Site de Véronique Belen
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Méditations bibliques

Qu’ils rendent grâce au Seigneur de son amour,
qu’ils offrent des sacrifices d’action de grâce,
ceux qui ont vu les œuvres du Seigneur
et ses merveilles parmi les océans.

Il parle, et provoque la tempête,
un vent qui soulève les vagues :
portés jusqu’au ciel, retombant aux abîmes,
leur sagesse était engloutie.

Dans leur angoisse, ils ont crié vers le Seigneur,
et lui les a tirés de la détresse,
réduisant la tempête au silence,
faisant taire les vagues.

Ils se réjouissent de les voir s’apaiser,
d’être conduits au port qu’ils désiraient.
Qu’ils rendent grâce au Seigneur de son amour,
de ses merveilles pour les hommes.

Psaume 106 (107), 21a.22a.24, 25-26a.27b, 28-29, 30-31

 

Je n’apprécie pas cette tendance contemporaine en théologie à nier la puissance de Dieu. On a parlé de Dieu « le Très-Bas ». On sous-entend très souvent de nos jours que Dieu n’aurait pour seule puissance que son amour et sa miséricorde. Et qu’il n’agirait sur le monde qu’à travers notre propre volonté modelée par la sienne à condition que nous nous mettions à son écoute. Fort bien.

Je pense qu’il y aura au moins un reproche que l’on ne pourra pas m’adresser : celui de ne pas être à l’écoute de Dieu. Car je ne fais que cela depuis plus de vingt ans et même au-delà. Que ce soit en scrutant les Ecritures, en me rendant réceptive à tout ce qui est dit sur elles et sur le Seigneur (essais de théologie, commentaires, homélies, discussions spirituelles…) ou dans ma propre prière. Et je pose cette question : si le Dieu Tout-Puissant de l’Ancien Testament est caduque et périmé, pourquoi continuons-nous à lire et méditer cette moitié de la Bible, pourquoi les religieuses et religieux chantent-ils les psaumes à longueur de jours et de vie ?

Or les psaumes nous parlent tous de la puissance d’un Dieu qui agit, et pas seulement sur notre âme et notre volonté, mais aussi sur la création et même les éléments. Alors bien sûr, un Dieu qui se met en colère contre l’humanité est bien impopulaire de nos jours. On prêche sur un Dieu guimauve qui nous aime tous à égalité et pardonne tout, absolument tout, qui ne se fâche jamais, qui n’est au grand jamais à l’origine d’une épreuve personnelle traversée, qui n’envoie pas de plaies sur le monde, qui ne trouve pas nécessaire de nous passer au crible de l’épreuve pour jauger notre foi, qui offre le salut sans aucune contrepartie. (suite…)

Ainsi parle le Seigneur : Oui, j’ai aimé Israël dès son enfance, et, pour le faire sortir d’Égypte, j’ai appelé mon fils.
C’est moi qui lui apprenais à marcher, en le soutenant de mes bras, et il n’a pas compris que je venais à son secours.
Je le guidais avec humanité, par des liens d’amour ; je le traitais comme un nourrisson qu’on soulève tout contre sa joue ; je me penchais vers lui pour le faire manger. Mais ils ont refusé de revenir à moi : vais-je les livrer au châtiment ?
Non ! Mon cœur se retourne contre moi ; en même temps, mes entrailles frémissent.
Je n’agirai pas selon l’ardeur de ma colère, je ne détruirai plus Israël, car moi, je suis Dieu, et non pas homme : au milieu de vous je suis le Dieu saint, et je ne viens pas pour exterminer.

Osée 11,1.3-4.8c-9
Textes liturgiques©AELF

On choisit cet extrait du Prophète Osée en ce jour de la fête du Sacré-Cœur de Jésus, car il est maintenant communément admis en Eglise que ces prophéties n’évoquent pas seulement le peuple d’Israël, mais aussi le propre Fils de Dieu, Jésus de Nazareth, notre Seigneur et Sauveur. Oui, ces versets nous parlent de la tendresse d’un Dieu Père pour son propre enfant, cette merveille de l’humanité que fut le fils de Marie engendré de Dieu.

Plutôt que de nous abîmer en de pieuses dévotions un brin désuètes, en ce jour, en tant que chrétiens, nous devrions pousser plus loin notre appétit pour les allégories bibliques et nous demander honnêtement, si le peuple d’Israël préfigure le Christ Jésus par la prédilection que Dieu lui a portée, qui la ville de Jérusalem, objet aussi des prédilections du Père puis du Fils, préfigure quant à elle. Peut-on penser honnêtement qu’une simple ville, qui est d’ailleurs de nos jours à feu et à sang, soit toujours aujourd’hui première dans le cœur de Dieu ? Cela vaut-il la peine de se battre, de tuer ou de mourir pour une ville dont le nom n’est peut-être lui aussi qu’une allégorie de l’amour de Dieu pour ses créatures ?

