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Pentecôte et sacrements

27 mai 2012 | Publié par Véronique Belen dans Blog

Dans la paroisse de mon enfance, le jour de la Pentecôte était traditionnellement celui de la profession de foi. Ce n’est plus trop le cas aujourd’hui, on célèbre la profession de foi plutôt le dimanche après Pâques, et quand c’est possible, la confirmation à la Pentecôte, ce qui, liturgiquement parlant, est plus logique. Car c’est bien dans l’Esprit Saint que l’on confirme les jeunes qui se présentent à ce sacrement.

Pour ceux de ma génération, le souvenir de la confirmation est sans doute un peu flou : cela se passait, du moins c’est ainsi que je l’ai vécu, un jour de semaine, dans un regroupement de paroisses qui étaient alors sans lien entre elles, sans vraiment de préparation, et la cérémonie ne donnait pas non plus lieu à un repas de famille. J’ai le souvenir de m’être présentée, dans un village assez éloigné du mien, à 13 ans, devant l’évêque, entre ma mère et ma marraine, je crois qu’il n’y avait personne d’autre de ma famille pour nous accompagner. Mais je l’ai néanmoins vécu de manière intense, car j’avais une foi très vive à l’adolescence.

Pour ce qui est de la profession de foi, c’est un des regrets de ma vie de chrétienne. Je suis arrivée à l’âge de la faire précisément à un moment où elle n’était plus célébrée dans ma paroisse, je ne sais pas vraiment pourquoi. Je ne l’ai donc jamais faite. Je l’ai vécu avec un peu d’amertume, car j’allais à la messe tous les dimanches, je faisais partie de la chorale paroissiale, et j’avais véritablement une foi à professer, qui n’était pas factice. Un peu de regret aussi de n’avoir jamais revêtu l’aube blanche que nous avions dans une penderie à la maison et qui avait servi pour mes trois soeurs avant moi. Comme à l’époque, les filles ne pouvaient absolument pas être enfants de choeur, de toute ma vie je n’ai donc jamais revêtu une aube…

Parfois, je considère cette petite mortification de mon adolescence comme un tremplin pour confesser sans relâche ma foi aujourd’hui, comme je le fais sur ce site. Après déjà un long parcours de vie, une quête spirituelle pleine d’épreuves et de méandres, je m’autorise à confesser sans relâche mon credo, qui est celui de l’Eglise catholique à laquelle j’appartiens. Cela ne me dérangerait pas de dire « la sainte Eglise universelle » dans le credo, car celui que je confesse n’exclut pas nos frères et soeurs des autres confessions chrétiennes. Mais à part ce détail, mon credo est vraiment celui du symbole de Nicée-Constantinople ou des Apôtres.

C’est aujourd’hui la Pentecôte, je n’ai pas une aube sur moi, mais j’ai envie de professer ma foi.

Je suis parfois songeuse sur la manière dont se donnent les sacrements dans l’Eglise de nos jours. Depuis quelques années, on ne voit plus dans ma paroisse les enfants de la première communion à la messe le dimanche. Ni avant, ni après. Leurs parents n’y vont pas, il y a quelques années ils envoyaient encore leurs enfants à la messe, au moins cette année-là, mais même cela s’est perdu. Ils sont catéchisés, certes, et il faut rendre hommage aux mamans qui se dévouent pour le faire. Mais le jour de la première communion,  ils ne doivent pas comprendre grand chose à la messe, n’y allant jamais. Et je suis sans illusions sur leurs motivations réelles quand j’entends le lendemain les conversations dans la cour de récréation… comparatifs de cadeaux et d’heure à laquelle on s’est couché…

Il y a aussi chaque année des adolescents pour la profession de foi et la confirmation deux ans plus tard, ils vivent des choses fortes en préparation en équipe, mais quant à les voir à la messe avant et après, à part les jours de fête où on les y oblige plus ou moins, personne non plus, ou presque…

Et on pourrait dire exactement la même chose des couples qui se marient à l’église.

Je ne juge pas, je fais un constat, c’est tout.

On aime visiblement bien fêter des occasions familiales par un sacrement.

