Site de Véronique Belen
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Méditations bibliques

L’enfant, lui, grandissait et se fortifiait,
rempli de sagesse,
et la grâce de Dieu était sur lui.

Luc 2, 40

En cette belle fête de la présentation de l’enfant Jésus au Temple – dont nos contemporains ne retiennent que les traditions culinaires de la Chandeleur – je médite ces derniers versets de la lecture du jour.
Jésus a été reconnu comme Messie par le vieillard Syméon qui l’attendait secrètement par révélation du Seigneur, et une femme très âgée et pieuse, Anne de Phanuel, se répand en louanges à Dieu après cette rencontre avec un tout petit enfant. Ils se sont décentrés d’eux-mêmes pour accepter de reconnaître la grâce reposant sur cet enfant-là, et l’avoir vu et touché suffit à remplir leurs cœurs d’allégresse. C’est d’autant plus remarquable qu’ils sont très âgés tous les deux, mais prêts à reconnaître en un tout-petit une grâce qui les dépasse et les comble d’espérance pour leur peuple, même si eux-mêmes, proches de la mort, n’en seront plus les témoins quotidiens. Syméon nous donne alors son merveilleux cantique :

« Maintenant, ô Maître souverain,
tu peux laisser ton serviteur s’en aller
en paix, selon ta parole.
Car mes yeux ont vu le salut
que tu préparais à la face des peuples :
lumière qui se révèle aux nations
et donne gloire à ton peuple Israël. »

Luc 2, 29-32

Que de paix, de sérénité, de sagesse aboutie dans ces paroles ! (suite…)

En ces jours-là, Paul dit au peuple : « Je suis Juif, né à Tarse en Cilicie, mais élevé ici dans cette ville, où, à l’école de Gamaliel, j’ai reçu une éducation strictement conforme à la Loi de nos pères ; j’avais pour Dieu une ardeur jalouse, comme vous tous aujourd’hui.
J’ai persécuté à mort ceux qui suivent le Chemin du Seigneur Jésus ; j’arrêtais hommes et femmes, et les jetais en prison ;
le grand prêtre et tout le collège des Anciens peuvent en témoigner. Ces derniers m’avaient donné des lettres pour nos frères de Damas où je me rendais : je devais ramener à Jérusalem, ceux de là-bas, enchaînés, pour qu’ils subissent leur châtiment.
Donc, comme j’étais en route et que j’approchais de Damas, soudain vers midi, une grande lumière venant du ciel m’enveloppa de sa clarté.
Je tombai sur le sol, et j’entendis une voix me dire : “Saul, Saul, pourquoi me persécuter ?”
Et moi je répondis : “Qui es-tu, Seigneur ? – Je suis Jésus le Nazaréen, celui que tu persécutes.”
Ceux qui étaient avec moi virent la lumière, mais n’entendirent pas la voix de celui qui me parlait.
Alors je dis : “Que dois-je faire, Seigneur ?” Le Seigneur me répondit : “Relève-toi, va jusqu’à Damas ; et là on te dira tout ce qu’il t’est prescrit de faire.”
Comme je n’y voyais plus rien, à cause de l’éclat de cette lumière, je me rendis à Damas, conduit par la main de mes compagnons.
Or, Ananie, un homme religieux selon la Loi, à qui tous les Juifs résidant là rendaient un bon témoignage,
vint se placer près de moi et me dit : “Saul, mon frère, retrouve la vue.” Et moi, au même instant, je retrouvai la vue, et je le vis.
Il me dit encore : “Le Dieu de nos pères t’a destiné à connaître sa volonté, à voir celui qui est le Juste et à entendre la voix qui sort de sa bouche.
Car tu seras pour lui, devant tous les hommes, le témoin de ce que tu as vu et entendu.
Et maintenant, pourquoi tarder ? Lève-toi et reçois le baptême, sois lavé de tes péchés en invoquant son nom.” »

Actes des Apôtres 22,3-16
Textes liturgiques©AELF

Il est bon de relire et de méditer ces lignes en ce jour où nous fêtons la conversion de l’apôtre Paul. On ne soulignera jamais assez que lui, qui était un ennemi éminent des tout premiers chrétiens, a été retourné comme un gant par le Seigneur et est devenu le plus ardent évangélisateur du premier siècle du christianisme. Nous qui étions en germe en terre païenne dans ce siècle-là, que ne devons-nous pas à l’apôtre Paul !

Et pourtant, vingt siècles plus tard, je trouve personnellement que les églises chrétiennes se sont progressivement  sclérosées autour de sa parole et de sa mémoire, comme si on ne pouvait plus rien ajouter ni retrancher à ce que Paul a dit et fait. C’est ainsi que l’Eglise catholique conçoit encore et toujours comme indiscutable un gouvernement ecclésial exclusivement masculin, que les églises évangéliques se retranchent derrière les propos de Paul pour tout ce qui concerne la place des femmes dans le couple et la famille, et que les églises protestantes demeurent souvent crispées sur la lettre comme si les faits et propos de Paul, inscrits dans la Bible, étaient désormais intouchables. (suite…)

Frères, elle est vivante, la parole de Dieu, énergique et plus coupante qu’une épée à deux tranchants ; elle va jusqu’au point de partage de l’âme et de l’esprit, des jointures et des moelles ; elle juge des intentions et des pensées du cœur.
Pas une créature n’échappe à ses yeux, tout est nu devant elle, soumis à son regard ; nous aurons à lui rendre des comptes.
En Jésus, le Fils de Dieu, nous avons le grand prêtre par excellence, celui qui a traversé les cieux ; tenons donc ferme l’affirmation de notre foi.
En effet, nous n’avons pas un grand prêtre incapable de compatir à nos faiblesses, mais un grand prêtre éprouvé en toutes choses, à notre ressemblance, excepté le péché.
Avançons-nous donc avec assurance vers le Trône de la grâce, pour obtenir miséricorde et recevoir, en temps voulu, la grâce de son secours.

