Site de Véronique Belen
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Méditations bibliques

Le Christ, en effet, ne m’a pas envoyé pour baptiser, mais pour annoncer l’Évangile, et cela sans avoir recours au langage de la sagesse humaine, ce qui rendrait vaine la croix du Christ.
Car le langage de la croix est folie pour ceux qui vont à leur perte, mais pour ceux qui vont vers leur salut, pour nous, il est puissance de Dieu.
L’Écriture dit en effet : Je mènerai à sa perte la sagesse des sages, et l’intelligence des intelligents, je la rejetterai.
Où est-il, le sage ? Où est-il, le scribe ? Où est-il, le raisonneur d’ici-bas ? La sagesse du monde, Dieu ne l’a-t-il pas rendue folle ?
Puisque, en effet, par une disposition de la sagesse de Dieu, le monde, avec toute sa sagesse, n’a pas su reconnaître Dieu, il a plu à Dieu de sauver les croyants par cette folie qu’est la proclamation de l’Évangile.
Alors que les Juifs réclament des signes miraculeux, et que les Grecs recherchent une sagesse,
nous, nous proclamons un Messie crucifié, scandale pour les Juifs, folie pour les nations païennes.
Mais pour ceux que Dieu appelle, qu’ils soient Juifs ou Grecs, ce Messie, ce Christ, est puissance de Dieu et sagesse de Dieu.
Car ce qui est folie de Dieu est plus sage que les hommes, et ce qui est faiblesse de Dieu est plus fort que les hommes.

1 Corinthiens 1,17-25
©Evangelizo.org 2001-2016

Parfois, nous devons nous garder de lire les Saintes Ecritures comme des textes du passé, circonscrits à une époque donnée. Paul écrivait pour évangéliser son siècle, certes. Mais ses épîtres peuvent encore résonner en nous de manière très actuelle. Et gardons-nous de penser que nous chrétiens, parce que croyant au Christ, à sa Passion et à sa Résurrection, nous sommes préservés des travers que Paul dénonce ici.
Le Christ Jésus crucifié fait partie de notre paysage, si je puis dire, depuis les temps de l’évangélisation de nos contrées. A chaque coin de rue, une église ou un calvaire. Quand on est un croyant authentique, cela ne nous semble plus folie que de rencontrer ainsi un Messie crucifié. C’est même parfois un peu confortable – trop confortable – de croire en lui. Cela a été très longtemps convenable et même obligatoire, bien que la donne change ces dernières décennies sur ce plan, et notamment dans notre pays de France. Je m’amuse d’ailleurs à dire, depuis quelques années, qu’étant à mon âge catholique pratiquante, je suis plus anticonformiste que l’inverse.
Mais je voulais aller plus loin dans mon propos. (suite…)

Feu

Luc 12, 49-53

« Le feu dont parle Jésus est celui de l’Esprit Saint, présence vivante et agissante en nous depuis le jour de notre baptême », explique le Pape. « C’est une force créatrice qui purifie et renouvelle, brûle chaque misère humaine, chaque égoïsme, chaque péché, nous transforme de l’intérieur, nous régénère, et nous rend capables d’aimer. Jésus désire que le Saint Esprit éclate comme un feu dans notre cœur, car c’est seulement en partant du cœur, non de la tête, a insisté François, que l’incendie de l’amour divin pourra se développer et faire avancer le Royaume de Dieu. Si nous nous ouvrons complètement à l’action de l’Esprit Saint, il nous donnera l’audace et la ferveur pour annoncer à tous Jésus et son message de miséricorde et de salut ».

Aussi, pour mener à bien sa mission, l’Eglise a-t-elle « besoin de l’aide de l’Esprit Saint pour ne pas se laisser freiner par la peur et le calcul, pour ne pas s’habituer à marcher dans des frontières sûres ». Ces deux attitudes conduisent à une Eglise « qui ne risque jamais », a encore constaté le Pape. Au contraire, a-t-il poursuivi, « le courage apostolique que l’Esprit Saint allume en nous, nous aide à dépasser les murs et les barrières, nous rend créatifs et nous incite à nous mettre en route pour marcher sur des chemins inexplorés et peu commodes, offrant espérance à tous ceux que nous rencontrons ».

