Site de Véronique Belen
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Méditations bibliques

En ce temps-là, quand les femmes eurent entendu les paroles de l’ange, vite, elles quittèrent le tombeau, remplies à la fois de crainte et d’une grande joie, et elles coururent porter la nouvelle à ses disciples.
Et voici que Jésus vint à leur rencontre et leur dit : « Je vous salue. » Elles s’approchèrent, lui saisirent les pieds et se prosternèrent devant lui.
Alors Jésus leur dit : « Soyez sans crainte, allez annoncer à mes frères qu’ils doivent se rendre en Galilée : c’est là qu’ils me verront. »
Tandis qu’elles étaient en chemin, quelques-uns des gardes allèrent en ville annoncer aux grands prêtres tout ce qui s’était passé.
Ceux-ci, après s’être réunis avec les anciens et avoir tenu conseil, donnèrent aux soldats une forte somme
en disant : « Voici ce que vous direz : “Ses disciples sont venus voler le corps, la nuit pendant que nous dormions.”
Et si tout cela vient aux oreilles du gouverneur, nous lui expliquerons la chose, et nous vous éviterons tout ennui. »
Les soldats prirent l’argent et suivirent les instructions. Et cette explication s’est propagée chez les Juifs jusqu’à aujourd’hui.

Matthieu 28,8-15
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

On n’a jamais fini de découvrir des trésors cachés dans la Parole de Dieu. Et ainsi, ce matin, lisant l’évangile du jour, j’ai été frappée par la salutation de Jésus ressuscité aux femmes qui s’étaient rendues de bon matin à son tombeau et qu’il a choisies lui-même pour les faire témoins de sa résurrection auprès de ses disciples. Des femmes de foi, des femmes de compassion pour Lui, des femmes de fidélité, des femmes de courage, des femmes d’écoute, des femmes de conviction dans le témoignage. Oui, en vérité, Jésus n’a pas choisi pour cette annonce majeure dans l’histoire de la Révélation divine Pierre qui avait failli trois jours avant ou Paul qui ne le rencontrera que bien plus tard dans une expérience mystique. Il a choisi Marie de Magdala, celle dont il avait chassé sept démons qui pourraient très bien correspondre à un psychisme tourmenté davantage qu’à la luxure que d’aucuns en Eglise et dans l’iconographie chrétienne veulent obstinément lui attribuer, et « l’autre Marie » qui n’est certes pas sa mère, sinon il en aurait été fait mention.
Par contre, Jésus choisit de les interpeller par la salutation même que l’ange adressa à la jeune Marie de Nazareth quelques trente-trois années auparavant : « Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. » (Luc 1, 28)

Je te salue, je vous salue…

Et nous catholiques qui prions si régulièrement le « Je vous salue Marie, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous », d’où vient que nous omettions de considérer que les deux autres Marie du matin de la résurrection aient aussi été pleines de la grâce d’avoir le Seigneur Jésus avec elles de manière toute privilégiée en ce matin de Pâques ? N’est-ce pas là aussi une grâce insigne ? D’où vient l’obstination catholique à séparer Marie mère de Jésus du reste du genre féminin en la considérant comme « pleine de grâce » à la différence supposée de toutes ses sœurs en humanité ? Jésus aurait-il salué ces femmes-là en leur disant : « Je vous salue, femmes pécheresses, mais ne puis me révéler à vous. » ? (suite…)

Ainsi parle le Seigneur : Oui, voici : je vais créer un ciel nouveau et une terre nouvelle, on ne se souviendra plus du passé, il ne reviendra plus à l’esprit.
Soyez plutôt dans la joie, exultez sans fin pour ce que je crée. Car je vais recréer Jérusalem, pour qu’elle soit exultation, et que son peuple devienne joie.
J’exulterai en Jérusalem, je trouverai ma joie dans mon peuple. On n’y entendra plus de pleurs ni de cris.
Là, plus de nourrisson emporté en quelques jours, ni d’homme qui ne parvienne au bout de sa vieillesse ; le plus jeune mourra centenaire, ne pas atteindre cent ans sera malédiction.
On bâtira des maisons, on y habitera ; on plantera des vignes, on mangera leurs fruits.

Isaïe 65,17-21
Textes liturgiques©AELF

Il faut être aveugle au monde d’aujourd’hui, halluciné ou de mauvaise foi pour prétendre que les prophéties d’Isaïe sont toutes accomplies depuis la venue parmi les hommes de Jésus Christ, que ces prophéties annonçaient essentiellement la venue du Messie il y a 2000 ans ou, pire encore – mais cela s’entend parfois – le temps de l’Eglise… Il faut être un doux rêveur, ou plutôt, un chrétien hypocrite pour avancer que toute l’Ecriture est déjà accomplie en l’Incarnation du Verbe et que nous n’avons plus désormais qu’à laisser fructifier cette grâce. Il faut aussi singulièrement manquer de foi en Dieu pour laisser entendre que Ses promesses ne seront pas tenues davantage que par ce qui nous est donné dans le monde d’aujourd’hui et, au mieux, dans la vie après la mort. Il faut aussi être diablement résigné à l’injustice pour considérer que depuis 2000 ans, nous avons tout en main et que l’avènement d’un monde plus juste dépend uniquement de nos faits et gestes.

