Site de Véronique Belen
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Méditations bibliques

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples :
« Quand vous verrez Jérusalem encerclée par des armées, alors sachez que sa dévastation approche.
Alors, ceux qui seront en Judée, qu’ils s’enfuient dans les montagnes ; ceux qui seront à l’intérieur de la ville, qu’ils s’en éloignent ; ceux qui seront à la campagne, qu’ils ne rentrent pas en ville,
car ce seront des jours où justice sera faite pour que soit accomplie toute l’Écriture.
Quel malheur pour les femmes qui seront enceintes et celles qui allaiteront en ces jours-là, car il y aura un grand désarroi dans le pays, une grande colère contre ce peuple.
Ils tomberont sous le tranchant de l’épée, ils seront emmenés en captivité dans toutes les nations ; Jérusalem sera foulée aux pieds par des païens, jusqu’à ce que leur temps soit accompli.
Il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles. Sur terre, les nations seront affolées et désemparées par le fracas de la mer et des flots.
Les hommes mourront de peur dans l’attente de ce qui doit arriver au monde, car les puissances des cieux seront ébranlées.
Alors, on verra le Fils de l’homme venir dans une nuée, avec puissance et grande gloire.
Quand ces événements commenceront, redressez-vous et relevez la tête, car votre rédemption approche. »

Luc 21,20-28
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

J’ai déjà, ici ou là, commenté cet extrait d’Evangile, je veux juste m’arrêter aujourd’hui sur la phrase mise en titre : « Ce seront des jours où justice sera faite pour que soit accomplie toute l’Écriture. »
Il est de bon ton, dans une homélie catholique, d’appuyer sur la fait que ce soit le Christ Jésus, par son incarnation, sa mort et sa résurrection, qui ait déjà accompli toutes les Ecritures. Le catholique n’aime pas s’appesantir sur l’espérance en un retour du Christ en gloire à la fin des temps. Sommes-nous donc tellement craintifs qu’il faille toujours nous ménager face à ce type de texte ? Sommes-nous tellement auto-satisfaits de notre propre salut en Jésus-Christ – que beaucoup considèrent comme d’ores et déjà acquis – que nous finissions par devenir indifférents au salut de notre prochain qui ne croit pas au Fils de Dieu ? Sommes-nous tellement jaloux de notre confort, notamment en occident, que nous ne voulions plus penser que la justice de Dieu soit autre chose que notre petite paix personnelle et nos prérogatives de bon chrétien ?

Il y a vingt ans, « recommençante » dans l’Eglise, j’étais vivement interpellée par les récits apocalyptiques qui ne me laissaient pas dans une paix béate. Notre curé, issu du Renouveau charismatique, balayait mes questionnements en me répondant que Luc parlait ici de la destruction du temple de Jérusalem en l’an 70 et que tout cela était accompli depuis longtemps. Il riait presque de mes préoccupations pour le devenir de notre monde. Et comme il me voyait inquiète, il me disait que ce n’était pas là la signature de Dieu, celle-ci étant une paix profonde. Quand c’est votre curé de paroisse, unanimement apprécié, qui vous dit ces choses, vous ravalez vos questionnements et vous apprenez à les taire. (suite…)

En ce temps-là, comme les pharisiens demandaient à Jésus quand viendrait le règne de Dieu, il prit la parole et dit : « La venue du règne de Dieu n’est pas observable.
On ne dira pas : “Voilà, il est ici !” ou bien : “Il est là !” En effet, voici que le règne de Dieu est au milieu de vous. »
Puis il dit aux disciples : « Des jours viendront où vous désirerez voir un seul des jours du Fils de l’homme, et vous ne le verrez pas.
On vous dira : “Voilà, il est là-bas !” ou bien : “Voici, il est ici !” N’y allez pas, n’y courez pas.
En effet, comme l’éclair qui jaillit illumine l’horizon d’un bout à l’autre, ainsi le Fils de l’homme, quand son jour sera là.
Mais auparavant, il faut qu’il souffre beaucoup et qu’il soit rejeté par cette génération. »

