Site de Véronique Belen
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Méditations bibliques

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Je suis convaincu, mes frères, que vous êtes très bien disposés, remplis d’une haute connaissance de Dieu, et capables aussi de vous reprendre les uns les autres.
Si, malgré cela, dans cette lettre, je me suis permis sur certains points de raviver votre mémoire, c’est en vertu de la grâce que Dieu m’a donnée.
Cette grâce, c’est d’être ministre de Jésus Christ pour les nations païennes, avec la fonction sacrée d’annoncer l’Évangile de Dieu, pour que les païens deviennent une offrande acceptée par Dieu, sanctifiée par l’Esprit Saint.
En Jésus Christ, j’ai donc de quoi m’enorgueillir pour ce qui est du service de Dieu.
Car je n’oserais pas parler, s’il ne s’agissait pas de ce que le Seigneur a mis en œuvre par moi pour amener les païens à l’obéissance de la foi : la parole et les actes, la puissance des signes et des prodiges, la puissance de l’Esprit Saint. Ainsi, depuis Jérusalem en rayonnant jusqu’à la Dalmatie, j’ai mené à bien l’annonce de l’Évangile du Christ ; j’ai mis cependant mon honneur à n’évangéliser que là où le nom du Christ n’avait pas encore été prononcé, car je ne voulais pas bâtir sur les fondations posées par un autre, mais je voulais me conformer à cette parole de l’Écriture : Ceux à qui on ne l’avait jamais annoncé, ils verront ; ceux qui n’en avaient jamais entendu parler, ils comprendront.

Epître de saint Paul aux Romains 15, 14-21
©AELF

Ce beau texte de saint Paul me laisse un peu songeuse.
Deux pensées me viennent : une femme ne peut pas, de nos jours, tenir ce genre de langage. Elle n’est jamais considérée comme « ministre de Jésus-Christ ».
En disant cela, je précise, pour qu’on ne me prête pas des pensées qui ne sont pas les miennes,  que je ne suis pas favorable au sacerdoce des femmes. (suite…)

Sainte Thérèse de Lisieux

De grandes foules faisaient route avec Jésus ; il se retourna et leur dit :
« Si quelqu’un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et sœurs, et même à sa propre vie, il ne peut pas être mon disciple. Celui qui ne porte pas sa croix pour marcher derrière moi ne peut pas être mon disciple.

Quel est celui d’entre vous qui veut bâtir une tour, et qui ne commence pas par s’asseoir pour calculer la dépense et voir s’il a de quoi aller jusqu’au bout ? Car, s’il pose les fondations et ne peut pas achever, tous ceux qui le verront se moqueront de lui : ‘Voilà un homme qui commence à bâtir et qui ne peut pas achever !’
Et quel est le roi qui part en guerre contre un autre roi, et qui ne commence pas par s’asseoir pour voir s’il peut, avec dix mille hommes, affronter l’autre qui vient l’attaquer avec vingt mille ? S’il ne le peut pas, il envoie, pendant que l’autre est encore loin, une délégation pour demander la paix.

De même, celui d’entre vous qui ne renonce pas à tout ce qui lui appartient ne peut pas être mon disciple. »
Luc 14, 25-33
©AELF

En lisant cet évangile si exigeant, je pense à sainte Thérèse de Lisieux qui se fondit dans le Carmel à 15 ans en n’entretenant pas plus de liens particuliers avec ses soeurs de sang qu’avec les autres carmélites de Lisieux :
« La Servante de Dieu me confia qu’elle avait demandé au bon Dieu de n’être jamais aimée humainement, ce qui eut lieu car, bien que les novices l’aimassent profondément, jamais l’affection qu’elles lui portèrent ne fut un attachement naturel. Ce qui faisait toute la force de notre jeune maîtresse, était son entier dégagement d’elle-même: elle s’oubliait complètement et veillait toujours à se mortifier. Jamais elle n’adressait une question qui pût satisfaire sa curiosité, car elle avait pour maxime qu’on ne fait aucun bien en se recherchant soi-même. »
Source : http://www.archives-carmel-lisieux.fr/carmel/index.php?option=com_content&view=article&id=821&Itemid=1170

Quel exemple ! (suite…)

Sagesse 11, 23-26; 12, 1-2
Psaume 144
2Thessaloniciens 1, 11-12; 2, 1-2
Luc 19, 1-10

Quel est donc ce Dieu ?

Quel est donc ce Dieu qui nous cherche et vient à nous ? Qui nous regarde comme personne ne nous a regardés ? Qui s’invite chez nous comme on n’oserait le faire, même chez nos amis (c’est que notre « chez-nous » est son « chez-lui ») ? Qui nous sauve, car tel est son nom : Jésus, Yeshoua, le Seigneur sauve ? Explorons ces quatre attitudes divines.

D’abord, Dieu nous cherche avant que nous ne le cherchions, mais il faut le chercher pour en prendre conscience. Ce fut l’expérience de Zachée qui cherchait à voir qui était Jésus, et qui comprendra que c’est ce dernier, le Fils de l’homme, qui est venu le « chercher et sauver ce qui était perdu ». Ce fut, à la suite de saint Augustin, l’expérience de nombreux chercheurs de Dieu. Pour le dire avec les mots de Jean de la Croix : « si l’âme cherche son Dieu, son Bien-Aimé la cherche avec infiniment plus d’ardeur ». Alors soyons des êtres de recherche, de désirs. Tout ce qui est vrai, tout ce qui est beau, tout ce qui est bon ne peut nous laisser indifférents, mais l’attrait de l’amour encore plus loin nous conduira.

Ensuite, Jésus regarde Zachée : lui qui voulait voir sera donc vu. Or Jésus le fait en levant les yeux, bien sûr parce que Zachée est perché dans un arbre, mais surtout avec le geste traditionnel de la prière, celui que le publicain la semaine dernière n’osait pas encore faire. C’est que Dieu nous envisage de manière originelle, lui qui est à l’origine de tout. Il sait voir en Zachée le fils d’Abraham. Dans la première lecture, le sage admirait déjà qu’en tout homme, Dieu aime le fils d’Adam. «Maître qui aimes la vie », « tu aimes tout ce qui existe car tu n’aurais pas créé un être en ayant de la haine envers lui ». C’est parce qu’il est créateur, que Dieu est sauveur. Il y a donc plus originel que le péché : tel est le sens profond du regard de Jésus, qui va au-delà des apparences, en-deçà des défigurations du péché, en amont d’une compréhension étroite de la Loi de Moïse. Cette attitude lui est d’ailleurs familière. Souvenons-nous : parlant du mariage dans une controverse, il avait ainsi discerné le dessein originel de Dieu : « au commencement il n’en était pas ainsi ». C’est ce regard que Jésus porte sur Zachée, sur toutes les personnes qu’il rencontre dans l’évangile et, croyons-le, sur chacun d’entre nous. Laissons-nous donc regarder par Jésus ! Là est d’ailleurs une étape décisive dans une vie de prière, après nos bavardages qui voudraient combler la distance et nos curiosités qui voudraient la mainmise, il est bon de s’offrir au simple regard de Dieu. (suite…)

Esprit Saint

Frères,
l’Esprit Saint vient au secours de notre faiblesse, car nous ne savons pas prier comme il faut. L’Esprit lui-même intervient pour nous par des cris inexprimables. Et Dieu, qui voit le fond des cœurs, connaît les intentions de l’Esprit : il sait qu’en intervenant pour les fidèles, l’Esprit veut ce que Dieu veut.

Nous le savons, quand les hommes aiment Dieu, lui-même fait tout contribuer à leur bien, puisqu’ils sont appelés selon le dessein de son amour. Ceux qu’il connaissait par avance, il les a aussi destinés à être l’image de son Fils, pour faire de ce Fils l’aîné d’une multitude de frères. Ceux qu’il destinait à cette ressemblance, il les a aussi appelés ; ceux qu’il a appelés, il en a fait des justes ; et ceux qu’il a justifiés, il leur a donné sa gloire.

Epître de saint Paul aux Romains 8, 26-30
©AELF

A lire ce magnifique passage de saint Paul, je me demande si nous mesurons toujours bien la chance inestimable d’avoir un Dieu Trinité. Car non seulement nous pouvons brûler d’amour pour le Père et le Fils et nous nourrir de leur Parole, mais nous pouvons encore former un tout avec eux deux par la grâce de l’Esprit Saint quand nous le demandons avec ferveur.

« Je crois en l’Esprit Saint, qui est Seigneur et qui donne la vie ;
il procède du Père et du Fils.
Avec le Père et le Fils, il reçoit même adoration et même gloire ;
il a parlé par les prophètes. » (Credo, symbole de Nicée)

Et cet Esprit nous est donné dans la foi et les sacrements ! C’est Dieu lui-même en nous, réfugié en notre âme, nous apprenant à prier, nous donnant l’intelligence des Ecritures, nous gardant dans l’amour filial pour le Père et l’amour plein de reconnaissance pour notre frère le Christ Jésus. (suite…)

Siracide 35, 12-14.16-18
Psaume 33
2 Timothée 4, 6-8.16-18
Luc 18, 9-14

L’évangile de dimanche dernier se terminait par une interrogation pessimiste de Jésus : « quand le Fils de l’homme viendra, trouvera- t-il la foi sur terre ? ». La « foi », pas la « religion ». L’évangile d’aujourd’hui, qui suit immédiatement celui de dimanche dernier, nous permet de faire la distinction

FOI et RELIGION – Un bon chrétien arrive aux portes du paradis. Il est accueilli par st Pierre qui lui dit qu’avant d’entrer il doit passer un petit examen et qu’il doit totaliser cent points. Question : Qu’avez-vous fait de bien dans votre vie ? Réponse : « J’ai fait ma communion…, je me suis marié à l’église…, je suis allé à la messe le dimanche…, j’ai fait un pèlerinage à Lourdes… » Total : « deux points » ! « Pas plus ? Je n’entrerai jamais ! Je n’ai plus qu’à me confier à la miséricorde de Dieu ! » – « Bravo, Jackpot ! dit st Pierre, cent points ! Vous pouvez entrer. » Cette histoire est probablement inspirée par la parabole d’aujourd’hui. Elle est caricaturale mais, comme la parabole (qui, elle est inspirée par l’Esprit Saint) elle met l’accent sur la foi, la confiance en Jésus, en ses paroles et promesses de miséricorde divine. Elle fait ressortir que la foi chrétienne n’est pas d’abord une morale, une Loi, une religion mais une relation confiante avec Quelqu’un qui nous connaît et qui nous aime. Il n’y a pas de foi sans religion mais il y a des actes religieux sans foi. Ainsi retrouvons-nous l’exemple du pharisien et du publicain. Tous deux sont montés au Temple pour prier mais leur attitude profonde est très différente. Le pharisien n’a pas besoin d’être sauvé (« devenu juste » dans le texte liturgique), l’autre oui. Pourtant Jésus ne dit pas que les actes du pharisien sont mauvais ou n’ont pas de valeur ni que les péchés du publicain ne sont pas de vrais péchés mais il s’intéresse, en priorité, à ce que la Bible appelle « le cœur de l’homme » et son rapport à Dieu, à l’importance décisive de ne pas compter sur nos mérites personnels mais sur la grâce de Dieu manifestée en Jésus. (suite…)