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Dialoguer avec les persifleurs

9 mars 2019 | Publié par Véronique Belen dans Blog

Il y a quelques mois, j’écrivais sur ce blog ce billet :

https://www.histoiredunefoi.fr/blog/9784-combat-spirituel-et-consolation-ecclesiale

Sur les réseaux sociaux, suite à un partage, est arrivé un commentaire de la part d’un homme que je ne connaissais pas du tout, ne le comptant pas dans mes « amis ». En voici la teneur :

« Que de conditionnements derrière ces pseudos combats spirituels. La réalité est plus triviale. Mais moins agréable à regarder en face. On se console comme on peut… »

D’emblée, j’ai discerné là le doute absolu sur ce que j’exprimais, le soupçon de délire, le mépris de mon expérience mystique. J’ai commencé à dialoguer avec lui, davantage pour lui faire admettre une autre réalité que pour me justifier. Il se trompait de bout en bout sur mon compte, et je n’avais pas l’intention de le laisser instiller le doute sur ma bonne foi si facile à mesurer dans mes écrits. Nous avons beaucoup échangé, je l’ai même « ajouté » dans mes contacts. Et depuis, c’est une mini guerre larvée. Il provoque sans arrêt les croyants qu’il met « tous dans le même sac », en particulier les chrétiens, lui qui l’a été. Mais il se targue aujourd’hui d’être « libre penseur » et s’octroie le droit du mépris des chrétiens, en particulier des catholiques qu’il a dans le collimateur. L’occasion est trop belle pour lui et les amalgames trop tentants : oui, notre Eglise est à terre, par la faute de certains clercs pervers jusqu’à la pédophilie, l’abus spirituel et l’abus sexuel de religieuses. J’ai regardé hier soir en replay le reportage d’Arte et je suis horrifiée jusqu’à l’écœurement, même si, et mes lecteurs réguliers le savent, je dénonce depuis des années cette gangue de l’omerta qui étouffe l’Eglise catholique depuis bien des décennies. Je n’étais pas très compétente sur la question des abus sexuels, mais les abus spirituels et d’autorité, la non prise en considération de la parole des femmes, je connais très bien, et je les dénonce depuis longtemps à mes dépens.

Bref, revenons à nos joutes verbales sur les réseaux sociaux. Je ne puis supporter qu’on insulte le Christ et les croyants les plus sincères et honnêtes. Alors je réponds, j’affirme ma foi, au risque de me retrouver la proie de plusieurs persifleurs qui abondent dans son sens à lui et avec un certain manque l’élégance et d’imagination, et en arrivent toujours à cette même conclusion : je suis une idiote ou une imbécile sous la coupe d’une Eglise complètement corrompue, inconsciente du fait que je sois manipulée, n’ayant jamais été capable de remettre en cause ma foi… La dernière accusation en date, c’est celle d’être malhonnête intellectuellement, et là, je me dis que ces persifleurs vont vraiment trop loin, mais bon, je reste polie avec eux autant que je peux.

Pour mettre en parallèle ce billet avec l’évangile du jour ( Luc 5, 27-32) dont voici la fin :

Les pharisiens et les scribes de leur parti récriminaient
en disant à ses disciples :
« Pourquoi mangez-vous et buvez-vous
avec les publicains et les pécheurs ? »
Jésus leur répondit :
« Ce ne sont pas les gens en bonne santé
qui ont besoin du médecin,
mais les malades.
Je ne suis pas venu appeler des justes
mais des pécheurs,
pour qu’ils se convertissent. »

je dirais que je ne cherche pas à convertir mes persifleurs, non, ils sont libres de leurs échafaudages intellectuels. J’ai par contre compassion des chrétiens à la foi mise durement à l’épreuve par les scandales absolus de l’Eglise institutionnelle, cette foi qui, déjà chancelante, peut être remise en question par la rhétorique implacable de ces « libres penseurs ». Ce qui est tout de même extraordinaire avec eux, c’est qu’ils ont toute religion en horreur, mais qu’ils ne parlent que de cela de manière obsessionnelle. Etrange.

Pour conclure, je dirai que je suis largement capable de ferrailler verbalement avec des antichrétiens. Oui. je suis même prête à prendre ma part de coups psychologiques et d’insultes.

Mais jamais, jamais je n’aurai la moindre mansuétude pour des violeurs d’enfants et de religieuses en soutane ou en habit. Que le Seigneur les vomisse de sa bouche. Il n’y a pas eu de justice ecclésiale, ils se sont presque tous soustraits à la justice des hommes, mais je crois profondément en la justice de Dieu qui saura, Lui, différencier le bourreau de la victime.

Image : Oeuvre exposée au musée Unterlinden de Colmar

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