Site de Véronique Belen
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Méditations bibliques

Un jour de sabbat, Jésus était entré dans la maison d’un chef des pharisiens pour y prendre son repas, et ces derniers l’observaient.
Jésus dit une parabole aux invités lorsqu’il remarqua comment ils choisissaient les premières places, et il leur dit :
« Quand quelqu’un t’invite à des noces, ne va pas t’installer à la première place, de peur qu’il ait invité un autre plus considéré que toi.
Alors, celui qui vous a invités, toi et lui, viendra te dire : “Cède-lui ta place” ; et, à ce moment, tu iras, plein de honte, prendre la dernière place.
Au contraire, quand tu es invité, va te mettre à la dernière place. Alors, quand viendra celui qui t’a invité, il te dira : “Mon ami, avance plus haut”, et ce sera pour toi un honneur aux yeux de tous ceux qui seront à la table avec toi.
En effet, quiconque s’élève sera abaissé ; et qui s’abaisse sera élevé. »

Luc 14,1.7-11
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

Au jour de son second avènement, Jésus revint sur la terre de son Incarnation pour y juger les vivants et les morts et rendre à chacun selon sa conduite.
Jésus dit une parole aux consacrés catholiques lorsqu’il remarqua comment ils se pressaient aux premières places, et il leur dit :
« Quand quelqu’un t’invite à des noces, ne va pas t’installer à la première place, de peur qu’il ait invité un autre plus considéré que toi.
Alors, celui qui vous a invités, toi et lui, viendra te dire : “Cède-lui ta place” ; et, à ce moment, tu iras, plein de honte, prendre la dernière place.
Au contraire, quand tu es invité, va te mettre à la dernière place. Alors, quand viendra celui qui t’a invité, il te dira : “Mon ami, avance plus haut”, et ce sera pour toi un honneur aux yeux de tous ceux qui seront à la table avec toi.
En effet, quiconque s’élève sera abaissé ; et qui s’abaisse sera élevé. »

Dieu a supporté depuis 2000 ans l’arrogance des chrétiens vis-à-vis de leurs aînés juifs dans la foi. Dieu avait donné son Fils comme Messie fidèle au milieu du peuple élu, qui ne l’a pas reconnu, et ce peuple est entré en disgrâce pour longtemps, jusqu’à l’horreur absolue de la Shoah.
En 2000, Dieu envoya comme prophète une petite fille juive française polyhandicapée, Annaëlle Chimoni, qui mit en garde le peuple élu depuis Abraham pour qu’il ne se divise pas et que sa foi ne tiédisse pas, et l’humanité pour qu’elle se prépare à la venue du Messie glorieux.
En 2000, Dieu donna aussi mission à une femme catholique de témoigner de sa foi au Christ ressuscité et sur le point de revenir, en tenant compte de tout ce que la petite Annaëlle avait écrit dans son livre édifiant.
Mais les chrétiens ne voulurent pas lire le témoignage plein de foi lumineuse et sensée d’Annaëlle et en tenir compte. Ils continuèrent à considérer l’Eglise comme épouse légitime du Christ Jésus, et se mirent des œillères quand cette Eglise se révéla corrompue jusqu’en ses moelles par des ordonnés coupables de crimes odieux.
Quant à la femme chargée de témoigner, ils la considérèrent comme folle et furent complices de ses internements.
Annaëlle mourut dans sa prime adolescence sans avoir touché les cœurs au-delà du cercle de la diaspora juive.

Et maintenant, ami lecteur, que crois-tu que le Christ glorieux fera à son second avènement ?

Nul doute qu’il dira à son Eglise sourde aux prophètes envoyés par le Père de céder à une autre la place privilégiée qu’elle s’était octroyée aux côtés du Fils de Dieu.

 

https://www.decitre.fr/livres/le-livre-d-annaelle-9782268033693.html

Dieu a créé l’homme pour l’incorruptibilité, il a fait de lui une image de sa propre identité.
Les âmes des justes sont dans la main de Dieu ; aucun tourment n’a de prise sur eux.
Aux yeux de l’insensé, ils ont paru mourir ; leur départ est compris comme un malheur,
et leur éloignement, comme une fin : mais ils sont dans la paix.
Au regard des hommes, ils ont subi un châtiment, mais l’espérance de l’immortalité les comblait.
Après de faibles peines, de grands bienfaits les attendent, car Dieu les a mis à l’épreuve et trouvés dignes de lui.
Comme l’or au creuset, il les a éprouvés ; comme une offrande parfaite, il les accueille.
Qui met en lui sa foi comprendra la vérité ; ceux qui sont fidèles resteront, dans l’amour, près de lui. Pour ses amis, grâce et miséricorde : il visitera ses élus.

