Site de Véronique Belen
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Méditations bibliques

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En ce temps-là,
Marie rendit grâce au Seigneur
en disant :
« Mon âme exalte le Seigneur,
exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !
Il s’est penché sur son humble servante ;
désormais tous les âges me diront bienheureuse.
Le Puissant fit pour moi des merveilles ;
Saint est son nom !
Sa miséricorde s’étend d’âge en âge
sur ceux qui le craignent.
Déployant la force de son bras,
il disperse les superbes.
Il renverse les puissants de leurs trônes,
il élève les humbles.
Il comble de biens les affamés,
renvoie les riches les mains vides.
Il relève Israël son serviteur,
il se souvient de son amour
de la promesse faite à nos pères,
en faveur d’Abraham et sa descendance à jamais. »

Marie resta avec Élisabeth environ trois mois,
puis elle s’en retourna chez elle.

Luc 1, 46-56
Textes liturgiques©AELF

Nous méditons aujourd’hui en Eglise le Magnificat qui porte si bien son nom. Dimanche, le Pape François disait aussi à l’angélus : « Dieu brouille les cartes, Il renverse les puissants de leur trône, il élève les humbles ».

Et je me demande si en Eglise, nous comprenons toujours bien ces paroles.
On tient certes de beaux discours sur les pauvres, nos maîtres. De magnifiques discours aussi sur l’humilité de Marie. Et on prononce de très belles homélies sur le lavement de pieds par Jésus au Jeudi saint.
Seulement, qui prononce ces beaux discours ? Qui est autorisé à les prononcer ?
J’observe depuis quelques décennies que les personnes engagées en Eglise sont de plus en plus poussées à se former en théologie. Que les prêtres et les religieux eux-mêmes vont toujours plus loin dans leurs études. Ne finissent-ils pas par former entre eux une petite caste de gens autorisés à parler des choses de Dieu, quand les autres ne le seraient pas, ou plus ?
Quelle confiance avons-nous encore en l’Esprit et dans les paroles mêmes de Jésus « Je te loue, Père (…), de ce que tu as caché cela aux sages et aux intelligents et de l’avoir révélé aux tout-petits ! » (Mt 11,25)
Même sur la blogosphère, pour avoir un peu de crédibilité, il faut pouvoir faire étalage de ses diplômes en théologie, et bien souvent, les blogueurs catholiques les mentionnent dans leur présentation, comme des trophées qui les autoriseraient à s’exprimer sur la foi.
J’observe, et je m’interroge.
Entre les docteurs en théologie et d’autres qui s’octroient d’office « l’effusion de l’Esprit saint » parce qu’ils prient dans le Renouveau charismatique, on est un peu une pauvre chose quand on n’a que l’oraison, comme Brel n’avait « que l’amour ».
Une voix de moindre importance.
Une pensée susceptible « d’erreur théologique ».

Pour ma part, je resterai fidèle à mon seul maître, le Christ Jésus, qui jamais n’ambitionna de devenir scribe ou docteur de la Loi.

https://www.youtube.com/watch?v=GyYB3JqLbdQ&t=5s

Michée 5, 1-4a
Psaume 79
Hébreux 10, 5-10
Luc 1, 39-45

Frères et soeurs, le 8 décembre, solennité de l’Immaculée Conception, l’évangile de la messe nous a fait le récit d’une rencontre qui a eu lieu à Nazareth, dans la maison de Marie. Lors de cette rencontre, l’ange Gabriel, en saluant Marie, lui a aussi révélé sa vocation : « Réjouis-toi ! », lui a-t-il dit. Oui, Marie a été appelée à la joie, à donner la joie. Après cette rencontre, Marie, qui porte en son sein le Verbe, la Parole faite chair, se met aussitôt en route vers la maison d’Élisabeth. L’évangéliste Luc ajoute cette précision : « Avec empressement ». C’est la sollicitude provoquée par la disponibilité de Marie à accomplir la volonté de Dieu, mais provoquée aussi par la joie. Celle qui porte en son sein le Christ, comment pourrait-elle ne pas être joyeuse ? Celui qui a rencontré le Christ ne peut pas retenir sa joie. Et il ne peut pas ne pas la communiquer.

