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« À l’appel de ton cri, le Seigneur te fera grâce » Isaïe 30, 19

5 décembre 2015 | Publié par Véronique Belen dans Méditations bibliques

Le_Massacre_des_innocents_-_Nicolas_Poussin_-_Petit_Palais_-_1626-1627

Ainsi parle le Seigneur, le Dieu saint d’Israël :
Peuple de Sion,
toi qui habites Jérusalem,
tu ne pleureras jamais plus.
À l’appel de ton cri, le Seigneur te fera grâce.
Dès qu’il t’aura entendu, il te répondra.

Isaïe 30, 19
Textes liturgiques©AELF

Depuis très longtemps, quand je lis la Bible et notamment les Psaumes et les Prophètes, surtout Isaïe d’ailleurs, je me dis qu’on se leurre en prenant les prophéties évoquant Jérusalem au pied de la lettre, en les interprétant comme concernant cette ville ou par extension le peuple juif, ou encore, comme le font certains par un raccourci stupéfiant, les chrétiens depuis le premier avènement de Jésus Christ. On m’a dit ceci un jour : « Quand tu lis la Bible, comprends que le peuple d’Israël, ce sont les chrétiens ». Je n’en suis pas encore revenue.

Ce qui me frappe, quant à moi, ce sont toutes les images féminines qu’emploie Dieu quand il parle de son peuple qu’il justifiera et notamment de Jérusalem qui retrouvera paix et prospérité. Dieu parle toujours de Jérusalem au féminin. Nous avons pris l’habitude, nous catholiques, de voir en la « fille de Sion » la Vierge Marie. Mais je pense que par extension, dans toutes les évocations féminines de Jérusalem, Dieu parle à toutes ses filles, à toutes les femmes de toutes les traditions religieuses et de toutes les générations. Car il attend le terme de l’histoire pour les justifier complètement.

Qui pleure et qui lance des cris vers Dieu sinon les femmes encore trop souvent soumises à l’arbitraire des hommes, exploitées, humiliées, méprisées, celles des entrailles desquelles la guerre arrache les enfants, celles que la violence virile prive des affections les plus vives, celles qui sont réduites en esclavage pour la satisfaction des hommes ? Tournons nos regards vers tous ces pays en intense souffrance. Celles qui en paient le prix lourd, ce sont encore et toujours les femmes. Gérant tout quand les hommes sont occupés à la guerre, souffrant de ne trouver de quoi nourrir leurs enfants, se retrouvant seules par veuvage ou abandon pour les élever ou pour subvenir à leurs propres besoins…

Ces jours-ci, je ne peux me défaire de la pensée qu’en frappant les fiefs de Daesh, on assassine aussi toutes les femmes qui ont été prises en otage par cette organisation infâme : ces malheureuses Yézidies enlevées, vendues et réduites à l’esclavage sexuel et domestique, ces occidentales appâtées vers le djihad par on ne sait quels arguments fallacieux, ces femmes qui ont la malchance d’être mère ou épouse d’un terroriste en puissance…

Quand les hommes tuent, ce sont encore et toujours les femmes qui crient vers le ciel. Et quel que soit le nom qu’elles donnent à Dieu, je suis sûre que bien vite, il les justifiera, car Dieu ne ment jamais dans ses promesses, aussi anciennes soient-elles dans les pages de sa Parole. Alors oui, je le crois fermement, Jérusalem dans la Bible ne fait que symboliser toutes mes sœurs en humanité, infiniment précieuses au cœur de Dieu, et dont il viendra bientôt sécher toutes les larmes.

Images : Le massacre des Innocents  Nicolas Poussin

Source image : http://www.petitpalais.paris.fr/fr/collections/le-massacre-des-innocents

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