Sagesse 2,23.3,1-6.9
Textes liturgiques©AELF

Voilà un beau passage du Livre de la Sagesse donné à notre méditation en ce jour où l’on fait mémoire de nos défunts. Nous pouvons vivre de cette espérance : Dieu, à la fois justice et miséricorde, a pitié de l’insensé qui se repent. Nous sommes en droit d’espérer le repentir, de leur vivant, à l’instant du passage qu’est la mort ou à celui de la confrontation avec la vérité de Dieu, de ceux que nous avons aimés et qui nous ont quittés sans avoir suivi un chemin de sanctification. Garder ferme l’espérance de leur conversion au moment crucial, et même, intercéder pour ceux qui ont montré une vie peu conforme aux commandements de l’Evangile et qui ont peut-être été fauchés par la mort sans avoir fait beaucoup de bien autour d’eux. Pour ceux-là, implorer ardemment la miséricorde du Seigneur.

Je suis chrétienne, et j’ai bien compris que la voie vers le Royaume des bienheureux est étroite. J’ai bien compris qu’il y a, quoiqu’on veuille parfois, même en Eglise, nous inculquer l’idée inverse  pour nous rassurer, des justes qui contrastent avec les insensés dans le cœur de Dieu. Insensé est celui qui est sage aux yeux du monde, qui amasse du bien matériel en vue de ses vieux jours ou pour la joie de posséder – quand ce n’est pas l’orgueil de le montrer – insensé est celui qui ne compte que sur ses propres forces et talents et méprise les dons et le Nom de Dieu. Insensé est celui qui s’imagine que ses actes terrestres sont sans répercussions sur sa vie éternelle. Insensé est celui qui pense trouver la paix ultime dans un tombeau ou un tas de cendres sans avoir jamais besoin de prendre conscience de la vérité des paroles du Christ.

Quant au juste qui demeure dans la main de Dieu, oui, il passe pour fou aux yeux du monde, lui qui n’a souci que de vivre la Parole de Dieu, qui prend à cœur sa mission de l’annoncer, qui trouve sa joie dans les commandements du Seigneur et qui médite sa Parole jour et nuit. Il passe pour fou aux yeux du monde, celui qui pratique la charité dès qu’il a pour lui quelque bien, qui tend encore une joue quand on l’a déjà frappé sur l’autre, et qui se donne sans compter pour l’annonce du Royaume. Fou aux yeux du monde, juste et béni aux yeux du Père.

Oui, souvent, très souvent, le juste est éprouvé jusqu’à l’extrême de ses capacités de résistance et de résilience, que ce soit par la malice du monde et de son funeste prince, ou par tourment spirituel intime que Dieu permet un temps qu’il endure. C’est que son Seigneur veut le purifier de toute la souillure de l’envie, de la vanité et de la concupiscence. C’est que Dieu veut vérifier jusqu’à quel point il acceptera de partager un peu du poids de la croix de son Fils.

Qui peut comprendre cette très haute vérité ? Seuls ceux qui restent fidèles à leur Dieu jusqu’à l’extrême de leur souffrance, sans riposte violente. Ceux qui se tiennent aux côtés du Corps crucifié de Jésus. Ceux qui attendent la résurrection dans une indéfectible espérance.

De toutes les fibres de mon être, je veux témoigner que le Seigneur, oui, visite ses élus, et dès cette vie. Que dire alors de ce que sera l’Eternité bienheureuse à ses côtés !

 

Image : Dieu créant Adam

Paul, mon ami,

J’ai déjà écrit ici ou là au sujet de cet extrait de ta Lettre aux Ephésiens qui est donné à la liturgie d’aujourd’hui, revenant à peu près deux fois par an dans les lectures de l’Eglise catholique. Je me dis aujourd’hui : Paul, que n’as-tu pris conseil auprès d’une femme mariée avant de rédiger ce passage ! Sais-tu, mon ami, que ce seul passage a été instrument d’oppression des épouses pendant vingt siècles, et sujet d’orgueil et de domination pour leurs maris tout aussi longtemps ? Sais-tu que ce seul extrait choque encore et toujours les pratiquants occasionnels, et a fait fuir nombre de femmes qui désertent l’Eglise en raison des fausses idées que ton développement trop personnel a véhiculées sur le couple et sur elles en particulier ? Sans compter ta vision de l’Eglise, enthousiasmante pour toi à ses débuts, mais qui ne peut aucunement être plaquée sur l’Eglise contemporaine !