Quant à fréquenter le Christ régulièrement dans le plus beau des sacrements, l’Eucharistie, c’est une autre histoire…

 

Image : La Pentecôte    Giotto

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1 commentaire

  • Véronique says:

    PENTECÔTE : SOMMET DE L’ANNEE CHRETIENNE Prédicateur : Raphaël Devillers

    Le lendemain des 7 semaines après la fête de la Pâque- le 50ème jour, d’où le nom grec « pentecostès »-, Jérusalem, bourrée de pèlerins venus de partout, éclatait chaque année d’une joie exubérante en célébrant l’ancienne Fête de la Moisson devenue FETE DU DON DE LA LOI. On venait en effet d’achever la moisson et les greniers débordaient mais surtout, en ce jour-là, on rappelait l’événement fondateur du Sinaï lorsque YHWH, après avoir libéré les ancêtres hébreux, avait conclu une Alliance et leur avait donné sa Loi. Israël pouvait se dire « peuple élu » non pour se vanter de son privilège mais pour assumer cette responsabilité : construire une société selon le cœur de Dieu et manifester une autre manière de vivre ensemble, dans le droit et la justice.
    Hélas, l’expérience de chaque génération attestait l’échec perpétuel de ce projet. « Tout ce le Seigneur a dit, nous le mettrons en pratique » : le peuple s’était engagé devant son Dieu (Ex 19, 8 ; 24, 3…), il avait construit pour sa Gloire un temple magnifique où il célébrait des liturgies régulières, offrait des sacrifices généreux, écoutait les sermons qui, inlassablement, lui rappelaient tous les préceptes de la Loi. Mais, les Ecritures en témoignent, dès le début (péché du veau d’or), Israël n’avait jamais pu vivre selon le projet de son Dieu : tous les rois avaient péché, même les plus grands comme David et Salomon. Les prophètes avaient eu beau tonitruer, dénoncer les crimes, appeler à la conversion, multiplier les menaces : peine perdue ! Pourquoi donc la connaissance de la Loi, la piété et les cérémonies religieuses échouaient-elles à rectifier la conduite ? D’où venait cette faiblesse congénitale qui empêchait de mettre en pratique ce que l’on avait promis de bon cœur ? « Nous savons mais nous ne pouvons pas ». Que manquait-il ?…

    Au lendemain du désastre de 587, lorsque Jérusalem fut détruite, le temple incendié, le roi et la population déportés en Babylonie, des prophètes s’interrogèrent sur le sens de cette catastrophe et sur la possibilité de l’avenir. Non Dieu n’avait pas rejeté son peuple : après cette terrible épreuve, un jour, il referait une alliance nouvelle, il donnerait la force qui rendrait capable d’obéir fidèlement à la Loi. Des oracles d’une tonalité toute nouvelle se mirent à circuler :
    « Des jours viennent- oracle de YHWH – où je conclurai avec la communauté d’Israël une nouvelle Alliance…Je déposerai mes directives au fond d’eux-mêmes, je les inscrirai dans leur être …Je pardonne leur crime… » (Jérémie 31, 31-34) — « Je ferai sur vous une aspersion d’eau pure, je vous purifierai de toutes vos impuretés.. Je vous donnerai un cœur neuf et je mettrai en vous un esprit neuf ; je mettrai en vous mon Esprit, je vous ferai marcher selon mes lois… » (Ezéchiel 36, 25-29) — « En ce temps-là, je répandrai mon Esprit sur toute chair…même sur les serviteurs et les servantes …… (Joël 3, 1-3)
    Voilà donc ce qui manquait : non des explications plus savantes des lois, non des rites supplémentaires mais la FORCE même de Dieu qui rendrait capable de mettre en pratique le projet de Dieu.
    Des siècles passèrent, les occupations étrangères se succédèrent (Perses, Grecs, Romains) mais cette promesse divine entretint l’espérance indéfectible d’Israël. Le Messie, un jour, apporterait cet Esprit.

