Site de Véronique Belen
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Méditations bibliques

Frères, faut-il se vanter ? Ce n’est pas utile. J’en viendrai pourtant aux visions et aux révélations reçues du Seigneur.
Je sais qu’un fidèle du Christ, voici quatorze ans, a été emporté jusqu’au troisième ciel – est-ce dans son corps ? je ne sais pas ; est-ce hors de son corps ? je ne sais pas ; Dieu le sait – ;
mais je sais que cet homme dans cet état-là – est-ce dans son corps, est-ce sans son corps ? je ne sais pas, Dieu le sait – cet homme-là a été emporté au paradis et il a entendu des paroles ineffables, qu’un homme ne doit pas redire.
D’un tel homme, je peux me vanter, mais pour moi-même, je ne me vanterai que de mes faiblesses.
En fait, si je voulais me vanter, ce ne serait pas folie, car je ne dirais que la vérité. Mais j’évite de le faire, pour qu’on n’ait pas de moi une idée plus favorable qu’en me voyant ou en m’écoutant.
Et ces révélations dont il s’agit sont tellement extraordinaires que, pour m’empêcher de me surestimer, j’ai reçu dans ma chair une écharde, un envoyé de Satan qui est là pour me gifler, pour empêcher que je me surestime.
Par trois fois, j’ai prié le Seigneur de l’écarter de moi.
Mais il m’a déclaré : « Ma grâce te suffit, car ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse. » C’est donc très volontiers que je mettrai plutôt ma fierté dans mes faiblesses, afin que la puissance du Christ fasse en moi sa demeure.
C’est pourquoi j’accepte de grand cœur pour le Christ les faiblesses, les insultes, les contraintes, les persécutions et les situations angoissantes. Car, lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort.

2 Corinthiens 12, 1-10
Textes liturgiques©AELF

Ah Paul, éternelle difficulté d’être cru quand on est authentique, éternel combat entre la légitimité que l’on se connaît dans le Seigneur et l’indispensable humilité face aux détracteurs et à l’ennemi qui recherchent la moindre occasion d’abattre un témoin véridique du Christ Jésus !

Paul l’a très bien vécu, compris et ressenti : on est très seul quand est touché de manière forte par la grâce de Dieu, très seul et très contesté, tandis que prospèrent autour de soi les faux prophètes et les faux mystiques qui se répandent en visions, révélations, témoignages oraux ou écrits de toutes sortes qui trouvent bon accueil dans un monde en désarroi et même dans l’Eglise !

Ami Paul, comme je te comprends ! Et comme tu es véridique quand tu n’omets pas de signaler que les vraies grâces mystiques se paient très cher dans un corps ou une âme qui doivent se coltiner, en « redescendant », le quotidien des hommes et des femmes de leur temps !

L’ineffable de l’approche réelle et vive de la Trinité, je le connais aussi. L’écharde qui est là pour me gifler, elle déchire mon âme et ma santé psychique – alibi pour l’Eglise et le monde à me mépriser dans mon témoignage pourtant en toutes choses véridique. (suite…)

Frères, si nous avons une telle confiance en Dieu par le Christ,
ce n’est pas à cause d’une capacité personnelle que nous pourrions nous attribuer : notre capacité vient de Dieu.
Lui nous a rendus capables d’être les ministres d’une Alliance nouvelle, fondée non pas sur la lettre mais dans l’Esprit ; car la lettre tue, mais l’Esprit donne la vie.
Le ministère de la mort, celui de la Loi gravée en lettres sur des pierres, avait déjà une telle gloire que les fils d’Israël ne pouvaient pas fixer le visage de Moïse à cause de la gloire, pourtant passagère, qui rayonnait de son visage.
Combien plus grande alors sera la gloire du ministère de l’Esprit !
Le ministère qui entraînait la condamnation, celui de la Loi, était déjà rayonnant de gloire ; combien plus grande sera la gloire du ministère qui fait de nous des justes !
Non, vraiment, ce qui, dans une certaine mesure, a été glorieux ne l’est plus, parce qu’il y a maintenant une gloire incomparable.
Si, en effet, ce qui était passager a connu un moment de gloire, combien plus ce qui demeure restera-t-il dans la gloire !