Je veux par cette introduction un brin désabusée signifier à quel point je m’érige contre la manie chrétienne de considérer que toute l’Ecriture est déjà accomplie et qu’il nous faut exulter d’avoir l’Eglise et les sacrements au milieu d’un monde qui s’éloigne peut-être chaque jour davantage des préceptes de l’Evangile, très loin d’en vivre. Les apparats de l’Eglise, cette illusion de magnificence qui lui a inspiré qu’elle était devenue la vraie Jérusalem sur terre, sont un mirage en train de s’effondrer sous nos yeux. (suite…)

Venez, retournons vers le Seigneur !
il a blessé, mais il nous guérira ;
il a frappé, mais il nous soignera.
Après deux jours, il nous rendra la vie ;
il nous relèvera le troisième jour :
alors, nous vivrons devant sa face.

Efforçons-nous de connaître le Seigneur :
son lever est aussi sûr que l’aurore ;
il nous viendra comme la pluie,
l’ondée qui arrose la terre.
– Que ferai-je de toi, Éphraïm ?
Que ferai-je de toi, Juda ?
Votre fidélité, une brume du matin,
une rosée d’aurore qui s’en va.
Voilà pourquoi j’ai frappé par mes prophètes,
donné la mort par les paroles de ma bouche :
mon jugement jaillit comme la lumière.
Je veux la fidélité, non le sacrifice,
la connaissance de Dieu plus que les holocaustes.

Osée 6, 1-6
Textes liturgiques©AELF

Je ne vais pas faire un commentaire savant sur ces versets d’Osée, l’un des Prophètes qui me touchent le plus. Simplement dire à quel point ces prophéties me semblent actuelles, oh pas de nos jours contre les peuples de la première Alliance, ce qui constituerait pour nous chrétiens un raccourci bien trop confortable, mais bel et bien pour nous aussi chrétiens et les institutions que nous nous sommes données. Il faut lire et méditer les chapitres 4 et 5 d’Osée qui précèdent l’extrait ci-dessus. Dieu n’y est pas tendre du tout ! Il y évoque les crimes de son peuple et de ses prêtres, et y est particulièrement virulent contre eux justement :

Écoutez la parole du Seigneur, fils d’Israël, car le Seigneur est en procès avec les habitants du pays : il n’y a, dans le pays, ni vérité ni fidélité, ni connaissance de Dieu, mais parjure et mensonge, assassinat et vol ; on commet l’adultère, on se déchire : le sang appelle le sang.
C’est pourquoi le pays est en deuil, tous ses habitants dépérissent, ainsi que les bêtes sauvages et les oiseaux du ciel ; même les poissons de la mer disparaissent. Mais que nul n’accuse, que nul ne réprimande : Prêtre, c’est avec toi que je suis en procès ! Tu trébuches le jour, le prophète aussi trébuche avec toi la nuit ; je réduirai ta mère au silence, et mon peuple, faute de connaissance, sera, lui aussi, réduit au silence. Puisque tu as rejeté la connaissance, je te rejetterai et tu ne seras plus mon prêtre ; puisque tu as oublié la loi de ton Dieu, à mon tour, j’oublierai tes fils.
Tous, tant qu’ils sont, ils ont péché contre moi : je vais changer leur gloire en infamie.
Ils se repaissent du péché de mon peuple et vers leur faute ils portent leur désir.
Il en sera du prêtre comme du peuple : je sévirai contre lui à cause de sa conduite et je lui revaudrai ses actions.

Osée 4, 1-9

Ne serait-ce pas un peu facile de dire que par la venue, la mort et la résurrection de Jésus, Dieu a tout pardonné et que désormais, les baptisés et les prêtres sont sanctifiés et assurés de la mansuétude de Dieu pour toutes leurs fautes pourvu qu’ils montrent un peu de contrition devant un confesseur ? Nous n’avons que trop constaté ces dernières années les ravages incalculables des abus sexuels et spirituels qui ont eu cours dans l’Eglise depuis des décennies et sans doute des siècles ! Nous n’avons que trop mesuré la blessure que constitue pour les victimes le fait de savoir que leurs prédateurs sexuels ou spirituels ont été couverts par l’institution ecclésiale jusqu’à son plus haut niveau, qu’ils sont demeurés impunis, tout au plus sanctionnés d’une petite mutation ou d’une reconduite à l’état laïc quand l’Eglise ne pouvait décemment plus masquer les faits ! (suite…)

En ce temps-là,
comme Jésus était dans une maison,
arrivent sa mère et ses frères.
Restant au-dehors, ils le font appeler.
Une foule était assise autour de lui ;
et on lui dit :
« Voici que ta mère et tes frères sont là dehors :
ils te cherchent. »
Mais il leur répond :
« Qui est ma mère ? qui sont mes frères ? »
Et parcourant du regard
ceux qui étaient assis en cercle autour de lui,
il dit :
« Voici ma mère et mes frères.
Celui qui fait la volonté de Dieu,
celui-là est pour moi un frère, une sœur, une mère. »