    LA PENTECÔTE CHRETIENNE

    Cette année-là, en ce jour de fête de la Loi, alors que la foule immense prenait part à des liturgies somptueuses, tout à coup dans une rue de Jérusalem, des pèlerins, issus des pays limitrophes, tombèrent sur un curieux spectacle: sortant d’une maison, des hommes et des femmes se mettaient à chanter et à danser en proclamant les merveilles de Dieu et chacun les entendait dans sa propre langue ! Luc s’amuse à noter les réactions des passants : « Ils étaient en plein désarroi, déconcertés, émerveillés…perplexes…Ils se disaient : Qu’est-ce que cela signifie ?…Certains s’esclaffaient : Ils sont pleins de vin doux !».
    En fait les disciples de Jésus sortent du cénacle où ils étaient en prière, attendant le don de l’Esprit que le Ressuscité leur avait promis. Il faut lire la suite de l’histoire. Pierre, au nom des Apôtres, explique à la foule: « Dieu a ressuscité Jésus que vous aviez fait crucifier, il l’a fait Seigneur et Christ, et il a répandu l’Esprit promis par les prophètes » .
    La scène semble toute simple, anecdotique, mais, pour Luc, l’événement revêt une importance capitale car il marque la réalisation du dessein de Dieu, l’aboutissement de la mission et de la Pâque de Jésus, le début d’une nouvelle histoire. Jadis Dieu, au mont Sinaï, dans une mise en scène terrifiante (orage, tremblement de terre, éclairs…) avait donné sa Parole, sa Loi : le peuple l’avait acceptée, la connaissait mais n’avait pas « le souffle », la capacité de la mettre en pratique. Aujourd’hui, à Jérusalem, dans une simple maison (pas au temple !!), la « rouah », c.à.d. l’Esprit, le Souffle, le Vent de Dieu a soufflé sur le groupe des disciples de Jésus. Ils sont témoins que Dieu a ressuscité le crucifié et qui vient de leur envoyer l’Esprit qui les comble de joie et leur permet de proclamer : « Dieu l’a fait Seigneur et Christ ! ».

    La Pentecôte juive devient la Pentecôte chrétienne. Le don de la Parole se parfait dans le don du Souffle. La connaissance peut devenir action. L’humain respire au Souffle de Dieu. La divinisation est inaugurée. La Bonne Nouvelle se réalise. L’aventure de l’Eglise commence et elle va franchir toutes les frontières : c’est ce que Luc veut dire lorsqu’il montre d’emblée des gens de toutes nations ouverts à la révélation nouvelle. L’Esprit de Jésus qui revient vers les siens ne peut être que l’esprit d’amour et le langage de l’amour se comprend dans toutes les cultures.
    Le mythe de Babel dénonçait l’orgueil impérialiste qui prétend imposer au monde la même langue, une civilisation unique. La Pentecôte est son inverse : les apôtres n’obligent pas à apprendre leur langue, ils ne cherchent pas à uniformiser leurs auditeurs. Il est bien que les croyances, les théologies, les liturgies « s’inculturent » dans toutes les nations c.à.d. prennent partout des formes différentes, respectant le génie de chacune, se démultipliant en une variété indéfinie, symbole de la diversité humaine et de la richesse de la grâce de Dieu.

    Aujourd’hui, mieux qu’un discours théologique, ce flash de Luc sur « le prototype d’une communauté chrétienne » nous interpelle : nos paroisses, parfois muettes et compassées, pourraient en prendre de la graine !
    Cette « première Eglise » naît de la longue prière commune où, ensemble, on intériorise le mystère de Pâques : mort et résurrection de Jésus le constituant Messie, Sauveur, Seigneur.
    Elle est formée d’hommes et de femmes, unis dans la même attente, et qui viennent de faire l’expérience de leur terrible faiblesse : ils n’ont pu observer la loi donnée par leur maître et ils l’ont abandonné aux mains de ses ennemis. A présent, tous peuvent témoigner que Jésus leur est revenu vivant, sans colère, leur pardonnant leur lâcheté.
    Tous sont « re-suscités » par le Souffle de Dieu qui les remplit d’une allégresse toute nouvelle, d’une joie inouïe. Et ils proclament hautement les Merveilles de Dieu…au point de paraître « ivres » !
    Ils sont pauvres, démunis de ressources ; ils n’ambitionnent pas d’imposer leur pouvoir, d’édifier des constructions imposantes mais ils sont décidés à remplir la mission reçue : annoncer au monde la bonne Nouvelle.
    Ils ne condamnent ni les bourreaux de Jésus, ni les mœurs dévergondées de certains, ni le monde corrompu : au contraire ils quittent leur retraite et plongent dans la société, offrant de partager avec tous l’Esprit de renouveau.
    Ils surprennent, dérangent, se distinguent, scandalisent : ils sont incompris, moqués, attaqués. Car très vite ces gens vont paraître fous aux yeux de leurs compatriotes, suspects au Pouvoir romain. On jettera Pierre et Jean en prison, on lynchera Etienne, on décapitera Jacques….Mais on ne pourra plus jamais arrêter l’élan né en ce jour : en moins de 50 ans, de petites communautés semblables naîtront en Samarie, en Galilée, en Syrie, à Chypre, en Macédoine, à Rome…
    La Pentecôte, c’est aujourd’hui, chez nous…si nous l’acceptons. Que l’Esprit rajeunisse nos communautés.

    Prédicateur: Raphaël Devillers

    http://www.precheurs.be/index.php?option=com_predication&view=homelie&homid=1136&jour=37&Itemid=717



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