2 Corinthiens 3,4-11

Textes liturgiques©AELF

Je m’aperçois que je ne me suis jamais beaucoup arrêtée sur ce passage si beau de la 2ème Lettre aux Corinthiens. Aujourd’hui, il m’interpelle hautement.
J’ai eu des échanges ces derniers jours avec une femme catholique qui écrit beaucoup, se présente comme mystique, mais dont les choix et les orientations correspondent à ce qui personnellement me rebute le plus dans l’Eglise de notre baptême : l’allégeance à Medjugorje, l’hyperdulie *, l’obéissance scrupuleuse à toute la doctrine de l’Eglise et la confiance aveugle dans le catéchisme, qu’elle récite à longueur de réponses. Et lorsque j’ose argumenter selon ce que je reçois depuis tant d’années dans l’abandon à l’Esprit Saint et la fidélité aux sacrements, je suis qualifiée par elle d’orgueilleuse. Pourtant, je pourrais reprendre mot pour mot l’affirmation de l’Apôtre Paul : « Si nous avons une telle confiance en Dieu par le Christ, ce n’est pas à cause d’une capacité personnelle que nous pourrions nous attribuer : notre capacité vient de Dieu. »
Que l’on mesure ce paradoxe : les « charismatiques » auto-proclamés ont le droit de prononcer de telles paroles. Cela ne choque personne dans leur cercle. Soyez extérieure à ce cercle mais cependant pratiquante très fidèle dans une humble paroisse, passant des heures précieuses en oraison, vous n’aurez pas le droit de vous présenter comme inspirée par l’Esprit… si vous vous mettez à contester le catéchisme de l’Eglise catholique. (suite…)

En ce temps-là, les disciples de Jésus lui dirent : « Voici que tu parles ouvertement et non plus en images.
Maintenant nous savons que tu sais toutes choses, et tu n’as pas besoin qu’on t’interroge : voilà pourquoi nous croyons que tu es sorti de Dieu. »
Jésus leur répondit : « Maintenant vous croyez !
Voici que l’heure vient – déjà elle est venue – où vous serez dispersés chacun de son côté, et vous me laisserez seul ; mais je ne suis pas seul, puisque le Père est avec moi.
Je vous ai parlé ainsi, afin qu’en moi vous ayez la paix. Dans le monde, vous avez à souffrir, mais courage ! Moi, je suis vainqueur du monde. »

Jean 16, 29-33
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

Parfois, ici, je joue les trouble-fêtes. Je pense à l’homélie que j’ai entendue au jeudi de l’Ascension ailleurs que dans ma paroisse, une jolie homélie rassurante pour des paroissiens âgés qui avaient demandé une intention de messe. Le célébrant disait en substance qu’au moment de la mort, si nous sautions avec confiance dans le vide comme un enfant qui veut échapper à un incendie au premier étage de sa maison et entend son papa l’appeler en bas, nous atterririons dans les bras de Père qui nous voit même si nous ne l’apercevons pas à travers l’épaisse fumée. Et que donc, à l’instant de la mort, il suffisait de sauter en toute confiance pour se retrouver entre les bras de Dieu.
Nos prêtres sont habitués à donner ce type d’homélie pour les funérailles, il faut réconforter ceux qui sont en deuil, rassurer sur le sort du défunt, quelle qu’ait été sa vie réelle…

Alors certes, je ne suis pas à la veille de mourir étant donné mon âge et ma santé, et je ne cherche pas à ce que l’on me rassure devant la mort. Mais tout de même, je trouve que nous nous fourvoyons un peu dans le langage ecclésial contemporain. Cette manie de prêcher que la vie éternelle nous est acquise sans que l’existence que nous aurons menée ici-bas n’ait à être prise en compte ! Cette habitude de faire croire que quelques sacrements sont l’unique nécessaire pour nous garantir le salut ! Pourquoi les responsables religieux se plaignent-ils que les églises soient vides, alors qu’ils prêchent à longueur de funérailles qu’ « on ira tous au paradis » ? A les entendre, son nom dans un registre de baptême et si possible avoir communié au moins une fois dans sa vie paraissent  des vaccins contre le néant – voire pire – qui pourrait nous guetter après la mort… (suite…)

