Site de Véronique Belen
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Méditations bibliques

Job 7, 1-4. 6-7
Psaume 146
1 Cor. 9,16-19.22-23
Marc 1, 29-39

Le génie de saint Marc est de dire les choses de manière condensée : avec lui, la présentation des événements est souvent brève mais c’est intense. Ce que nous venons de lire en est très représentatif. Nous avons terminé aujourd’hui le récit de la première séquence de vie publique de Jésus, qui a l’allure d’une seule journée. Commencée par l’appel des disciples au bord de la mer, elle se poursuit par l’office du Sabbat le lendemain et enfin par cette soirée agitée que nous avons vue. Mais ce n’est pas fini parce que Jésus repart tout aussitôt pour être seul avec son Père.
Et il y a de quoi attraper le vertige dans ce tout petit texte qui nous fait passer de la synagogue à la maison de Pierre, puis à la place du village, au désert et à toute la Galilée.
Le temps et l’espace sont d’abord ramassés puis on dirait qu’ils éclatent : cette longue journée a débouché sur une durée sans fin, Jésus va de village en village et rien ne l’arrête.
Tout cela ressemble un peu à un travelling arrière où l’on voit l’horizon qui ne cesse plus de s’élargir.
Mais il ne s’agit pas d’un simple effet littéraire ! Ce qui nous est donné à voir, c’est l’impact de la parole de vérité dans un monde qui l’attend mais ne le sait pas. Un impact sans violence mais qui secoue une vieille maison, celle des fils d’Israël qui ressemblait un peu à une relique au milieu d’un monde méditerranéen en pleine reconstruction, déjà à l’époque de Jésus.
En tout cas, c’est bien une heureuse annonce : autour de Jésus, la vie se réveille, les douleurs sont chassées. (suite…)

Saint Paul et Timothée

Frères,
en toute circonstance,
offrons à Dieu, par Jésus, un sacrifice de louange,
c’est-à-dire les paroles de nos lèvres qui proclament son nom.
N’oubliez pas d’être généreux et de partager.
C’est par de tels sacrifices que l’on plaît à Dieu.
Faites confiance à ceux qui vous dirigent
et soyez-leur soumis ;
en effet, ils sont là pour veiller sur vos âmes,
ce dont ils auront à rendre compte.
Ainsi, ils accompliront leur tâche avec joie,
sans avoir à se plaindre,
ce qui ne vous serait d’aucun profit.
Que le Dieu de la paix,
lui qui a fait remonter d’entre les morts,
grâce au sang de l’Alliance éternelle,
le berger des brebis, le Pasteur par excellence,
notre Seigneur Jésus,
que ce Dieu vous forme en tout ce qui est bon
pour accomplir sa volonté,
qu’il réalise en nous ce qui est agréable à ses yeux,
par Jésus Christ, à qui appartient la gloire
pour les siècles des siècles. Amen.

Epître aux Hébreux 13, 15-17.20-21

 

Clin d’œil de la liturgie quotidienne , je désirais ce matin écrire un billet sur l’obéissance, et cet extrait de l’Epître aux Hébreux me donne un excellent tremplin.

Faites confiance à ceux qui vous dirigent
et soyez-leur soumis ;
en effet, ils sont là pour veiller sur vos âmes,
ce dont ils auront à rendre compte.