Luc 17, 20-25
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

Jésus a prononcé ces paroles il y a 2000 ans ! Nous en rendons-nous toujours bien compte ? Et pourtant elles demeurent, elles sont toujours d’actualité, et si ses contemporains avaient beaucoup à en apprendre, il en va de même pour nous, vingt siècles plus tard.
Les contemporains de Jésus venu dans la chair ont eu cette chance inestimable de le côtoyer, de pouvoir l’écouter et même l’interroger. Malheureusement, souvent, ils ne l’ont fait que pour chercher à le piéger ou à ridiculiser son enseignement, comme nous l’avons vu dans l’évangile de dimanche dernier (Luc 20, 27-38) au sujet de la résurrection des morts. Les pharisiens, les sadducéens et autres sceptiques s’en prenant à Jésus ne pouvaient pas anticiper sa résurrection –  que nous chrétiens nous connaissons – et y comprendre à l’avance quelque chose. Et Jésus en était tristement lucide quand il disait :
« Mais auparavant, il faut qu’il souffre beaucoup et qu’il soit rejeté par cette génération. »

J’insiste une fois de plus sur le fait que la passion et la crucifixion de Jésus n’ont pas été « un accident de l’histoire » comme le prétendent certains théologiens contemporains. Elles étaient inéluctables, tout comme est inéluctable à notre époque le rejet de la vérité qui est dans l’Evangile – tous les faits et gestes, et surtout la Parole du Christ Jésus. « Cette génération », c’est aussi la nôtre, et même spécialement la nôtre, elle qui rejette les enseignements de la Sagesse incarnée à son tour après le Verbe incarné il y a vingt siècles. (suite…)

En ce temps-là, quelques sadducéens – ceux qui soutiennent qu’il n’y a pas de résurrection – s’approchèrent de Jésus
et l’interrogèrent : « Maître, Moïse nous a prescrit : ‘Si un homme a un frère qui meurt en laissant une épouse mais pas d’enfant, il doit épouser la veuve pour susciter une descendance à son frère.’
Or, il y avait sept frères : le premier se maria et mourut sans enfant ;
de même le deuxième, puis le troisième épousèrent la veuve, et ainsi tous les sept : ils moururent sans laisser d’enfants.
Finalement la femme mourut aussi.
Eh bien, à la résurrection, cette femme-là, duquel d’entre eux sera-t-elle l’épouse, puisque les sept l’ont eue pour épouse ? »
Jésus leur répondit : « Les enfants de ce monde prennent femme et mari.
Mais ceux qui ont été jugés dignes d’avoir part au monde à venir et à la résurrection d’entre les morts ne prennent ni femme ni mari, car ils ne peuvent plus mourir : ils sont semblables aux anges, ils sont enfants de Dieu et enfants de la résurrection.
Que les morts ressuscitent, Moïse lui-même le fait comprendre dans le récit du buisson ardent, quand il appelle le Seigneur ‘le Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob.’
Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants. Tous, en effet, vivent pour lui. »

Luc 20, 27-38
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

Je ne sais pas ce qu’il en est pour vous amis lecteurs, mais jamais les homélies catholiques ne m’incommodent  autant que les jours où l’on lit en Eglise cet évangile-là. Je dois dire que cet évangile lui-même me met déjà dans l’embarras. Que dire alors des homélies catholiques qui, puisant à peu près toutes aux mêmes sources, nous livrent une image de la résurrection tellement  désincarnée et éthérée que même Jésus n’a pas forcément voulu nous l’inculquer ainsi ?

J’ajoute à cette introduction qu’ayant lu aujourd’hui une dizaine d’homélies sur les lectures du jour, j’y ai trouvé presque à chaque fois l’image de l’enfant dans le sein de sa mère, de la chenille qui devient papillon, du grain qui meurt pour devenir épi… Ces métaphores catholiques sont tellement rebattues qu’elles finissent vraiment par lasser. Et je ressens comme un très grand manque en ce jour le fait que nous soyons sans cesse obligés d’écouter des prêtres, et donc des hommes exclusivement, nous parler de « l’au-delà » tout en nous recommandant instamment de ne pas nous poser trop de questions à ce sujet ! (suite…)

J’estime qu’il n’y a pas de commune mesure entre les souffrances du temps présent et la gloire qui va être révélée pour nous.

En effet, la création attend avec impatience la révélation des fils de Dieu. Car la création a été soumise au pouvoir du néant, non pas de son plein gré, mais à cause de celui qui l’a livrée à ce pouvoir. Pourtant, elle a gardé l’espérance d’être, elle aussi, libérée de l’esclavage de la dégradation, pour connaître la liberté de la gloire donnée aux enfants de Dieu.

Nous le savons bien, la création tout entière gémit, elle passe par les douleurs d’un enfantement qui dure encore. Et elle n’est pas seule. Nous aussi, en nous-mêmes, nous gémissons ; nous avons commencé à recevoir l’Esprit Saint, mais nous attendons notre adoption et la rédemption de notre corps.

