Site de Véronique Belen
Header

Méditations bibliques

Daniel 7, 13-14
Psaume 92
Apocalypse 1, 5-8
Jean 18, 33b-37

Résumé de l’homélie en trois points : 1) une idée: « ma royauté n’est pas de ce monde ». Jésus ne récuse pas le titre de « roi » il lie ce titre au règne de la vérité. 2) Une image : non pas celle de Jésus ressuscité mais celle de la Passion : Jésus couronné d’épines. 3) Un sentiment : à nous de choisir entre la dérision ou l’adoration.

« MON ROYAUME »

Les mots « roi, royaume, règne » peuvent mal sonner à nos oreilles républicaines, il n’empêche que l’expression « royaume des cieux ou de Dieu » est au centre de l’évangile. 122 fois dans le N.T. dont 99 fois dans les synoptiques (depuis les mages qui cherchent le roi qui vient de naître à l’inscription sur la croix INRI en trois langues, dans les paraboles, dans l’Apocalypse…). Chaque fois que nous récitons le notre Père, nous demandons : « Que ton règne vienne ».

« N’EST PAS DE CE MONDE » parce qu’il n’est pas un territoire géographique ou une chose ni un lieu. Il s’agit d’un événement, d’une irruption de la vie de Dieu dans la vie de celui qui entend, reçoit et vit la Parole de Jésus. Une irruption qui n’est pas seulement une nouvelle, une information à connaître mais une expérience de relation qui provoque un changement de compréhension de nous-mêmes et des autres. C’est l’expérience des convertis. La nôtre ? « Le règne du Christ n’est pas un au-delà imaginaire, placé dans un avenir qui ne se réalise jamais. Son règne est présent là où il est aimé et où son amour nous atteint ». (Benoît XVI encyclique Sauvés en espérance §31). (suite…)

P1030814

Il y a dans la Sagesse un esprit
intelligent et saint,
unique et multiple,
subtil et rapide ;
perçant, net, clair et intact ;
ami du bien, vif, irrésistible,
bienfaisant, ami des hommes ;
ferme, sûr et paisible,
tout-puissant et observant tout,
pénétrant tous les esprits,
même les plus intelligents, les plus purs, les plus subtils.
La Sagesse, en effet, se meut d’un mouvement
qui surpasse tous les autres ;
elle traverse et pénètre toute chose à cause de sa pureté.
Car elle est la respiration de la puissance de Dieu,
l’émanation toute pure de la gloire du Souverain de l’univers ;
aussi rien de souillé ne peut l’atteindre.
Elle est le rayonnement de la lumière éternelle,
le miroir sans tache de l’activité de Dieu,
l’image de sa bonté.

Comme elle est unique, elle peut tout ;
et sans sortir d’elle-même, elle renouvelle l’univers.
D’âge en âge, elle se transmet à des âmes saintes,
pour en faire des prophètes et des amis de Dieu.
Car Dieu n’aime que celui qui vit avec la Sagesse.
Elle est plus belle que le soleil,
elle surpasse toutes les constellations ;
si on la compare à la lumière du jour,
on la trouve bien supérieure,
car le jour s’efface devant la nuit,
mais contre la Sagesse le mal ne peut rien.
Elle déploie sa vigueur d’un bout du monde à l’autre,
elle gouverne l’univers avec bonté.

Sagesse 7, 22 – 8, 1

Textes liturgiques©AELF

Quelle merveille que le Livre de la Sagesse ! Je trouve dommage qu’on ne le médite pas plus souvent, en Eglise.
Je sais que la théologie dit que Jésus est la personnification de la Sagesse. Je ne suis pas trop d’accord. Jésus est le Verbe de Dieu, le Logos, sa Parole parlée, d’ailleurs il n’a jamais rien écrit, ce sont des disciples qui ont mis sa vie par écrit. Il a toutes les qualités de la Sagesse, certes ! Mais il me plaît d’imaginer la Sagesse, la Sophia, comme une présence à ses côtés, confondue avec l’Esprit Saint, mais en laquelle je voudrais voir plus de féminin, d’intuition, d’amour de la sainteté. Elle serait au Verbe qui se déploie dans l’espace audible la trace écrite qui se déploie dans l’esprit intérieur.
D’aucuns voient aussi en Marie la Sagesse. Marie est touchée par l’Esprit, oui ! Marie a toujours fait preuve de sagesse, oui ! Mais Marie nous a laissé très peu de paroles, alors que je pense que la Sagesse a beaucoup à nous dire. Et Marie est la Mère de Jésus, prérogative déjà insurpassable.
La Sagesse, que je vois féminine, coïncide mieux avec la troisième Personne de la Trinité sainte. Dans le sein du Père depuis les origines, elle se mêle au Verbe dans des jeux de l’Esprit incessants, pour le bien des âmes qui veulent bien l’accueillir et chercher à la discerner dans les motions de l’Esprit saint.

1Rois 17, 10-16
Psaume 145
Hébreux 9, 24-28
Marc 12, 38-44

A force d’entendre des chansons d’amour à la radio, on pourrait être tenté de s’imaginer que l’amour n’est qu’une vibration sentimentale ou une sensibilité épidermique. Jésus, au contraire, nous dit qu’aimer, c’est agir.

Il nous donne l’exemple très concret d’une femme, – donc une ignorante selon les préjugés du temps -, et qui de plus vit en marge de la société, puisqu’elle est veuve. Il nous met en garde contre nos faux-fuyants théoriques. Il n’y a pas d’amour véritable qui ne se traduise en gestes pratiques.