Le même jour (c’est-à-dire le premier jour de la semaine), deux disciples faisaient route vers un village appelé Emmaüs, à deux heures de marche de Jérusalem,
et ils parlaient entre eux de tout ce qui s’était passé.
Or, tandis qu’ils s’entretenaient et s’interrogeaient, Jésus lui-même s’approcha, et il marchait avec eux.
Mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître.
Jésus leur dit : « De quoi discutez-vous en marchant ? » Alors, ils s’arrêtèrent, tout tristes.
L’un des deux, nommé Cléophas, lui répondit : « Tu es bien le seul étranger résidant à Jérusalem qui ignore les événements de ces jours-ci. »
Il leur dit : « Quels événements ? » Ils lui répondirent : « Ce qui est arrivé à Jésus de Nazareth, cet homme qui était un prophète puissant par ses actes et ses paroles devant Dieu et devant tout le peuple :
comment les grands prêtres et nos chefs l’ont livré, ils l’ont fait condamner à mort et ils l’ont crucifié.
Nous, nous espérions que c’était lui qui allait délivrer Israël. Mais avec tout cela, voici déjà le troisième jour qui passe depuis que c’est arrivé.
À vrai dire, des femmes de notre groupe nous ont remplis de stupeur. Quand, dès l’aurore, elles sont allées au tombeau,
elles n’ont pas trouvé son corps ; elles sont venues nous dire qu’elles avaient même eu une vision : des anges, qui disaient qu’il est vivant.
Quelques-uns de nos compagnons sont allés au tombeau, et ils ont trouvé les choses comme les femmes l’avaient dit ; mais lui, ils ne l’ont pas vu. »
Il leur dit alors : « Esprits sans intelligence ! Comme votre cœur est lent à croire tout ce que les prophètes ont dit !
Ne fallait-il pas que le Christ souffrît cela pour entrer dans sa gloire ? »
Et, partant de Moïse et de tous les Prophètes, il leur interpréta, dans toute l’Écriture, ce qui le concernait.
Quand ils approchèrent du village où ils se rendaient, Jésus fit semblant d’aller plus loin.
Mais ils s’efforcèrent de le retenir : « Reste avec nous, car le soir approche et déjà le jour baisse. » Il entra donc pour rester avec eux.
Quand il fut à table avec eux, ayant pris le pain, il prononça la bénédiction et, l’ayant rompu, il le leur donna.
Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent, mais il disparut à leurs regards.
Ils se dirent l’un à l’autre : « Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous, tandis qu’il nous parlait sur la route et nous ouvrait les Écritures ? »
À l’instant même, ils se levèrent et retournèrent à Jérusalem. Ils y trouvèrent réunis les onze Apôtres et leurs compagnons, qui leur dirent :
« Le Seigneur est réellement ressuscité : il est apparu à Simon-Pierre. »
À leur tour, ils racontaient ce qui s’était passé sur la route, et comment le Seigneur s’était fait reconnaître par eux à la fraction du pain.

Luc 24, 13-35
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

L’esprit humain – et surtout, d’ailleurs, l’esprit masculin – est ainsi fait qu’il a besoin de signes, de preuves, besoin de voir, d’entendre, de toucher pour croire en un témoignage, fût-il le plus véridique et le plus authentique. Et ainsi, nombre des disciples hommes de Jésus n’ont-ils pas crû à l’extraordinaire nouvelle de sa résurrection, alors que des femmes qui l’avaient vu ressuscité de leurs yeux en témoignaient. L’aveuglement des disciples d’Emmaüs dure ici longtemps aussi. Ils ont le Christ vivant au milieu d’eux et ne le reconnaissent pas. Il atteste de la cohérence entre les Ecritures même déjà anciennes et qu’ils connaissent pourtant et toute sa vie, jusqu’à sa résurrection, et ils ne croient toujours pas. Il leur faudra un geste caractéristique du Seigneur Jésus – la fraction du pain – pour qu’enfin, ils abdiquent leurs objections rationnelles et le reconnaissent. Mais aussitôt, il disparut à leurs regards.

