Site de Véronique Belen
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Méditations bibliques

Le Christ n’est pas entré dans un sanctuaire fait de main d’homme, figure du sanctuaire véritable ; il est entré dans le ciel même, afin de se tenir maintenant pour nous devant la face de Dieu.
Il n’a pas à s’offrir lui-même plusieurs fois, comme le grand prêtre qui, tous les ans, entrait dans le sanctuaire en offrant un sang qui n’était pas le sien ;
car alors, le Christ aurait dû plusieurs fois souffrir la Passion depuis la fondation du monde. Mais en fait, c’est une fois pour toutes, à la fin des temps, qu’il s’est manifesté pour détruire le péché par son sacrifice.
Et, comme le sort des hommes est de mourir une seule fois et puis d’être jugés, ainsi le Christ s’est-il offert une seule fois pour enlever les péchés de la multitude ; il apparaîtra une seconde fois, non plus à cause du péché, mais pour le salut de ceux qui l’attendent.

Hébreux 9, 24-28
Textes liturgiques©AELF

Qu’il est réconfortant de lire ces lignes quand on attache plus d’importance aux Ecritures qu’aux développements théologiques !
Nombreux sont les chrétiens, et même les théologiens, qui ne veulent plus considérer la Passion et la mort sur la Croix du Christ Jésus comme un sacrifice consenti et nécessaire à notre rédemption. Nombreux sont ceux qui ne comprennent pas que Dieu le Père ait préféré le sacrifice de son propre Fils à celui de n’importe qui d’autre. Ils prétendent que, exigeant cela, Dieu serait un Dieu cruel envers ses enfants. Or, il ne s’agit pas du tout de cruauté. Il s’agit encore là de sacrifice, d’abnégation et même de justice.
Dieu le Père n’aurait exigé d’aucun autre père – pas même d’Abraham – qu’il accepte ainsi de sacrifier son fils unique et tellement aimé pour le rachat du péché de l’humanité tout entière. Dieu est abnégation. C’est son Fils a Lui, issu de ses entrailles, qu’Il donne comme rédempteur et sauveur. C’est la chair de son Etre qu’il offre sur l’autel de la cruauté des hommes. C’est le plus cher et le plus innocent des enfants des hommes qu’il donne pour que nous ayons une chance de revenir vers Lui repentants, contrits et pardonnés. Qui a le cœur assez dur pour ne pas être touché de compassion devant un innocent absolu en croix ?
Où est la justice de Dieu en cela, va-t-on encore m’objecter. Eh bien, si, il y a là une justice : le Christ Jésus nous est donné comme Roi d’Eternité. Lui, Roi pour toujours, et aucun autre homme de ce monde, eût-il été empereur dans sa vie terrestre. Jésus, de la mangeoire natale à la croix de sa mort, a été humble parmi les humbles. Il n’a rien possédé. Il n’a rien revendiqué pour lui du temps de son incarnation. Il a été haï et condamné par les dignitaires religieux de son temps, lui qui était pourtant le Messie d’Israël. C’est pourquoi Dieu son Père lui donne tout dans le Royaume qui succède à sa résurrection. Du rien de sa vie terrestre –  à l’exception de la sainteté –  il fait le tout de sa vie éternelle. De la place humiliante et douloureuse à l’extrême que les hommes réservent à son Fils sur la terre, Dieu engendre pour son enfant le Royaume et il l’y couronne de Gloire. Pour toujours.

Et j’ajoute, pour les doctes et autres théologiens qui me répliquent que le christianisme n’en est qu’à ses débuts, et qu’il faut travailler à l’avenir de l’Eglise, qu’il y aura aussi une justice pour celles et ceux qui attendent véritablement le second avènement du Roi de Gloire. Je dis, moi, que l’Eglise vit ses derniers lamentables soubresauts, que l’année de la Miséricorde nous a été donnée pour nous convertir, qu’il nous reste encore un petit peu de temps pour le faire, mais que Jésus apparaîtra une seconde fois – et c’est bientôt – non plus à cause du péché, mais pour le salut de ceux qui l’attendent.

De ceux qui l’attendent vraiment, non pas du bout des lèvres, mais dans toute la vérité de leur cœur.

