Site de Véronique Belen
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Méditations bibliques

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Jésus disait encore cette parabole :
« Quelqu’un avait un figuier planté dans sa vigne.
Il vint chercher du fruit sur ce figuier,
et n’en trouva pas.
Il dit alors à son vigneron :
“Voilà trois ans que je viens chercher du fruit sur ce figuier,
et je n’en trouve pas.
Coupe-le. À quoi bon le laisser épuiser le sol ?”
Mais le vigneron lui répondit :
“Maître, laisse-le encore cette année,
le temps que je bêche autour
pour y mettre du fumier.
Peut-être donnera-t-il du fruit à l’avenir.
Sinon, tu le couperas.” »

Luc 13, 6-9
Textes liturgiques©AELF

Cet évangile, il y a quelques années, je l’ai médité profondément et dans la souffrance. Ceux qui ont lu mon témoignage comprendront peut-être le rapprochement que j’en faisais avec un prêtre de ma famille. Un figuier désespérément sans fruits, faisant perdre à l’Eglise des fidèles plutôt que d’en attirer vers elle. J’en souffrais terriblement, tentée parfois de tourner la page et de prendre un recul auto-protecteur, mais j’étais dans l’impossibilité spirituelle et morale de le faire, ce prêtre-là m’ayant donné lui-même le baptême.
Alors j’ai bêché et bêché encore cette terre ingrate, ne manquant pas une occasion de l’arroser de prières et de petits mots envoyés de partout où j’allais.
Un jour, le figuier stérile s’est effondré dans une douloureuse dépression, que j’ai été à peu près la seule à comprendre dans son entourage. Une discussion profonde, comme jamais nous n’en avions eue. Il allait si mal que j’en aurais pleuré avec lui. Encore des prières et encore des marques d’attention et d’affection.
Les dépressions, ça prend du temps, et ça demande l’humilité de s’en remettre à ceux qui les soignent. Baisser la garde et s’abandonner au pouvoir des molécules, creuser en soi pour trouver des raisons de continuer à vivre.
Et puis ce figuier s’est mis à ne plus épuiser le sol autour de lui. Il a repris quelque vigueur, et s’est penché avec plus d’attention sur son entourage. Quelques gestes de générosité et d’ouverture que nous n’aurions jamais soupçonnés.
Et lui, de santé si fragile et qui ne sort pratiquement jamais de sa maison, il a accepté de faire une longue route à la Pentecôte pour se joindre à notre fête familiale, et avec tous, il a entonné « La ballade des gens heureux ».

Image : Jésus et le figuier stérile     Enluminure d’un manuscrit arabe, Égypte, vers  1684   Évangiles, Ms. W. 592, fol. 58a (photo : The Digital Walters)

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Frères,
je sais que le bien n’habite pas en moi,
c’est-à-dire dans l’être de chair que je suis.
En effet, ce qui est à ma portée, c’est de vouloir le bien,
mais pas de l’accomplir.
Je ne fais pas le bien que je voudrais,
mais je commets le mal que je ne voudrais pas.
Si je fais le mal que je ne voudrais pas,
alors ce n’est plus moi qui agis ainsi,
mais c’est le péché, lui qui habite en moi.
Moi qui voudrais faire le bien,
je constate donc, en moi, cette loi :
ce qui est à ma portée, c’est le mal.
Au plus profond de moi-même,
je prends plaisir à la loi de Dieu.
Mais, dans les membres de mon corps,
je découvre une autre loi,
qui combat contre la loi que suit ma raison
et me rend prisonnier de la loi du péché présente dans mon corps.
Malheureux homme que je suis !
Qui donc me délivrera de ce corps qui m’entraîne à la mort ?
Mais grâce soit rendue à Dieu
par Jésus Christ notre Seigneur !

