Site de Véronique Belen
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Méditations bibliques

Le Seigneur mon Dieu m’a donné le langage des disciples, pour que je puisse, d’une parole, soutenir celui qui est épuisé. Chaque matin, il éveille, il éveille mon oreille pour qu’en disciple, j’écoute.
Le Seigneur mon Dieu m’a ouvert l’oreille, et moi, je ne me suis pas révolté, je ne me suis pas dérobé.
J’ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient, et mes joues à ceux qui m’arrachaient la barbe. Je n’ai pas caché ma face devant les outrages et les crachats.
Le Seigneur mon Dieu vient à mon secours ; c’est pourquoi je ne suis pas atteint par les outrages, c’est pourquoi j’ai rendu ma face dure comme pierre : je sais que je ne serai pas confondu.
Il est proche, Celui qui me justifie. Quelqu’un veut-il plaider contre moi ? Comparaissons ensemble! Quelqu’un veut-il m’attaquer en justice ? Qu’il s’avance vers moi !
Voilà le Seigneur mon Dieu, il prend ma défense ; qui donc me condamnera ?

Isaïe 50,4-9
©Evangelizo.org 2001-2016

Troisième chant du serviteur, en Isaïe, que nous méditons en ce Mercredi saint.
Evidemment, le parallèle avec Jésus est saisissant, et pourtant ce texte est bien antérieur à l’incarnation du Christ. Il faudrait être d’une grande malhonnêteté intellectuelle pour ne pas voir Jésus dans ce serviteur humilié, bafoué, malmené, torturé. Je me demande même comment on peut le lire, dans la tradition juive, sans penser à celui que les chrétiens considèrent comme le messie d’Israël.
Bien sûr, ce n’est pas là l’image du messie glorieux, que certains juifs attendent encore avec raison. Car nous, contemplons-nous le Seigneur glorieux dans ce monde ? Ce monde est-il à l’image du Royaume promis par Jésus dans l’Evangile ?
Allumons notre téléviseur, pas seulement ces jours-ci mais tous les jours, et nous constaterons immédiatement que non. Le monde cruel et parfois insensé dans lequel nous vivons n’a rien à voir avec les magnifiques prophéties d’Isaïe plus loin, au chapitre 62 par exemple. Je ne rejoins pas la ligne théologique catholique quand elle prétend que toutes les Ecritures avant le Nouveau Testament sont déjà accomplies dans la résurrection du Seigneur Jésus. C’est l’événement majeur de notre foi chrétienne, certes, mais pour moi ce n’en est pas l’aboutissement absolu. Je crois de tout mon être à la résurrection de Jésus et à celle qu’il nous a promise, mais j’attends résolument la suite de la révélation. Tout n’est pas abouti. Il y a encore bien trop de larmes dans les yeux de mes contemporains, bien trop de souffrance en ce monde, bien trop, et je crois même, de plus en plus au fil des années.
Ma foi va plus loin que la résurrection du Christ, même si je sais bien qu’en cela, très peu sont prêts à me croire et à m’y suivre.
Et je ne suis pas de nature pessimiste – bien au contraire – mais plutôt, pour reprendre les mots d’un prêtre qui m’avait accompagnée un moment « d’une grande lucidité ». Je suis persuadée que cette création ne se relèvera pas de tout ce qu’elle endure, tant sur le plan humain qu’environnemental. Le mal est déchaîné et ne se calmera pas. Il va frapper encore et encore, et il est illusoire de se rassurer en se disant « N’ayons pas peur, continuons à vivre comme nous avons toujours vécu, sortons, festoyons, adonnons-nous à tous les plaisirs du monde… » (suite…)

Or, Marie avait pris une livre d’un parfum très pur
et de très grande valeur ;
elle répandit le parfum sur les pieds de Jésus,
qu’elle essuya avec ses cheveux ;
la maison fut remplie de l’odeur du parfum.

