le fait que les très grands pécheurs contemporains ne soient pas envisagés dans l’Evangile. Il y a certes les deux larrons de la crucifixion, dont en ne sait pas ce qu’ils ont commis. Et un seul se tourne vers Jésus…
      On a beau chercher dans l’Evangile, on ne voit pas le Christ confronté à un violeur, un pédophile, un assassin, un dealer qui distribue la dépendance et la mort, un homme qui bat sa femme parfois jusqu’à la tuer, un meneur de gang qui sème la terreur dans un quartier, un preneur d’otages, un terroriste, un dictateur… Ne comparons pas trop vite ces criminels avec une prostituée qui ne fait que vendre son corps… et combien le font sous la contrainte et dans un trafic des plus immondes ! Le crime profite bien à quelques-uns, dont on ne parle jamais…

      Je reviens aussi sur un point, tu sais que je suis chatouilleuse là-dessus André : c’est Marie de Béthanie, qui n’a aucun péché à se faire pardonner, qui verse un flacon de nard précieux sur la tête de Jésus.
      La pécheresse repentie (qui n’est pas non plus Marie de Magdala) pleure, quant à elle, sur ses pieds…

  • Sophie says:

    Bonsoir Véronique,

    Il en est de la miséricorde comme de pas mal d’autres sujets : si on l’absolutise à tout crin,
    cela finit par mal tourner et amener à des positions déplacées.
    Ceci dit, la question que vous posez ne date pas d’hier et Paul a été confronté à la même question
    avec la première communauté de Rome.
    a lire la réponse de Paul à la charnière des chapitres 5 et 6 de lettre aux Romains, on comprend que certains se disaient : Si le Christ nous a sauvé,..alors c’est bon ( sous entendu, on peut se la couler douce !)
    Et Paul répond -en résumé – : Pas du tout . En étant plongé dans la mort et la Résurrection du Christ, c’est au péché que vous êtes morts… donc tirez en les conséquences ( cf début du chapitre 6).

    Ceci dit, cette position ne vient pas en contradiction avec la foi en la miséricorde de Dieu.
    l’idée forte que l’on trouve dans plein d’endroits de la Bible – et notamment dans les Psaumes, dans Saint Luc, chez les prophètes ( Isaïe, Osée, Ezechiel…) – c’est que aussi bas que l’on ait pu tomber, aussi honteux et en dégout de soi même que l’on puisse être, il y a toujours, toujours, toujours, toujours ….de la place pour chacun dans le coeur de Dieu pourvu que l’on veuille bien entrouvrir la porte de notre coeur.

    Et on retrouve cela plus tard chez des auteurs, qui ne sont pas spécialement des charismatiques.
    Thérèse de Lisieux avait notamment une très grande confiance dans la miséricorde de Dieu…et pourtant, on ne peut pas dire qu’elle menait une vie désinvolte au regard du péché. Au contraire, elle était une scrupuleuse – guérie certes -, mais peu soupçonnable de mollesse sur le sujet.

    Quant à faire des délinquants convertis des super-héros… non ! c’est de toute manière mal venu de devenir un  » super héros » en matière de religion. N’empêche…. il y a, non seulement des récits de conversion, mais des parcours humains assez bluffants. J’ai un peu connu l’hotelier d’une trappe près de Toulouse ( pas spécialement marquée par le mouvement charismatique , tant s’en faut). Cet homme était d’abord profondément bon et accueillant. Il se trouve que dans son parcours, il était entré à la Trappe après y avoir travaillé un bon moment comme forestier…et ceci après la sortie d’un long séjour en prison. ( NB : il est mort agé il y a environ 15 ans….son histoire ne date pas d’hier et ne relève pas d’un phénomène de « mode »)

    Alors, oui, c’est vrai… il était revenu de loin ! Mais, sans en faire un titre de gloire, je pense qu’il avait su convertir
    cet accueil qu’il avait reçu au plus profond de lui même en capacité d’accueil pour autrui.
    Il me semble que cette expérience même de  » sauvetage » , de  » revenir de loin  » , de  » si le Seigneur ne m’avait secouru, j’allais habiter le silence » ( Ps 93,17)… fait souvent partie de l’expérience de la conversion de chacun,
    même si elle est toujours à reprendre. Je pense même – et notamment dans la tradition d’Ignace de Loyola – que c’est là le coeur de l’expérience où se noue le chemin avec le Christ.

    Quant à des théologiens contemporains marquants qui soient très sensiblement des « chantres de la miséricorde  » …sans considérer sérieusement la part qui nous incombe pour nous ordonner à la grâce reçue, ….. je n’en connais pas. Je ne vois pas de trace de cela chez Rahner, ni Urs von Balthasar, ni Barth….
    Après, que des prédicateurs « dérapent  » un peu – ou même beaucoup – sur le sujet, c’est bien possible…. mais on n’est plus dans la théologie…. mais dans la pastorale, et c’est autre chose.



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