Site de Véronique Belen
Header

« Ne me donne ni la richesse, ni la pauvreté. » Proverbes 30,8

28 mai 2012 | Publié par Véronique Belen dans Méditations bibliques
Jésus se mettait en route quand un homme accourut vers lui, se mit à genoux et lui demanda : «Bon maître, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? »
Jésus lui dit : « Pourquoi m’appelles-tu bon ? Personne n’est bon, sinon Dieu seul.
Tu connais les commandements : Ne commets pas de meurtre, ne commets pas d’adultère, ne commets pas de vol, ne porte pas de faux témoignage, ne fais de tort à personne, honore ton père et ta mère. »
L’homme répondit : « Maître, j’ai observé tous ces commandements depuis ma jeunesse. »
Posant alors son regard sur lui, Jésus se mit à l’aimer. Il lui dit : « Une seule chose te manque : va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres et tu auras un trésor au ciel ; puis viens et suis-moi. »
Mais lui, à ces mots, devint sombre et s’en alla tout triste, car il avait de grands biens.

Alors Jésus regarde tout autour de lui et dit à ses disciples : « Comme il sera difficile à ceux qui possèdent des richesses d’entrer dans le royaume de Dieu ! »
Les disciples étaient stupéfaits de ces paroles. Mais Jésus reprend : « Mes enfants, comme il est difficile d’entrer dans le royaume de Dieu. Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu. »
De plus en plus déconcertés, les disciples se demandaient entre eux : « Mais alors, qui peut être sauvé ? »
Jésus les regarde et répond : « Pour les hommes, cela est impossible, mais pas pour Dieu ; car tout est possible à Dieu. »

Marc 10, 17-27

J’observe, depuis que je lis beaucoup les contributions des uns et des autres sur les forums catholiques, que cette page d’Evangile met bien mal à l’aise. On la contourne de toutes les manières possibles, arguant que quand on a « de grands biens », on est aussi plus généreux vis-à-vis de l’Eglise et des bonnes oeuvres… voire. Il faudrait s’interroger en profondeur sur la motivation du don : aider son prochain ou obtenir un reçu fiscal ?

Je n’ai de leçon à donner à personne. Je crois que Dieu m’a fait une grâce en ne me donnant presque toute ma vie que le strict nécessaire pour vivre décemment, sans jamais avoir faim ni priver mes enfants de l’essentiel. Je ne dis pas que mon enfance et mon adolescence ont été faciles :  j’aurais aimé de temps en temps avoir des vêtements neufs, et pas seulement ceux qui avaient été portés avant moi par mes soeurs, ma tante… Quand je voyais mes camarades partir en vacances et raconter leurs découvertes, je souffrais de ne jamais quitter ma maison sinon pour aller chez mes grands-parents à quelques kilomètres, moi qui étais avide de nouveaux paysages. Je rêvais d’apprendre à jouer du piano, mais il n’y avait pas de budget pour ça. Et je me suis lancée dans mon métier davantage parce que nos parents ne pouvaient pas nous payer des études que par vocation – même si aujourd’hui, je me réjouis d’être au service d’enfants et pas de papiers ou d’argent.

J’ai cru un temps, par mon mariage, que je pourrais enfin cesser de compter pour boucler le mois. Cela n’a duré que quelques années. Au moins avions-nous la fierté de ne rien devoir à personne, le peu que nous possédions était uniquement le fruit de notre travail.

Et aujourd’hui, je ne me plains pas non plus. Toujours à devoir compter, mais j’ai cet avantage de pouvoir communier à la précarité de toutes les mères quittées, vivant d’un bas salaire, comprenant ce que c’est de ne pas  vraiment savoir de quoi demain sera fait. J’ai appris à m’abandonner à la Providence : vivre honnêtement de mon travail, n’avoir aucun souci à me faire pour investir ou contourner le fisc, être résignée quand il faudrait faire tels ou tels travaux autour de la maison et que ce n’est tout simplement pas possible. Je me sens très détachée des envies de consommer, me limitant à la joie de pouvoir remplir mon caddie une fois par semaine et de préparer à mes enfants ce qu’ils aiment manger. Ne pas les freiner non plus dans les études qu’ils entreprennent. Voilà l’essentiel, et c’est déjà une chance, immense. Je sais que je suis une nantie quand j’observe les souffrances du tiers monde, ou des plus pauvres dans nos pays occidentaux.

Alors, la prière de mon coeur demeure celle des Proverbes (30,8) :

« Ne me donne ni la richesse, ni la pauvreté. »

Image  : Jésus et le jeune homme riche  Heinrich Hofmann

Vous pouvez suivre les réponses à cet article via le RSS 2.0 Vous pouvez répondre, ou faire un trackback.

