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« Si le monde a de la haine contre vous, sachez qu’il en a eu d’abord contre moi. » Jean 15, 18

12 mai 2012 | Publié par Véronique Belen dans Méditations bibliques

À l’heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il disait à ses disciples : « Si le monde a de la haine contre vous, sachez qu’il en a eu d’abord contre moi.
Si vous apparteniez au monde, le monde vous aimerait, car vous seriez à lui. Mais vous n’appartenez pas au monde, puisque je vous ai choisis en vous prenant dans le monde ; voilà pourquoi le monde a de la haine contre vous.
Rappelez-vous la parole que je vous ai dite : Le serviteur n’est pas plus grand que son maître. Si l’on m’a persécuté, on vous persécutera, vous aussi. Si l’on a observé ma parole, on observera aussi la vôtre.
Les gens vous traiteront ainsi à cause de moi, parce qu’ils ne connaissent pas celui qui m’a envoyé. »

Jean 15, 18 – 21

Très longtemps, dans ma vie, je n’ai pas compris pourquoi j’attirais souvent l’agacement et les sarcasmes. J’ai toujours eu des amis, en grand nombre même, mais j’ai été très souvent confrontée à des personnes qui m’en voulaient sans que je n’arrive à comprendre vraiment pourquoi. C’était d’ailleurs un sujet continuel d’angoisse et de tristesse : pourquoi, essayant de donner le meilleur de moi-même, récoltais-je parfois la trahison et l’agressivité ?

Bien sûr, je me suis énormément remise en question, pendant des années. Je passais à la loupe les situations où on m’avait manifesté de l’aigreur. Je culpabilisais énormément, je m’en dépréciais beaucoup.

Et puis, petit à petit, à force de fréquenter de plus  près le Christ et les Ecritures, j’ai relu ces événements différemment.

J’avais – et j’ai toujours – l’honnêteté chevillée au corps. Incapable de frauder en quoi que ce soit. Ce qui déplaît souvent aux malhonnêtes, qui ont alors la raillerie facile.

Devenue adulte, je n’ai jamais aimé prendre part aux lynchages, aux mises à l’index d’une personne. Du coup je tombais parfois dans le clan des « impopulaires. »

Les bavardages en toutes circonstances m’apparaissent comme des occasions de médire, d’être indiscret et à vrai dire comme une perte de temps. Cela peut passer pour un manque de sociabilité.

Je n’aime pas le bruit, j’ai l’amour du silence. Décalage profond avec notre monde du décibel.

Je suis très bien chez moi et je n’aime pas beaucoup sortir. Marque de repli sur moi-même aux yeux de ceux qui mesurent la qualité de la vie au nombre de soirées passées hors de chez soi.

Enfin, étant d’une grande exigence avec moi-même, je peux me montrer terriblement exigeante avec autrui. Et je l’avoue, ce n’est pas facile de vivre avec moi. J’ai du mal à supporter le laxisme et les tempéraments distraits. Et, chose que l’on ne me pardonne pas, je discerne très vite en autrui les traces d’orgueil et de mauvaise foi. Je suis incapable de m’extasier devant quelqu’un  qui joue un personnage. Là où la séduction en fait tomber beaucoup, elle me rebute aussitôt. J’en déjoue tous les artifices et n’en suis dupe à aucun moment. La suffisance m’horripile.

Avec la maturité et l’expérience, j’ai fini par comprendre que mon attitude dans la vie n’était peut-être pas celle qui déplaisait au Seigneur. Et pour preuve, j’arrive à établir des relations excellentes avec les personnes qui cherchent vraiment à se configurer au Christ – sans mièvrerie, Jésus n’a jamais été mièvre. Qu’en essuyant bien des revers de la part des orgueilleux, des égoïstes et des gens de mauvaise foi, j’endurais peut-être ce que mon attachement au Christ lui-même me faisait endurer. Plus on discerne l’esprit du monde et que l’on aspire à s’en éloigner, plus le monde nous en veut. C’est un mouvement naturel.

Je comprends dans cette mesure tout le sens de la clôture des monastères. Car vivre hors de l’esprit du monde dans le monde, c’est vraiment bien difficile. J’en admire d’autant plus les prêtres, les diacres et les religieuses apostoliques. Et tous les chrétiens qui désirent être fidèles à l’Evangile, au milieu d’un monde qui entend se construire à revers de ses valeurs. Difficile combat intérieur dans une vie.

 

Image : Martyre de saint Apollonius  Juan de Carion  XVe

 

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9 commentaires

  • Sabrina says:

    Bonjour,
    Je connais ce que vous vivez et vous êtes vous des orgueilleux perfectionniste en colère car il faut accepter les autres tel qu’il sont. L’égoïsme en soit n’est que la peur de perdre ses biens et l’orgueil c’est de se croire meilleur que les autres. Dans vos descriptions vous êtes égocentrique orgueilleux et un peu parano car vous voyez le mal partout. Si on te persécute parce que tu es égocentrique et que tu fatigue les gens, la gentillesse à ses limites car après les gens se protège de personnes qui parlent d’eux comme tu le fait. si tu es persécuté c’est que tes parents t’ont persécuté et que tu prends dans ta vie des personnes qui te persécutent. Avoue le vrai problème tu as la haine contre ta famille et les personnes que tu as rencontré qui ont abusé de toi voir manipuler. C’est toi le problème et pas les autres le monde a toujours était ainsi voir pire dans le passé. Alors réfléchit bien à ce que tu dis. Le syndrome de persécution est le propre des personnes orgueilleuse et paranoïaque. Bon courage.