Romains 7, 18-25a
Textes liturgiques©AELF

Quand je lis ce genre de texte de l’apôtre Paul, je ne peux m’empêcher de penser : « Il s’adresse à des « frères », il parle de « malheureux homme », laissons-lui pleinement le sens de ces mots ! »
Car j’ai beau lire et méditer ces lignes, comme je le fais souvent avec Paul que j’apprécie par ailleurs, en tant que femme, je ne m’y retrouve pas. On pourra me soupçonner d’orgueil démesuré et d’inconscience de mon propre péché, rien n’y fera, je trouve ces lignes vraiment très masculines.
« Mais c’est le péché, lui qui habite en moi »…  « Le péché est accroupi à ta porte » , disait déjà Dieu à Caïn en Genèse 4, 7. A Caïn, un homme qui allait commettre un meurtre !
Je commets des péchés et je m’en confesse régulièrement. Mais je n’irai pas jusqu’à dire que mon corps m’entraîne à la mort. Non, bien au contraire, mon corps m’entraîne à la vie, et rien ne m’a davantage comblée dans cette vie que mes maternités.
Je suis triste quand les prédicateurs – tous des hommes – ne font pas de distinction dans leur auditoire entre les hommes et les femmes qui reçoivent ce genre de texte de la Bible. Hommes qu’ils sont, ils sont convaincus que nous femmes sommes aussi facilement portées au péché qu’eux-mêmes. Mais qu’ils ouvrent les yeux ! Qui sont en immense majorité les délinquants, les meurtriers, les violents, les trafiquants de drogue, les mafieux, les délinquants routiers, et j’en passe ? De quelle proportion d’hommes et de femmes les prisons sont-elles remplies ? (suite…)

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Béni soit le Seigneur, le Dieu d’Israël,
qui visite et rachète son peuple.

Il a fait surgir la force qui nous sauve
dans la maison de David, son serviteur,

comme il l’avait dit par la bouche des saints,
par ses prophètes, depuis les temps anciens :

salut qui nous arrache à l’ennemi,
à la main de tous nos oppresseurs,

amour qu’il montre envers nos pères,
mémoire de son alliance sainte,

serment juré à notre père Abraham
de nous rendre sans crainte,

afin que, délivrés de la main des ennemis,
nous le servions dans la justice et la sainteté,
en sa présence, tout au long de nos jours.

Et toi, petit enfant, tu seras appelé
prophète du Très-Haut :
tu marcheras devant, à la face du Seigneur,
et tu prépareras ses chemins

pour donner à son peuple de connaître le salut
par la rémission de ses péchés,

grâce à la tendresse, à l’amour de notre Dieu,
quand nous visite l’astre d’en haut,

pour illuminer ceux qui habitent les ténèbres
et l’ombre de la mort,
pour conduire nos pas
au chemin de la paix.

Luc 1, 68-79
Textes liturgiques©AELF

La liturgie nous donne aujourd’hui à méditer le cantique de Zacharie. Je le publie ici en entier, comme on le psalmodie aux laudes.
Le cantique de Zacharie, c’est la journée qui commence sous la bénédiction. C’est le quotidien des religieux et de ceux qui ont l’occasion d’assister à des laudes, ou qui disent la prière des heures.
Pour ma part, je n’en ai pas souvent l’occasion. Je travaille de bonne heure, et j’avoue que je ne prends pas le temps de dire la prière des heures, n’étant pas officiellement consacrée.
Mais quand je suis en retraite dans une abbaye, je savoure ce cantique de Zacharie comme un cadeau précieux. Il est le signe d’une journée offerte à la prière, de l’eucharistie matinale qui suivra. A l’abbaye de Tamié, il est chanté magnifiquement. Comme Zacharie sortit de son mutisme, il nous sort de la torpeur de la nuit – encore que les moines, eux, prient les Vigiles déjà trois heures auparavant. Souvent, les laudes sont accompagnées par le jour qui se lève. C’est le temps de confier sa journée au Seigneur.
Le cantique de Zacharie tombe très bien dans la liturgie d’aujourd’hui : j’ai encore la joie au cœur pour une naissance dans ma famille proche vendredi dernier.
Que ce petit enfant grandisse dans la paix et la santé, et qu’il lui soit donné de croiser sur le chemin de sa vie « l’astre d’en haut » !

