Site de Véronique Belen
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Méditations bibliques

En ce temps-là – oracle du Seigneur –,  je serai le Dieu de toutes les familles d’Israël, et elles seront mon peuple.
Ainsi parle le Seigneur : Il a trouvé grâce dans le désert, le peuple qui a échappé au massacre ; Israël est en route vers Celui qui le fait reposer.
Depuis les lointains, le Seigneur m’est apparu : Je t’aime d’un amour éternel, aussi je te garde ma fidélité.
De nouveau je te bâtirai, et tu seras rebâtie, vierge d’Israël. De nouveau tu prendras tes tambourins de fête pour te mêler aux danses joyeuses.
De nouveau tu planteras des vignes dans les montagnes de Samarie, et ceux qui les planteront en goûteront le premier fruit.
Un jour viendra où les veilleurs crieront dans la montagne d’Éphraïm : « Debout, montons à Sion, vers le Seigneur notre Dieu ! »
Car ainsi parle le Seigneur : Poussez des cris de joie pour Jacob, acclamez la première des nations ! Faites résonner vos louanges et criez tous : « Seigneur, sauve ton peuple, le reste d’Israël ! »

Jérémie 31,1-7
©Evangelizo.org 2001-2016

Il y a toujours plusieurs niveaux de lecture dans les textes bibliques. Si on s’arrête à l’époque à laquelle Jérémie a prophétisé, bien sûr, on dira que ce texte s’adresse au peuple d’Israël. Et certains espèrent encore le plein rétablissement dans leurs terres historiques.
Mais une prophétie est aussi intemporelle, et venant de Dieu, elle concerne chacun d’entre nous et tout le peuple de ceux qui croient en Lui. Ainsi, ces lignes magnifiques de Jérémie peuvent-elles nous parler à l’intime de nos cœurs dans les temps troublés que nous vivons actuellement.
« Je t’aime d’un amour éternel » : que peut-on dire de plus beau à la personne aimée ? A vue humaine, c’est presque impossible. Avoir été aimé dès avant sa conception et par-delà sa mort ! Seule une mère, peut-être, pourrait avoir de tels mots pour son enfant, et c’est ainsi, Dieu nous aime avec ses entrailles de miséricorde qui sont comme maternelles.
On entend ici et là ces temps-ci que Dieu nous a comme abandonnés, devant ce déferlement de violence qui semble ne plus pouvoir prendre fin. Appuyons-nous dans la foi sur Jérémie qui est sans doute, de tous les prophètes, celui qui a le plus souffert. Goûtons ses mots comme la délivrance qui nous attend : « Debout, montons à Sion, vers le Seigneur notre Dieu ! »
Car je n’en doute pas un seul instant : le Seigneur est tout près de se manifester dans son éblouissante Gloire, de faire advenir pour nous le Royaume promis depuis des millénaires. Pour sauver non seulement les peuples qui auront cru en Lui, mais encore tous ceux qui, cette fois convaincus de sa majesté, accepteront de se prosterner devant lui et de le reconnaître comme leur seul Roi.

Qohélet 1, 2 ; 2, 21-23
Psaume 89
Colossiens 3, 1-5.9-11
Luc 12, 13-21

Il y a des gens ou des catégories de gens dont on dit qu’ils ne répondent jamais que par une autre question chaque fois qu’on les interroge ou qu’on les sollicite. C’est un peu ce que fait Jésus en disant à celui qui lui demande d’intervenir : « Homme, qui donc m’a établi pour être votre juge ou l’arbitre de vos partages ? » Le texte ne nous dit pas si ces mots étaient prononcés avec un petit sourire ou un sourcil froncé, à nous de comprendre. Pour ma part, je penche pour l’humour, mais je ne vous demande pas de me croire sur parole, je vous recommanderais plutôt d’aller voir les choses par vous-mêmes pour vérifier si vous êtes d’accord avec moi. À ce propos, je fais un petit aparté sur les Évangiles. Même si beaucoup de nos contemporains ont envie de les imaginer ainsi, ils ne sont pas une réserve de recommandations toutes faites, des recettes qu’il suffirait d’appliquer pour construire des forteresses de vertu. Ils sont plutôt l’occasion d’une rencontre, une rencontre qui vaut le coup, ça je peux vous le garantir et pour le coup vous pouvez me croire sur parole. Or, il y a dans la tradition dont nous, moines de Tamié, avons hérité une recommandation très féconde dont je vous livre un petit quelque chose. En lisant, nos pères nous proposent de nous rendre présents aux scènes d’évangile, de nous assoir dans un coin de cette scène, d’écouter parler les gens, de les regarder faire, de vivre l’événement avec eux et de laisser l’Esprit nous souffler au cœur ce qu’il a à nous dire. Parce qu’encore une fois l’Évangile n’est pas un recueil de consignes mais le rendez-vous avec un vivant à qui nous pouvons parler comme à un ami. Il faut goûter sa présence et savourer ce moment-là. Mais pour en revenir à notre texte, si je penche pour l’humour, je suis certain que c’est un humour pédagogique. Jésus n’est pas venu pour distraire la galerie mais pour nous conduire à l’essentiel. Il est là, au cœur de ce qui fait le drame de notre convoitise et de notre obstination dans la bêtise. Car, aujourd’hui ce qu’on vient déposer sur la table est lourd. Il est question de deux frères sérieusement divisés par un héritage. Ce n’est malheureusement pas très original. Nous connaissons tous ces situations de querelles féroces autour des biens légués par quelqu’un et il a pu nous arriver de nous retrouver pris dans ces relations dévorantes qui viennent détruire jusqu’aux liens les plus richement humanisants : ceux de la fratrie, ceux de l’amour conjugal, voire même les liens entre parents et enfants. (suite…)

