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« Elle est vivante, la parole de Dieu, énergique et plus coupante qu’une épée à deux tranchants » Hébreux 4,12

19 janvier 2013 | Publié par Véronique Belen dans Méditations bibliques

Elle est vivante, la parole de Dieu, énergique et plus coupante qu’une épée à deux tranchants ; elle pénètre au plus profond de l’âme, jusqu’aux jointures et jusqu’aux moelles ; elle juge des intentions et des pensées du cœur. Pas une créature n’échappe à ses yeux, tout est nu devant elle, dominé par son regard ; nous aurons à lui rendre des comptes.

En Jésus, le Fils de Dieu, nous avons le grand prêtre par excellence, celui qui a pénétré au-delà des cieux ; tenons donc ferme l’affirmation de notre foi. En effet, le grand prêtre que nous avons n’est pas incapable, lui, de partager nos faiblesses ; en toutes choses, il a connu l’épreuve comme nous, et il n’a pas péché. Avançons-nous donc avec pleine assurance vers le Dieu tout-puissant qui fait grâce, pour obtenir miséricorde et recevoir, en temps voulu, la grâce de son secours.

Lettre aux Hébreux 4, 12-16

Ce que j’aime dans ce texte, c’est l’affirmation des deux caractéristiques de Dieu, révélé en Jésus-Christ : le jugement infaillible sur nos pensées les plus secrètes, en même temps qu’une grande miséricorde si nous tombons et implorons humblement son pardon. Car le Christ n’a pas été un Dieu désincarné : il a souffert jusqu’à l’extrême ce que peut souffrir un homme de la haine de ses contemporains, et au-delà de ceux-là, de l’humanité tout entière. Il n’est pas de Nom – « Dieu sauve » – qui ne soit davantage blasphémé que le sien, depuis ses origines.

Il faut une certaine humilité pour accepter un Dieu qui lise jusque dans nos pensées les plus secrètes. Ils se trompent, ceux qui pensent l’abuser en observant des rites et des listes de vertus censés lui plaire, mais au-dedans sont « remplis par rapine et intempérance. » (Matthieu 23, 25) Nous connaissons tous des pharisiens de la foi chrétienne et des « punaises de sacristie ».

Quand je me retrouve à nu devant Dieu dans ma prière, je ne suis pas loin des larmes pour mes emportements, mes impatiences et mes petits travers que Lui connaît mieux que personne, et dont mes proches ont à souffrir. Si je ne pouvais pas soulager mon âme régulièrement par le sacrement de réconciliation, je n’oserais plus lever les yeux vers Lui.

Mais là je sens toute la puissance de sa miséricorde. Car de cette créature capable de retomber toujours dans les mêmes manquements, il veut néanmoins faire ce qu’il a d’avance décidé pour elle. Je sens la désapprobation de son coeur pour mes promptitudes à m’emporter, mais aussi toute sa confiance pour m’envoyer encore et encore témoigner de sa Vérité. Et si l’on est bien misérable de savoir mesurer notre inadéquation à sa propre sainteté, c’est en revanche très consolant d’être relevée par lui dans les humiliations que l’on subit, que l’on aurait pu prendre pour des reproches fondés, mais qui sont aussi bien souvent des persécutions pour avoir été trop vraie. De la proximité avec le coeur du Christ, une âme peut comprendre ce qu’elle a souffert et souffre encore pour l’amour de son Nom.

Souvent, quand je discerne l’orgueil,  le mensonge et la fausseté en quelqu’un, on me reproche, en brandissant l’Evangile, de juger. Qui suis-je pour juger ? Dieu seul juge !
Or, en quel Dieu croyons-nous ? Pour moi, je crois au Dieu Trinité, Père, Fils et Esprit Saint, et ma prière incessante est qu’il me donne part à son Esprit. Et cet Esprit ne pourrait donc pas juger ? Au prétexte d’obéir au commandement « Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés » (Luc 6,37), nous devrions donc refuser de nous servir de l’esprit de discernement qu’il plaît peut-être à Dieu de mettre en notre âme ?

Quand j’étais jeune fille, j’étais militante à la JOC (jeunesse ouvrière chrétienne). Nos réunions s’articulaient autour de trois étapes : « Voir – juger – agir ». La suite logique de la JOC était bien souvent l’engagement syndical. Cela n’a pas été ma voie. Par contre, je suis devenue très attentive à ce qui se dit dans le milieu chrétien – et internet est une mine pour cela. Et quand j’ai passé longtemps à constater et à voir, parfois je suis capable de juger. Et j’agis en disant.

Alors non, même à cause du verset de Luc 6,37, quand je discerne la fausseté, l’usurpation spirituelle, la fausse sainteté médiatique et l’orgueil qui l’accompagne souvent, je ne me tais pas, et au risque d’être haïe, j’exprime les fruits de mon discernement.

Image : Le jugement dernier  Rogier van der Weyden

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