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Méditations bibliques

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Commencement de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Thessaloniciens

Nous, Paul, Silvain et Timothée, nous nous adressons à vous, l’Église de Thessalonique qui est en Dieu le Père et en Jésus Christ le Seigneur. Que la grâce et la paix soient avec vous.

À tout instant, nous rendons grâce à Dieu à cause de vous tous, en faisant mention de vous dans nos prières. Sans cesse, nous nous souvenons que votre foi est active, que votre charité se donne de la peine, que votre espérance tient bon en notre Seigneur Jésus Christ, en présence de Dieu notre Père. Nous le savons, frères bien-aimés de Dieu, vous avez été choisis par lui. En effet, notre annonce de l’Évangile chez vous n’a pas été simple parole, mais puissance, action de l’Esprit Saint, certitude absolue : vous savez comment nous nous sommes comportés chez vous pour votre bien. La nouvelle de votre foi en Dieu s’est si bien répandue partout que nous n’avons plus rien à en dire.
En effet, quand les gens parlent de nous, ils racontent l’accueil que vous nous avez fait ; ils disent comment vous vous êtes convertis à Dieu en vous détournant des idoles, afin de servir le Dieu vivant et véritable, et afin d’attendre des cieux son Fils qu’il a ressuscité d’entre les morts, Jésus, qui nous délivre de la colère qui vient.

1Th 1, 1-5.8b-10

@AELF

Parmi les épîtres, j’aime particulièrement celles aux Thessaloniciens, car on y devine une assemblée chrétienne très fervente qui a fait la joie de Paul. Et il leur rend cette joie en leur révélant des mystères auxquels il a eu accès par grâce du Seigneur. Aucune autre épître ne décrit aussi bien les temps eschatologiques que la 2ème aux Thessaloniciens surtout.

En 2000, quand j’ai fréquenté pendant six mois une petite paroisse évangélique -non pentecôtiste -, j’y ressentais très fort cette ferveur qu’ont dû connaître les premiers chrétiens, je me disais souvent que l’apôtre Paul devait particulièrement chérir cette assemblée priante et sincère, se référant beaucoup à lui, et qui organisait en outre souvent des temps conviviaux pour les familles présentes et  les nouveaux venus. Et contrairement à ce que je constate dans les assemblées catholiques – auxquelles je suis très fidèle et dans lesquelles je me sens à ma place – j’y remarquais une vraie attente du retour du Seigneur Jésus dans sa Gloire. (suite…)

Isaïe 66, 18-21
Psaume 116, 1.2
Hébreux 12, 5-7.11-13
Luc 13, 22-30

Ce sont des paroles dures que celles de l’Evangile de ce jour. Nous avons entendu parler de porte étroite, de porte qui se ferme et que rien ne fera ouvrir, même pas les retardataires qui estiment avoir de solides références : ils sont, disent-ils, des pratiquants. Et au dehors de la porte, il y aura les pleurs et les grincements de dents. Tout semble donc reculer par rapport aux extraordinaires paroles du prophète Isaïe qui voient affluer vers la ville sainte une foule de Juifs et d’étrangers, où Dieu se choisira même des prêtres et des lévites (Première lecture).

Pour trouver la clé de ce texte difficile, il faut partir de ses premiers mots : « Dans sa marche vers Jérusalem, Jésus passait par les villes… » La mention de Jérusalem n’ a rien de topographique. Si Luc en parle, c’est pour nous indiquer que Jésus monte vers la mort. Aller à Jérusalem, c’est faire route vers le Père en passant par la Passion et la Résurrection. C’est pour y souffrir et puis y mourir. Tout en lui est cet amour qui va jusqu’au bout, pour son Père et pour tous. « Le Fils de l’homme est venu pour sauver ce qui est perdu » (Luc 19,10).