    • Lys says:

      Ben voyons, c’est soi-même le problème. Evidemment, quand on ressemble pas aux autres, c’est que y’a un truc qui cloche !
      C’est heureusement pas le raisonnement de tout le monde, sinon le monde n’aurait JAMAIS avancé ! J’espère que vous ne travaillez pas avec des personnes à problèmes, car si vous leur conseillez de retourner d’où elles viennent, c’est à dire dans des situations/endroits anxiogènes, le nombre de suicides -ou dépressions au mieux- va considérablement augmenter. Et on en a pas besoin !
      Par contre, il semble que l’auteure de ce billet ne fait pas état de l’expression la plus distinguée du genre humain (je devine bien de qui elle parle : les gens vulgaires, bêtes et méchants dans leurs actions et leurs paroles). Ces personnes paraissent parfois en majorité (y’a même des coins où y’a des nids).
      La contemplation, c’est un bon moyen pour se recentrer sur soi-même et la création. Si elle a subit ce qui ressemble à de la jalousie, depuis très tôt dans sa vie, c’est qu’elle doit avoir quelque chose d’unique qui renvoie les autres à leurs propres complexes (de quelque nature qu’ils soient). Il y a d’autres témoignages de ce genre.
      Toute ma compassion à l’auteure.

    • Lys says:

      PS: Pardon si je vous ai parue trop brutale Sabrina.
      Cordialement

  • André BONDU says:

    En ce qui concerne le « monde » – j’ entends par là celui qui est sous l’ emprise de Satan, je reste très optimisme, car je dis :  » Seigneur, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ ils font « ..
    Quand j’ étais en classe de philo, j’avais un professeur de philo, prêtre, qui nous disait :  » Moi, je vois bien peu de monde en Enfer, sinon nous qui savons, et, encore davantage, noua, les prêtres;car, pour aller en enfer, il faut faire une fautes très grave, savoir qu’ elle est très grave, et vouloir la faire délibérément par haine de Dieu et de notre prochain !

  • Debbie says:

    Je trouve qu’il est triste que les religions judéo chrétiennes, et particulièrement, les Christianismes fassent une sacré publicité pour les traits de caractères qu’ils fustigent tant.

  • Véronique says:

    Debbie, tu ne peux pas prétendre savoir à ma place ce que je vis dans mes relations aux autres. Je n’ai pas parlé de juger sur un visage. J’ai parlé de ce que je ressens profondément quand je suis confrontée de la part d’autrui à l’orgueil, à l’hypocrisie et à la suffisance. Cela m’appartient et tu ne peux pas en juger.

  • Debbie says:

    C’est curieux…
    Nous partageons énormément de traits en commun, d’après ce post.
    En ce moment, je fuis le monde, dans l’ensemble, si on arrive à se mettre d’accord sur… ce qu’est le monde…car pour moi, c’est une idée assez compliquée.
    Mais je ne parviens pas à me dire que mon attitude est le résultat de mon engagement en faveur de Jésus, ni de l’Evangile.
    Serait-ce pour autant… un repli narcissique ?
    Peut-être. Mais peut-être pas.
    Je n’aurais jamais la.. prétention ? d’imaginer que je peux toujours déjouer la suffisance ? chez autrui, même si dans des moments de lucidité parfois très douloureuses, j’ai parfois l’impression de voir loin en autrui.
    Il y a longtemps, mon cher William fait dire au roi Duncan dans « Macbeth » : « il n’y a pas d’art de trouver l’intention dans le visage. C’était un homme en qui j’avais une confiance absolue. »
    Si nous croyons pouvoir discerner infailliblement le coeur dans le visage, ou bien… nous nous racontons des bobards, ou bien, les gens sont devenus des personnages en carton pâte à nos yeux, mais surtout, nous évacuons jusqu’à l’idée même de l’inconscient qui fait que ce n’est pas seulement l’autre qui garde… son opacité pour nous, mais nous-mêmes, nous restons opaques.. pour nous-mêmes.
    Je tiens à ceci, comme à la prunelle de mes yeux.
    Et si cela devait me dresser contre Jésus Christ… et bien, j’irais du côté où me disent mon coeur ET mon esprit.
    Ceci dit, je vois avec toi, je crois, et dans la plus grande consternation, un monde qui essaie de se dégager des valeurs chrétiennes… et qui jette le bébé avec l’eau du bain… un monde… de plus en plus égaré, où je me sens de moins en moins à l’aise.
    Affligeant…



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