Site de Véronique Belen
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Méditations bibliques

Moi, Jean, j’ai vu un ciel nouveau et une terre nouvelle, car le premier ciel et la première terre s’en étaient allés et, de mer, il n’y en a plus.
Et la Ville sainte, la Jérusalem nouvelle, je l’ai vue qui descendait du ciel, d’auprès de Dieu, prête pour les noces, comme une épouse parée pour son mari.
Et j’entendis une voix forte qui venait du Trône. Elle disait : « Voici la demeure de Dieu avec les hommes ; il demeurera avec eux, et ils seront ses peuples, et lui-même, Dieu avec eux, sera leur Dieu.
Il essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus, et il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur : ce qui était en premier s’en est allé. »
Alors celui qui siégeait sur le Trône déclara : « Voici que je fais toutes choses nouvelles. »

Apocalypse 21,1-5a
©Evangelizo.org 2001-2016

Je viens de lire une dizaine d’homélies sur les textes d’aujourd’hui et je reste sur ma faim. Ce qui est dit en particulier de cet extrait de l’Apocalypse par la plupart des prédicateurs me laisse pantoise. La Jérusalem nouvelle serait l’Eglise. En être membre serait un aboutissement, avec le devoir, quand même, d’aimer son prochain comme le Christ nous a aimés. Elle serait « l’épouse parée pour son mari », même si, actualité en France oblige, les prédicateurs se sentent obligés de préciser que ceux qui font l’Eglise peuvent aussi être pleins de péché.
Et ainsi, le « ciel nouveau et la terre nouvelle » seraient déjà advenus à la résurrection du Christ.
Moi qui suis toujours très attentive aux homélies, je suis un peu lasse d’entendre ce genre de discours depuis des décennies. Car enfin, il faut lire ce que l’Ecriture contient !
Il essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus, et il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur : ce qui était en premier s’en est allé.
Ce temps est-il déjà advenu ? Non ! D’ailleurs nos églises sont les plus remplies lorsqu’on célèbre des funérailles, dans les larmes, le deuil et la douleur. Et il faut avoir la foi chevillée au corps et au cœur pour ne pas souffrir profondément d’un deuil en étant capable de l’offrir au Seigneur dans l’espérance en la vie éternelle inaugurée par Lui.

Je ne comprends pas ce manque de foi en l’accomplissement total des Ecritures de la plupart des prêtres. Je me dis que cela doit être dû à leur formation au séminaire, où on leur apprend sans doute ce qu’il convient de dire sur chaque texte à commenter en Eglise. Depuis des années, je glane ici et là des homélies, et je finis par y trouver toujours un peu la même chose.
Je me souviens aussi que quand j’ai commencé à lire sérieusement la Bible, il y a une vingtaine d’années, certains ne cessaient de me seriner : « On ne peut pas aborder les Ecritures seul, il faut les lire en Eglise. » Ce que j’ai fait sagement.

Le temps a passé, j’ai beaucoup écouté ce que des personnes bien mieux formées que moi en théologie avaient à dire sur les textes bibliques, et j’en viens à deux conclusions : (suite…)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : Puisque vous me connaissez, vous connaîtrez aussi mon Père. Dès maintenant vous le connaissez, et vous l’avez vu. »
Philippe lui dit : « Seigneur, montre-nous le Père ; cela nous suffit. »
Jésus lui répond : « Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne me connais pas, Philippe ! Celui qui m’a vu a vu le Père. Comment peux-tu dire : “Montre-nous le Père” ?
Tu ne crois donc pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ! Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même ; le Père qui demeure en moi fait ses propres œuvres.
Croyez-moi : je suis dans le Père, et le Père est en moi ; si vous ne me croyez pas, croyez du moins à cause des œuvres elles-mêmes.
Amen, amen, je vous le dis : celui qui croit en moi fera les œuvres que je fais. Il en fera même de plus grandes, parce que je pars vers le Père,
et tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils.
Quand vous me demanderez quelque chose en mon nom, moi, je le ferai. »

Jean 14,7-14
©Evangelizo.org 2001-2016

Jésus,

Tu sais à quel point je crois en ta Parole. Tu sais que je t’aime depuis toujours, et pour toujours. Tu sais que parvenue à la maturité de ma foi, je crois profondément que tu es né de Dieu, que tu es le Fils du Père, que Marie t’a enfanté par grâce spirituelle sans qu’aucun homme ne joue un rôle dans cette conception virginale. Tu sais que je récite le Credo chaque dimanche en toute sincérité, que je médite chaque jour les Ecritures avec respect pour la révélation venue par les Prophètes et par Toi.

Cependant, je voudrais te dire, Jésus, ce que cette page d’évangile m’inspire en tant que fille de Dieu par la grâce du baptême, et tant que sœur de ta divine Personne par la foi.
Je suis souvent triste de ce que les hommes ont fait de la révélation de ta filiation divine et de ces paroles rapportées par l’évangéliste Jean précisément.

