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Jardin de la spiritualité

19 mars 2016 | Publié par Véronique Belen dans Blog

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Le cœur était encore lourd. Trop d’injustice. Donner jusqu’à ses dernières forces dans son métier, parvenir à instaurer une relation de respect réciproque avec chacun de ses élèves, les faire progresser, tous, pas à pas, au long de plusieurs années, entre persévérance et découragement, investissement continu, laborieux, et vrais bons moments de vivre ensemble, offrir à observer une matinée qui coule sans aucun heurt, et se prendre une grande claque en entretien par sa supérieure hiérarchique, comme si tout ce travail ne valait pas grand-chose au regard de l’idéologie pédagogique du moment. Se voir remise en question jusqu’à la profondeur de sa personnalité…

Dans ma vie, j’ai une vraie famille, soudée, affectueuse, de vrais amis qui écoutent, qui comprennent, qui compatissent et qui consolent. Ce n’était pas de trop pour me relever.

Alors ce matin aux aurores, je suis allée là-bas, au bout de cette route tout en lacets, et sous un franc soleil annonciateur de printemps, j’ai passé la porte de la Miséricorde. J’ai pu jeter dans le cœur de saint Joseph mes aigreurs de petite fille blessée.

La confidence, l’écoute, le conseil, le pardon.

Quand je suis sortie du sanctuaire un peu sombre, la lumière de la fin de matinée inondait le parvis. J’avais le cœur léger, lavé, réconforté.

J’ai fait un petit tour au « jardin de la spiritualité ». Ça ne s’invente pas. Un tas de neige oublié au pied d’un panneau de signalisation, et puis le petit chemin qui serpente entre massifs encore endormis aux rigueurs de l’hiver, cascades asséchées qui évoquent l’aridité de cette fin de carême, vrilles folles enroulées autour des sarments nus d’une vieille vigne, bancs posés là pour y méditer, petites alcôves d’osier striées de soleil, et tout en haut, une reproduction de la « Vierge au buisson de roses » qui adoucit le cœur et éveille les désirs de massifs chatoyants de couleurs… L’Enfant de la promesse y a déjà les yeux pleins de pardon. Les mains délicates l’offrent à nos regards et à nos vies.

J’ai changé le CD dans la voiture. Des psaumes en montée, des chants de joyeuse louange pour redescendre dans la vallée.

Non, l’esprit du monde n’aura raison ni de ma foi, ni de ma confiance.

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