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Méditations bibliques

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Ainsi parle le Seigneur : Voici l’ordre que j’ai donné à vos pères : « Écoutez ma voix : je serai votre Dieu, et vous, vous serez mon peuple ; vous suivrez tous les chemins que je vous prescris, afin que vous soyez heureux. »
Mais ils n’ont pas écouté, ils n’ont pas prêté l’oreille, ils ont suivi les mauvais penchants de leur cœur endurci ; ils ont tourné leur dos et non leur visage.
Depuis le jour où vos pères sont sortis du pays d’Égypte jusqu’à ce jour, j’ai envoyé vers vous, inlassablement, tous mes serviteurs les prophètes.
Mais ils ne m’ont pas écouté, ils n’ont pas prêté l’oreille, ils ont raidi leur nuque, ils ont été pires que leurs pères.
Tu leur diras toutes ces paroles, et ils ne t’écouteront pas. Tu les appelleras, et ils ne te répondront pas.
Alors, tu leur diras : Voilà bien la nation qui n’a pas écouté la voix du Seigneur son Dieu, et n’a pas accepté de leçon ! La vérité s’est perdue, elle a disparu de leur bouche.

Livre de Jérémie 7,23-28
©Evangelizo.org 2001-2016

Quand je lis des extraits du Livre de Jérémie, je le trouve tellement, tellement actuel ! Jérémie reçoit la Parole de Dieu, et ce sont bien les accents du Père que l’on peut reconnaître dans ses mots. Et nous pourrions prétendre qu’en particulier dans ce chapitre 7, Dieu n’a plus rien à nous dire, que c’est une parole qui appartient au passé, adressée aux Juifs de l’époque, et que nous chrétiens sommes exempts de tout motif d’exaspération de Dieu ?
Je ne le crois pas. J’ai même grande compassion de Jérémie qui était taxé de « prophète de malheur » par tous les faux-prophètes de son temps.
Je trouve ces versets très actuels car ils pourraient bien s’appliquer à une frange de l’Eglise.
Remontons un peu plus haut : « Ils font des gâteaux pour la Reine du ciel. » (7, 18)  Il s’agit ici d’une déesse de Mésopotamie. Soit. (suite…)

P1010408

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Ne pensez pas que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes : je ne suis pas venu abolir, mais accomplir.
Amen, je vous le dis : Avant que le ciel et la terre disparaissent, pas un seul iota, pas un seul trait ne disparaîtra de la Loi jusqu’à ce que tout se réalise.
Donc, celui qui rejettera un seul de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire ainsi, sera déclaré le plus petit dans le royaume des Cieux. Mais celui qui les observera et les enseignera, celui-là sera déclaré grand dans le royaume des Cieux. »

Matthieu 5,17-19
©Evangelizo.org 2001-2016

Jésus nous dit ces paroles juste avant d’énoncer les commandements les plus exigeants nous venant du Père par son intermédiaire ( Matthieu 5, 21-48 ). Autant dire que la voie pour nous chrétiens n’est pas forcément plus facile que celle des juifs soumis à 613 commandements contraignants. Vingt siècles après Jésus Christ, nous pouvons constater qu’il disait vrai : la Loi et les Prophètes n’ont pas été abolis puisque de nombreux juifs en vivent encore aujourd’hui, et ceux-ci méritent tout notre respect.
Pourrions-nous prétendre, de notre côté, abolir les commandements de Jésus dans le chapitre 5 de l’évangile de Matthieu ? Pas plus. La Parole du Christ est vérité et vie. Elle est d’une redoutable exigence, et il conviendrait de ne pas la noyer dans des débordements de mièvrerie. On a si vite fait de mettre de côté les pages d’évangile qui nous dérangent !
Nous ne pouvons pas abolir les paroles de Jésus, nous avons à les accomplir par notre vie. Mais pas sans son aide ! Pas sans le secours de la prière, pas sans l’onction de l’Esprit saint !
Nous pouvons toujours entrer en dialogue avec le Seigneur, plutôt que de le contester derrière son dos.
Alors à relire ce chapitre 5 de Matthieu, j’ai envie de lui dire : (suite…)