Si aimer, c’est agir, c’est aussi donner sans compter. La veuve de Sarepta a donné au prophète Elie jusqu’à sa dernière poignée de farine (Première lecture). La veuve du Temple a donné jusqu’à ses dernières pièces de monnaie. Jésus a donné jusqu’à la dernière goutte de son sang lors du coup de lance reçu en plein cœur.

Les riches, sous son regard pénétrant qui voit le fond des choses, donnaient beaucoup, mais préservaient pour eux bien plus encore. La pauvre veuve donnait apparemment si peu, mais elle ne gardait rien. En elle, Jésus se reconnaît. Il découvre quelqu’un qui ressemble à Dieu. « De riche qu’il était, Dieu s’est fait pauvre, pour nous enrichir par sa pauvreté ».

Nous pourrions penser facilement aujourd’hui que cette femme avait des très bonnes raisons pour laisser les autres « donner ». « Heureusement pour les pauvres qu’il y a les pauvres : eux savent donner », disait saint Vincent de Paul.

L’amour ne calcule pas. Si l’Eglise primitive a retenu le geste modeste de cette pauvre veuve, c’est qu’elle s’est dit : oui, cette femme qui a tout distribué, sans calculer, était la vivante icône de Dieu qui nous a tout donné en son Fils.

Père Charles-André Sohier
Source : http://www.kerit.be/homelie.php

Apocalypse 7, 2-4.9-14
Psaume 23
1 Jean 3, 1-3
Matthieu 5, 1-12a

La première lecture que nous avons entendue est tirée du livre de l’Apocalypse. Ici à Tamié nous le lisons en ce moment, en lecture continue, une page par jour, depuis un mois. Je vous avoue qu’il m’est arrivé de comparer ces pages à celles des journaux qui sont à notre disposition et que vous connaissez: des listes d’événements terrifiants qui, pas très loin de chez nous, retentissent dans notre quotidien.

Cela m’amène à réfléchir sur une question que, à mon tour, je vous adresse: n’avez-vous pas l’impression, parfois, qu’aujourd’hui, nous sommes plongés, tous, dans un monde qui perd les repères et qui a déjà perdu, en bonne partie, l’espérance ? Je veux dire que, parfois, on se croirait dans un univers où une tragédie se superpose à une autre : d’un tremblement de terre à une guerre, d’une épidémie à une tuerie… en attendant qu’une autre tragédie encore, plus grande, nous fasse oublier la précédente ? Et nous assistons, étonnés. Telle est, justement, l’ambiance décrite dans l’Apocalypse au fur et à mesure qu’on brise, l’un après l’autre, les sceaux du mystérieux livre attribué à sain Jean.

Mais ma question, n’est pas du tout posée pour en rajouter à un tableau déjà sombre, pour le goût d’augmenter ainsi notre angoisse qui monte ; plutôt elle voudrait nous responsabiliser, nous éveiller : Jésus nous a promis son retour. L’avons-nous oublié ? En effet, ce dernier livre de la Bible qui commence par ce mot : Apocalypsis Iésou Christou (Révélation de Jésus, le Christ), invite les fidèles du Christ à garder l’espérance, à tenir bon. Car, originairement, ce terme « apocalypse », ne voulait pas du tout dire catastrophe ou événement désastreux, mais plutôt : révélation en vue du salut ; autrement dit, ce texte propose de nous offrir une clé de lecture en vue d’une solution meilleure, d’une ouverture vers une perspective « autre ». Les catastrophes sont réelles, mais notre histoire doit être décryptée, éclairée, comprise. Elle va vers une solution heureuse. Pour la comprendre, il faut… changer de cap. (suite…)

P1000704

Un jour de sabbat, Jésus était entré dans la maison d’un chef des pharisiens pour y prendre son repas, et ces derniers l’observaient.
Jésus dit une parabole aux invités lorsqu’il remarqua comment ils choisissaient les premières places, et il leur dit :
« Quand quelqu’un t’invite à des noces, ne va pas t’installer à la première place, de peur qu’il ait invité un autre plus considéré que toi.
Alors, celui qui vous a invités, toi et lui, viendra te dire : “Cède-lui ta place” ; et, à ce moment, tu iras, plein de honte, prendre la dernière place.
Au contraire, quand tu es invité, va te mettre à la dernière place. Alors, quand viendra celui qui t’a invité, il te dira : “Mon ami, avance plus haut”, et ce sera pour toi un honneur aux yeux de tous ceux qui seront à la table avec toi.
En effet, quiconque s’élève sera abaissé ; et qui s’abaisse sera élevé. »

Luc 14,1.7-11
©Evangelizo.org 2001-2015

On peut s’irriter de voir toutes ces soutanes noires à ceintures violettes ou rouges prendre seules ensemble des décisions qui touchent à tous en Eglise. On peut sourire de leurs tenues d’apparat. On peut s’interroger en les voyant occuper toutes les premières places à chaque office à Rome et ailleurs.
Je ne voudrais pas prendre des raccourcis faciles, car je sais que leur vie est dense et exigeante au service de l’Eglise.
Il n’empêche…
Bien d’autres, et surtout les femmes, œuvrent dans l’ombre à des tâches moins valorisantes mais non moins utiles.
Je ne sais que penser de la pérennité, ou non, de cet état de fait.
Ce dont je suis sûre, c’est qu’à la lumière du Christ glorieux, celui-ci leur dira dans un grand sourire, au jour de ses noces  :
« Avance plus haut ! »