 

Image : Vitrail de la cathédrale de Bâle

Frères,
c’est nous qui sommes les vrais circoncis,
nous qui rendons notre culte par l’Esprit de Dieu,
nous qui mettons notre fierté dans le Christ Jésus
et qui ne plaçons pas notre confiance dans ce qui est charnel.
J’aurais pourtant, moi aussi, des raisons
de placer ma confiance dans la chair.
Si un autre pense avoir des raisons de le faire,
moi, j’en ai bien davantage :
circoncis à huit jours,
de la race d’Israël,
de la tribu de Benjamin,
Hébreu, fils d’Hébreux ;
pour l’observance de la loi de Moïse, j’étais pharisien ;
pour ce qui est du zèle, j’étais persécuteur de l’Église ;
pour la justice que donne la Loi, j’étais devenu irréprochable.
Mais tous ces avantages que j’avais,
je les ai considérés, à cause du Christ, comme une perte.
Oui, je considère tout cela comme une perte
à cause de ce bien qui dépasse tout :
la connaissance du Christ Jésus, mon Seigneur.

Philippiens 3, 3-8a
Textes liturgiques©AELF

On ne méditera jamais assez les extraits de l’Epître aux Philippiens donnés à la lecture ces derniers jours en Eglise.
Le passage ci-dessus résonne en moi avec une actualité saisissante. Je pourrais tout-à-fait le mettre en parallèle avec ma vie.
Souvent, on m’a reproché de ne pas être une bonne catholique. Je pourrais, comme Paul que l’on accusait de ne plus respecter la Loi de Moïse, m’indigner que l’on fasse si peu de cas de ma foi qui puise ses racines les plus profondes dans le catholicisme.
Ainsi, je peux en énoncer les bases : baptisée catholique à quinze jours, lorraine et d’origine rurale comme Jeanne d’Arc, catholique, fille et petite-fille et plus loin encore de descendance catholique par mon père et par ma mère, munie de tous les sacrements de l’Eglise hormis le mariage et l’Ordre, je n’ai rien remis en cause jusqu’à mes 18 ans, j’étais même une pratiquante très fervente, puis, dans le doute et sous influence, je suis devenue un temps « bouffeuse de curé » comme il convient dans le milieu Education Nationale.

« Recommençante » à la trentaine, je suis revenue avec conviction et grande fidélité vers l’Eglise de mon baptême. Mais là, j’ai compris que mon expérience mystique, ma connaissance intime et poussée du Christ Jésus mon Seigneur et véritable Epoux n’étaient pas les bienvenus dans certains sérails catholiques. On me renvoyait encore et encore vers le catéchisme et la tradition. On me répétait inlassablement que ma foi n’était pas « la foi de l’Eglise ». On allait jusqu’à mettre en doute l’ardente flamme de ma vie mystique. J’en ai profondément souffert. Un temps.

Le Seigneur n’abandonne jamais qui se confie véritablement en Lui, et qui cherche à vivre en grande authenticité sa Parole consignée dans l’Evangile. Aujourd’hui, je ne crains plus le jugement des hommes d’Eglise. Je peux débattre avec les plus ardents défenseurs de la doctrine sans être ébranlée dans ma foi et mon amour du Christ Jésus. Je continue à pratiquer en Eglise catholique, très fidèlement, mais si on me juge ici ou là comme hérétique, je poursuis mon chemin de découverte des vérités ultimes de Dieu sereinement, à cause de ce bien qui dépasse tout : la connaissance du Christ Jésus, mon Seigneur.

Un jour de sabbat, Jésus était entré dans la maison d’un chef des pharisiens pour y prendre son repas, et ces derniers l’observaient.
Jésus dit une parabole aux invités lorsqu’il remarqua comment ils choisissaient les premières places, et il leur dit :
« Quand quelqu’un t’invite à des noces, ne va pas t’installer à la première place, de peur qu’il ait invité un autre plus considéré que toi.
Alors, celui qui vous a invités, toi et lui, viendra te dire : “Cède-lui ta place” ; et, à ce moment, tu iras, plein de honte, prendre la dernière place.
Au contraire, quand tu es invité, va te mettre à la dernière place. Alors, quand viendra celui qui t’a invité, il te dira : “Mon ami, avance plus haut”, et ce sera pour toi un honneur aux yeux de tous ceux qui seront à la table avec toi.
En effet, quiconque s’élève sera abaissé ; et qui s’abaisse sera élevé. »