Exode 3, 1-8a. 10. 13-15
Psaume 102
1 Corinthiens 10, 1-6.10-12
Luc 13, 1-9 :
Un jour, des gens rapportèrent à Jésus l’affaire des Galiléens que Pilate avait fait massacrer, mêlant leur sang à celui des sacrifices qu’ils offraient.
Jésus leur répondit : « Pensez-vous que ces Galiléens étaient de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens, pour avoir subi un tel sort ?
Eh bien, je vous dis : pas du tout ! Mais si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même.
Et ces dix-huit personnes tuées par la chute de la tour de Siloé, pensez-vous qu’elles étaient plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem ?
Eh bien, je vous dis : pas du tout ! Mais si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même. »
Jésus disait encore cette parabole : « Quelqu’un avait un figuier planté dans sa vigne. Il vint chercher du fruit sur ce figuier, et n’en trouva pas.
Il dit alors à son vigneron : “Voilà trois ans que je viens chercher du fruit sur ce figuier, et je n’en trouve pas. Coupe-le. À quoi bon le laisser épuiser le sol ?”
Mais le vigneron lui répondit : “Maître, laisse-le encore cette année, le temps que je bêche autour pour y mettre du fumier.
Peut-être donnera-t-il du fruit à l’avenir. Sinon, tu le couperas.” »


©Evangelizo.org 2001-2016

La deuxième partie de cet évangile est magnifique, elle me touche dans ma vie personnelle, d’ailleurs je l’avais déjà commentée ici :

https://www.histoiredunefoi.fr/partages/5958-quelquun-avait-un-figuier-plante-dans-sa-vigne-luc-13-6

Par contre, j’ai constaté en écoutant ou lisant des homélies depuis hier que le commentaire de Jésus sur les différents drames survenus en son temps mettait les prédicateurs mal à l’aise, parce que ce ne sont vraiment pas des paroles mièvres de Jésus. « Mais si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même. »
Au lieu de chercher à contourner la phrase de mille et unes façons, tenons-nous la pour dite !
Nous avons tendance à interpréter ces textes en nous mettant au centre : la vigne, c’est l’Eglise, le figuier, c’est moi, le vigneron, c’est le Christ. Interprétation certainement juste, mais je voudrais souligner un point : le maître de la vigne – Dieu – ne trouve pas de fruit sur le figuier pendant trois ans, alors le vigneron lui demande un petit délai supplémentaire, et c’est ainsi en effet que le Christ agit avec nous : dans nos errements spirituels et existentiels, il est avec nous d’une infinie patience. Il nous laisse des délais et encore des délais…
Mais je voudrais dire aujourd’hui, au risque d’en choquer certains, que le temps de l’Eglise terrestre n’est pas éternel ! Et d’ailleurs Paul le souligne en 1 Corinthiens 10, 11 : Ce qui leur est arrivé devait servir d’exemple, et l’Écriture l’a raconté pour nous avertir, nous qui nous trouvons à la fin des temps. (suite…)

P1020117

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui, alors il siégera sur son trône de gloire.
Toutes les nations seront rassemblées devant lui ; il séparera les hommes les uns des autres, comme le berger sépare les brebis des boucs :
il placera les brebis à sa droite, et les boucs à gauche.
Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite : “Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la fondation du monde.
Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ;
j’étais nu, et vous m’avez habillé ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi !”
Alors les justes lui répondront : “Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu… ? tu avais donc faim, et nous t’avons nourri ? tu avais soif, et nous t’avons donné à boire ?
tu étais un étranger, et nous t’avons accueilli ? tu étais nu, et nous t’avons habillé ?
tu étais malade ou en prison… Quand sommes-nous venus jusqu’à toi ?”
Et le Roi leur répondra : “Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait.”
Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche : “Allez-vous-en loin de moi, vous les maudits, dans le feu éternel préparé pour le diable et ses anges.
Car j’avais faim, et vous ne m’avez pas donné à manger ; j’avais soif, et vous ne m’avez pas donné à boire ;
j’étais un étranger, et vous ne m’avez pas accueilli ; j’étais nu, et vous ne m’avez pas habillé ; j’étais malade et en prison, et vous ne m’avez pas visité.”
Alors ils répondront, eux aussi : “Seigneur, quand t’avons-nous vu avoir faim, avoir soif, être nu, étranger, malade ou en prison, sans nous mettre à ton service ?”
Il leur répondra : “Amen, je vous le dis : chaque fois que vous ne l’avez pas fait à l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous ne l’avez pas fait.”
Et ils s’en iront, ceux-ci au châtiment éternel, et les justes, à la vie éternelle. »