Je lis parfois, je lis souvent, « Dieu s’est incarné homme. »
J’ai lu récemment une personne un peu haineuse, pétrie d’orgueil masculin, qui pérorait que Dieu s’étant incarné en homme masculin, il fallait s’incliner en toutes choses devant ce fait.

C’est sur ce point que je voudrais nuancer tes paroles, Jésus, parce que je te connais et te respecte infiniment.
Depuis toujours, tu le sais bien, ils sont portés à l’orgueil parce qu’ils s’identifient à un Dieu tout masculin, ils se croient au sommet de la création parce qu’il leur a été dit qu’ils avaient été créés à votre image – celle du Père et la tienne. (suite…)

En ce temps-là, Jésus avait donné un enseignement dans la synagogue de Capharnaüm. Beaucoup de ses disciples, qui avaient entendu, déclarèrent : « Cette parole est rude ! Qui peut l’entendre ? »
Jésus savait en lui-même que ses disciples récriminaient à son sujet. Il leur dit : « Cela vous scandalise ?
Et quand vous verrez le Fils de l’homme monter là où il était auparavant !…
C’est l’esprit qui fait vivre, la chair n’est capable de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et elles sont vie.
Mais il y en a parmi vous qui ne croient pas. » Jésus savait en effet depuis le commencement quels étaient ceux qui ne croyaient pas, et qui était celui qui le livrerait.
Il ajouta : « Voilà pourquoi je vous ai dit que personne ne peut venir à moi si cela ne lui est pas donné par le Père. »
À partir de ce moment, beaucoup de ses disciples s’en retournèrent et cessèrent de l’accompagner.
Alors Jésus dit aux Douze : « Voulez-vous partir, vous aussi ? »
Simon-Pierre lui répondit : « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle.
Quant à nous, nous croyons, et nous savons que tu es le Saint de Dieu. »

Jean 6,60-69
©Evangelizo.org 2001-2016

Mettons-nous à la place des contemporains de Jésus quand il leur enseigne que sa chair est la vraie nourriture et son sang la vraie boisson (Jean 6, 55). Nous n’aurions très certainement pas imaginé l’Eglise centrée plus tard sur le mystère de l’Eucharistie et nous aurions mis en doute les paroles de cet « illuminé » donnant maintenant dans le cannibalisme ! Qui serait resté à ses côtés après de telles paroles ?

Le début de la première lecture d’aujourd’hui me frappe aussi :

L’Église était en paix dans toute la Judée, la Galilée et la Samarie ; elle se construisait et elle marchait dans la crainte du Seigneur ; réconfortée par l’Esprit Saint, elle se multipliait. (Actes des Apôtres 9,31)

Si on fait encore un parallèle avec notre époque, nous sommes obligés de constater que l’Eglise, de nos jours, est loin d’être en paix. Elle est persécutée de partout par l’extérieur, dans des contrées où il devient dangereux d’être chrétien ou sous nos latitudes où elle subit une persécution « éduquée », pour reprendre l’expression du pape François, et affaiblie de l’intérieur par des contre-témoignages et des scandales à répétition.

Je crois par conséquent que le message que le Christ nous délivrerait aujourd’hui serait l’inverse de celui qu’il a délivré à ses disciples il y a 2000 ans, à savoir, que bientôt sa chair et son sang ne seront plus nourriture et boisson car le temps de l’Eglise terrestre s’achève, et aussi, alors qu’il disait : « Quand vous verrez le Fils de l’homme monter là où il était auparavant, » il nous parlerait plutôt de sa venue dans la Gloire, de sa « descente » de là où il est depuis son Ascension il y a vingt siècles.

« Mais il y en a parmi vous qui ne croient pas. »

Ce n’est pas grave, à la suite de mon Seigneur, moi aussi j’ai l’habitude « que l’on s’en retourne et qu’on cesse de m’accompagner. »

