Site de Véronique Belen
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Méditations bibliques

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Au sixième mois d’Élisabeth,
l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu
dans une ville de Galilée, appelée Nazareth,
à une jeune fille vierge,
accordée en mariage à un homme de la maison de David,
appelé Joseph ;
et le nom de la jeune fille était Marie.
L’ange entra chez elle et dit :
« Je te salue, Comblée-de-grâce,
le Seigneur est avec toi. »
À cette parole, elle fut toute bouleversée,
et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation.
L’ange lui dit alors :
« Sois sans crainte, Marie,
car tu as trouvé grâce auprès de Dieu.
Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ;
tu lui donneras le nom de Jésus.
Il sera grand,
il sera appelé Fils du Très-Haut ;
le Seigneur Dieu
lui donnera le trône de David son père ;
il régnera pour toujours sur la maison de Jacob,
et son règne n’aura pas de fin. »
Marie dit à l’ange :
« Comment cela va-t-il se faire,
puisque je ne connais pas d’homme ? »
L’ange lui répondit :
« L’Esprit Saint viendra sur toi,
et la puissance du Très-Haut
te prendra sous son ombre ;
c’est pourquoi celui qui va naître sera saint,
il sera appelé Fils de Dieu.
Or voici que, dans sa vieillesse, Élisabeth, ta parente,
a conçu, elle aussi, un fils
et en est à son sixième mois,
alors qu’on l’appelait la femme stérile.
Car rien n’est impossible à Dieu. »
Marie dit alors :
« Voici la servante du Seigneur ;
que tout m’advienne selon ta parole. »

Alors l’ange la quitta.

Luc 1, 26-38

Magnifique page d’évangile que l’on croit connaître par cœur mais dans laquelle il y a toujours des trésors à découvrir, tout comme Marie est en train de découvrir la grâce qui enveloppe sa vie.
À cette parole, elle fut toute bouleversée,
et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation.

Marie s’ignore encore Immaculée Conception ! Elle accueille avec humilité la salutation de l’ange, avec étonnement, avec sans doute un peu de crainte que l’ange se hâte de dissiper.
Marie connaît bien la tradition juive dans laquelle elle a été élevée. Elle sait que les naissances miraculeuses que Dieu a accordées à Sarah mère d’Isaac, à Anne mère de Samuel l’étaient à des femmes mariées, rendues fécondes après une longue stérilité. Aussi sa réaction naturelle de jeune fille vierge à peine accordée en fiançailles :
« Comment cela va-t-il se faire,
puisque je ne connais pas d’homme ? »
(suite…)

Isaïe 61, 1-2a. 10-11
Magnificat (Luc 1, 46-48, 49-50, 53-54)
1 Thessaloniciens 5, 16-24
Jean 1, 6-8. 19-28

La liturgie de ce dimanche est parcourue par un fil d’or : celui de la joie. Un fil ténu, mais qui éclaire d’un discret éclat la nuit de notre vie. La joie ne provient pas d’abord du pouvoir d’achat. Elle ne se rencontre guère dans les pays parvenus à un haut niveau de vie et parmi les populations aisées. Ce serait même l’inverse : des pauvres rayonnent de joie alors que beaucoup d’autres, richement comblés, ne la trouvent pas. Qu’est-elle donc ? Laissons Isaïe, Jean-Baptiste, Paul et la Vierge Marie nous l’apprendre.

Selon l’opinion courante, la joie serait le sentiment d’être rassasié, d’être en possession de ce que l’on convoitait Dès qu’on peut se procurer et jouir de ce que l’on souhaite, on ressent du plaisir. Mais, nous l’avons déjà tous remarqué, ce plaisir est éphémère et nous laisse foncièrement insatisfait. Là ne réside pas la joie.

