Site de Véronique Belen
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Méditations bibliques

« Viens, Esprit Saint, hôte silencieux de l’âme ! ».

C’est de cette manière qu’une belle hymne très ancienne de l’Eglise latine invoque l’Esprit Saint.

Hôte silencieux de l’âme.

Nous pouvons dire que nous sommes bien conscients d’avoir une « âme », n’est-ce pas ? Une intériorité, une personnalité ; le « moi » qui me caractérise ; appelons-le comme nous voulons. En chrétiens que nous sommes, nous croyons que cette individualité est une « étincelle » divine. Et l’Esprit serait, est cet hôte mystérieux qui féconde notre âme.

C’est bien en ce jour, surtout, que nous voulons en prendre conscience – un peu mieux – et remercier Dieu que cette âme soit habitée par l’Esprit.

Ce n’est pas une petite chose cette prise de conscience !

Mais essayons d’aller un peu plus en profondeur pour en comprendre davantage la signification et la portée.

La Pentecôte est une fête qui a son origine dans la tradition juive, dans l’histoire juive. On sait que, déjà dans l’ancienne alliance, 5o jours après la fête de la Pâque, les croyants venaient à Jérusalem pour remercier Dieu de tous ses dons. Comme cet univers-là était rural, c’était d’abord pour les dons des premières moissons, de la terre, de cette merveilleuse (et mystérieuse) fécondité qui nous enveloppe et que, malheureusement, nous non plus ne savons pas toujours apprécier à sa juste valeur (distraits et désabusés que nous sommes !).

Ensuite, dans une évolution successive, les juifs arrivèrent à célébrer dans cette fête le don de la LOI, de la TORAH qui est perçue, elle, comme le signe tangible de l’alliance de Dieu avec son peuple. C’est bien pour cette raison que nous, moines de Tamié, reprenons, aujourd’hui, dans chacun de nos offices, le Ps 118, qui est une longue méditation sur la Torah. (suite…)

Actes 1, 15… 26
Psaume 102
1 Jean 4, 11-16
Jean 17, 11b-19

Deux textes écrits par Jean l’Evangéliste et qui me touchent toujours beaucoup, même s’ils sont un peu compliqués, difficiles à lire pour qui n’en a pas l’habitude.

Saint Jean que l’on dit à la fin de sa vie « trop cassé, trop vieux » et dont le leitmotiv incessant était « aimez-vous les uns les autres ». Comme les fidèles se lassaient parfois de cette répétition, il répondait « c’est le commandement du Seigneur, et si seulement il est observé, cela suffit ». Et c’est aussi un peu le leitmotiv des lectures de ce jour.

Une petite histoire tirée de l’un des romans d’Antoine de Saint-Exupéry ( qui avait écrit la merveilleuse histoire du Petit Prince) va nous permettre d’éclairer ces textes.

C’est la guerre d’Espagne et St Exupéry assiste sans le savoir durant la nuit à un embarquement de matériel secret ; les miliciens anarchistes le surprennent, lui mettent le fusil contre le ventre, le conduisent dans un sous sol transformé en poste de garde et après l’avoir interrogé le laissent dans un coin, sans aucun mot. Tout devenait très lourd. Il voit un de ses geôliers fumer une cigarette et se hasarde à lui en demander une, tout en ébauchant un sourire…et voit alors son geôlier ébaucher à son tour un début de sourire, puis lui tendre une cigarette… Alors, il pose délicatement la main sur son épaule pour le remercier ; et ce geste provoque le sourire des autres geôliers : la glace est rompue.

Pourquoi ce long récit, me direz-vous ?

D’abord parce qu’il éclaire d’un jour nouveau cette parole que Dieu demeure en nous et nous fait porter un fruit : celui de l’amour. Mais, comme dans un camp de concentration où l’on avait pendu un jeune enfant et où certains disaient « mais où est Dieu ? », je suis sûr que Dieu était présent au cœur de chacun de ces hommes lorsqu’a eu lieu cette scène. Dieu travaille le fond des cœurs pour y faire passer son amour. « Dieu était là et je ne le savais pas » dit un psaume. (suite…)

sacre-coeur

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Amen, amen, je vous le dis : ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera.
Jusqu’à présent vous n’avez rien demandé en mon nom ; demandez, et vous recevrez : ainsi votre joie sera parfaite.
En disant cela, je vous ai parlé en images. L’heure vient où je vous parlerai sans images, et vous annoncerai ouvertement ce qui concerne le Père.
Ce jour-là, vous demanderez en mon nom ; or, je ne vous dis pas que moi, je prierai le Père pour vous,
car le Père lui-même vous aime, parce que vous m’avez aimé et vous avez cru que c’est de Dieu que je suis sorti.
Je suis sorti du Père, et je suis venu dans le monde ; maintenant, je quitte le monde, et je pars vers le Père. »

Jean 16,23b-28
©Evangelizo.org 2001-2015

En quelques phrases, Jésus nous résume ici l’essentiel de la foi chrétienne. L’aimer. Croire qu’il est « sorti du Père ». Demander en son nom.
Il est bon pour nous de nous recentrer de temps en temps sur ces bases de notre foi : aimons-nous le Christ Jésus ? Croyons-nous qu’il avait déjà une existence avant de s’incarner dans la chair, qu’il était « dans le Père » ? Qu’il est donc une Personne différente du Père, mais qu’il faisait partie de Lui depuis le commencement ? Demandons-nous en son nom ? A qui notre prière s’adresse-t-elle le plus souvent ?
Jésus nous a donné le « Notre Père » pour que nous priions le Père en son nom par ces mots qui viennent de lui.
J’ajouterai que personnellement, je m’adresse aussi beaucoup à Jésus Christ lui-même dans ma prière.
« Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre. » Matthieu 28, 18
Si nous croyons fermement cela, nous savons qu’en priant Jésus, nous touchons forcément aussi le cœur du Père qui lui a donné « tout pouvoir ». Prier Jésus. Je trouve souvent que les chrétiens d’autres confessions le font avec plus de conviction que nous catholiques.