Luc 14,1.7-11
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

Au jour de son second avènement, Jésus revint sur la terre de son Incarnation pour y juger les vivants et les morts et rendre à chacun selon sa conduite.
Jésus dit une parole aux consacrés catholiques lorsqu’il remarqua comment ils se pressaient aux premières places, et il leur dit :
« Quand quelqu’un t’invite à des noces, ne va pas t’installer à la première place, de peur qu’il ait invité un autre plus considéré que toi.
Alors, celui qui vous a invités, toi et lui, viendra te dire : “Cède-lui ta place” ; et, à ce moment, tu iras, plein de honte, prendre la dernière place.
Au contraire, quand tu es invité, va te mettre à la dernière place. Alors, quand viendra celui qui t’a invité, il te dira : “Mon ami, avance plus haut”, et ce sera pour toi un honneur aux yeux de tous ceux qui seront à la table avec toi.
En effet, quiconque s’élève sera abaissé ; et qui s’abaisse sera élevé. »

Dieu a supporté depuis 2000 ans l’arrogance des chrétiens vis-à-vis de leurs aînés juifs dans la foi. Dieu avait donné son Fils comme Messie fidèle au milieu du peuple élu, qui ne l’a pas reconnu, et ce peuple est entré en disgrâce pour longtemps, jusqu’à l’horreur absolue de la Shoah.
En 2000, Dieu envoya comme prophète une petite fille juive française polyhandicapée, Annaëlle Chimoni, qui mit en garde le peuple élu depuis Abraham pour qu’il ne se divise pas et que sa foi ne tiédisse pas, et l’humanité pour qu’elle se prépare à la venue du Messie glorieux.
En 2000, Dieu donna aussi mission à une femme catholique de témoigner de sa foi au Christ ressuscité et sur le point de revenir, en tenant compte de tout ce que la petite Annaëlle avait écrit dans son livre édifiant.
Mais les chrétiens ne voulurent pas lire le témoignage plein de foi lumineuse et sensée d’Annaëlle et en tenir compte. Ils continuèrent à considérer l’Eglise comme épouse légitime du Christ Jésus, et se mirent des œillères quand cette Eglise se révéla corrompue jusqu’en ses moelles par des ordonnés coupables de crimes odieux.
Quant à la femme chargée de témoigner, ils la considérèrent comme folle et furent complices de ses internements.
Annaëlle mourut dans sa prime adolescence sans avoir touché les cœurs au-delà du cercle de la diaspora juive.

Et maintenant, ami lecteur, que crois-tu que le Christ glorieux fera à son second avènement ?

Nul doute qu’il dira à son Eglise sourde aux prophètes envoyés par le Père de céder à une autre la place privilégiée qu’elle s’était octroyée aux côtés du Fils de Dieu.

 

https://www.decitre.fr/livres/le-livre-d-annaelle-9782268033693.html

Dieu a créé l’homme pour l’incorruptibilité, il a fait de lui une image de sa propre identité.
Les âmes des justes sont dans la main de Dieu ; aucun tourment n’a de prise sur eux.
Aux yeux de l’insensé, ils ont paru mourir ; leur départ est compris comme un malheur,
et leur éloignement, comme une fin : mais ils sont dans la paix.
Au regard des hommes, ils ont subi un châtiment, mais l’espérance de l’immortalité les comblait.
Après de faibles peines, de grands bienfaits les attendent, car Dieu les a mis à l’épreuve et trouvés dignes de lui.
Comme l’or au creuset, il les a éprouvés ; comme une offrande parfaite, il les accueille.
Qui met en lui sa foi comprendra la vérité ; ceux qui sont fidèles resteront, dans l’amour, près de lui. Pour ses amis, grâce et miséricorde : il visitera ses élus.

Sagesse 2,23.3,1-6.9
Textes liturgiques©AELF

Voilà un beau passage du Livre de la Sagesse donné à notre méditation en ce jour où l’on fait mémoire de nos défunts. Nous pouvons vivre de cette espérance : Dieu, à la fois justice et miséricorde, a pitié de l’insensé qui se repent. Nous sommes en droit d’espérer le repentir, de leur vivant, à l’instant du passage qu’est la mort ou à celui de la confrontation avec la vérité de Dieu, de ceux que nous avons aimés et qui nous ont quittés sans avoir suivi un chemin de sanctification. Garder ferme l’espérance de leur conversion au moment crucial, et même, intercéder pour ceux qui ont montré une vie peu conforme aux commandements de l’Evangile et qui ont peut-être été fauchés par la mort sans avoir fait beaucoup de bien autour d’eux. Pour ceux-là, implorer ardemment la miséricorde du Seigneur.