Penchons-nous sur les prophéties attachées dans l’Ancien Testament à la ville de Jérusalem. Il y en a bien sûr énormément et je ne saurais, en un court billet, être exhaustive. Je ne citerai donc que : (suite…)

En ce temps-là, Pierre se mit à dire à Jésus : « Voici que nous avons tout quitté pour te suivre. »
Jésus déclara : « Amen, je vous le dis : nul n’aura quitté, à cause de moi et de l’Évangile, une maison, des frères, des sœurs, une mère, un père, des enfants ou une terre
sans qu’il reçoive, en ce temps déjà, le centuple : maisons, frères, sœurs, mères, enfants et terres, avec des persécutions, et, dans le monde à venir, la vie éternelle.
Beaucoup de premiers seront derniers, et les derniers seront les premiers. »

Marc 10,28-31
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

 

Dire, quitter, recevoir, être : voilà les verbes que le Verbe emploie dans cette parole fondamentale à ses disciples. Et chacun à son importance.
Le « dire » de Jésus, c’est toujours la vérité. Nous avons à nous y référer encore et encore pour discerner le chemin de nos vies. Le Christ Jésus est lui-même Chemin, Vérité et Vie (Jean 14, 6). Comment ne pas le choisir comme le plus sûr guide de nos pérégrinations terrestres si nous voulons goûter près de Lui  la vie éternelle ?

Mais pour cela, il nous faut « quitter ». Quitter nos conforts et nos certitudes qui ne sont pas enracinées en Lui. Quitter nos déterminismes sociaux et familiaux. Nombre de grands saints comme François ou Claire d’Assise ont renoncé à des conditions de naissance privilégiées pour choisir la pauvreté à la suite du Christ. Des catéchumènes issus de familles areligieuses choisissent le baptême pour mener une vie évangélique. Et être issu d’une famille déjà catholique ne signifie pas forcément en accepter tous les rites et conventions sans les remettre, au moins un temps, en question. Suffit-il d’être chrétien par héritage et habitude pour être un baptisé prenant à cœur sa mission de témoignage ? Suffit-il d’être « en règle avec l’Eglise » en recevant tous les sacrements si on ne développe pas ensuite une foi agissante ? (suite…)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Quand viendra le Défenseur, que je vous enverrai d’auprès du Père, lui, l’Esprit de vérité qui procède du Père, il rendra témoignage en ma faveur.
Et vous aussi, vous allez rendre témoignage, car vous êtes avec moi depuis le commencement.
J’ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais pour l’instant vous ne pouvez pas les porter.
Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans la vérité tout entière. En effet, ce qu’il dira ne viendra pas de lui-même : mais ce qu’il aura entendu, il le dira ; et ce qui va venir, il vous le fera connaître.
Lui me glorifiera, car il recevra ce qui vient de moi pour vous le faire connaître.
Tout ce que possède le Père est à moi ; voilà pourquoi je vous ai dit : L’Esprit reçoit ce qui vient de moi pour vous le faire connaître. »

Jean 15,26-27.16,12-15
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

 

Etrange Esprit, qui entend, qui parle, qui reçoit, qui glorifie, qui fait connaître…

Cet Esprit-là révélé par Jésus Christ n’est-il qu’un souffle, qu’une inspiration de sagesse ?

Cet Esprit-là, le Seigneur l’a-t-il envoyé une fois pour toutes sur les disciples au Cénacle dans les premiers temps de l’Eglise, ou est-il destiné à revenir encore et encore, à demeurer puissance de vérité agissante ?

Je pense qu’il y a plusieurs écueils à éviter quand on parle de l’Esprit Saint.

Tout d’abord, celui de croire qu’il est automatiquement donné de manière égalitariste dans les sacrements catholiques. Ainsi, trop souvent, tout catholique qui proclame que Jésus est Seigneur et ressuscité d’entre les morts peut s’estimer investi de l’Esprit Saint selon les écrits des premiers temps de l’Eglise. Alors que ce qui était une affirmation terriblement subversive et susceptible de déclencher une persécution immédiate mettant en jeu la vie et la mort au temps des premiers chrétiens peut n’être de nos jours qu’un simple rabâchage catéchétique, du moins dans les contrées où l’on est libre de son appartenance religieuse. Répéter une vérité de foi déjà vieille de 2000 ans peut ne pas engager pour autant le chrétien dans une vie authentiquement évangélique. Un Credo peut être récité de lèvres qui vont aussitôt après médire voire abjurer dans les actes quand les circonstances exigeraient un comportement exemplaire.