Extrait de l’allocution de l’Angélus du 14 août 2016, place saint Pierre à Rome
Source Radio Vatican : http://fr.radiovaticana.va/news/2016/08/14/ang%C3%A9lus__leglise_a_besoin__de_missionnaires_passionn%C3%A9s/1251334

En ce temps-là – oracle du Seigneur –,  je serai le Dieu de toutes les familles d’Israël, et elles seront mon peuple.
Ainsi parle le Seigneur : Il a trouvé grâce dans le désert, le peuple qui a échappé au massacre ; Israël est en route vers Celui qui le fait reposer.
Depuis les lointains, le Seigneur m’est apparu : Je t’aime d’un amour éternel, aussi je te garde ma fidélité.
De nouveau je te bâtirai, et tu seras rebâtie, vierge d’Israël. De nouveau tu prendras tes tambourins de fête pour te mêler aux danses joyeuses.
De nouveau tu planteras des vignes dans les montagnes de Samarie, et ceux qui les planteront en goûteront le premier fruit.
Un jour viendra où les veilleurs crieront dans la montagne d’Éphraïm : « Debout, montons à Sion, vers le Seigneur notre Dieu ! »
Car ainsi parle le Seigneur : Poussez des cris de joie pour Jacob, acclamez la première des nations ! Faites résonner vos louanges et criez tous : « Seigneur, sauve ton peuple, le reste d’Israël ! »

Jérémie 31,1-7
©Evangelizo.org 2001-2016

Il y a toujours plusieurs niveaux de lecture dans les textes bibliques. Si on s’arrête à l’époque à laquelle Jérémie a prophétisé, bien sûr, on dira que ce texte s’adresse au peuple d’Israël. Et certains espèrent encore le plein rétablissement dans leurs terres historiques.
Mais une prophétie est aussi intemporelle, et venant de Dieu, elle concerne chacun d’entre nous et tout le peuple de ceux qui croient en Lui. Ainsi, ces lignes magnifiques de Jérémie peuvent-elles nous parler à l’intime de nos cœurs dans les temps troublés que nous vivons actuellement.
« Je t’aime d’un amour éternel » : que peut-on dire de plus beau à la personne aimée ? A vue humaine, c’est presque impossible. Avoir été aimé dès avant sa conception et par-delà sa mort ! Seule une mère, peut-être, pourrait avoir de tels mots pour son enfant, et c’est ainsi, Dieu nous aime avec ses entrailles de miséricorde qui sont comme maternelles.
On entend ici et là ces temps-ci que Dieu nous a comme abandonnés, devant ce déferlement de violence qui semble ne plus pouvoir prendre fin. Appuyons-nous dans la foi sur Jérémie qui est sans doute, de tous les prophètes, celui qui a le plus souffert. Goûtons ses mots comme la délivrance qui nous attend : « Debout, montons à Sion, vers le Seigneur notre Dieu ! »
Car je n’en doute pas un seul instant : le Seigneur est tout près de se manifester dans son éblouissante Gloire, de faire advenir pour nous le Royaume promis depuis des millénaires. Pour sauver non seulement les peuples qui auront cru en Lui, mais encore tous ceux qui, cette fois convaincus de sa majesté, accepteront de se prosterner devant lui et de le reconnaître comme leur seul Roi.