Paul, mon ami, il faut bien avouer que parmi toutes les choses très belles que tu as écrites et faites pour la diffusion de l’Evangile, tu as eu la main malheureuse en écrivant ce passage-là de ton Epître aux Ephésiens, et d’autres fois encore quand tu t’es permis de discourir sur la place des femmes en Eglise et dans leurs familles. On argue souvent que tu étais influencé par ton époque. Certes, mais il n’y a pas que cela. Tu étais influencé aussi par ta masculinité, toi qui, à la différence du Christ Jésus, n’étais pas sans péché, toi qui as peut-être vécu ton célibat moins sereinement que Lui. Toi qui, Paul, n’as pas eu de relations de proximité très intimes dans l’amitié avec des femmes telles que Marie de Magdala, Marie de Béthanie et sa sœur Marthe, ou encore la Samaritaine. Toi qui, Paul, n’étais pas dépourvu de préjugés sur les femmes et les épouses, alors que le Christ Fils de Dieu a cherché toute sa vie à les déconstruire.

Paul, si je me permets cette lettre familière, c’est que, tu le sais bien, je te dois beaucoup. Je te dois d’être chrétienne, 2000 ans après que tu aies posé les fondations de l’Eglise, c’est certain. Je te dois davantage encore, et tu t’en souviens, dans ta puissance d’intercesseur. (suite…)

Avoir trois fois 18 ans, n’est-ce pas aussi avoir atteint la pleine majorité, la pleine maturité de la vie d’une femme de foi ?
J’ai passé dix-huit ans à aimer Dieu, à le découvrir, à grandir à travers les sacrements.
J’ai passé dix-huit ans à questionner ma foi, à me sentir courbée sous le poids du doute, à ne plus comprendre le langage de l’Eglise et à souffrir de ses anathèmes sur ma jeunesse sans sabbat.
J’ai passé dix-huit ans encore à chercher à me réconcilier en elle et avec elle, à consentir des efforts démesurés pour m’y plaire et lui plaire, à témoigner de l’ardeur et de l’authenticité de ma foi jusqu’à l’épuisement de mes capacités d’écriture, à tenter de pardonner et pardonner encore tout le mal qu’elle avait pu faire au long des siècles et au long des vies à toutes celles dont je suis sœur et fille jusqu’à la brûlure de mon âme.

Oui, cette âme incandescente est consumée de compassion pour ses aïeules qui ont souffert intrusion de l’Eglise dans leurs pensées les plus intimes et jusque dans leurs lits conjugaux, cette torche de foi est embrasée d’amertume pour ses mères qui ont été méprisées au profit de leurs frères dans d’interminables œdipes cautionnés par les doctrines catholiques où fusionnent la mère et le Fils, cette orante enflammée d’amour est inconsolable pour ses sœurs qui ont perdu le goût de Dieu par excès de machisme des hommes de religion.

Trois fois dix-huit ans pour une fille d’Abraham que son Seigneur a élevée jusqu’à la contemplation suprême, brisant en elle toutes les chaînes du destin et de l’abus spirituel des confesseurs indélicats et d’une société impie.

Mes yeux plongés dans Tes yeux, mon cœur rivé à Ton cœur, mon âme en estuaire de la Tienne, je te supplie, mon Seigneur et Epoux, de rendre justice à toutes mes sœurs en humanité en me justifiant moi-même. Au terme de ces trois cycles de dix-huit années de passion adorante de la Vérité, je dépose entre tes mains guérissantes ma prière : délivre mes sœurs en humanité de leurs entraves, depuis Asia Bibi au cachot pour un verre d’eau jusqu’à celle qui n’éprouve à ton égard qu’indifférence dans un monde ignorant de Toi ! Je dépose dans tes douces mains ma supplication : fais-toi connaître enfin tel que Tu Es, donne justice et consolation aux opprimées du quotidien, et ouvre-nous par pitié ton Royaume éternel où plus rien ne pourra occulter notre amoureuse complicité, nos bras entrelacés et nos liens indéfectibles depuis les entrailles maternelles du Père jusqu’aux trônes étincelants de la Trinité sainte.