Car nous avons été sauvés, mais c’est en espérance ; voir ce qu’on espère, ce n’est plus espérer: ce que l’on voit, comment peut-on l’espérer encore ? Mais nous, qui espérons ce que nous ne voyons pas, nous l’attendons avec persévérance.

Romains 8, 18-25
Textes liturgiques©AELF

Est-ce parce qu’ils ne sont jamais passés et ne passeront jamais par les douleurs de l’enfantement que les hommes d’Eglise semblent parfois prendre si mal en considération ces versets de l’Epître aux Romains ? Peut-être faut-il être femme, et mère, pour les comprendre pleinement.
L’enfantement ! Passage douloureux s’il en est ! Toute mère se souvient de l’angoisse diffuse qui l’a habitée tandis que grandissait en elle son enfant : « Il faudra bien qu’un jour il sorte de moi !  » Entre la réticence à faire entrer dans un monde violent son tout-petit avec lequel elle est en symbiose totale pendant neuf mois et l’impatience de découvrir son visage et d’entendre son premier cri, la femme enceinte passe par des sentiments ambivalents : plénitude, lassitude due à la fatigue et aux contraintes de la grossesse, émerveillement devant les soubresauts de son enfant dans son sein, crainte de ce passage redouté et imprévisible de l’accouchement… Une future maman passe par toute une panoplie de ressentis possibles, tout autant que sont variées les tournures possibles que prendra cet accouchement-là, toujours unique et inédit. (suite…)

Devant Dieu,
et devant le Christ Jésus qui va juger les vivants et les morts,
je t’en conjure,
au nom de sa Manifestation et de son Règne :
proclame la Parole, interviens à temps et à contretemps,
dénonce le mal,
fais des reproches, encourage,
toujours avec patience et souci d’instruire.

2 Timothée 4, 1-2

Par ces mots, l’apôtre Paul encourage son disciple Timothée à poursuivre avec foi et ardeur son ministère d’évangélisation. Timothée a étudié les Ecritures, il a reçu le baptême, il s’est formé auprès de Paul, il est un homme de Dieu (verset 3, 17).
Tous, nous savons que Paul, en son temps, n’avait pas compris, ne pouvait pas comprendre à cette époque encore très patriarcale qu’une femme était elle aussi capable de lire et méditer les Ecritures, de les mettre pleinement en pratique et aussi de les enseigner. Etre une « femme de Dieu » est une expression qui n’aurait pas pu effleurer Paul, toujours d’ailleurs un brin misogyne, ce que le Christ Jésus, quant à Lui, n’a jamais été. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle je n’aime pas beaucoup qu’après une lecture de saint Paul, on proclame « Parole du Seigneur ». Paul n’est pas Dieu, il marche parfois sur des chemins tout humains qui ne sont ni les chemins du Père, ni ceux du Fils dont les pensées sont infiniment plus élevées. Paul n’a pas su avoir vis-à-vis des femmes l’attitude du Christ Jésus qu’il n’a pas côtoyé de son vivant. C’est sa plus grande différence d’avec Lui, et je pense qu’il est temps pour nous les femmes de nous libérer du joug de certaines sentences de Paul, qui sont paroles de Paul et non pas du Seigneur.

Après ce petit préambule, je peux poursuivre en disant que je me sens très concernée par les recommandations de Paul à Timothée, ayant moi-même énormément médité les Ecritures au cours d’une vie déjà bien plus longue que celle de ce jeune homme. Et je voudrais ici redire qu’il n’est pas forcément nécessaire d’être ordonné diacre ou prêtre ni même d’avoir un diplôme universitaire de théologie – ce qui est la grande mode de nos jours – pour y entendre quelque chose à la Parole de Dieu. Ne négligeons pas la puissance des sacrements accessibles aux baptisés et la sagesse insurpassable de l’Esprit Saint qui sourd de lui-même dans l’âme qu’Il se choisit avec une éminente liberté, faisant fi des catégories ecclésiales qui ont parfois l’orgueil de s’en croire propriétaires privilégiées. N’oublions pas qu’une sainte Catherine de Sienne était illettrée et qu’elle eut bien des choses à apprendre aux papes de son époque. Et ce n’est là qu’un exemple, l’histoire sainte regorgeant de femmes d’humble condition qui nous ont laissé des trésors d’intelligence des mystères divins, laissant de leur vivant pantois, bien souvent, jusqu’à leurs confesseurs… (suite…)