Qohélet 1, 2 ; 2, 21-23
Psaume 89
Colossiens 3, 1-5.9-11
Luc 12, 13-21

Il y a des gens ou des catégories de gens dont on dit qu’ils ne répondent jamais que par une autre question chaque fois qu’on les interroge ou qu’on les sollicite. C’est un peu ce que fait Jésus en disant à celui qui lui demande d’intervenir : « Homme, qui donc m’a établi pour être votre juge ou l’arbitre de vos partages ? » Le texte ne nous dit pas si ces mots étaient prononcés avec un petit sourire ou un sourcil froncé, à nous de comprendre. Pour ma part, je penche pour l’humour, mais je ne vous demande pas de me croire sur parole, je vous recommanderais plutôt d’aller voir les choses par vous-mêmes pour vérifier si vous êtes d’accord avec moi. À ce propos, je fais un petit aparté sur les Évangiles. Même si beaucoup de nos contemporains ont envie de les imaginer ainsi, ils ne sont pas une réserve de recommandations toutes faites, des recettes qu’il suffirait d’appliquer pour construire des forteresses de vertu. Ils sont plutôt l’occasion d’une rencontre, une rencontre qui vaut le coup, ça je peux vous le garantir et pour le coup vous pouvez me croire sur parole. Or, il y a dans la tradition dont nous, moines de Tamié, avons hérité une recommandation très féconde dont je vous livre un petit quelque chose. En lisant, nos pères nous proposent de nous rendre présents aux scènes d’évangile, de nous assoir dans un coin de cette scène, d’écouter parler les gens, de les regarder faire, de vivre l’événement avec eux et de laisser l’Esprit nous souffler au cœur ce qu’il a à nous dire. Parce qu’encore une fois l’Évangile n’est pas un recueil de consignes mais le rendez-vous avec un vivant à qui nous pouvons parler comme à un ami. Il faut goûter sa présence et savourer ce moment-là. Mais pour en revenir à notre texte, si je penche pour l’humour, je suis certain que c’est un humour pédagogique. Jésus n’est pas venu pour distraire la galerie mais pour nous conduire à l’essentiel. Il est là, au cœur de ce qui fait le drame de notre convoitise et de notre obstination dans la bêtise. Car, aujourd’hui ce qu’on vient déposer sur la table est lourd. Il est question de deux frères sérieusement divisés par un héritage. Ce n’est malheureusement pas très original. Nous connaissons tous ces situations de querelles féroces autour des biens légués par quelqu’un et il a pu nous arriver de nous retrouver pris dans ces relations dévorantes qui viennent détruire jusqu’aux liens les plus richement humanisants : ceux de la fratrie, ceux de l’amour conjugal, voire même les liens entre parents et enfants. (suite…)

En ce temps-là, laissant les foules, Jésus vint à la maison. Ses disciples s’approchèrent et lui dirent : « Explique-nous clairement la parabole de l’ivraie dans le champ. »
Il leur répondit : « Celui qui sème le bon grain, c’est le Fils de l’homme ;
le champ, c’est le monde ; le bon grain, ce sont les fils du Royaume ; l’ivraie, ce sont les fils du Mauvais.
L’ennemi qui l’a semée, c’est le diable ; la moisson, c’est la fin du monde ; les moissonneurs, ce sont les anges.
De même que l’on enlève l’ivraie pour la jeter au feu, ainsi en sera-t-il à la fin du monde.
Le Fils de l’homme enverra ses anges, et ils enlèveront de son Royaume toutes les causes de chute et ceux qui font le mal ;
ils les jetteront dans la fournaise : là, il y aura des pleurs et des grincements de dents.
Alors les justes resplendiront comme le soleil dans le royaume de leur Père. Celui qui a des oreilles, qu’il entende ! »

Matthieu 13,36-43
©Evangelizo.org 2001-2016

Des paroles de Jésus qui résonnent de façon anachronique pendant ce Jubilé de la Miséricorde. Et pourtant, il les a prononcées, on ne peut pas arracher cette page de l’Evangile parce qu’elle nous déplairait.
Nos grands-mères craignaient un Dieu implacable qui avait pouvoir d’envoyer en enfer. Nous sommes passés de nos jours à un Dieu un peu sucré en qui tout est pardonné d’avance, et qui nous attend tous dans son paradis, quels que soient nos actes, notre foi  et notre vie.
Je force un peu le trait, mais c’est presque ça. Je sais, sainte Faustine est passée par là avec ses enseignements sur la grande miséricorde du Seigneur. Je voudrais cependant souligner qu’il y a un décalage permanent dans l’Eglise : on méprise les mystiques de leur vivant, on marginalise leurs écrits pendant des décennies, puis soudain, on les canonise, et leurs apports théologiques deviennent alors presque parole d’évangile.
Remettons les choses dans leur contexte : sainte Faustine s’est éteinte en 1938… soit à l’époque où on terrorisait en chaire nos aïeux avec l’enfer. C’était peut-être alors le moment, justement, d’adoucir les prédications. Nous voici presque un siècle plus tard, et on ne parle plus que de miséricorde, à une époque où le monde de tradition chrétienne s’enfonce dans l’apostasie et l’indifférence à l’Evangile. A ces peuples malmenant souvent le prochain dans l’anonymat des grandes cités, plongés dans une logique consumériste et ne croyant plus que Jésus soit le Fils du Père et que sa parole soit Vérité, on prêche le pardon de toute faute et la vie éternelle à moindre frais. (suite…)