Hébreux 4,12-16
Textes liturgiques©AELF

Il y a un temps pour tout : un temps pour le doute, et un temps pour l’affirmation de la foi, quand la Parole de Dieu a si profondément rejoint notre cœur et éclairé notre chemin de vie que tout apparaît désormais comme limpide, en nous et autour de nous, quant au dessein de Dieu sur l’humanité que nous formons les uns avec les autres, dans notre lot commun qu’est la faiblesse. Oui, nous pouvons trouver dans le Christ Jésus toute vérité et toute consolation pour nos chutes, toute aide pour nos relèvements, toute grâce pour notre devenir d’éternité.

Je ferraille ces dernières semaines sur les réseaux sociaux avec un homme tourmenté qui part en croisade contre « les religions » quelles qu’elles soient, et qui ne parvient à opposer à mes profondes certitudes chrétiennes que des soupçons de délire et de soumission à des hommes d’Eglise. Et j’ai beau lui démontrer à quel point je suis libre de toute pression, étant donné que je suis femme, il me suspecte d’être conditionnée et contrainte. Son discours de volonté de délivrer les femmes d’une domination aliénante ne l’empêche pas de n’opposer que du mépris à une foi authentique et affirmée. (suite…)


« Un homme ne peut rien s’attribuer,
sinon ce qui lui est donné du Ciel.
Vous-mêmes pouvez témoigner que j’ai dit :
Moi, je ne suis pas le Christ,
mais j’ai été envoyé devant lui.
Celui à qui l’épouse appartient, c’est l’époux ;
quant à l’ami de l’époux, il se tient là,
il entend la voix de l’époux,
et il en est tout joyeux.
Telle est ma joie : elle est parfaite.
Lui, il faut qu’il grandisse ;
et moi, que je diminue. »

Jean 3, 27-30

Je vais oser, aujourd’hui, transposer ces paroles d’un homme, Jean le Baptiste, dans l’univers des femmes qui gravitent autour du Christ Jésus. Au présent.

« Une femme ne peut rien s’attribuer,
sinon ce qui lui est donné du Ciel.
Vous-mêmes pouvez témoigner que la Vierge Marie a dit :
« Il s’est penché sur son humble servante ; désormais tous les âges me diront bienheureuse.
Le Puissant fit pour moi des merveilles ; Saint est son nom ! »

Celui à qui l’époux appartient, c’est l’épouse ;
quant à la mère de l’époux, elle se tient là,
elle entend la voix de l’épouse,
et elle en est toute joyeuse.
« Telle est ma joie : elle est parfaite.
Elle, il faut qu’elle grandisse ;
et moi, que je diminue. »
(en place occupée dans l’Eglise).

Comprenne qui pourra…

 

Image : Cantique des Cantiques    Marc Chagall

Debout, Jérusalem, resplendis !
Elle est venue, ta lumière,
et la gloire du Seigneur s’est levée sur toi.
Voici que les ténèbres couvrent la terre,
et la nuée obscure couvre les peuples.
Mais sur toi se lève le Seigneur,
sur toi sa gloire apparaît.
Les nations marcheront vers ta lumière,
et les rois, vers la clarté de ton aurore.
Lève les yeux alentour, et regarde :
tous, ils se rassemblent, ils viennent vers toi ;
tes fils reviennent de loin,
et tes filles sont portées sur la hanche.
Alors tu verras, tu seras radieuse,
ton cœur frémira et se dilatera.

Isaïe 60, 1-5
Textes liturgiques©AELF

Même si j’ai ajouté mes trois rois mages dans ma crèche sous le sapin, je vis l’Epiphanie un peu différemment cette année. Fi du folklore ! Je n’aurai pas d’invités aujourd’hui, je n’ai donc pas confectionné de galette, la fève sera une visite à une amie esseulée dans un Ehpad. Lui apporter un peu d’amitié, de présence, de chaleur humaine. Etre pour elle rayon d’attention lumineuse dans la succession de ses jours qui n’ont pour seules couleurs que ses coloriages magnifiques et ses participations fidèles aux eucharisties de nos différentes paroisses.

Elle porte en elle son lot de souffrance, et moi aussi. Je lui raconte mes enfants, toujours, car elle n’omet jamais de me poser des questions sur eux, elle qui a vécu dans sa chair l’épreuve insurmontable en ce temps-là de la stérilité. Je vais pouvoir les confier à sa prière, profonde, sincère, donnée, eux qui souffrent tant en ce moment, surtout mes deux aînés, pour des raisons très différentes mais dans des situations respectives semblant inextricables. Mes enfants augmentés de leurs partenaires de vie, dont ma belle-fille qui n’est plus que larmes et angoisses. Confier ce flot de douleur subie, par l’intercession de mon amie, à un tout petit enfant sur lequel se penchent des sages qui ont perçu sa divinité dans cette humanité si vulnérable.

Laisser entrer la lumière dans nos vies, la lumière qu’aucune porte apparemment close ne peut arrêter. Se laisser baigner par cette douce lumière, se laisser irradier comme Jérusalem visitée par le Messie.

Combien de temps, Seigneur, faudra-t-il encore prier, supplier, témoigner et attendre ton ultime manifestation, pour que tu te montres enfin à tous, nimbé de la lumière qui jamais plus ne faiblira ?