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« Et moi, je lui ferai découvrir ce qu’il lui faudra souffrir pour mon Nom. » AC 9, 16

27 avril 2012 | Publié par Véronique Belen dans Méditations bibliques

Lecture du livre des Actes des Apôtres
Saul était toujours animé d’une rage meurtrière contre les disciples du Seigneur. Il alla trouver le grand prêtre et lui demanda des lettres pour les synagogues de Damas, afin de faire prisonniers et de ramener à Jérusalem tous les adeptes de la Voie de Jésus, hommes et femmes, qu’il découvrirait.
Comme il était en route et approchait de Damas, une lumière venant du ciel l’enveloppa soudain de sa clarté. Il tomba par terre, et il entendit une voix qui lui disait : « Saul, Saul, pourquoi me persécuter ? » Il répondit : « Qui es-tu, Seigneur ? — Je suis Jésus, celui que tu persécutes. Relève-toi et entre dans la ville : on te dira ce que tu dois faire. »
Ses compagnons de route s’étaient arrêtés, muets de stupeur : ils entendaient la voix, mais ils ne voyaient personne. Saul se releva et, bien qu’il eût les yeux ouverts, il ne voyait rien. Ils le prirent par la main pour le faire entrer à Damas.
Pendant trois jours, il fut privé de la vue et il resta sans manger ni boire. Or, il y avait à Damas un disciple nommé Ananie. Dans une vision, le Seigneur l’appela : « Ananie ! » Il répondit : « Me voici, Seigneur. » Le Seigneur reprit : « Lève-toi, va dans la rue Droite, chez Jude : tu demanderas un homme appelé Saul, de Tarse. Il est en prière, et il a eu cette vision : un homme, du nom d’Ananie, entrait et lui imposait les mains pour lui rendre la vue. » Ananie répondit : « Seigneur, j’ai beaucoup entendu parler de cet homme, et de tout le mal qu’il a fait à tes fidèles de Jérusalem. S’il est ici, c’est que les chefs des prêtres lui ont donné le pouvoir d’arrêter tous ceux qui invoquent ton Nom. »
Mais le Seigneur lui dit : « Va ! cet homme est l’instrument que j’ai choisi pour faire parvenir mon Nom auprès des nations païennes, auprès des rois et des fils d’lsraël. Et moi, je lui ferai découvrir tout ce qu’il lui faudra souffrir pour mon Nom. »
Ananie partit donc et entra dans la maison. Il imposa les mains à Saul, en disant : « Saul, mon frère, celui qui m’a envoyé, c’est le Seigneur, c’est Jésus, celui qui s’est montré à toi sur le chemin que tu suivais pour venir ici. Ainsi, tu vas retrouver la vue, et tu seras rempli d’Esprit Saint. »
Aussitôt tombèrent de ses yeux comme des écailles, et il retrouva la vue. Il se leva et il reçut le baptême. Puis il prit de la nourriture et les forces lui revinrent. Il passa quelques jours avec les disciples de Damas et, sans plus attendre, il proclamait Jésus dans les synagogues, affirmant qu’il est le Fils de Dieu.

Actes des Apôtres 9, 1 – 20

Il y aurait tant à dire sur ce merveilleux récit de la conversion de Paul !

Je voudrais simplement établir quelques parallèles.

Saul était toujours animé d’une rage meurtrière contre les disciples du Seigneur. / « Je suis Jésus, celui que tu persécutes.  »

En une seule phrase, Jésus nous confirme ce qu’il nous dit en Matthieu 25 : ce que nous faisons à nos frères et soeurs en humanité, les blessures voire tortures que nous leur infligeons, c’est au Christ lui-même que nous les faisons. Et d’autant plus quand nous leur infligeons ces tortures en raison de leur foi au Christ. Les exemples ne manquent malheureusement pas de par le monde, où les chrétiens sont persécutés pour leur foi.

Paul vit une conversion foudroyante. Mais il n’est pas laissé seul dans ce retournement radical de sa vie. Il est envoyé vers des chrétiens : Ananie, a priori réticent, va, grâce à l’écoute attentive de ce que le Seigneur lui demande dans une vision, aller vers Paul, littéralement lui dessiller les yeux et, par la force du baptême, lui obtenir l’onction de l’Esprit Saint. Sans cette communauté de chrétiens, Paul n’aurait sans doute pas compris le sens de sa conversion, il aurait pu en rester à une contemplation passive, « inutile » sur le plan missionnaire. Mais Jésus lui signifie clairement ce qu’il  attend de lui :

« Cet homme est l’instrument que j’ai choisi pour faire parvenir mon Nom auprès des nations païennes, auprès des rois et des fils d’lsraël. Et moi, je lui ferai découvrir tout ce qu’il lui faudra souffrir pour mon Nom. »

Jésus ne lui promet ni la gloire qui vient des hommes, ni la facilité, ni même le bien-être, et encore bien moins la richesse : Paul aura à souffrir pour son nom. Et dans bien des villes, Paul sera plus tard jeté dehors et roué de coups, il connaîtra la prison plusieurs fois. Sans plus que sa foi et son zèle missionnaire ne faiblissent.

Méditions bien cette exigence de Jésus.

Il ne promet pas une paix béate quand il s’adresse à une âme. Il veut que cette âme parte « en mission » pour Lui, d’une manière ou d’une autre, selon son dessein à Lui et les dons qu’a reçus cette âme. Il va se montrer avec elle d’une exigence radicale.

« Si vous traitez ainsi ceux qui vous aiment, je ne m’étonne pas que vous ayez si peu d’amis », lui disait sainte Thérèse d’Avila, percluse de maladies et toujours sur les routes pour fonder des Carmels.

Il ne demande en aucun cas que celui qu’il a gratifié d’une vision soit idolâtré. Non, au contraire il recevra « bien des coups », et devra toujours s’effacer derrière le message de l’Evangile.

Je crois qu’il est important pour nous de méditer profondément cette conversion de saint Paul suite à une rencontre authentique avec le Christ, pour ne pas nous laisser égarer par de pseudo voyants et prophètes qui pullulent ces dernières années, qui nous promettent « la paix » quand ce n’est pas l’euphorie, nous gavent de « messages » mièvres qui conduisent à une prière stérile et rendent de plus en plus opaques les vraies exigences de l’Evangile.

 

Image : La conversion de Saint Paul    PARMIGIANINO

 

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2 commentaires

  • Debbie says:

    Nous nous rejoignons sur l’idée de ne pas confondre le message… évangélique avec une simple apologie pour une paix.. cotonneuse dans le monde.
    Je note que ce passage ouvre grande la porte à la mission.. EVANGELIQUE de prêcher aux païens.
    Aux… Gentiles : ceux qui ne sont pas Juifs…
    Je n’oublie pourtant pas combien de peuples ont été… soumis ? à la mission évangélique, et mis sous le joug de la bonne nouvelle.
    Je pense que la colonisation jésuite était vraisemblablement plus fine, plus intelligente que d’autres.
    Pour ma part, je rêve de pouvoir rencontrer l’Autre sans avoir une bonne nouvelle à lui transmettre, en pouvant simplement me laisser.. ENSEIGNER par lui…dans un esprit de partage.

  • joachim Bouflet says:

    merci pour cette belle méditation
    JB



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