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« Y a-t-il un prophète que vos pères n’aient pas persécuté ? » Ac 7, 52

24 avril 2012 | Publié par Véronique Belen dans Méditations bibliques

Étienne, devant le grand conseil, déclarait : « Hommes à la tête dure, votre cœur et vos oreilles ne veulent pas connaître l’Alliance : depuis toujours vous résistez à l’Esprit Saint ; vous êtes bien comme vos pères ! Y a-t-il un prophète que vos pères n’aient pas persécuté ? Ils ont même fait mourir ceux qui annonçaient d’avance la venue du Juste, celui-là que vous venez de livrer et de mettre à mort. Vous qui aviez reçu la loi communiquée par les anges, vous ne l’avez pas observée. »
En écoutant cela, ils s’exaspéraient contre lui, et grinçaient des dents.
Mais Étienne, rempli de l’Esprit Saint, regardait vers le ciel ; il vit la gloire de Dieu, et Jésus debout à la droite de Dieu. Il déclara : « Voici que je contemple les cieux ouverts : le Fils de l’homme est debout à la droite de Dieu. »
Ceux qui étaient là se bouchèrent les oreilles et se mirent à pousser de grands cris ; tous à la fois, ils se précipitèrent sur lui, l’entraînèrent hors de la ville et commencèrent à lui jeter des pierres. Les témoins avaient mis leurs vêtements aux pieds d’un jeune homme appelé Saul.
Étienne, pendant qu’on le lapidait, priait ainsi : « Seigneur Jésus, reçois mon esprit. »
Puis il se mit à genoux et s’écria d’une voix forte : « Seigneur, ne leur compte pas ce péché. » Et, après cette parole, il s’endormit dans la mort.

Quant à Saul, lui aussi approuvait ce meurtre.

Actes des Apôtres, 7,51 – 8, 1 a

J’ai une tendresse particulière, parmi les premiers chrétiens, pour saint Etienne. Une histoire personnelle mêlée à ce prénom aussi.

Un jour, jeune fille, je me trouvais dans un train, et il y avait là une jeune maman avec deux petits garçons très mignons. Ils s’appelaient Etienne et Benoît. Première rencontre pour moi avec ce prénom. Je m’étais dit : « Le jour où j’aurai un fils, je l’appellerai Etienne. »

Mais un prénom, cela se choisit en couple. Mon mari n’aimait pas le prénom Etienne. Et donc mon fils ne s’appelle pas ainsi.

Il y a 17 ans, je déménage pour le village où je suis toujours. Et voilà que la paroisse est dédiée à saint Etienne ! A chaque fois que je suis à l’église, chez moi, j’ai sous les yeux un vitrail de la lapidation de saint Etienne. Et des cieux ouverts qu’il contemple dans sa mise à mort.

Heureux témoin du Christ, qui va comme son Maître jusqu’à pardonner à ceux qui le lapident.

Il y a de nos jours toutes sortes de façons de lapider les prophètes, plus insidieuses. On discrédite, on calomnie, on prouve droit canon en main que la personne est indigne ne serait-ce que de se réclamer du Christ. On l’accuse d’avoir des idées politiques incompatibles avec le catéchisme romain et le magistère. On porte un regard désapprobateur sur ses fréquentations.  Le discours catholique de bon ton désigne une plèbe à laquelle il n’est pas bon de se mêler. Question de moeurs avant toute chose.

Je me suis fait vivement critiquer un jour sur un forum catholique parce qu’on présentait sur un fil de discussions un homme comme « ayant eu des locutions d’En-Haut ».  Record de lectures en très peu de temps sur ledit fil. On se mettait à encenser ce « prophète », à boire ses paroles.  On considérait avec un vif intérêt le fait qu’il minimise le tort fait à l’Eglise par les intégristes.

J’ai osé avancer que je doutais que ces locutions fussent vraiment « d’En-Haut ».

Lapidation virtuelle immédiate.

Certains aiment beaucoup les « prophètes » qui leur disent exactement ce qu’ils ont envie d’entendre.

A bien scruter les Ecritures, il me semble pourtant que quand Dieu veut faire passer un message, les pierres ne sont pas loin d’atteindre le messager…

 

Image : La lapidation de saint Etienne     Charles lebrun (1651), Notre Dame de Paris

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1 commentaire

  • Debbie says:

    Vas-tu, comme d’autres, me trouver orgueilleuse de prétendre que j’ai mon idée de ce qui est en jeu avec la prophétie ?
    Pendant des années, dans des colloques psy, j’ai eu des paroles qui… ont fait grincer les dents.
    En ce moment, je fais de mon mieux pour contrôler, que dis-je, pour tourner sept fois ma langue dans ma bouche avant de parler pour éviter de faire tant grincer des dents…
    Je crois qu’il est très très dangereux de supposer que c’est PARCE QUE les dents grincent, que Dieu est derrière le message. Très dangereux.
    Depuis le temps que je fréquente.. mon prochain ?, je constate qu’il y a une certain manière de s’y prendre qui fait grincer les dents. (La plupart du temps, les prophètes sont vraiment très très doués pour faire grincer les dents…)
    Que le fait de prendre de front son.. prochain, en lui annonçant qu’il a tout faux, et bien, c’est dangereux pour sa santé à soi, et ça peut même mener au martyr (rarement une mise à mort physique de nos jours, mais parfois une mise à mort symbolique).
    Il y a un certain temps, je me suis dit qu’il valait mieux viser le fait de parler afin que mon prochain puisse entendre quelque chose, et que ça, ce n’est pas du tout évident.
    Surtout, ça suppose de laisser derrière soi, dans un élan.. d’humilité, l’idée que soi, on a RAISON. (on peut entendre ça aussi comme, soi, on a Dieu de son côté.)
    Et des fois, je constate que mon prochain, il ne peut rien entendre de ce que je dis. Ça arrive beaucoup plus souvent que j’aimerais, d’ailleurs.
    Alors, que faire ? Se taire et attendre. Formuler autrement, parfois.
    Ne crois surtout pas que, avec cette sagesse chèrement acquise, je parviens à pratiquer ce que je prêche.
    Je suis même très loin d’y arriver encore…
    Mais je crois fermement que cette tactique est bien meilleure que de faire grincer les dents. A la longue.
    Faire grincer les dents, ça peut même accomplir LE CONTRAIRE de ce que nous visons…
    Peut-être à la fin, on arrive au même résultat. Mais.. le style, et la méthode, c’est capital.



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