Site de Véronique Belen
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Méditations bibliques

Aujourd’hui, je n’ai pas fait « la grève de l’homélie », mais je n’en ai publié aucune. Ce n’est pas faute d’en avoir écouté et lu ! J’ai même parcouru cinq pages entières d’un moteur de recherche et lu beaucoup de prédications catholiques ou protestantes. Mais force est de constater que les lectures d’aujourd’hui, surtout les deux dernières ( 1 Ephésiens 5, 21-32 et Jean 6, 60-69) embarrassent les prédicateurs !
Que ce soit pour justifier Paul d’avoir dit « Pour la femme, le mari est la tête » ou pour justifier les disciples que nous sommes d’être facilement scandalisés par les paroles de Jésus, j’ai trouvé ce que j’ai lu aujourd’hui un peu faible et assez « tiré par les cheveux ».
Alors je vais oser ma petite parole scandaleuse à mon tour.
Paul était un homme. Paul n’était pas le Messie. Paul a eu de très grandes inspirations du Seigneur Jésus, dans des visions, ou par la puissance de l’Esprit saint. Mais pourquoi voudrions-nous toujours qu’il ait été infaillible ? Qui donc, hormis le Christ sur cette terre, peut-il se prévaloir d’être infaillible ?
Pour tout dire, je me suis réjouie que la messe ne soit pas dans ma propre paroisse ce matin, car c’est peut-être moi, sinon, qui aurais dû lire cet extrait de l’Epître aux Ephésiens. Et franchement, j’aurais eu beaucoup de mal à la conclure par « Parole du Seigneur. » Car non, j’en suis sûre, cela n’est pas une parole intemporelle du Seigneur. Et tous les discours sur la grandeur du mariage chrétien ne me feront pas changer d’avis. (suite…)

En ce temps-là, des pharisiens s’approchèrent de lui pour le mettre à l’épreuve ; ils lui demandèrent : « Est-il permis à un homme de renvoyer sa femme pour n’importe quel motif ? »
Il répondit : « N’avez-vous pas lu ceci ? Dès le commencement, le Créateur les fit homme et femme,
et dit : À cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme, et tous deux deviendront une seule chair.
Ainsi, ils ne sont plus deux, mais une seule chair. Donc, ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ! »
Les pharisiens lui répliquent : « Pourquoi donc Moïse a-t-il prescrit la remise d’un acte de divorce avant la répudiation ? »
Jésus leur répond : « C’est en raison de la dureté de votre cœur que Moïse vous a permis de renvoyer vos femmes. Mais au commencement, il n’en était pas ainsi.
Or je vous le dis : si quelqu’un renvoie sa femme – sauf en cas d’union illégitime – et qu’il en épouse une autre, il est adultère. »
Ses disciples lui disent : « Si telle est la situation de l’homme par rapport à sa femme, mieux vaut ne pas se marier. »
Il leur répondit : « Tous ne comprennent pas cette parole, mais seulement ceux à qui cela est donné.
Il y a des gens qui ne se marient pas car, de naissance, ils en sont incapables ; il y en a qui ne peuvent pas se marier car ils ont été mutilés par les hommes ; il y en a qui ont choisi de ne pas se marier à cause du royaume des Cieux. Celui qui peut comprendre, qu’il comprenne ! »

Matthieu 19, 3-12.
©Evangelizo.org 2001-2015

 

Cher Jésus,

Cet évangile-là, comme beaucoup de tes amis, je redoute les jours où il est lu dans les églises. Là où tu as voulu mettre de la douceur et de la protection pour tes sœurs en humanité, on récolte parfois de la dureté de cœur, ou tout du moins des paroles moralisantes qui mettent mal à l’aise quand on est dans une situation peu conforme au catéchisme de l’Eglise catholique.
Je pourrais me dire que tout va bien pour moi, puisque j’ai été délaissée alors que j’étais fidèle, et que je n’ai pas repris de mari. Et je sens sur moi ta compassion quand il faut élever seule les enfants, assumer seule l’entretien d’une maison, se coucher seule le soir sans avoir raconté sa journée à une oreille adulte.
Mais Jésus, tu le sais bien, si tout va bien pour moi, c’est surtout parce que tu es là, tout proche, tout donné dans ma prière. Si tout va bien pour moi, c’est surtout parce que j’ai fait sans retour le choix de ta Personne. Or, quand toi tu t’unis à quelqu’un par un serment, pour sûr tu ne te reprends pas. Pas toi. A la grande différence de tes frères – et aussi parfois de tes sœurs – en humanité.
Alors je ne peux pas songer égoïstement dans mon petit coin que tout va bien pour moi. Je songe à ces amies malmenées par la vie, mariées trop jeunes, confrontées à l’alcoolisme, à la violence, au narcissisme d’un mari, je songe à ces amies moins jeunes qui ont vu leur époux bien-aimé étourdi par une autre, plus jeune, plus libre, plus jolie peut-être, sur laquelle ils arrivaient mieux à fantasmer, et qui sont partis, les laissant affronter seules les années les plus dures… (suite…)

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Quelques jours avant la Pâque, Jésus disait à ses disciples : Amen, amen, je vous le dis : si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit.
Qui aime sa vie la perd ; qui s’en détache en ce monde la gardera pour la vie éternelle.
Si quelqu’un veut me servir, qu’il me suive ; et là où moi je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera.