2 commentaires

  • Je suis à préparer un futur sujet de Blog => Mots clés du Guide de lecture de la Bible 2014 Novembre 2014 Paix — Promesse — Proximité — Richesse
    et pour ce dernier mot-clé
    j’étais partis dans l’idée de la Richesse qu’on a d’avoir la Foi ! 🙂
    et j’ai abouti à votre site…
    mon nouvel emploi de soutien; des pensées pour améliorer mon emploi principal; des idées d’offrir mes services à un organisme sans but lucratif; d’être serein face à un processus de séparation; de ma prise de conscience de me prendre en mains face à ma santé… …Merci DIEU Le Père d’être dans ma vie ! Seigneur Jésus Miséricordieux, j’ai confiance en toi ! 🙂

  • André BONDU says:

    Aborder le problème de l’argent est toujours un exercice très délicat pour les catholiques,
    alors que Jésus a dit très clairement « Malheur aux riches » !
    En général, les Catholiques ne sont pas des gens très pauvres financièrement..
    La plupart ne savent pas ce que c’ est que de ne pas pouvoir boucler une fin de mois !
    Il est évident qu’il est très difficile de penser à sa vie spirituelle, quand on ne peut arriver à nourrir sa famille et qu’ on ne passe son temps qu’ à essayer de résoudre ses problèmes financiers..
    C’ est pourquoi il est très délicat d’aborder cette question. Dès qu’on le fait,; on soulève toujours les passions.
    Il n’ est que de lire tous les échanges du forum « Argent : malheur aux riches » de « Croire.com. ».

    Les prédicateurs se gardent bien de parler de ce sujet brûlant dans leurs homélies, car ils savent bien que ce sont les riches qui donnent le plus au « Denier de l’Eglise ». Il ne faut donc pas les décourager !

    Et puis, qu’ est-ce qu’être riche ?
    A partir de quels revenus estime-t-on qu’on en a assez ?
    Plus on en a, plus on augmente ses besoins, plus l’on consomme, et plus la barre du minimum que l’on croit indispensable s’élève !
    Et quand on en a suffisamment, on estime qu’il faut être prévoyant et qu’il faut penser à l’avenir, à ses vieux jours.

    Bref, c’est le cercle infernal, et c’est ainsi qu’ on devient esclave de l’argent.
    En disant « Malheur aux riches », Jésus connaissait bien le coeur de l’homme.
    Il savait bien que devenir esclave de l’ argent, c’est en faire un dieu,
    alors qu’il faut choisir entre « Dieu » et « Mammon »..

    Tout le monde n’ est pas François d’ Assise,
    Et puis, on ne peut pas demander à un père de famille, qui a la responsabilité de ses enfants, de faire comme lui…
    D’ailleurs renoncer à tout comme François d’Assise, cela devient relativement facile, quand on sait qu’ on a derrière soi toute une communauté religieuse, installée confortablement, qui pourvoira à vos besoins !
    Au temps où les religieuses avaient des costumes excentriques très coûteux, elle étaient sûres que, le jour où leur habit serait usé, il serait automatiquement remplacé par un neuf.

    Dans une Grèce exsangue, où c’est désormais la grande misère, l’Eglise orthodoxe Grèque reste d’une richesse indécente et trouve cela normal. Son patrimoine, constitué, au cours des siècles, de dons, de legs et d’exonérations fiscales, est énorme.
    A Paris, les plus belles grandes propriétés privées des arrondissements les plus riches appartiennent à des communautés religieuses, qui acceptent parfois de s’en dessaisir, mais au prix exhorbitant du marché, alors qu’on manque de terrain peu chers pour construire des HLM.

    Et voilà que se pose le problème des « niches fiscales », qui me valent, ces jours-ci, tant de critiques virulentes de la part d’ internautes sans descendants qui, pour éviter que l’Etat ne prenne une grande partie de leurs biens à leur mort, les donnent à des organismes caritatifs ou à des communautés religieuses !.
    Il faut bien savoir que les réductions fiscales diminuent automatiquement les revenus de l’Etat et font partie des dépenses qui l’ obligent à emprunter toujours plus, pour boucler son budget et faire face à ses obligations, ce qui ne fait qu’ augmenter la fameuse « dette » !
    Donner à des organismes caritatifs, passe encore, car l’argent va à des familles pauvres qui mourraient de faim sans cela, ne bénéficiant d’ aucune autre aide par ailleurs !
    A condition toutefois que, de la part du donateur, la seule raison du don ne soit pas d’ éviter de payer des impôts …
    Quant aux Communautés religieuses qui font actuellement des publicités éhontées pour attirer les legs des personnes seules à leur mort, cela me scandalise, ce qui me vaut beaucoup d’incompréhension, ces jours-ci….

    Je n’ ai jamais été riche et j’en remercie le Seigneur.
    Je ne sais pas non plus ce qu’ est la pauvreté, et j’en remercie aussi le Seigneur !
    Aussi, je fais mienne cette maxime :
    « Ne me donne ni la richesse ni la pauvreté ».
    Je m’abandonne entre tes mains, Seigneur !
    Tu sais mieux que moi ce qu’il me faut…

    Bien à toi, Véronique.
    André



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *