Site de Véronique Belen
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En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour.
Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme moi, j’ai gardé les commandements de mon Père, et je demeure dans son amour.
Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite. »

Jean 15,9-11
©Evangelizo.org 2001-2016

Tiens, Jésus emploie le « si », il pose des conditions ?
De nos jours, on entend beaucoup que Jésus aime « tout le monde », qu’il pardonne absolument tout, qu’il est un océan d’amour pour tout un chacun…
C’est beau de le penser, oui, c’est important de se rendre compte de la démesure de l’amour de Dieu pour ses créatures.
Mais allons-nous pour autant éluder ce passage ?
Jésus nous propose un amour qui a sa source de celui du Père et qui est à Sa mesure – c’est-à-dire sans mesure. Mais la façon dont le Christ a gardé les commandements de son Père est aussi sans mesure. Et il nous demande d’observer pareillement ses commandements à lui. C’est en fait une exigence folle !
Un peu plus loin, au verset 14, Jésus ajoute : « Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande. »
Encore un « si » !
Ce n’est pas trop dans l’air du temps, l’acceptation d’obéir à des commandements. Et pourtant, l’Evangile en est plein, et Jésus n’était pas homme à parler de façon vaine. Son amour comblant nous est offert. A nous de le prendre au sérieux, et de chercher à vivre selon sa Parole. Nous y gagnerons la joie ineffable.

Image :  Chapiteau de la collection romane , musée des Augustins, Toulouse

Mon propos n’est pas d’expliciter ce qu’est la doctrine de l’Immaculée Conception. Pour en prendre connaissance, on peut se référer au Catéchisme de l’Eglise Catholique (CEC) articles 484 à 511 :

http://www.vatican.va/archive/FRA0013/_P1H.HTM

D’emblée, je précise que je connais cette doctrine, que je la comprends mais aussi que je la réfute. Je n’écris pas par ignorance du dogme et du catéchisme. Je m’exprime en tant que baptisée de l’Eglise catholique et pratiquante toujours fidèle, mais néanmoins pourvue d’un libre arbitre que je revendique, et tout particulièrement sur la doctrine du péché originel et sur le dogme de l’Immaculée Conception, l’une étant profondément liée à l’autre.

Ma réflexion est le fruit de toute une vie d’intérêt pour cette question, de l’observation incessante des fillettes et des garçons, des femmes et des hommes qui m’entourent et des relations qu’ils nouent entre eux, de très nombreuses lectures sur ce sujet et enfin d’une vie d’oraison intense. Ainsi, j’ose affirmer que ce que j’écris, je l’écris sous le regard du Seigneur et après l’avoir interrogé pendant de très longues années sur cette thématique, dans la prière.

Je puis affirmer, dans la foi, que Marie est Immaculée Conception. Je crois en Lourdes et aux dires de Bernadette Soubirous en 1858, par confiance en la jeune fille simple et pure qu’elle a été. Bernadette a rapporté au curé de son village que « la Dame » lui étant apparue lui avait dit son nom « Je suis l’Immaculée Conception » ce que la jeune fille rapportera tel quel dans son patois, en disant bien au prêtre « Je suis l’Immaculée Conception » et non « Elle est l’Immaculée Conception. »
J’insiste sur ce détail, car il a à mes yeux son importance, comme nous le verrons plus loin dans mon développement.
Mettons maintenant le dogme de l’Immaculée Conception de Marie en correspondance avec des termes de la liturgie de sa fête dans l’Eglise catholique, le 8 décembre (ou le 9 décembre comme cette année 2019, le 8 étant un dimanche) :

«Seigneur, tu as préparé à ton Fils une demeure digne de lui par la conception immaculée de la Vierge ; puisque tu l’as préservée de tout péché par une grâce venant déjà de la mort de ton Fils, accorde-nous, à l’intercession de cette Mère très pure, de parvenir jusqu’à toi, purifiés, nous aussi, de tout mal.» Et encore : « Car tu as préservé la Vierge Marie de toutes les séquelles du premier péché, et tu l’as comblée de grâce pour préparer à ton Fils une mère vraiment digne de lui ; en elle, tu préfigurais l’Eglise, la fiancée sans ride, sans tache, resplendissante de beauté. Cette vierge pure devait nous donner le Sauveur, l’Agneau immaculé qui enlève nos fautes. Choisie entre toutes les femmes, elle intervient en faveur de ton peuple et demeure pour lui l’idéal de la sainteté. »(Source : Prions en Eglise).

Il apparaît ici clairement, tout comme dans le CEC, que Marie est dite « préservée du péché originel », c’est bien le sens que l’Eglise donne à ce dogme. Et ceci par une grâce « venant déjà de la mort de son Fils »… tandis qu’il n’est même pas encore conçu. Il faut avouer que le raisonnement ecclésial est tout de même alambiqué. (suite…)

C’est ton peuple, Seigneur, qu’ils piétinent,
et ton domaine qu’ils écrasent ;
ils massacrent la veuve et l’étranger,
ils assassinent l’orphelin.

Ils disent : « Le Seigneur ne voit pas,
le Dieu de Jacob ne sait pas ! »
Sachez-le, esprits vraiment stupides ;
insensés, comprendrez-vous un jour ?

Lui qui forma l’oreille, il n’entendrait pas ?
il a façonné l’œil, et il ne verrait pas ?
il a puni des peuples et ne châtierait plus,
lui qui donne aux hommes la connaissance ?

Le Seigneur ne délaisse pas son peuple,
il n’abandonne pas son domaine :
on jugera de nouveau selon la justice ;
tous les hommes droits applaudiront.

Ps 93 (94), 5-6, 7-8, 9-10, 14-15
Textes liturgiques©AELF

On pourrait dire que les Psaumes ne sont parfois qu’émanation humaine qui appelle Dieu à la vengeance. On pourrait. Et encore l’Eglise, dans la liturgie du jour, omet-elle des strophes plus vindicatives que celles-ci dans ce Psaume 93 (94). Mais s’il en était ainsi, pourquoi les Psaumes seraient-il si présents dans la prière de l’Eglise : prière des heures pour les religieux, liturgie quotidienne ?
Les Psaumes nous parlent, à nous humains, oui, mais ils parlent aussi à Dieu, ils parlent aussi de Dieu ! Et ce n’est pas parce que le Christ Jésus s’est montré puits de miséricorde qu’en Dieu, le versant justice est aboli ! Je n’apprécie pas les discours chrétiens qui tendent à considérer le Premier Testament comme caduc au profit du Nouveau. Notre foi doit être équilibrée sur la totalité des Ecritures.

Je lis parfois, ici ou là, que le Dieu de l’Ancien Testament est un Dieu jaloux et vengeur, et que Jésus et lui seul en aurait montré le vrai visage, doux et miséricordieux. Je vais encore remettre en question certaines doctrines catholiques. Pour moi, et je suis ferme dans ce que je dis – non pas par ignorance du dogme mais par connaissance intime de bien des mystères de la Trinité Sainte – le Christ Jésus n’est pas Dieu incarné à lui tout seul : du Dieu Trinité, il est la Deuxième Personne, et seulement la Deuxième Personne. Je crois que c’est un abus de langage de dire, à Noël, que « Dieu est descendu du Ciel ». Certes, le Verbe de Dieu préexistait à tout. Et il s’est incarné dans le sein de Marie, vierge, prenant de la substance de la chair de Marie et mystérieusement, procédant du Père. Il n’y a que l’homme mâle en tant que géniteur qui soit absent de cette conception. Mais Jésus Christ est bien le Fils de Marie, ce qu’il n’avait pas en chair humaine aux côtés du Père, il l’a tissé dans la matrice de Marie, comme tout fœtus humain. Marie a donné naissance à un nourrisson dont le sexe est par mystère masculin – ce n’est pas de sa mère qu’il tient cette masculinité, nous femmes ne savons donner qu’un chromosome sexuel « x ». (suite…)

Le_Massacre_des_innocents_-_Nicolas_Poussin_-_Petit_Palais_-_1626-1627

Ainsi parle le Seigneur, le Dieu saint d’Israël :
Peuple de Sion,
toi qui habites Jérusalem,
tu ne pleureras jamais plus.
À l’appel de ton cri, le Seigneur te fera grâce.
Dès qu’il t’aura entendu, il te répondra.