P1040819

En ces jours-là, Saul était toujours animé d’une rage meurtrière contre les disciples du Seigneur. Il alla trouver le grand prêtre
et lui demanda des lettres pour les synagogues de Damas, afin que, s’il trouvait des hommes et des femmes qui suivaient le Chemin du Seigneur, il les amène enchaînés à Jérusalem.
Comme il était en route et approchait de Damas, soudain une lumière venant du ciel l’enveloppa de sa clarté.
Il fut précipité à terre ; il entendit une voix qui lui disait : « Saul, Saul, pourquoi me persécuter ? »
Il demanda : « Qui es-tu, Seigneur ? » La voix répondit : « Je suis Jésus, celui que tu persécutes.
Relève-toi et entre dans la ville : on te dira ce que tu dois faire. »
Ses compagnons de route s’étaient arrêtés, muets de stupeur : ils entendaient la voix, mais ils ne voyaient personne.
Saul se releva de terre et, bien qu’il eût les yeux ouverts, il ne voyait rien. Ils le prirent par la main pour le faire entrer à Damas.
Pendant trois jours, il fut privé de la vue et il resta sans manger ni boire.
Or, il y avait à Damas un disciple nommé Ananie. Dans une vision, le Seigneur lui dit : « Ananie ! » Il répondit : « Me voici, Seigneur. »
Le Seigneur reprit : « Lève-toi, va dans la rue appelée rue Droite, chez Jude : tu demanderas un homme de Tarse nommé Saul. Il est en prière,
et il a eu cette vision : un homme, du nom d’Ananie, entrait et lui imposait les mains pour lui rendre la vue. »
Ananie répondit : « Seigneur, j’ai beaucoup entendu parler de cet homme, et de tout le mal qu’il a fait subir à tes fidèles à Jérusalem.
Il est ici, après avoir reçu de la part des grands prêtres le pouvoir d’enchaîner tous ceux qui invoquent ton nom. »
Mais le Seigneur lui dit : « Va ! Car cet homme est l’instrument que j’ai choisi pour faire parvenir mon nom auprès des nations, des rois et des fils d’Israël.
Et moi, je lui montrerai tout ce qu’il lui faudra souffrir pour mon nom. »
Ananie partit donc et entra dans la maison. Il imposa les mains à Saul, en disant : « Saul, mon frère, celui qui m’a envoyé, c’est le Seigneur, c’est Jésus qui t’est apparu sur le chemin par lequel tu venais. Ainsi, tu vas retrouver la vue, et tu seras rempli d’Esprit Saint. »
Aussitôt tombèrent de ses yeux comme des écailles, et il retrouva la vue. Il se leva, puis il fut baptisé.
Alors il prit de la nourriture et les forces lui revinrent. Il passa quelques jours à Damas avec les disciples et, sans plus attendre, il proclamait Jésus dans les synagogues, affirmant que celui-ci est le Fils de Dieu.

Actes des Apôtres 9,1-20
©Evangelizo.org 2001-2016

Qui aurait parié à cette époque-là que Paul deviendrait le plus grand évangélisateur des premiers temps de l’Eglise ?
Il a fallu une vision à Ananie pour croire que le Seigneur Jésus avait pourtant choisi cet homme-là. Faute de quoi les chrétiens auraient pu continuer à considérer Saul comme un persécuteur et à ne pas prendre sa radicale conversion au sérieux.
Vingt siècles ont passé, et l’Eglise est devenue aujourd’hui une institution pleine de dogmes, de doctrines et d’empilements d’écrits séculaires qui la rendent bien moins souple et fraîche que dans ces enthousiasmants premiers temps du christianisme qui nous émerveillent toujours quand nous lisons les Actes de Apôtres dans le temps pascal. Tristement, ce qui existe pourtant toujours, et même de plus en plus, c’est la persécution des chrétiens, franche et massive comme les médias nous le montrent tous les jours, ou « éduquée », pour reprendre une expression du pape François cette semaine. (suite…)

gamalielteaches

En ces jours-là, comme les Apôtres étaient en train de comparaître devant le Conseil suprême, intervint un pharisien nommé Gamaliel, docteur de la Loi, qui était honoré par tout le peuple. Il ordonna de les faire sortir un instant, puis il dit : « Vous, Israélites, prenez garde à ce que vous allez faire à ces gens-là. Il y a un certain temps, se leva Theudas qui prétendait être quelqu’un, et à qui se rallièrent quatre cents hommes environ ; il a été supprimé, et tous ses partisans ont été mis en déroute et réduits à rien.
Après lui, à l’époque du recensement, se leva Judas le Galiléen qui a entraîné beaucoup de monde derrière lui. Il a péri lui aussi, et tous ses partisans ont été dispersés.
Eh bien, dans la circonstance présente, je vous le dis : ne vous occupez plus de ces gens-là, laissez-les. En effet, si leur résolution ou leur entreprise vient des hommes, elle tombera.
Mais si elle vient de Dieu, vous ne pourrez pas les faire tomber. Ne risquez donc pas de vous trouver en guerre contre Dieu. »

Actes des Apôtres 5,34-39
©Evangelizo.org 2001-2016

On m’a souvent opposé cet extrait des Actes des Apôtres quand je disais ma conviction à propos de tel ou tel faux prophète ou d’une fausse apparition. Il me semble que l’Eglise se base énormément sur l’exemple de Gamaliel dans son discernement. On pourrait penser que c’est là une attitude juste.
Dans le cas présent, les Israélites étaient en présence des témoins du Ressuscité, et il est vrai qu’ils auraient commis une nouvelle lourde faute en les mettant à mort. Gamaliel a donc eu une heureuse inspiration de l’Esprit saint.
De là à s’y référer toujours en matière de discernement, je crois que le procédé est un peu court…
De nos jours, et heureusement, l’Eglise ne met plus à mort les prophètes authentiques ou faux – d’autres bien sûr persécutent les chrétiens, mais là n’est pas mon propos. Mais personnellement, je la trouve d’une mollesse coupable face à certains phénomènes, et je crois que la référence à Gamaliel n’est plus adaptée à notre époque. (suite…)