En ce temps-là, laissant les foules, Jésus vint à la maison. Ses disciples s’approchèrent et lui dirent : « Explique-nous clairement la parabole de l’ivraie dans le champ. »
Il leur répondit : « Celui qui sème le bon grain, c’est le Fils de l’homme ;
le champ, c’est le monde ; le bon grain, ce sont les fils du Royaume ; l’ivraie, ce sont les fils du Mauvais.
L’ennemi qui l’a semée, c’est le diable ; la moisson, c’est la fin du monde ; les moissonneurs, ce sont les anges.
De même que l’on enlève l’ivraie pour la jeter au feu, ainsi en sera-t-il à la fin du monde.
Le Fils de l’homme enverra ses anges, et ils enlèveront de son Royaume toutes les causes de chute et ceux qui font le mal ;
ils les jetteront dans la fournaise : là, il y aura des pleurs et des grincements de dents.
Alors les justes resplendiront comme le soleil dans le royaume de leur Père. Celui qui a des oreilles, qu’il entende ! »

Matthieu 13,36-43
©Evangelizo.org 2001-2016

Des paroles de Jésus qui résonnent de façon anachronique pendant ce Jubilé de la Miséricorde. Et pourtant, il les a prononcées, on ne peut pas arracher cette page de l’Evangile parce qu’elle nous déplairait.
Nos grands-mères craignaient un Dieu implacable qui avait pouvoir d’envoyer en enfer. Nous sommes passés de nos jours à un Dieu un peu sucré en qui tout est pardonné d’avance, et qui nous attend tous dans son paradis, quels que soient nos actes, notre foi  et notre vie.
Je force un peu le trait, mais c’est presque ça. Je sais, sainte Faustine est passée par là avec ses enseignements sur la grande miséricorde du Seigneur. Je voudrais cependant souligner qu’il y a un décalage permanent dans l’Eglise : on méprise les mystiques de leur vivant, on marginalise leurs écrits pendant des décennies, puis soudain, on les canonise, et leurs apports théologiques deviennent alors presque parole d’évangile.
Remettons les choses dans leur contexte : sainte Faustine s’est éteinte en 1938… soit à l’époque où on terrorisait en chaire nos aïeux avec l’enfer. C’était peut-être alors le moment, justement, d’adoucir les prédications. Nous voici presque un siècle plus tard, et on ne parle plus que de miséricorde, à une époque où le monde de tradition chrétienne s’enfonce dans l’apostasie et l’indifférence à l’Evangile. A ces peuples malmenant souvent le prochain dans l’anonymat des grandes cités, plongés dans une logique consumériste et ne croyant plus que Jésus soit le Fils du Père et que sa parole soit Vérité, on prêche le pardon de toute faute et la vie éternelle à moindre frais. (suite…)

Genèse 18, 20-32
Psaume 137
Colossiens 2, 12-14
Luc 11, 1-13

D’Abraham qui négocie avec le Seigneur le salut des gens de Sodome aux disciples de Jésus qui l’observent en prière et lui demandent de leur apprendre à prier, nous avons dans les lectures de ce dimanche des modèles de prière donnés par le père de tous les croyants et le Fils de Dieu lui-même. Bienheureux sommes-nous de pouvoir nous en inspirer ! Ainsi, nous découvrons dans les Ecritures que Dieu se laisse infléchir par la prière d’un homme, Abraham, que Dieu change ses projets en raison de l’intercession d’un priant ! J’aime cette image. Le Premier Testament n’est pas aboli par le Nouveau, et personnellement, je crois profondément en la prière d’intercession. Les grandes et vastes intentions récurrentes de la prière universelle à la messe du dimanche me laissent parfois dubitative. Par contre, j’aime beaucoup prendre à cœur une intention particulière glanée dans mon entourage proche ou « virtuel » et la présenter, longtemps et sans relâche, au Seigneur, pendant la Consécration à la messe ou au creux de l’oraison, quand Il est là, tout près, et tout disposé à recevoir mon humble requête. Et quelle joie quand, parfois longtemps après et quand le souvenir de cette ardente prière se dissipe déjà, je constate, étonnée, un exaucement !