Isaïe 30, 19
Textes liturgiques©AELF

Depuis très longtemps, quand je lis la Bible et notamment les Psaumes et les Prophètes, surtout Isaïe d’ailleurs, je me dis qu’on se leurre en prenant les prophéties évoquant Jérusalem au pied de la lettre, en les interprétant comme concernant cette ville ou par extension le peuple juif, ou encore, comme le font certains par un raccourci stupéfiant, les chrétiens depuis le premier avènement de Jésus Christ. On m’a dit ceci un jour : « Quand tu lis la Bible, comprends que le peuple d’Israël, ce sont les chrétiens ». Je n’en suis pas encore revenue.

Ce qui me frappe, quant à moi, ce sont toutes les images féminines qu’emploie Dieu quand il parle de son peuple qu’il justifiera et notamment de Jérusalem qui retrouvera paix et prospérité. Dieu parle toujours de Jérusalem au féminin. Nous avons pris l’habitude, nous catholiques, de voir en la « fille de Sion » la Vierge Marie. Mais je pense que par extension, dans toutes les évocations féminines de Jérusalem, Dieu parle à toutes ses filles, à toutes les femmes de toutes les traditions religieuses et de toutes les générations. Car il attend le terme de l’histoire pour les justifier complètement. (suite…)

Lévitique 13, 1-2. 45-46
Psaume 31
1 Corinthiens 10, 31 – 11, 1
Marc 1, 40-45

1) Faut-il admirer et imiter le lépreux de l’évangile d’aujourd’hui ?

D’une part, sa foi est grande dans la puissance de Jésus de le guérir : « Si tu veux, tu peux ». Il proclame et répand la nouvelle. Serait-il une préfiguration des prédicateurs de l’évangile ? ( Mais, d’autre part, il désobéit à Jésus qui lui demandait sévèrement de se taire. On voit aussi que Jésus est à la fois « pris de pitié » et en même temps le « renvoya avec sévérité » (la TOB traduit «s’irritant contre lui »). Autrement dit, Jésus est divisé à l’égard de ce malheureux. Il veut que le lépreux soit guéri et en même temps, il manifeste qu’il y a dans la démarche de cet homme quelque chose qui le contrarie et qu’il ne supporte pas. Jésus veut bien ce que veut le lépreux mais le lépreux ne veut pas ce que Jésus veut. Il devient un témoin indépendant qui fait sa volonté plutôt que celle de Jésus. Celui-ci, en effet, lui avait demandé : 1) de se taire, 2) d’aller voir le prêtre au Temple et 3) de se soumettre à la Loi. Le lépreux prend la place de Jésus qui, du coup, ne peut plus parler et doit éviter les lieux habités. Si la voix du prédicateur empêche d’écouter la parole de Jésus, il y a un problème !

2) Entre trop parler et ne pas parler du tout.

Si nous passons de ce chapitre 1 de St Marc au chapitre 16, (le dernier de l’Évangile), « les femmes au tombeau », nous avons une inversion complète de la situation par rapport au lépreux guéri ! Un jeune homme vêtu d’une robe blanche dit aux femmes : « Allez dire aux disciples et à Pierre que Jésus les précède en Galilée. Elles sortirent et s’enfuirent loin du tombeau car elles étaient toutes tremblantes et bouleversées et elles ne dirent rien à personne, car elles avaient peur» (Marc 16, 7-8). Ce qui leur arrive est tellement énorme, incroyable, qu’elles ne peuvent le mettre en paroles et communiquer l’événement. Il leur faut du temps pour concevoir l’inconcevable et accoucher d’un message. Elles en sont au temps de la gestation, ce n’est pas encore le moment de « dire ». Faut-il préférer l’épisode du tombeau à celui du lépreux ? Entre ces deux extrêmes, nous pouvons penser à l’épisode de la Samaritaine (Jean 4). Ayant abandonné sa cruche « la femme s’en fut à la ville et dit aux gens : Venez voir un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait. Ne serait-il pas le Christ ?… Beaucoup de samaritains avaient cru en lui à cause de la parole de la femme… bien plus nombreux encore furent ceux qui crurent à cause de sa parole à lui… »

3) Comment parler de Jésus aujourd’hui ? (suite…)