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« Vous ne savez pas ce que vous demandez. » Marc 10, 38

30 mai 2012 | Publié par Véronique Belen dans Méditations bibliques

Les disciples étaient en route avec Jésus pour monter à Jérusalem ; Jésus les précédait ; ils étaient effrayés, et ceux qui suivaient étaient aussi dans la crainte. Prenant de nouveau les Douze avec lui, il se mit à leur dire ce qui allait lui arriver :
« Voici que nous montons à Jérusalem. Le Fils de l’homme sera livré aux chefs des prêtres et aux scribes, ils le condamneront à mort, ils le livreront aux païens, ils se moqueront de lui, ils cracheront sur lui, ils le flagelleront et le tueront, et trois jours après, il ressuscitera. »

Jacques et Jean, les fils de Zébédée, s’approchent de Jésus et lui disent : « Maître, nous voudrions que tu exauces notre demande. »
Il leur dit : « Que voudriez-vous que je fasse pour vous ? »
Ils lui répondirent : « Accorde-nous de siéger, l’un à ta droite et l’autre à ta gauche, dans ta gloire. »
Jésus leur dit : « Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire à la coupe que je vais boire, recevoir le baptême dans lequel je vais être plongé ? »
Ils lui disaient : « Nous le pouvons. »
Il répond : « La coupe que je vais boire, vous y boirez ; et le baptême dans lequel je vais être plongé, vous le recevrez. Quant à siéger à ma droite ou à ma gauche, il ne m’appartient pas de l’accorder, il y a ceux pour qui ces places sont préparées. »
Les dix autres avaient entendu, et ils s’indignaient contre Jacques et Jean.
Jésus les appelle et leur dit : « Vous le savez : ceux que l’on regarde comme chefs des nations païennes commandent en maîtres ; les grands leur font sentir leur pouvoir.
Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi. Celui qui veut devenir grand sera votre serviteur. Celui qui veut être le premier sera l’esclave de tous : car le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude. »

Marc 10, 32 – 45

Ce qui me frappe dans cet Evangile, c’est le contraste entre la connaissance qu’a Jésus de ce qui l’attend à Jérusalem – à aucun moment il n’est dupe de ce qui va se passer, il sait très bien qu’il y sera rejeté et mis à mort – et une sorte de décentrage de ses disciples pourtant les plus proches, qui ne méditent pas ce qu’il veut leur faire comprendre, mais se soucient de leur place à ses côtés dans sa gloire. Souvent, je me dis que Jésus a dû se sentir bien seul. Même ceux qui le suivaient depuis trois ans ne comprenaient pas, bien souvent, la portée profonde de ce qu’il voulait leur dire. Il leur parle de condamnation à mort, et eux se soucient d’une place d’honneur.

Rien n’est moins facile que de porter une parole qui vienne du Père. Tous les prophètes de l’Ancien Testament en ont fait l’amère expérience. Et le plus douloureux, sans doute, c’est que ceux-là même qui devraient comprendre et accueillir cette parole parce qu’ils connaissent la religion sur le bout des doigts  – ici les chefs des prêtres et les scribes dont parle Jésus – se font persécuteurs et sont prêts à aller jusqu’à mettre à mort celui qui la porte, pour demeurer dans leurs certitudes bien ancrées, et surtout dans leur pouvoir.

Goût du pouvoir qui ruine les meilleures intentions et conduit aux pires manoeuvres là où on attendrait de la sainteté.

« Si tu n’agis pas bien, le péché, tapi à ta porte, te désire. Mais toi, domine-le. »  Genèse 4, 7

 

Image :  Saint Jacques et saint Jean, apôtres, fils de Zébédée  Maître de Ventosilla , musée saint Jacques de Compostelle

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