Jean 12, 3

Je ne vais pas écrire un commentaire savant sur ce magnifique extrait d’évangile offert pendant la Semaine sainte. Plutôt, raconter une belle histoire. J’ai l’habitude de lire des histoires à des enfants. Si celle qui suit est accueillie par vous lecteurs avec la pureté d’un cœur d’enfant, j’en serai heureuse. Ce n’est pas vraiment une histoire inventée, non. Nous dirons que c’est une histoire priée, méditée depuis de longues années dans le secret de l’oraison…

Il y avait un village nommé Béthanie près de Jérusalem. Une petite fille, troisième d’une fratrie, y naquit. En un même instant, la vie lui fut offerte, et retirée à la mère qui la mettait au monde. Marie ne la connut jamais. Sa sœur Marthe, très vite, endossa avec courage un rôle d’aînée et de maîtresse de maison.

Cette famille était amie avec un jeune couple de Nazareth, qui s’arrêtait là lorsqu’il allait en pèlerinage à Jérusalem pour les grandes fêtes juives. Le jeune Jésus avait douze ans quand il apprit à la fois la belle nouvelle de la naissance de Marie, et la tragédie de la mort de sa mère. Il tint la fillette nouvelle-née dans ses bras, et déjà, entre eux deux, s’établit une connivence qui ne passerait jamais. (suite…)

Chagall_Cantique-des-Cantiques

Ayant lu hier une méditation sur le mariage et la famille présentée le 11 mars 2016 au Vatican par le Père Cantalamessa, j’ai été à la fois intéressée et agacée par ses propos, que l’on trouvera en intégralité via le lien ci-dessous :

http://www.news.va/fr/news/meditation-du-pere-cantalamessa-sur-le-mariage-et

Intéressée, parce que cette prédication est riche et soulève des points cruciaux. Agacée, parce qu’elle révèle une fois de plus la méconnaissance des clercs sur des réalités très prosaïques du mariage et de la vie de couple, qu’eux ont toujours tendance à idéaliser, alors qu’au quotidien, on se heurte en couple à la personnalité de l’autre, qui peut être très éloignée de la préoccupation de la transcendance divine. Bref, ces mises en parallèle entre la mystique sponsale – la relation d’amour très forte que l’on peut avoir à Dieu ou au Christ Jésus en particulier – et la relation de couple me semblent pour le moins hasardeuses.

J’ai presque ri en lisant ce passage :

Quand, plus tard, le Seigneur, dans mon ministère, m’a fait connaître de près quelques jeunes familles, j’ai découvert une chose qui m’a secoué mais m’a fait du bien. Ces jeunes papas et mamans devaient se lever non pas une mais deux, trois, voire plusieurs fois, dans la nuit pour donner à manger à leur enfant, pour lui donner un médicament, pour le bercer s’il pleurait, veiller sur lui s’il avait de la fièvre. Et le matin, un des deux, ou tous les deux, à la même heure, vite au travail après avoir déposé l’enfant chez les grands-parents ou à la crèche. Par beau temps ou mauvais temps, problème de santé ou pas, il fallait pointer au travail.

J’espère que les consacrés qui ignorent encore cette réalité toute basique de la vie de parents la méditeront un peu avant de ne glorifier que les couples qui ont au moins quatre ou cinq enfants ! C’est vrai, on s’extasie sur les moines qui célèbrent les Vigiles à 4 heures du matin, mais la jeune maman qui allaite à minuit, puis 3h, puis 6h et doit ensuite enchaîner une dure journée ne fait que son « devoir » considéré par tous comme normal !

Mais ce n’est pas principalement là que je voulais en venir. Un autre passage me pose vraiment problème : (suite…)

Jerusalem-personnifiee---Enluminure---Guiard-des-Moulins-

Jérusalem disait :
« Le Seigneur m’a abandonnée,
mon Seigneur m’a oubliée. »
Une femme peut-elle oublier son nourrisson,
ne plus avoir de tendresse pour le fils de ses entrailles ?
Même si elle l’oubliait,
moi, je ne t’oublierai pas.

