Elle me l’avait offerte à Pâques, répondant gentiment à mon invitation, toujours inquiète de ne pas assez me plaire… Mais si, je l’aimais bien ! Jusqu’en cette fêlure profonde, intime, que je pouvais deviner en elle, j’acceptais sa personne avec affection. Et puis de les voir apparemment heureux tous les deux, en recherche de stabilité, ça faisait du bien à mon cœur de maman.
J’ai mangé tous les chocolats, avec gourmandise, à chaque petit café. Des petites poules, des petits canards, des petits chevaux, mignons, très bons. A chaque fois en pensant à elle avec reconnaissance et espoir en une histoire d’acceptation réciproque qui se poursuivrait.
Et puis l’autre jour, un peu gêné, un peu fuyant, il m’informe de la fin de l’histoire.
Triste. Un peu désemparée pour eux. Un peu inquiète pour leur avenir, à chacun. En deuil de cette petite complicité qui commençait à naître entre elle et moi.
Une pensée m’est venue.
Le mariage devant Dieu.
Un couple – un autre – qui se promet fidélité en sollicitant la grâce d’un sacrement. Le Seigneur qui s’engage à les aimer tous les deux, à les couver du regard, à prier pour leur fidélité.
J’ai pensé à Dieu, même si ça peut paraître prétentieux. J’ai pensé au chagrin de Dieu quand un tel couple se sépare. J’ai pensé à la peine de l’Eglise quand échoue ce qu’elle a uni.
J’ai pensé à Dieu, simplement, par analogie avec mon cœur de maman qui avait prié, dans leur histoire débutante, pour qu’ils restent ensemble. Mon cœur un peu blessé.
J’ai pensé aussi à la liberté des enfants de Dieu. A l’invitation permanente du Christ à ne pas juger.
La boîte de chocolats est vide.
Mais je la garde dans un recoin de mes affectueux souvenirs.