Habituellement, nous considérons la joie comme un événement extraordinaire de la vie, lié à des circonstances heureuses. La joie nous est souvent présentée, surtout par les médias, comme la conséquence d’une forme physique parfaite, de la beauté, de la jeunesse, de la richesse, de vacances de rêve. Et nous en concluons que la joie est une chose rare, réservée à une petite élite; joie éphémère, comme sont éphémères la jeunesse et la beauté. Eh bien, je crois que nous nous trompons. La joie est, me semble-t-il, le sentiment d’une plénitude de sa propre vie, la découverte que la vie est quelque chose de grand et de beau, qui ne dépend pas de situations éphémères.

Pour nous, chrétiens, la joie est enracinée dans notre foi en un Dieu qui est amour. Cette foi nous permet de vivre dans l’intimité de Dieu, qui s’est révélé à nous dans le visage infiniment aimable de Jésus, le fils de Marie. En Jésus, Dieu s’est fait tel qu’on puisse l’aimer, a écrit notre père saint Bernard de Clairvaux. La joie enracinée dans la foi est capable aussi d’endurer la contradiction et la souffrance. Même Marie, appelée à la joie par l’ange, a eu l’âme transpercée par une épée, aux pieds de la croix. La Vierge qui chante sa joie à la Visitation est aussi Notre-Dame des douleurs. (suite…)

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Je lève les yeux vers les montagnes : d’où le secours me viendra-t-il ?
Le secours me viendra du Seigneur qui a fait le ciel et la terre.
Qu’il empêche ton pied de glisser, qu’il ne dorme pas, ton gardien.
Non, il ne dort pas, ne sommeille pas, le gardien d’Israël.
Le Seigneur, ton gardien, le Seigneur, ton ombrage, se tient près de toi.
Le soleil, pendant le jour, ne pourra te frapper, ni la lune, durant la nuit.
Le Seigneur te gardera de tout mal, il gardera ta vie.
Le Seigneur te gardera, au départ et au retour, maintenant, à jamais.

Psaume 120 (121), 1-8

Textes liturgiques©AELF

Je me suis réveillée de très bonne heure ce matin, et déjà rassasiée de sommeil, j’ai préféré me lever. J’avais ce psaume en tête, dans une jolie version chantée par la communauté du Chemin Neuf. Et je pense à cette chance que j’ai de pouvoir lever les yeux vers les montagnes, moyennes chez moi, hautes à l’horizon lointain quand le temps est dégagé et que l’aube nous offre des levers de soleil somptueux.
Alors mon cœur chante ma confiance dans le Seigneur qui veille et qui vient. Dans deux jours, nous allumons la quatrième bougie de l’Avent, celle de l’attente toute confiante.
Cette quatrième bougie de l’Avent est tout un symbole pour moi. C’est celle que vous voyez brûler sur ce site, amis lecteurs. La quatrième bougie de l’Avent n’est jamais aussi consumée que les autres. Quand il faudrait jeter la couronne, elle peut encore donner de la lumière. Alors, quand ce site a été créé début 2012, c’est cette bougie-là que j’ai prise et reprise en photo, jusqu’à obtenir l’effet que je souhaitais. Cette image a beaucoup circulé sur le net depuis, et je n’aime pas vraiment qu’on l’utilise car j’en ai fait mon avatar personnel. Ce n’est pas n’importe quelle bougie, car j’achète toujours ma couronne de l’Avent à des bénévoles qui s’activent au profit de « Terre des hommes ». Elle porte pour moi toute l’espérance que je voudrais donner ici, et brûle d’une flamme de foi qui ne s’éteindra jamais.