Isaïe 49, 14-15
Textes liturgiques©AELF

Je viens de relire Isaïe du chapitre 49 au chapitre 55. Comme je l’ai dit souvent ici, je ne suis ni bibliste, ni théologienne. Ce qui permet à beaucoup de monde de ne pas me prendre au sérieux quand j’avance une interprétation des Ecritures. Et pourtant, ce qui aux yeux de certains fait pour moi ma faiblesse, je le vis comme une chance et une liberté suprême : je laisse à l’Esprit saint tout loisir d’enchanter mon âme et de l’enseigner à sa guise et à sa façon.
Personne ne sait ce que Jésus a fait pendant ses trente années de vie cachée, sinon d’exercer le métier de charpentier. Il n’a certainement pas étudié à la manière d’un scribe ou d’un docteur de la Loi. Je le vois plutôt prier intensément, le rabot à la main, écouter avidement la Parole de son Père à la synagogue, se faire son idée sur les commentaires qu’il en entendait, et prendre le temps de méditer longuement sous un figuier pour comprendre le sens caché de toutes ces Ecritures, déceler dans les Psaumes et les Prophètes ce qui le concernait directement. Et je suis sûre qu’alors, dans sa prière solitaire à l’aube, Dieu lui-même le confirmait dans tout ce qu’il comprenait de son Etre et de sa mission.
Ainsi, très tôt, j’en suis sûre, Jésus s’est reconnu dans le « Serviteur » d’Isaïe. Et a compris que de façon inéluctable, en entrant dans sa mission de prédication du Royaume, il marcherait vers une mort infâme, celle de l’extrait d’Isaïe 53 que nous lisons à la célébration du Vendredi Saint. Le Père avait préparé les chemins du Fils longtemps à l’avance, en les soufflant à l’oreille du prophète Isaïe. Qui aurait pu être maître spirituel du propre Fils de Dieu sinon le Père lui-même, par les saintes Ecritures ? (suite…)

jeremiah_michelangelo

Ainsi parle le Seigneur : Voici l’ordre que j’ai donné à vos pères : « Écoutez ma voix : je serai votre Dieu, et vous, vous serez mon peuple ; vous suivrez tous les chemins que je vous prescris, afin que vous soyez heureux. »
Mais ils n’ont pas écouté, ils n’ont pas prêté l’oreille, ils ont suivi les mauvais penchants de leur cœur endurci ; ils ont tourné leur dos et non leur visage.
Depuis le jour où vos pères sont sortis du pays d’Égypte jusqu’à ce jour, j’ai envoyé vers vous, inlassablement, tous mes serviteurs les prophètes.
Mais ils ne m’ont pas écouté, ils n’ont pas prêté l’oreille, ils ont raidi leur nuque, ils ont été pires que leurs pères.
Tu leur diras toutes ces paroles, et ils ne t’écouteront pas. Tu les appelleras, et ils ne te répondront pas.
Alors, tu leur diras : Voilà bien la nation qui n’a pas écouté la voix du Seigneur son Dieu, et n’a pas accepté de leçon ! La vérité s’est perdue, elle a disparu de leur bouche.

Livre de Jérémie 7,23-28
©Evangelizo.org 2001-2016

Quand je lis des extraits du Livre de Jérémie, je le trouve tellement, tellement actuel ! Jérémie reçoit la Parole de Dieu, et ce sont bien les accents du Père que l’on peut reconnaître dans ses mots. Et nous pourrions prétendre qu’en particulier dans ce chapitre 7, Dieu n’a plus rien à nous dire, que c’est une parole qui appartient au passé, adressée aux Juifs de l’époque, et que nous chrétiens sommes exempts de tout motif d’exaspération de Dieu ?
Je ne le crois pas. J’ai même grande compassion de Jérémie qui était taxé de « prophète de malheur » par tous les faux-prophètes de son temps.
Je trouve ces versets très actuels car ils pourraient bien s’appliquer à une frange de l’Eglise.
Remontons un peu plus haut : « Ils font des gâteaux pour la Reine du ciel. » (7, 18)  Il s’agit ici d’une déesse de Mésopotamie. Soit. (suite…)