Matthieu 25, 31-46
©Evangelizo.org 2001-2016

Comme j’aime cet extrait d’évangile ! Comme je le préfère à toutes les images mièvres du Christ !
En cette vie, nous pouvons rencontrer Jésus plein de miséricorde, prêt à nous pardonner les péchés que nous nous reconnaissons, et cette année jubilaire est d’ailleurs le moment idéal pour le faire. Mais pourquoi évacuer obstinément, surtout dans la théologie et la croyance populaire contemporaines, l’échéance du retour du Christ en Gloire pour le jugement des vivants et des morts ? N’est-ce pas parce que nous redoutons ce jugement que nous en dénions ainsi l’incontournable réalité ?
Je sais bien que deux ou trois générations avant la présente, les curés prêchaient plus sur l’enfer que sur l’amour de Dieu, et que certains catholiques ont de ce fait été dégoûtés de cette approche-là de leur religion. Mais je crois que nous sommes tombés aujourd’hui dans l’extrême inverse. Jésus serait cette porte largement ouverte par laquelle tout un chacun accèderait dès sa mort au Royaume promis. Pécheurs voire criminels et leurs victimes, tous accueillis à bras ouverts et se mettant à danser ensemble en paradis… Cette vision-là est à mon avis tout aussi erronée que la terreur de ma grand-mère qui fut menacée de l’enfer par son curé parce qu’une fois dans sa jeunesse, elle était allée au bal du 14 juillet… (suite…)

Femme opprimée

Les Égyptiens nous ont maltraités, et réduits à la pauvreté ;
ils nous ont imposé un dur esclavage.
Nous avons crié vers le Seigneur, le Dieu de nos pères.
Il a entendu notre voix,
il a vu que nous étions dans la misère, la peine et l’oppression.
Le Seigneur nous a fait sortir d’Égypte
à main forte et à bras étendu,
par des actions terrifiantes, des signes et des prodiges.
Il nous a conduits dans ce lieu et nous a donné ce pays,
un pays ruisselant de lait et de miel.

Deutéronome 26, 6-9
Textes liturgiques©AELF

J’aime bien, quand je médite l’Ecriture, l’actualiser à notre époque. Je sais que les biblistes font exactement l’inverse : décrypter l’historicité du texte. Je ne suis pas bibliste, mais je suis éprise de la Parole de Dieu, et cela me laisse bien le droit de l’interpréter aussi selon les signes des temps.
Depuis longtemps, je ne peux m’empêcher, en lisant les textes qui parlent de l’esclavage des Hébreux en Egypte, de les mettre en parallèle avec la vie des femmes de tous les temps. Essayez de lire cet extrait en mettant « les hommes » à la place des Egyptiens et d’entendre « les femmes » derrière le nous.
Bien sûr, on va m’objecter que cela n’a aucune réalité dans le monde occidental. J’y reviendrai. Pensons par contre à nos sœurs de tous les pays qui connaissent la misère économique et l’oppression de certaines religions. Qui est là-bas en position d’esclave d’un père, d’un frère, d’un mari, d’un beau-père ? Qui souffre et ploie sous la charge des travaux domestiques, le devoir d’obéissance, la restriction d’accès à l’éducation et à la culture ? Qui cultive la terre pendant que l’homme palabre, qui s’adonne à la corvée de la recherche de l’eau, qui endure la chaleur du jour avec un enfant dans le ventre ou sur le dos ? Et je ne parle même pas des esclaves sexuelles détournées de leurs villages dans leur jeunesse pour être livrées à leurs prédateurs, quand elles ne sont pas mariées de force, ce qui revient un peu au même… (suite…)