C’est bien là la manière de faire de Dieu. Donner des signes, des références bibliques qui relèvent de l’évidence, solliciter encore et encore la foi, mais dès qu’elle point, se retirer pour laisser l’esprit humain libre de poursuivre ou non sur la voie de la foi et du témoignage. Et quand la décision de croire a été prise du fond du cœur, c’est au tour du disciple convaincu de se heurter à la méfiance humaine, à la mécréance voire à la dérision de ceux qui préfèrent se voir eux-mêmes, en leur ego, comme le début et la fin de tout. (suite…)

En ce temps-là, Jésus disait à ceux des Juifs qui croyaient en lui : « Si vous demeurez fidèles à ma parole, vous êtes vraiment mes disciples ;
alors vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres. »
Ils lui répliquèrent : « Nous sommes la descendance d’Abraham, et nous n’avons jamais été les esclaves de personne. Comment peux-tu dire : “Vous deviendrez libres” ? »
Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : qui commet le péché est esclave du péché.
L’esclave ne demeure pas pour toujours dans la maison ; le fils, lui, y demeure pour toujours.
Si donc le Fils vous rend libres, réellement vous serez libres.
Je sais bien que vous êtes la descendance d’Abraham, et pourtant vous cherchez à me tuer, parce que ma parole ne trouve pas sa place en vous.
Je dis ce que moi, j’ai vu auprès de mon Père, et vous aussi, vous faites ce que vous avez entendu chez votre père. »
Ils lui répliquèrent : « Notre père, c’est Abraham. » Jésus leur dit : « Si vous étiez les enfants d’Abraham, vous feriez les œuvres d’Abraham.
Mais maintenant, vous cherchez à me tuer, moi, un homme qui vous ai dit la vérité que j’ai entendue de Dieu. Cela, Abraham ne l’a pas fait.
Vous, vous faites les œuvres de votre père. » Ils lui dirent : « Nous ne sommes pas nés de la prostitution ! Nous n’avons qu’un seul Père : c’est Dieu. »
Jésus leur dit : « Si Dieu était votre Père, vous m’aimeriez, car moi, c’est de Dieu que je suis sorti et que je viens. Je ne suis pas venu de moi-même ; c’est lui qui m’a envoyé. »

Jean 8,31-42
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

Jésus, ta vie de prédication, quelle longue souffrance devant les gardiens de la religion dans laquelle tu as été élevé et que tu as observée !
Voilà notre chemin, à nous qui t’aimons, t’écoutons, te croyons : ne pas être aimé, écouté et crû par les gardiens de la religion qui est pourtant née de ta Parole ! Et plus encore, par ceux qui se veulent « plus royalistes que le roi », ces pseudo chrétiens qui contestent a priori tout ce qui émane de l’Esprit Saint, fût-ce de l’Eglise elle-même en quelques-uns de ses représentants isolés, vraiment inspirés, qui détonnent dans le paysage morne et corrompu qu’elle donne à contempler en ces temps où nous sommes.

Etouffer l’Esprit Saint, c’est tout un art en Eglise. C’est, par exemple, promouvoir le « Renouveau charismatique » qui s’en croit propriétaire, et dont les membres ont toujours été dans les premiers à venir défendre le catéchisme et les « saints prêtres » quand quelques-uns osaient en dénoncer les abus spirituels ou autres. C’est, par exemple, répondre invariablement à une inspiration prophétique qui brûle de l’intérieur – et surtout si elle émane d’une femme – « Mais laissez donc l’Eglise se soucier elle-même de ce problème ! » Qui est « l’Eglise » dans ces cas-là ? Cet affligeant parterre de clercs ensoutanés que le Vatican nous donne à contempler tous les jours en photo ? Soit dit en passant, la prophétie concernait, dès 2011, une mise en garde contre Medjugorje. Nous sommes en 2019 et Medjugorje prospère toujours dans le lucre et les prodiges du Mauvais… (suite…)