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Une société aux valeurs inversées

10 novembre 2012 | Publié par Véronique Belen dans Blog

Les textes de la liturgie d’aujourd’hui nous parlent tous d’argent.
Je les commenterai simplement par ce billet, car c’est un thème qui ne m’intéresse pas beaucoup.
Ce qui ne m’empêche pas de réfléchir sur l’échelle de valeurs de notre société.
On m’objectera toujours que je n’ai pas le sens de la rentabilité, de la productivité. Certes. La science de l’économie et des marchés me rebute absolument.
Un jour, un ami m’a dit : « La lutte des classes, c’est fini. »
Il n’empêche.
Je fais un simple constat : les métiers les plus humainement utiles en ce monde sont les plus mal payés. Je pense aux aides à la personne dépendante, aux aides à domicile, aux aides-soignantes, aux femmes de ménage qui rendent les lieux de vie supportables, aux éducatrices de jeunes enfants et aux nourrices agréées, aux caissières sans lesquelles nous ne pourrions pas remplir notre caddie pour subsister.
J’ai une certaine amertume aussi quand je pense que j’enseigne depuis 30 ans à lire, écrire, compter, devenir citoyen à des enfants, et qu’étant pour raisons de santé obligée de travailler à 75%, je gagne 1,5 fois le SMIC. On peut toujours après ça me donner le titre de cadre A de la fonction publique. Ce n’est pas cela qui m’aide à boucler mon budget.

A l’autre extrême, je vois des artistes, des footballeurs, des investisseurs qui engrangent les loyers que d’autres peinent à payer, des personnes qui vivent de leur image, des vedettes du petit écran… Je ne nie pas que ces gens travaillent, je remets simplement en cause leur utilité dans la vie sociale.

Comment croyez-vous qu’après ça, on puisse motiver notre jeunesse à se tourner vers un métier utile à la personne humaine, puisque l’exercer est synonyme de précarité financière ?

Notre mode de fonctionnement n’a rien à voir avec la justice de Dieu…

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12 commentaires

  • Denyse L says:

    André, une fois de plus vous vous bloquez sur votre interprétation , tout le monde vous le dit mais vous ne décrochez pas, alors peu m’importe mais vous ne me ferez pas pleurer sur les enseignants du public qui vont probablement se mettre en grève dès la rentrée.

    Ce que je crois vraiment c’est que les soi-disant « grands patrons » ne courent pas après l’argent et il me semble qu’avec la vie que leurs taches les obligent à vivre dénuée de toute vie familiale, en responsabilité nuit et jour etc
    méritent bien de ne pas avoir de soucis d’argent d’autant plus que ce qu’ils possèdent est souvent mis au service de la communauté par l’intermédiaire du travail qu’il génère dans les plus belles entreprises de notre pays…

  • Debbie says:

    Mais André… ici, c’est une élevée dans l’Eglise Presbytérienne qui vous parle…
    La logique de la rémunération normalisée, c’est la logique rationnelle. Du mérite.
    Est-ce qu’on mérite… le salut ?
    Jésus n’est pas venu sur terre pour faire l’apologie du rationalisme, si j’ai bien compris, et lui qui a répondu aux disciples hommes que Marie, en oignant ses pieds avec l’huile précieuse avait accompli un geste… de grâce, et par amour, en ne vendant pas l’huile pour distribuer le bénéfice aux pauvres (ahem… justice sociale, là) savait très bien ce qu’il disait.
    LES EGLISES… se sont détournées et se détournent encore de Jésus en faisant de la justice sociale.
    Les églises protestantes comme la grande romaine.
    Certes, mon point de vue vous choquera, comme il choque déjà Véronique. (Ne croyez pas que je m’élève au-dessus de quiconque en parlant de la sorte ; si on a dit que la porte était étroite, c’est qu’elle est diablement étroite, à mon avis, comme j’ai déjà dit, et je ne dirai pas du tout que j’y suis passée…). Mais je crois profondément que Jésus a passé son temps à slalomer pour que son.. message ne soit pas récupéré pour un PROGRAMME SOCIAL ET POLITIQUE..
    Et ses héritiers ??
    La grand question, c’est… OU se situe le respect ?
    Puis-je continuer à ME respecter avec le sentiment que l’autre ne me respecte pas ?
    L’autre, m’enlève-t-il vraiment quelque chose si je ressens son « manque de respect » ? Ou est-ce que MOI, je me laisse dérober de ce quelque chose ?
    Au fait… comment sais-je que l’autre… ne me respecte pas ?
    Est-ce un savoir.. théorique que je peux glaner dans un journal, par exemple ?
    Tant de questions.
    Le drame, c’est que l’Education Nationale est la victime de sa propre réussite.
    En peu de temps, « nous » avons fabriqué une société où beaucoup de gens lisent, écrivent, et sont allés sur les sacrosaints bancs de l’Université afin de « devenir quelqu’un » à leurs yeux, et aux yeux de la société.
    Cela fait des parents qui sont parfois plus éduqués que les instits qui ont leurs enfants en charge.
    Qu’on le veuille ou non, cela modifie les rapports entre MAITRES et élèves…
    Et enfin… à mon avis, cela serait une erreur de croire que le Protestant/les Protestants/les laïcs se débrouillent bien avec l’argent.
    PERSONNE ne se débrouille bien avec l’argent en ce moment (et je ne suis pas une exception ici). Je n’ai pas encore rencontré quelqu’un qui se débrouille.. « bien » avec l’argent. Comment le pourrait-on quand la civilisation entière se débrouille SI MAL avec l’argent en ce moment ?



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