La joie véritable vient de la rencontre de l’Autre, des autres. Elle pétille nous dit Isaïe lorsque cet Autre « m’a enveloppé du manteau de l’innocence, il m’a fait revêtir les vêtements du salut, comme un jeune époux se pare du diadème, comme une mariée met ses bijoux » (1ère lecture). Elle éclate en chant et en danse dans le Magnificat de Marie : « Mon âme exalte le Seigneur, mon esprit exulte en Dieu mon Sauveur. Il s’est penché sur son humble servante ! » Elle est le fruit de la rencontre de Dieu dans la prière, ajoute saint Paul : « Frères, soyez toujours dans la joie, priez sans relâche, rendez grâce en toute circonstance : c’est ce que Dieu attend de vous dans le Christ Jésus » (2e lecture).

Jean-Baptiste, lui, est le prophète qui se tient en marge du système de consommation. Il puise sa joie ailleurs que dans ce qui nous complique souvent l’existence. Il se présente comme une simple voix qui crie dans le désert. qui l’habite. Comme la voix de grands artistes. Ils ne s’écoutent pas. Ils ne semblent pas nous dire : « Ecoutez comme je chante bien ». Ils sont tout au service du texte et de la musique. Ils ne sont que prière. C’est ainsi que Jean prête sa voix à Dieu, et sa voix dit la joie: Dieu vient visiter son peuple ! Jean est à la plénitude d’une vie totalement libre et totalement habitée par le Sauveur ! Fierté immense de Jean ! Il annonce le Christ dont la joie est d’être l’envoyé du Père, d’être le Fils. (suite…)

2 Pierre 3, 8-14,

8 Bien-aimés, il y a une seule chose que vous ne devez pas oublier : pour le Seigneur, un seul jour est comme mille ans, et mille ans sont comme un seul jour.
9 Le Seigneur ne tarde pas à tenir sa promesse, alors que certains prétendent qu’il a du retard. Au contraire, il prend patience envers vous, car il ne veut pas en laisser quelques-uns se perdre, mais il veut que tous parviennent à la conversion.
10 Cependant le jour du Seigneur viendra, comme un voleur. Alors les cieux disparaîtront dans un bruit strident, les éléments embrasés seront dissous, la terre, avec tout ce qu’on a fait ici-bas, ne pourra y échapper.
11 Ainsi, puisque tout cela est en voie de dissolution, vous voyez quels hommes vous devez être, en vivant dans la sainteté et la piété,
12 vous qui attendez, vous qui hâtez l’avènement du jour de Dieu, ce jour où les cieux enflammés seront dissous, où les éléments embrasés seront en fusion.
13 Car ce que nous attendons, selon la promesse du Seigneur, c’est un ciel nouveau et une terre nouvelle où résidera la justice.
14 C’est pourquoi, bien-aimés, en attendant cela, faites tout pour qu’on vous trouve sans tache ni défaut, dans la paix.

A propos de ce texte
Cette lettre attribuée à Pierre daterait des années 80 après la destruction de Jérusalem par les Romains. Cette lettre s’adresserait déjà à la seconde génération de chrétiens, à une communauté composée de judaïsants qui ont fui au moment de la destruction.
Les premiers chrétiens sont dans une tension : il y a le souvenir tout proche de Jésus et son retour qui est annoncé proche. La première génération de chrétiens est morte dans l’attente de ce retour qui n’a pas encore eu lieu. D’où la question : quelle attitude adopter concernant le retour de Jésus ressuscité dans la gloire ? Patience ou impatience ? Confiance ou méfiance ? Voilà l’objet de cette étape de notre méditation.
Les premières générations de chrétiens ont d’abord attendu ce retour de Jésus comme imminent. La seconde génération doit apprendre, dit André Sève dans « Saisis par le Christ », à vivre entre deux flous : les souvenirs du Jésus de l’Evangile s’estompant et le retour triomphant du Ressuscité semble de plus en plus problématique ».
Et voilà que non seulement ce jour n’arrive pas mais au contraire il s’est transformé en catastrophe.
On comprend la déception des chrétiens : l’attente de la venue du Seigneur fut tout autre que celle tant attendue. Le risque du découragement est grand et il est important de mettre la communauté en garde. Plusieurs profitant de ces événements pour décourager les croyants jettent la communauté dans le désarroi. (suite…)

Isaïe 63, 16b-17. 19b; 64, 2b-7
Corinthiens 1, 3-9
Marc 13, 33-37

Avec ce dimanche nous entrons dans le temps de l’Avent. C’est un temps fort de l’année liturgique qui nous prépare à la grande fête de la Nativité du Seigneur Jésus, dans l’attente de son glorieux retour à la fin des temps, de l’Histoire.