Un extrait qui doit faire frémir tous ceux qui ont un tempérament un peu rebelle. Très longtemps, j’en ai été, ruminant des révoltes qui me rongeaient de l’intérieur.
Je ne voudrais pas développer ce sujet du point de vue politique et social, mais plutôt, pour notre quotidien professionnel et notre vie spirituelle.
Si je voulais écrire sur l’obéissance, c’est que j’ai pu en méditer ces derniers jours tous les bienfaits. Un concours de circonstances bien malheureuses, et je me suis vue acculée à assumer la direction de mon école, chose que je n’ai jamais désirée, ce n’est pas dans mon tempérament, je n’aime pas diriger des adultes, je n’ai pas de goût pour le pouvoir,  la paperasse et je suis déjà submergée de travail avec ma classe cette année. Bref, j’ai passé de très mauvais jours à me voir contrainte d’assumer bientôt une responsabilité pour laquelle je n’ai strictement aucune ambition. La situation semblait bloquée et j’ai prié dans l’angoisse et fait prier des amis.
Et lundi est venu l’immense soulagement : on nous envoyait une remplaçante chevronnée pour la directrice, qui acceptait d’assumer aussi le travail de direction ! Que le Seigneur en soit encore remercié dans ces lignes !
Tous ces jours, j’ai réfléchi sur les bienfaits de l’obéissance. (suite…)

P1070250

Frères,
la foi est une façon de posséder ce que l’on espère,
un moyen de connaître des réalités qu’on ne voit pas.
Et quand l’Écriture rend témoignage aux anciens,
c’est à cause de leur foi.

Lettre aux Hébreux 11, 1

Textes liturgiques©AELF

Je me souviens de débats tendus, il y a une quinzaine d’années,  avec une amie non-croyante qui se montrait incommodée par le fait que je me sente si sûre des fondements de ma foi. « C’est une croyance » m’objectait-elle sans cesse. Alors que pour moi, la foi qui m’anime est plutôt une connaissance, justement, « une façon de posséder ce que j’espère », de « connaître des réalités qu’on ne voit pas. »
Dieu est ainsi qu’il veut établir une relation personnelle avec chacun. Et j’aurais beau partager l’infinité de signes qu’il m’a déjà donnés, ils ne parleraient encore qu’à moi-même ; on pourrait toujours m’objecter que ce sont là des imaginations ou des interprétations personnelles, quand on ne balaie pas tout d’un simple revers de la main en le taxant de délire.
Se mettre à l’écoute de Dieu, c’est la travail de toute une vie. Ne jamais le chercher ne favorise pas une rencontre, même si la grâce est imprévisible et peut toucher tout un chacun quand il ne s’y attend pas. Mais on peut rester parfaitement aveugle et sourd à un clin d’œil ou un appel de Dieu.
« La foi est un moyen de posséder ce que l’on espère. »
Mais qu’espère-t-on au juste ?
La réalisation personnelle, la prospérité, le bien-être ?
« Connaître des réalités qu’on ne voit pas », c’est goûter à l’ineffable, comprendre que tout rassasiement parfait n’est qu’en Dieu, c’est souvent renoncer à bien des conforts – Abraham et sa descendance sous une tente – c’est affronter bien des dilemmes intérieurs, du combat spirituel, un décalage profond avec l’esprit du monde… Rien de confortable a priori, mais quelle joie de posséder déjà ce que l’on espère ! Sentir la marque agissante de la grâce dans sa vie, ne plus avancer seul sur le chemin mais marcher avec son Seigneur, et savoir que l’on est en route vers « une patrie meilleure, celle des cieux. » (Hébreux 11, 16)

Alors oui, j’affirme cette foi qui est bien plus qu’une croyance – une ferme espérance.

Évangile selon Marc, chap. 1, 14-20

Chers amis,

Être investi d’un appel de Dieu n’est pas une référence qui passe sans explications, en ce temps. La France doute à nouveau de la fiabilité des vœux de paix religieux. Être religieux, certes, signifie plus que jamais « être ouvert à une Parole qui vient d’ailleurs », mais cela implique apparemment une vulnérabilité psychique qui fait craindre, à beaucoup, le pire.

Imaginez que vous vous présentez ainsi à vos voisins : « Bonjour, je marche à la suite du Seigneur Jésus, il m’a fait pêcheur d’hommes »… N’est-il pas humain s’ils prennent peur (et qu’ils vous prennent même pour quelqu’un qui a un sérieux problème) ? Car être religieux, de quelque religion ou confession que ce soit, c’est être potentiellement dangereux, aux yeux de la majorité de nos concitoyens.