Source image  : http://abbaye-veniere.fr/3b-sacre-coeur.php

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En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix ; ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne. Que votre cœur ne soit pas bouleversé ni effrayé.
Vous avez entendu ce que je vous ai dit : Je m’en vais, et je reviens vers vous. Si vous m’aimiez, vous seriez dans la joie puisque je pars vers le Père, car le Père est plus grand que moi.
Je vous ai dit ces choses maintenant, avant qu’elles n’arrivent ; ainsi, lorsqu’elles arriveront, vous croirez.
Désormais, je ne parlerai plus beaucoup avec vous, car il vient, le prince du monde. Certes, sur moi il n’a aucune prise, mais il faut que le monde sache que j’aime le Père, et que je fais comme le Père me l’a commandé.

Jean 14,27-31a

©Evangelizo.org 2001-2015

Jésus prononce ces paroles juste avant sa Passion. C’est à ce moment-là qu’il veut donner la paix du cœur à ses disciples, et qu’il leur affirme une fois encore qu’il agit selon les commandements de son Père. Mais il connaît aussi leur aveuglement, et il sait qu’ils ne le croiront que lorsque tout ce qu’il leur a prophétisé sur lui-même se sera réalisé, justement parce qu’ils n’ont pas encore assez confiance en lui, et parce qu’ils ne l’aiment pas assez pour accepter qu’il ait une relation privilégiée à son Père et qu’au-delà de l’amertume de sa Passion, il aspire à Le retrouver, à être enfin délivré du « prince du monde  » qui ne cesse de rôder autour de lui depuis les débuts de sa vie publique, et peut-être même avant.
Jésus ne veut pas nous donner la paix à la manière du monde. Ce n’est pas une paix de façade, comme celle qui se fait un moment par exemple dans un couple où l’un cède face aux injustices ou aux récriminations de l’autre « pour avoir la paix ». Paix précaire qui sera remise en cause au conflit suivant. Le monde nous donne aussi sans arrêt des exemples de « cessez-le-feu » signés entre deux nations en guerre et non respectés quelques jours plus tard.
Cette paix factice n’est pas la paix de Jésus. La paix de Jésus, c’est de parvenir à garder un cœur égal quelles que soient les épreuves à traverser. Supporter les lapidations pour Paul dans la lecture des Actes de Apôtres d’aujourd’hui ( Actes 14, 19-28). Ne pas renier sa foi quand vient la persécution. Demeurer tranquille dans la terre sacrée qu’est notre âme dans notre relation au Christ. Rechercher sa paix à lui, imiter son abandon à la volonté du Père quoiqu’il puisse advenir.

Cette paix-là, qui n’est pas la paix factice du monde, le Diviseur cherchera toujours à nous la ravir. La laisser s’installer durablement dans notre âme, c’est le travail de toute une vie spirituelle. Une lutte permanente contre le prince du monde qui manigance pour semer le doute là où il y a la foi tranquille, pour jeter le trouble là où l’âme aspire à la plénitude dans l’Esprit Saint.
J’aime bien le verset qui conclut ce passage d’Evangile, et qui est omis ici :
« Levez-vous, partons d’ici. »

Actes 9, 26-31
Psaume 21
1 Jean 3, 18-24
Jean 15, 1-8

La vigne vit très bien sur les coteaux de Palestine, parce que toutes les conditions favorables sont remplies : un terrain très calcaire, de la pluie au printemps, du bon soleil jusqu’aux vendanges ; et l’image de la vigne et de ses sarments a dû être très parlante pour les disciples de Jésus. Quel est celui d’entre eux qui ne possédait, quelque part à la campagne, sa vigne et son figuier ?

Comme à son habitude, Jésus ne s’attarde pas aux détails, et va droit à l’essentiel de l’enseignement qu’il veut nous laisser. Il y a, nous explique‑t‑il, trois sortes de sarments.

D’abord les sarments en fagots. Ce sont d’anciens sarments, tout secs, déjà gangrenés, et qui ne laissaient plus passer la sève. Le mieux à faire est de les brûler au plus vite. Ainsi en va‑t-il dans chacune de nos vies. Nous y trouvons toujours des moments, des attitudes, des choix, qui ont été stériles pour notre foi et desséchants pour notre cœur. De temps à autre nous en faisons un tas sous le regard de Dieu, et nous le brûlons allègrement au grand feu de sa miséricorde.

Tout n’est pas sec, heureusement, dans la vigne ; et l’on repère vite une autre sorte de rameaux : les sarments à faible rendement. Ils sont encore attachés à la vigne, mais ne profitent que trop peu de la sève. Ils poussent tout en bois, tout en feuilles, tout en vrilles, et souvent, de l’extérieur, ils ont belle apparence, mais le vigneron averti ne s’y trompe pas : plus la vigne est touffue, moins elle est féconde, et au bout du compte on n’y trouvera que quelques grappes chétives et surettes.

C’est ce qui nous attend lorsque nous laissons dormir la sève de notre baptême, lorsque nous vivons trop uniquement pour le succès, pour le confort, pour un bonheur trop vite replié sur lui‑même. (suite…)