Quelque chose me tient à cœur. Je trouve que dans l’Eglise catholique, on ne prie pas assez Jésus. Pourtant, s’il nous a donné le Notre Père, il nous a affirmé aussi que tout ce que nous demanderions en son nom, il nous l’accorderait (Jean 14, 13-14). Or j’observe que dans le chapelet qu’on recommande toujours aux catholiques, il y a dix « Je vous salue Marie » pour un « Notre Père »… et rien en direction de Jésus le Christ. Il est pourtant l’intercesseur par excellence, et nous pouvons être tout à fait sûrs que tout ce qui monte vers Lui aboutit renforcé dans le cœur du Père. Le Père veut que nous aimions son Fils, et s’il nous a donnés à Lui, c’est pour que nous trouvions par Lui le plus sûr chemin vers Le Créateur des origines.

Alors bien sûr, Jésus était doux et humble de cœur, et il n’aurait pas recommandé à ses disciples de le prier lui en priorité. Il est descendu du Ciel pour tourner nos regards et nos âmes vers son Père.
Mais moi j’ai une confiance éperdue en Jésus notre Seigneur, et ma forme de prière n’est pas forcément la louange que l’on réserve souvent au Roi des rois. Je connais ces chants de louange, ils sont beaux, mais je trouve qu’ils frisent parfois la flatterie. Est-ce vraiment ce que Jésus attend de nous, qu’on le flatte ? Je ne le crois pas. Mais que l’on intercède, par lui, pour nos frères et sœurs en humanité, là je dis oui ! Qu’on lui demande encore et encore l’Esprit Saint « qui procède du Père et du Fils », trois fois oui !

Alors je propose à nouveau cette prière à Jésus qui m’a été inspirée en 1999. Personnellement, je dis peu le chapelet, mais j’aime beaucoup, hors l’oraison silencieuse, enchaîner indéfiniment un « Je vous salue Marie », un « Jésus notre Sauveur » et un « Notre Père ». Je puis affirmer que j’y trouve du fruit et la paix du cœur.

Jésus, notre Sauveur et notre frère,
Notre force et notre lumière,
Donne-nous par ta vie, ta mort et ta résurrection,
De sentir le monde à ta façon.
Que l’Esprit Saint reçu au baptême
Anime nos yeux, nos oreilles, notre bouche et nos mains.
Sois notre humilité et notre charité
Par le salut que tu veux nous donner,
Habite en nous par ta Parole de Vie,
Sois notre joie et notre espérance,
Augmente en nous la foi et la confiance,
Et donne mission à nous tous, fils et filles,
De former avec toi une unique famille
En Dieu, éternel Amour, notre Père.

https://www.histoiredunefoi.fr/prieres/47-jesus-notre-sauveur

Jésus guérit un lépreux

En ce temps-là, Jésus prit la parole et dit : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits.
Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bienveillance.
Tout m’a été remis par mon Père ; personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler. »

Matthieu 11,25-27
©Evangelizo.org 2001-2016

Depuis que je tiens ce blog, et même avant, j’ai pu constater que ceux qui cherchaient Dieu de manière intellectuelle, philosophique, rationnelle, souvent, ne le trouvaient pas. Ils nous mitraillent de questions et ne veulent pas forcément entendre les réponses si elles ne sont pas argumentées. Ar-gu-men-ter ! C’est bien la tentation omniprésente de notre époque. Trouver une explication à tout. Raisonner. Démontrer.
Souvent, face à de tels esprits, je me sens bêtement désarmée et incompétente.
Je n’ai jamais eu l’esprit scientifique, alors démontrer ma foi !
C’est d’ailleurs un non-sens.
Méditons plutôt cette page d’évangile. Tout y est dit !
Dans la quête de Dieu, il n’y a pas une personne qui raisonne et réfléchit et rien en face. La foi, c’est une question de relation. C’est accomplir un saut à un moment donné, sortir de la défiance pour entrer dans la confiance. Pas d’abord la confiance en soi, non, la confiance en l’Autre : en Dieu lui-même. Tenter comme un pari fou : « Je veux essayer de croire en toi. » Tenter la prière, même quand on ne peut pas savoir si elle aboutit ni où elle aboutit. Se dépouiller de soi pour aller à la rencontre du Tout Autre. Demander plutôt « Qui es-tu ? » que « Existes-tu ? »

Nous avons, dans cette quête, un merveilleux médiateur : le Fils. Une des trois Personnes de la Trinité, incarnée dans notre chair. Qui, mieux que lui, peut comprendre nos doutes et nos interrogations ? Il a vécu l’humanité, il sait très bien de quelle pâte nous somme faits.

Mais notre quête requiert aussi une part d’humilité : accepter que ce soit Lui, et non notre volonté propre, qui nous révèle le Père. Le temps de Dieu n’est pas le temps des hommes. Dieu peut être plus exigeant avec une âme qu’avec une autre, la laisser longtemps dans le doute, et puis vient le moment favorable, quand le Fils en aura décidé ainsi : il nous révèle alors le Père. Bienheureux sommes-nous si nous étions en état de veille, à attendre l’étincelle propre à illuminer notre âme !