Jean 12,24-26
©Evangelizo.org 2001-2015

Se détacher de sa vie ! Voilà qui ne cadre pas du tout avec la mentalité occidentale actuelle. Nous sommes baignés dans un discours ambiant qui nous incite à prendre en main notre propre vie, à la croquer à pleines dents, à ne pas se la gâcher avec des personnes qui entravent notre épanouissement personnel… On est encouragé de plus en plus à l’égoïsme, voire à l’égocentrisme.
Mais qu’est-ce que garder sa vie ? Qu’est-ce que la perdre ? Qu’est-ce que servir le Christ ?
On n’est pas obligé de devenir Mère Teresa, non. Soigner le corps des pauvres, c’est une vocation parmi d’autres. Je sais par exemple que ce n’est pas la mienne, quoiqu’il existe des clichés tenaces, en Eglise, de la femme au service physique du nécessiteux de son entourage, il existe même une façon de nous culpabiliser subtilement quand nous ne le faisons pas.
C’est le chemin de toute une vie et une voie de sagesse que de découvrir sa propre vocation.
Que de fois n’ai-je pas entendu, et tous les divorcés ou séparés me comprendront : « Tu devrais refaire ta vie. »
Refaire ma vie ?
Je répondais souvent, en forme de boutade, qu’avec un homme, je défaisais ma vie plutôt que de la faire ou de la refaire.
Servir le Christ.
Témoigner de Lui.
Témoigner qu’il peut remplir une vie et la combler. (suite…)

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Frères,
ce n’est pas en ayant recours à des récits imaginaires sophistiqués
que nous vous avons fait connaître la puissance et la venue
de notre Seigneur Jésus Christ,
mais c’est pour avoir été les témoins oculaires de sa grandeur.
Car il a reçu de Dieu le Père l’honneur et la gloire
quand, depuis la Gloire magnifique,
lui parvint une voix qui disait :
Celui-ci est mon Fils, mon bien-aimé ;
en lui j’ai toute ma joie.
Cette voix venant du ciel,
nous l’avons nous-mêmes entendue
quand nous étions avec lui sur la montagne sainte.
Et ainsi se confirme pour nous la parole prophétique ;
vous faites bien de fixer votre attention sur elle,
comme sur une lampe brillant dans un lieu obscur
jusqu’à ce que paraisse le jour
et que l’étoile du matin se lève dans vos cœurs.

2 Pierre 1, 16-19
©Textes liturgiques AELF

Même s’il est contesté que cette Epître ait pu être rédigée par Pierre lui-même, nous avons là un témoignage qui provient du cercle de ses plus proches disciples. Et n’est-ce pas un témoignage précieux de quelqu’un qui a assisté à la Transfiguration du Seigneur ?
Croire en Jésus-Christ incarné dans la chair, mort sur la croix et ressuscité au matin de Pâques, ce n’est pas une vue de l’esprit, une croyance sortie de nulle part et qu’entretiendraient des esprits faibles ayant peur, par exemple, qu’il n’y ait rien après la mort. Combien de fois ce reproche méprisant n’est-il pas adressé aux chrétiens !
Non, la foi chrétienne, c’est une longue histoire de témoignage : témoignage des premiers compagnons de route et disciples de Jésus, témoignage de ceux qui ont payé de leur vie leur croyance en l’Evangile aux premiers temps du christianisme, témoignage de tous ceux qui ont tout quitté pour vivre de sa Parole et nous ont laissé des trésors d’ouvrages écrits au long des siècles pour rendre compte de leur foi et exhorter leurs contemporains, et jusqu’à nous, à ne pas négliger la foi de notre baptême.
Alors oui, quand nous mettons nos pas dans les leurs, quand nous persévérons dans la prière, le Christ se révèle à notre âme, vivant ici et maintenant, comme « l’étoile du matin qui se lève en nos cœurs. »

Exode 16, 2-4. 12-15
Psaume 77
Ephésiens 4, 17. 20-24
Jean 6, 24-35

Après le récit du miracle des pains, saint Jean développe une longue et profonde méditation sur Jésus Pain de vie. Aujourd’hui il nous montre la foule qui se met en recherche de Jésus puis le trouve.

Chercher et trouver, dans saint Jean, sont des verbes très forts. Que cherche l’homme ? Il veut satisfaire des besoins élémentaires : la faim, la soif, la santé. Cette recherche accapare la majeure partie de son temps : par nécessité dans une société sous-développée, par frénésie dans une société surdéveloppée. De part et d’autre, une telle quête ne débouche pas sur « l’unique nécessaire » : Dieu. Ou, pour le dire différemment, elle n’arrive pas au besoin d’être aimé et d’aimer. Car, dans la profondeur de notre être, Dieu est la source cachée d’où jaillit tout amour.

Jésus n’est pas sur la seule rive des nourritures terrestres. Il est passé sur l’autre rive, celle des nourritures spirituelles. Non qu’il dédaigne la recherche des biens terrestres : ne vient-il pas de rassasier ces affamés ? Mais il est sur une autre rive. Il est une autre rive. Il est un autre pain. Il comble une autre faim. Il assouvit le désir d’aimer et d’être aimé pour toujours, pour l’éternité. Il étire, plus à l’infini que les espaces stellaires, notre aspiration au bonheur éternel. Le prince Salina, l’astronome du magnifique roman de Tomaso Lampedusa, Le Guépard, soupire après l’étoile : «Quand se déciderait-elle à lui donner un rendez-vous moins éphémère, loin des épluchures et du sang, dans le domaine des certitudes éternelles ? » Quand passerons-nous d’un rivage à l’autre ?

Jésus est le soleil de nos jours, la lune de nos nuits. Il est le pain qui nourrit notre faim la plus tenace, celle que nous tentons de tromper par de fugaces satisfactions Pour atteindre l’étoile, pour recevoir le pain chaud qui descend du ciel, pour cueillir la manne de la Parole divine, il n’est besoin que d’une chose : la confiance. (suite…)