Jésus reprit :
« Vous aussi, les docteurs de la Loi, malheureux êtes-vous,
parce que vous chargez les gens
de fardeaux impossibles à porter,
et vous-mêmes, vous ne touchez même pas ces fardeaux
d’un seul doigt. »

Luc 11, 46
Textes liturgiques©AELF

On pourra me reprocher que je fais là un raccourci très facile. Que je ferais mieux, pour moi-même, de méditer aussi la première lecture d’aujourd’hui (Romains 2, 1-11). Ce n’est pas faux.
Il n’empêche que je trouve que cet évangile arrive à point nommé en plein milieu du Synode sur la famille.
L’autre jour, lisant ici ce passage
http://www.news.va/fr/news/synode-quid-des-divorces-remaries-et-de-la-prepara
« Autre question abordée : la contraception. Un père synodal a défendu la méthode naturelle soutenue dans le monde par de « rares bienfaiteurs éclairés », alors que les Etats-Unis dépensent 8,1 milliards de dollars dans des dizaines de pays en développement pour les méthodes contraceptives de type pilule ou préservatifs. » (fin de citation)
je me suis dit que c’était tout de même incroyable que ces vieux messieurs, tous célibataires et ignorants de la vie de couple au quotidien, prennent des décisions sur ce qui est bon ou mauvais quant à un sujet aussi intime pour le corps des femmes, leur vie personnelle et de couple.
Ce sont eux, les docteurs de la loi d’aujourd’hui. Certes, leur situation de célibat chaste pour le Seigneur est fort difficile et louable. Ils ont connu tout au long de leur vie des combats intérieurs que nous ne pouvons soupçonner. Et grâces leur en soient rendues, car je suis de ces fidèles qui apprécient que nos prêtres fassent vœu de célibat, situation de vie qui les rend plus disponibles à leur ministère et plus conformes au Christ chaste pour le Royaume. Loin de moi donc l’idée de réfuter leurs propres difficultés dans ce choix de vie ô combien exigeant. (suite…)

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J’ai prié,
et le discernement m’a été donné.
J’ai supplié,
et l’esprit de la Sagesse est venu en moi.
Je l’ai préférée aux trônes et aux sceptres ;
à côté d’elle, j’ai tenu pour rien la richesse ;
je ne l’ai pas comparée à la pierre la plus précieuse ;
tout l’or du monde auprès d’elle n’est qu’un peu de sable,
et, en face d’elle, l’argent sera regardé comme de la boue.
Plus que la santé et la beauté, je l’ai aimée ;
je l’ai choisie de préférence à la lumière,
parce que sa clarté ne s’éteint pas.
Tous les biens me sont venus avec elle
et, par ses mains, une richesse incalculable.

Sagesse 7, 7-11

J’aime infiniment le Livre de la Sagesse. Cet extrait que la liturgie nous donne à lire aujourd’hui est magnifique. On sait que Salomon avait demandé à Dieu un « cœur attentif » qui sache « discerner le bien et le mal » (1 Rois 3, 9-14) et que sa demande avait plu au Seigneur, qui l’avait exaucé en ceci et bien au-delà encore.
C’est une grande grâce que d’être pourvu d’un esprit de discernement. Savoir poser les bons choix dans sa vie, ne pas se tromper sur les intentions d’autrui à notre égard, ne pas se leurrer non plus sur son cœur profond à soi, savoir relativiser les possessions matérielles et leur préférer toujours les lumières de la foi, avoir l’intelligence des Ecritures, reconnaître, dans tout ce que la vie nous donne, les bienfaits de Dieu et savoir résister aux tentations du Menteur. Poursuivre la Sagesse comme le bien le plus précieux qui se puisse acquérir ici-bas. Cela peut être la quête de toute une vie, belle et louable quête qui donne la paix de l’âme et du cœur. Qui n’a jamais été émerveillé par la limpidité de regard  d’un vieux moine ou d’une religieuse âgée aguerris à cette recherche et profondément pacifiés ?
C’est elle que j’ai aimée et recherchée depuis ma jeunesse, j’ai cherché à la prendre pour épouse, je suis devenu l’amant de sa beauté.
Elle manifeste la gloire de sa propre naissance puisqu’elle partage la vie de Dieu, et que le maître de l’univers lui a donné son amour.

nous dit le Livre de la Sagesse un peu plus loin, en 8, 2-3.
On croirait entendre le Christ appelant de ses vœux toute sa vie la survenue de l’Esprit Saint.

Textes liturgiques©AELF