Le meilleur éclairage pour comprendre ces paroles dures c’est aller consulter Jésus lui- même. N’a-t-il pas dit : « Je suis la porte : si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé, il ira, il viendra et trouvera de quoi se nourrir. » (Jean 10,9) La porte est la personne même de Jésus. La porte étroite ne peut être que l’image de Jésus lui-même qui va vers sa passion.
Nous savons aussi que le Royaume des cieux dont parle Jésus n’est pas un lieu. Il est « la vie éternelle ». Or « la vie éternelle c’est qu’ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu et celui que tu as envoyé », dit Jésus dans sa longue prière avant sa mort (Jean 17). La vie éternelle, pour reprendre les magnifiques images d’Isaïe, ce sera la montagne sainte où toute larme sera séchée et toute souffrance transfigurée. (suite…)

Culte du dimanche 26 août 2012 à l’Oratoire du Louvre
prédication du pasteur Marc Pernot
( Luc 9, 46-62 )

Six conseils de Jésus pour éviter d’être intégriste (valables aussi pour les athées)

Ce 440e anniversaire du massacre de la Saint Barthélemy nous donne encore une fois l’occasion de nous étonner de l’existence de violences religieuses.

Heureusement que la foi n’a pas produit que des massacres, elle a également produit et elle produit tous les jours des fruits d’une merveilleuse bonté et créativité. Mais il est très étonnant, compte tenu des idéaux portés par l’Évangile, qu’il existe de la violence religieuse. Puisque Dieu est la source ultime de la vie, il est paradoxal que la foi en Dieu puisse parfois produire de l’intolérance, de la haine, et même des massacres.

Il serait malhonnête de dire que la foi ou la religion ont le monopole de la violence, ni même qu’elles surpassent d’autres formes de pensées dans ce domaine. Les plus grands massacres commis dans l’histoire de l’humanité, et particulièrement au XXe siècle, ont été commis pour bien d’autres raisons que religieuses. Les massacres de Mao, Staline, Hitler, Pol-Pot, ou du Rwanda… n’étaient associés à nulle discussion théologique, que je sache.

Et bien souvent, quand la religion a une place dans la violence, c’est qu’elle est mêlée à de la politique ou à des luttes de pouvoir, comme pour le massacre de la Saint-Barthélemy. Il est motivé en partie par des questions de politique intérieures et internationales et par des questions de pouvoir personnel. Mais la Saint-Barthélemy est motivée en partie, il faut le reconnaître, par des questions religieuses, avec de virulents débats d’idées qui ont produit des bibliothèques entières de controverses théologiques.

C’est étonnant que l’on puisse en venir au meurtre pour des idées ou des questions de foi, non ? En quoi les idées et la façon de prier des autres me gêneraient-elles, comment est-ce que de telles question peut faire régresser quelqu’un et le transformer en fou furieux ? Dans le Royaume de France, qu’est-ce qui empêchait les uns de prier à la façon catholique et d’autres à la façon réformée ?

Les causes et l’énergie qui alimentent l’intégrisme sont profondes, elles sont théologiques et psychologiques, et elles ont valables d’une certaine façon pour les croyants comme pour les athées. (suite…)

Lc 12/49-53

Tout le monde sait que « évangile » veut dire « bonne nouvelle ». Ce que nous savons moins ou pas du tout c’est que cette « bonne nouvelle » n’a pas le sens habituel que nous donnons à cette expression. La « bonne nouvelle »  de l’évangile ne provoque pas forcément une joie immédiate, comme lorsqu’on nous annonce que nous avons gagné au tiercé. Quand Jésus dit qu’il faut partager avec les pauvres, cela peut faire plaisir aux pauvres mais pas aux riches ! Dans l’évangile d’aujourd’hui, Jésus nous dit qu’il ne vient pas apporter la paix mais la division dans les familles. Pas évident que ce soit une «  bonne nouvelle » !