Et notre lecture d’Evangile de ce matin ne nous aide pas beaucoup pour les rassurer, c’est le moins qu’on puisse dire.

« Venez à ma suite. Je vous ferai devenir pêcheurs d’hommes », dit Jésus à quatre personnes, et aussitôt, sans la moindre question, sans prendre de précautions, sans s’informer sur les risques, laissant tomber leur travail, ils le suivirent.

Ayez bien conscience qu’il s’agit ici du premier acte public de Jésus, dans l’Évangile de Marc ! Marc ne prend le temps ni de nous présenter davantage la figure de l’enseignant qui établit ainsi son école ni de nous renseigner en détail sur son projet théologique. Cette simple annonce « Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche », cette discrète injonction «Convertissez-vous et croyez à l’Évangile », cette sobre promesse « Je vous ferai devenir pêcheurs d’hommes » doivent suffire pour que ces hommes suivent un parfait inconnu.

Lire la suite sur le blog « Prédications au Temple Neuf » du pasteur Rudi Popp :

http://rudipopp.blogspot.fr/2015/01/voulez-vous-pecher-avec-moi.html

icone-christ-en-gloire

Frères, c’est avec assurance
que nous pouvons entrer dans le véritable sanctuaire
grâce au sang de Jésus :
nous avons là un chemin nouveau et vivant
qu’il a inauguré en franchissant le rideau du Sanctuaire ;
or, ce rideau est sa chair.
Et nous avons le prêtre par excellence,
celui qui est établi sur la maison de Dieu.
Avançons- nous donc vers Dieu
avec un cœur sincère
et dans la plénitude de la foi,
le cœur purifié de ce qui souille notre conscience,
le corps lavé par une eau pure.
Continuons sans fléchir d’affirmer notre espérance,
car il est fidèle, celui qui a promis.
Soyons attentifs les uns aux autres
pour nous stimuler à vivre dans l’amour et à bien agir.
Ne délaissons pas nos assemblées,
comme certains en ont pris l’habitude,
mais encourageons- nous,
d’autant plus que vous voyez s’approcher le jour du Seigneur.

Lettre aux Hébreux 10, 19-25

Textes liturgiques©AELF

Dans ce texte, l’essentiel de notre foi et de la manière dont nous devrions la vivre. Oui, nous avons la chance immense de croire au Christ qui a traversé la mort pour nous laver de nos péchés. Dans sa grande miséricorde, il n’attend que notre repentir, notre confiance et l’aveu de nos faiblesses dans l’humilité. C’est lui qui a versé tout son sang pour nous.
Et avec sa miséricorde, il nous a accordé l’espérance en la vie éternelle. Il ne s’agit pas de rester inerte en cette vie à rêver d’un paradis après la mort, mais dans la foi, nous pouvons déjà vivre de cette éternité, prendre conscience que chaque petit geste posé ici-bas peut être ferment du Royaume s’il est accompli dans la charité, la plus parfaite étant celle qui ne s’exhibe pas.
Enfin, ce que nombre de baptisés oublient ou négligent, nous pouvons être nourris jour après jour dans notre foi en participant à la messe ou au culte, en prenant part à la prière d’une assemblée, en rendant grâce à Dieu en communauté de foi. A lire les dernières lignes de cet extrait de la Lettre aux Hébreux, on la croirait écrite pour notre temps où les églises se vident…
Et pour vivre notre foi chrétienne de façon complète, nous sommes même encouragés à entretenir cette espérance ultime : le Jour du Seigneur, sa venue dernière dans la Gloire. Oui, j’ose affirmer ma foi jusque là. Car le Seigneur ne peut nous tromper dans l’espérance qu’il nous a donnée. Sa Parole est fiable et sa promesse fidèle.

 

Source image : http://ateliersaintecatherine.over-blog.com/article-icones-ecrites-pour-l-eglise-saint-joseph-a-bordeaux-paroisse-orthodoxe-roumaine-100454491.html