Je suis chrétienne, et j’ai bien compris que la voie vers le Royaume des bienheureux est étroite. J’ai bien compris qu’il y a, quoiqu’on veuille parfois, même en Eglise, nous inculquer l’idée inverse  pour nous rassurer, des justes qui contrastent avec les insensés dans le cœur de Dieu. Insensé est celui qui est sage aux yeux du monde, qui amasse du bien matériel en vue de ses vieux jours ou pour la joie de posséder – quand ce n’est pas l’orgueil de le montrer – insensé est celui qui ne compte que sur ses propres forces et talents et méprise les dons et le Nom de Dieu. Insensé est celui qui s’imagine que ses actes terrestres sont sans répercussions sur sa vie éternelle. Insensé est celui qui pense trouver la paix ultime dans un tombeau ou un tas de cendres sans avoir jamais besoin de prendre conscience de la vérité des paroles du Christ.

Quant au juste qui demeure dans la main de Dieu, oui, il passe pour fou aux yeux du monde, lui qui n’a souci que de vivre la Parole de Dieu, qui prend à cœur sa mission de l’annoncer, qui trouve sa joie dans les commandements du Seigneur et qui médite sa Parole jour et nuit. Il passe pour fou aux yeux du monde, celui qui pratique la charité dès qu’il a pour lui quelque bien, qui tend encore une joue quand on l’a déjà frappé sur l’autre, et qui se donne sans compter pour l’annonce du Royaume. Fou aux yeux du monde, juste et béni aux yeux du Père.

Oui, souvent, très souvent, le juste est éprouvé jusqu’à l’extrême de ses capacités de résistance et de résilience, que ce soit par la malice du monde et de son funeste prince, ou par tourment spirituel intime que Dieu permet un temps qu’il endure. C’est que son Seigneur veut le purifier de toute la souillure de l’envie, de la vanité et de la concupiscence. C’est que Dieu veut vérifier jusqu’à quel point il acceptera de partager un peu du poids de la croix de son Fils.

Qui peut comprendre cette très haute vérité ? Seuls ceux qui restent fidèles à leur Dieu jusqu’à l’extrême de leur souffrance, sans riposte violente. Ceux qui se tiennent aux côtés du Corps crucifié de Jésus. Ceux qui attendent la résurrection dans une indéfectible espérance.

De toutes les fibres de mon être, je veux témoigner que le Seigneur, oui, visite ses élus, et dès cette vie. Que dire alors de ce que sera l’Eternité bienheureuse à ses côtés !

 

Image : Dieu créant Adam

Paul, mon ami,

J’ai déjà écrit ici ou là au sujet de cet extrait de ta Lettre aux Ephésiens qui est donné à la liturgie d’aujourd’hui, revenant à peu près deux fois par an dans les lectures de l’Eglise catholique. Je me dis aujourd’hui : Paul, que n’as-tu pris conseil auprès d’une femme mariée avant de rédiger ce passage ! Sais-tu, mon ami, que ce seul passage a été instrument d’oppression des épouses pendant vingt siècles, et sujet d’orgueil et de domination pour leurs maris tout aussi longtemps ? Sais-tu que ce seul extrait choque encore et toujours les pratiquants occasionnels, et a fait fuir nombre de femmes qui désertent l’Eglise en raison des fausses idées que ton développement trop personnel a véhiculées sur le couple et sur elles en particulier ? Sans compter ta vision de l’Eglise, enthousiasmante pour toi à ses débuts, mais qui ne peut aucunement être plaquée sur l’Eglise contemporaine !

Paul, mon ami, il faut bien avouer que parmi toutes les choses très belles que tu as écrites et faites pour la diffusion de l’Evangile, tu as eu la main malheureuse en écrivant ce passage-là de ton Epître aux Ephésiens, et d’autres fois encore quand tu t’es permis de discourir sur la place des femmes en Eglise et dans leurs familles. On argue souvent que tu étais influencé par ton époque. Certes, mais il n’y a pas que cela. Tu étais influencé aussi par ta masculinité, toi qui, à la différence du Christ Jésus, n’étais pas sans péché, toi qui as peut-être vécu ton célibat moins sereinement que Lui. Toi qui, Paul, n’as pas eu de relations de proximité très intimes dans l’amitié avec des femmes telles que Marie de Magdala, Marie de Béthanie et sa sœur Marthe, ou encore la Samaritaine. Toi qui, Paul, n’étais pas dépourvu de préjugés sur les femmes et les épouses, alors que le Christ Fils de Dieu a cherché toute sa vie à les déconstruire.

Paul, si je me permets cette lettre familière, c’est que, tu le sais bien, je te dois beaucoup. Je te dois d’être chrétienne, 2000 ans après que tu aies posé les fondations de l’Eglise, c’est certain. Je te dois davantage encore, et tu t’en souviens, dans ta puissance d’intercesseur. (suite…)