Je crois assez peu aussi à la hiérarchie des dons de l’Esprit Saint selon les sacrements reçus : cette croyance qui voudrait que l’adolescent confirmé soit davantage inspiré que celui qui ne l’est pas, que l’ordonné surpasse le simple confirmé dans les dons de l’Esprit Saint et qu’au-dessus de tous, le Pape soit de manière suréminente prophète de Vérité – quand ce n’est pas infaillible dans les affirmations de foi ! – me laisse assez sceptique, outre le fait que cette hiérarchie subordonne toujours les femmes aux hommes en matière de discernement spirituel en Eglise. Je crois qu’on peut déconstruire cette illusion de l’Esprit Saint tributaire des sacrements reçus ou pas. S’il est une Personne divine, il est souverainement libre, et peut se donner dans un sacrement, oui, mais aussi à qui Il veut et comme Il veut. Si les catholiques confirmés ou ordonnés étaient meilleurs chrétiens et personnes humaines que tous les autres, cela se serait remarqué depuis fort longtemps, or ce n’est guère le cas. (suite…)

En ce temps-là, les disciples qui rentraient d’Emmaüs racontaient aux onze Apôtres et à leurs compagnons ce qui s’était passé sur la route, et comment le Seigneur s’était fait reconnaître par eux à la fraction du pain.
Comme ils en parlaient encore, lui-même fut présent au milieu d’eux, et leur dit : « La paix soit avec vous ! »
Saisis de frayeur et de crainte, ils croyaient voir un esprit.
Jésus leur dit : « Pourquoi êtes-vous bouleversés ? Et pourquoi ces pensées qui surgissent dans votre cœur ?
Voyez mes mains et mes pieds : c’est bien moi ! Touchez-moi, regardez : un esprit n’a pas de chair ni d’os comme vous constatez que j’en ai. »
Après cette parole, il leur montra ses mains et ses pieds.
Dans leur joie, ils n’osaient pas encore y croire, et restaient saisis d’étonnement. Jésus leur dit : « Avez-vous ici quelque chose à manger ? »
Ils lui présentèrent une part de poisson grillé
qu’il prit et mangea devant eux.
Puis il leur déclara : « Voici les paroles que je vous ai dites quand j’étais encore avec vous : Il faut que s’accomplisse tout ce qui a été écrit à mon sujet dans la loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes. »
Alors il ouvrit leur intelligence à la compréhension des Écritures.
Il leur dit : « Ainsi est-il écrit que le Christ souffrirait, qu’il ressusciterait d’entre les morts le troisième jour,
et que la conversion serait proclamée en son nom, pour le pardon des péchés, à toutes les nations, en commençant par Jérusalem.
À vous d’en être les témoins. »

Luc 24,35-48
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

Dans cet extrait du chapitre 24 qui est le dernier de l’Evangile de Luc, nous pouvons discerner toute la pédagogie du Christ Jésus, sa manière de se manifester pour éveiller notre foi, notre croyance en Dieu et en Lui son Fils et son Messie.

La foi naît d’une rencontre personnelle avec le Seigneur, d’une confrontation de témoignages à son sujet, d’une croyance en l’incarnation du Fils de Dieu qui n’est pas abolie par sa mort pourtant réelle et inscrite dans l’histoire humaine, du fait de pouvoir « manger » avec lui – et pour nous chrétiens nous le perpétuons par l’Eucharistie ou la Sainte Cène – et du rapport intime entre l’Ecriture qui précède et qui suit Jésus et sa Parole. La vie, la résurrection, la prédication et le don de son Corps pour nous de Jésus de Nazareth sont ainsi inscrits comme nuls autres dans l’Ancien comme dans le Nouveau Testament.

Et nous en faisons mémoire à chaque messe, à chaque culte chrétien : écouter des témoignages de rencontres personnelles avec le Seigneur dans les Ecritures ou par l’accueil de paroles de saints du passé ou de fidèles contemporains touchés par Lui, faire mémoire de sa naissance, de sa vie d’annonce du Royaume, de sa mort, de sa résurrection, de son ascension, de sa royauté universelle à travers les différentes fêtes liturgiques qui ponctuent l’année, méditer les Ecritures et y discerner les traces du passage de Dieu dans nos vies, manger à la table du Seigneur Jésus et se nourrir de son Corps donné pour nous, célébrer ensemble notre foi chrétienne par des cantiques, des hymnes, des psaumes, faire corps enfin entre chrétiens pour annoncer à notre tour la merveilleuse nouvelle de notre foi et du Salut offert à l’humanité.

Si nous nous inscrivons dans cette dynamique, alors la promesse de Jésus donnée juste après cet extrait dans le chapitre 24 de l’Evangile de Luc se réalise pour les disciples que nous sommes aussi : (suite…)