« Je ne suis pas venu mettre la paix dans le monde »
Nous devons d’abord reconnaître que Jésus ne pensait pas forcément selon la logique cartésienne qui est la nôtre. La mentalité sémitique ignore certaines de nos nuances et n’a pas peur de ce qui nous paraît être des contradictions. Cela nous oblige à trouver le cœur de la pensée de Jésus. De quelle paix s’agit-il ? Il y a, en effet, des fausses « paix » . Celle qui cherche une tranquillité égoïste : « Fiche-moi la paix », une paix résignation : «  Laisse tomber », une paix imposée par la force : à Chypre par exemple, les casques bleus garantissent un cessez le feu mais pas la paix entre grecs et turcs, et cela depuis une cinquantaine d’années. La paix véritable ne peut que rarement être imposée de l’extérieur, elle doit naître de l’intérieur. La paix que Jésus apporte est une sorte de synthèse de tous les biens messianiques dont parle la Bible. Elle n’est pas seulement l’absence de guerre ou de conflits mais elle nous délivre de la peur, de la tristesse, de l’inquiétude, de l’angoisse. Cette paix est liée à la venue du Messie, pour nous à Jésus, elle est l’équivalent du bonheur parfait, de la joie divine d’exister. Cette paix est liée à la foi et reçue comme un don de Dieu. Elle ne sera complète que dans le Royaume.

« Je n’apporte pas la paix mais la division dans les familles ».
Que les familles se divisent, pas besoin de Jésus pour cela. (suite…)

Des pharisiens s’approchèrent de lui pour le mettre à l’épreuve ; ils lui demandèrent : « Est-il permis de renvoyer sa femme pour n’importe quel motif ? »
Il répondit : « N’avez-vous pas lu l’Écriture ? Au commencement, le Créateur les fit homme et femme, et il leur dit : ‘Voilà pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme, et tous deux ne feront plus qu’un.’ À cause de cela, ils ne sont plus deux, mais un seul. Donc, ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ! »
Les pharisiens lui répliquent : « Pourquoi donc Moïse a-t-il prescrit la remise d’un acte de divorce avant la séparation ? »
Jésus leur répond : « C’est en raison de votre endurcissement que Moïse vous a concédé de renvoyer vos femmes. Mais au commencement, il n’en était pas ainsi. Or je vous le dis : si quelqu’un renvoie sa femme — sauf en cas d’union illégitime — pour en épouser une autre, il est adultère. »
Ses disciples lui disent : « Si telle est la situation de l’homme par rapport à sa femme, il n’y a pas intérêt à se marier. »
Il leur répondit : « Ce n’est pas tout le monde qui peut comprendre cette parole, mais ceux à qui Dieu l’a révélée. Il y a des gens qui ne se marient pas car, de naissance, ils en sont incapables ; il y en a qui ne peuvent pas se marier car ils ont été mutilés par les hommes ; il y en a qui ont choisi de ne pas se marier à cause du Royaume des cieux. Celui qui peut comprendre, qu’il comprenne!»

Mt 19, 3-12

@AELF

Sur cet évangile, je ne vais pas m’attarder comme on le fait habituellement sur la fidélité dans le mariage, mais sur ce verset : il y en a qui ont choisi de ne pas se marier à cause du Royaume des cieux.
Pendant longtemps, je me suis interrogée sur le bien-fondé du célibat des prêtres, et j’avais tendance à penser comme la majorité de nos contemporains qu’il était trop exigeant pour eux et sans réel intérêt.
Puis j’ai mûri longuement des expériences que j’avais vécues, et que je souhaite partager aujourd’hui, pour justifier ma prise de position résolue en faveur du célibat des prêtres.

En 2000, suite à des expériences douloureuses que j’avais vécues en Eglise catholique et intérieurement, j’ai fréquenté pendant six mois une paroisse évangélique. Le pasteur, qui était une personne remarquable, était marié et avait des enfants, et je trouvais cela très bien, son expérience d’époux et de père de famille équilibrait ses prédications, me semblait-il.
Puis j’ai eu un jour le grand besoin de me confier à lui sur ma vie spirituelle. J’avais de bons rapports avec sa femme, catholique d’origine, et ils m’ont reçue chez eux. Elle était à ses côtés pendant tout notre entretien. (suite…)