Oh oui, viens, Seigneur Jésus !

 

Image :  Millet   Le passage des oies sauvages     Pastel XIXe

Ainsi donc, vous n’êtes plus des étrangers ni des gens de passage,
vous êtes concitoyens des saints,
vous êtes membres de la famille de Dieu,
car vous avez été intégrés dans la construction
qui a pour fondations les Apôtres et les prophètes ;
et la pierre angulaire, c’est le Christ Jésus lui-même.
En lui, toute la construction s’élève harmonieusement
pour devenir un temple saint dans le Seigneur.
En lui, vous êtes, vous aussi, les éléments d’une même construction
pour devenir une demeure de Dieu par l’Esprit Saint.

Ephésiens 2, 19-22
Textes liturgiques©AELF

Paul voulait, par ces lignes que nous méditons aujourd’hui en Eglise, souligner qu’il n’y avait plus de divisions valables entre héritiers sincères d’Abraham et ceux qui étaient devenus chrétiens parmi les païens auxquels il n’a eu de cesse d’apporter la bonne nouvelle de l’incarnation, de l’œuvre, de la mort et de la résurrection de Jésus Christ.

Et nous, vingt siècles plus tard, où en sommes-nous ?

Force est de constater que dans l’humanité, les personnes croyantes sont plus divisées que jamais. Je l’avais détaillé ici :

https://www.histoiredunefoi.fr/meditations-bibliques/3912-afin-de-rassembler-dans-lunite-les-enfants-de-dieu-disperses-jean-11-52

Paul rêvait sans doute que l’humanité tout entière se convertirait au Christ Jésus. Il était en droit de l’espérer. Les missionnaires des cinq derniers siècles aussi. De nos jours, il serait illusoire de faire ce pari. L’évangélisation semble désormais bel et bien compromise, à l’heure où tout un chacun, ou presque, peut pourtant accéder à l’Evangile sur le net. Encore faudrait-il que ceux qui ont mission officielle de l’annoncer aient encore un peu de crédibilité, et nous n’avons pu que constater ces derniers mois que par exemple l’Eglise catholique romaine était pour un bon moment intrinsèquement discréditée. Nous sommes plus proches, à mon sens, d’une déchirure interne de cette Eglise que d’une force de témoignage de sa part capable de convertir des âmes éloignées du Christ. Peut-être a-t-elle eu le tort de retenir, de l’extrait que j’ai cité ci-dessus, essentiellement les mots de « temple » et de « construction ». Oh, des églises, on en a construit dans le deuxième millénaire, oui, et combien ! Tant et tant que certaines sont vendues de nos jours pour devenir des restaurants… Des pyramides ecclésiales hiérarchiques, l’Eglise en a construit aussi, et le catholique de base en souffre bel et bien aujourd’hui. Là où Paul voulait une Eglise qui intègre, la nôtre exclut des sacrements plus d’adultes que ceux qui y demeurent encore régulièrement. Considérée de l’extérieur, cette Eglise catholique romaine à laquelle j’appartiens contre vents et marées donne un visage déplorable, ne ressemblant plus qu’au Christ agonisant sur la croix bien plus qu’au Ressuscité.

Alors que faire ? Il est temps, je crois, de ne plus se focaliser sur les pierres (églises, cathédrales, basiliques…) et d’avoir moins souci de les entretenir et de les remplir que de considérer la substantifique moelle du chrétien authentique : il est censé « devenir une demeure de Dieu par l’Esprit Saint. »

Il est temps, grand temps que la hiérarchie catholique accepte de considérer que l’Esprit Saint est souverainement libre et qu’il fait sa demeure où il veut et en qui il veut. Et de ne plus chercher à étouffer cet Esprit quand il ne vient pas pour confirmer des siècles de doctrine, mais pour annoncer avec force que le Maître est à nos portes et que ses Noces sont toutes proches…

Amour et vérité se rencontrent,
justice et paix s’embrassent ;
la vérité germera de la terre
et du ciel se penchera la justice.

Psaume 84 (85), 11-12

 

Image :  La colombe du tabernacle    Abbaye Notre-Dame de Tamié