Pour écouter « J’ai levé les yeux », un lien : http://www.chantez-online.org/chant.php?ID=2769

P.P. Rubens, Adam und Eva - P. P. Rubens / Adam and Eve - P.P. Rubens, Adam et Eve

Quand Adam eut mangé du fruit de l’arbre,
le Seigneur Dieu l’appela et lui dit :
« Où es-tu donc ? »
L’homme répondit :
« J’ai entendu ta voix dans le jardin,
j’ai pris peur parce que je suis nu,
et je me suis caché. »
Le Seigneur reprit :
« Qui donc t’a dit que tu étais nu ?
Aurais-tu mangé de l’arbre
dont je t’avais interdit de manger ? »
L’homme répondit :
« La femme que tu m’as donnée,
c’est elle qui m’a donné du fruit de l’arbre,
et j’en ai mangé. »
Le Seigneur Dieu dit à la femme :
« Qu’as-tu fait là ? »
La femme répondit :
« Le serpent m’a trompée,
et j’ai mangé. »
Alors le Seigneur Dieu dit au serpent :
« Parce que tu as fait cela,
tu seras maudit parmi tous les animaux
et toutes les bêtes des champs.
Tu ramperas sur le ventre et tu mangeras de la poussière
tous les jours de ta vie.
Je mettrai une hostilité entre toi et la femme,
entre ta descendance et sa descendance :
celle-ci te meurtrira la tête,
et toi, tu lui meurtriras le talon. »
L’homme appela sa femme Ève (c’est-à-dire : la vivante),
parce qu’elle fut la mère de tous les vivants.

Genèse 3, 9-15.20
Textes liturgiques©AELF

J’aime Marie, la femme qui nous a donné Jésus, que j’aime plus que tout au monde.
Je crois en la conception virginale de Jésus, je crois aussi en l’Immaculée Conception de Marie. Oui, elle trouva grâce aux yeux de Dieu. Je peux l’imaginer sans péché.
Ce qui me blesse à chaque fête de l’Immaculée Conception, c’est le choix des textes liturgiques. Et cette manière que les prédicateurs ont alors d’opposer Marie à Eve et Eve à Marie.
Pourquoi tant insister sur leur différence ?
Eve « fut la mère de tous les vivants. »
Marie fut la mère du Vivant.
Point de convergence.
Il faudrait comparer ce qui est comparable. Les deux textes (la première lecture d’aujourd’hui et l’évangile en Luc 1, 26-38 ), sont éloquents.
Eve a un « mari », un homme à côté d’elle. Marie, non, pas à ce moment-là. Elle est seulement promise en fiançailles.
Eve a entendu la parole de Dieu, l’a reçue, l’évoque, montre un désir premier – naturel chez elle – d’y obéir. (suite…)

Le_Massacre_des_innocents_-_Nicolas_Poussin_-_Petit_Palais_-_1626-1627

Ainsi parle le Seigneur, le Dieu saint d’Israël :
Peuple de Sion,
toi qui habites Jérusalem,
tu ne pleureras jamais plus.
À l’appel de ton cri, le Seigneur te fera grâce.
Dès qu’il t’aura entendu, il te répondra.

Isaïe 30, 19
Textes liturgiques©AELF

Depuis très longtemps, quand je lis la Bible et notamment les Psaumes et les Prophètes, surtout Isaïe d’ailleurs, je me dis qu’on se leurre en prenant les prophéties évoquant Jérusalem au pied de la lettre, en les interprétant comme concernant cette ville ou par extension le peuple juif, ou encore, comme le font certains par un raccourci stupéfiant, les chrétiens depuis le premier avènement de Jésus Christ. On m’a dit ceci un jour : « Quand tu lis la Bible, comprends que le peuple d’Israël, ce sont les chrétiens ». Je n’en suis pas encore revenue.

Ce qui me frappe, quant à moi, ce sont toutes les images féminines qu’emploie Dieu quand il parle de son peuple qu’il justifiera et notamment de Jérusalem qui retrouvera paix et prospérité. Dieu parle toujours de Jérusalem au féminin. Nous avons pris l’habitude, nous catholiques, de voir en la « fille de Sion » la Vierge Marie. Mais je pense que par extension, dans toutes les évocations féminines de Jérusalem, Dieu parle à toutes ses filles, à toutes les femmes de toutes les traditions religieuses et de toutes les générations. Car il attend le terme de l’histoire pour les justifier complètement. (suite…)