Ce temps de l’Avent est une invitation à une pause, une pause silencieuse pour discerner et accueillir la Présence du Seigneur Jésus.

La certitude de sa Présence nous aide à changer notre regard sur le monde, sur l’Église, sur nous-mêmes et sur les autres.

Cette Présence nous aide à considérer notre existence comme une visite, une visite de Dieu, de Dieu qui se fait proche de nous, pour rester à nos côtés dans chaque situation. N’est-il pas L’Emmanuel, Dieu-avec-nous ?

Nous faisons tous l’expérience dans notre quotidien, d’avoir peu de temps pour le Seigneur et avouons-le, peu de temps également pour nous-mêmes et pour les autres. On finit pour être absorbé par ce qu’il faut faire, l’activité s’empare de nous et nous n’avons plus le temps…

Ce temps de l’Avent nous pouvons l’envisager comme « une halte spirituelle » qui nous invite à nous arrêter, à prendre du temps, un peu de temps pour accueillir une Présence, pour découvrir que le Seigneur est là et s’émerveiller que lui, il prend le temps pour être à nos côtés, nous faire signe à travers les événements de la journée.

Peut-être pourrions-nous pendant ce temps de l’Avent tenir une sorte de « journal intérieur » (Benoît XVI) pour y marquer tous les signes de l’Amour de Dieu dans notre humble quotidien. (suite…)

P1080868

Moi, Jean, un ange me montra l’eau de la vie : un fleuve resplendissant comme du cristal, qui jaillit du trône de Dieu et de l’Agneau. Au milieu de la place de la ville, entre les deux bras du fleuve, il y a un arbre de vie qui donne son fruit douze fois : chaque mois il produit son fruit ; et les feuilles de cet arbre sont un remède pour les nations païennes. Il n’y aura plus aucune malédiction. Le trône de Dieu et de l’Agneau sera dans la ville, et les serviteurs de Dieu lui rendront un culte ; ils verront son visage, et son nom sera écrit sur leur front. La nuit n’existera plus, ils n’auront plus besoin de la lumière d’une lampe ni de la lumière du soleil, parce que le Seigneur Dieu les illuminera, et ils régneront pour les siècles des siècles. Puis l’ange me dit : « Ces paroles sont sûres et vraies : le Seigneur, le Dieu qui inspire les prophètes, a envoyé son ange pour montrer à ses serviteurs ce qui doit arriver bientôt. Voici que je viens sans tarder. Heureux celui qui garde les paroles de la prophétie écrite dans ce livre. »

Apocalypse 22, 1-7
Textes liturgiques©AELF

Ce texte est tellement beau qu’il me réjouit depuis des années. Et je suis peinée que dans le langage courant, le mot « apocalypse » soit devenu synonyme de catastrophe. La presse et le cinéma s’en gargarisent, mais se gardent bien de retourner à la source des Ecritures, au terme de la révélation de saint Jean qui est une si belle parole d’espérance. Puissions-nous être les témoins de cette magnifique promesse de Dieu !
Méditant cet extrait il y a bien des années déjà, je dis à un prêtre que l’arbre de vie me semblait un symbole tout féminin. « Chaque mois il produit son fruit ». Il en fut fort étonné, n’ayant jamais considéré l’expression sous cet angle. Je crois que nous avons le droit, nous femmes, de porter un regard féminin sur les Ecritures. La théologie n’est-elle pas élaborée depuis des siècles par des hommes ? N’est-elle pas marquée par une lecture strictement masculine des Ecritures ? Il est temps de les aborder aussi avec une vision féminine, avec notre propre sensibilité. Et de prendre toute notre place de femmes dans la Révélation.