Marc 3, 31-35
Textes liturgiques©AELF

Je me suis déjà exprimée, sur ce site, au sujet de cet extrait de l’Evangile de Marc. Mais il n’est pas inutile d’y revenir, surtout en tant que catholique, pour sortir des commentaires un peu lénifiants dans notre Eglise, toujours plutôt gênée par ces versets qu’elle se réserve le droit de commenter exclusivement en ses ministres ordonnés pour bien enfoncer le clou catholique : les frères de Jésus ne sont pas ses frères (quelle idée n’est-ce pas ?) mais ses voisins ou ses cousins, et la Vierge Marie sa mère étant la première et la meilleure de toutes ses disciples, il ne saurait s’agir dans ces versets d’une prise de distance de Jésus avec sa famille. Consultez des homélies catholiques sur cet extrait d’évangile, et neuf fois sur dix, on vous servira cette catéchèse qui a en outre le mérite de noyer un peu le poisson soulevé quelques versets plus haut :

Les gens de chez lui, l’apprenant, vinrent pour se saisir de lui, car ils affirmaient : « Il a perdu la tête. »
Marc 3, 21

Sur ce verset-là aussi, on prêche pieusement que Marie et les « voisins et cousins » de Jésus ont craint pour son bien-être car il était tellement occupé qu’il ne trouvait plus le temps de manger. Plutôt la soupe familiale que le surmenage du bon Jésus, et l’honneur de ses proches est sauf. Admettre encore et encore qu’en toutes circonstances, ceux-là ne lui auraient voulu que du bien.

Eh bien, si Jésus se montre ici dénutri, moi aussi, comme catholique abreuvée de ce style de commentaires, je reste sur ma faim.
Car enfin, être soupçonné par ses proches d’avoir perdu la tête n’est pas tout à fait la même chose que de leur inspirer des inquiétudes pour sa satiété.
Prêcher le Royaume de Dieu à des foules rassemblées autour de soi en suscitant ainsi l’envie de ses proches de se faire rapatrier d’urgence à la maison n’est pas tout à fait un signe de docilité à la volonté du Père et à l’Esprit Saint pour ces empêcheurs d’annoncer la Bonne Nouvelle aux foules. (suite…)

Il y eut un combat dans le ciel: celui de Michel et de ses anges contre le Dragon. Le Dragon, lui aussi, combattait avec l’aide des siens, mais ils furent les moins forts et perdirent leur place dans le ciel. Oui, il fut rejeté, le grand Dragon, le serpent des premiers jours, celui qu’on nomme Démon et Satan, celui qui égarait le monde entier. Il fut jeté sur la terre, et ses anges avec lui.
Alors j’entendis dans le ciel une voix puissante, qui proclamait : «Voici maintenant le salut, la puissance et la royauté de notre Dieu, et le pouvoir de son Christ ! Car l’accusateur de nos frères a été rejeté, lui qui les accusait jour et nuit devant notre Dieu. Et eux, ils l’ont vaincu par le sang de l’Agneau et le témoignage de leur parole. Dépassant l’amour d’eux-mêmes, ils sont allés jusqu’à la mort. Ciel, sois donc dans la joie, ainsi que vous tous qui demeurez aux cieux.»

Apocalypse de saint Jean (12, 7-12a)

 

Tiens, j’ai lu souvent l’Apocalypse mais je n’avais pas relevé jusqu’à ce matin qu’elle confirme profondément ce que je reçois dans ma prière et que je crois : la terre où nous vivons est bien pour le moment le repaire du Dragon, du serpent des origines, de Satan en qui tant de nos contemporains ne croient pas, et qui pourtant est bien à l’œuvre pour nous persécuter – et notamment les femmes comme le dit la suite du chapitre 12 – ce Diviseur à l’assaut de nos âmes données au Christ qui agit en personne pour nous perdre spirituellement, ou dans nos persécuteurs qui lui ont fait bonne place en eux en se laissant dominer par toutes leurs pulsions les plus malsaines. Le diable est le grand ami de l’homme qui entend vivre selon ses propres pulsions quasi animales, que ce soit la violence, le désir sexuel non conditionné à l’amour, l’instinct de domination, l’esprit belliqueux, le mensonge et le déni de ses responsabilités, l’esprit mafieux à l’œuvre jusque dans l’Eglise quand elle pratique l’omerta sur tout ce que ses ordonnés peuvent engendrer comme souffrance en autrui. Ne soyons pas naïfs : il ne suffit pas d’une chasuble, d’une mitre ou d’une barrette et d’un peu d’eau bénite quand le Mauvais est en soi, dans son orgueil et son carriérisme, prêt à persécuter qui viendra en travers de son chemin d’ambition cléricale. (suite…)