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Question de confiance

24 avril 2019 | Publié par Véronique Belen dans Blog

La foi, c’est d’abord une question de confiance, et dans trois directions : confiance en Dieu, confiance en ses témoins, confiance en soi-même. Si l’une de ces trois dimensions de la confiance manque, on est facilement dans le doute, mais on peut encore s’appuyer sur les deux autres. Manque-t-il deux voire trois dimensions à la confiance, on risque de vraiment perdre la foi et de se laisser séduire intellectuellement par tous ceux qui ont intérêt à ce qu’on chancelle.

La confiance en Dieu est certainement la plus difficile à garder. Dieu que l’on ne voit pas, que le plus souvent on n’entend pas, que parfois l’on ne sent pas. Dieu qui est tellement malmené dans le monde contemporain, qui est tellement galvaudé, qui est tellement défiguré par les idées fausses qui sont véhiculées sur lui. Dieu qui se cache et aime à se laisser chercher. Dieu qui se retire parfois volontairement d’une âme, même très pieuse, pour l’éprouver au creuset de la solitude et de la déréliction. Dieu qui veut mieux que l’adhésion formelle à des dogmes ou à des doctrines, Dieu qui espère de l’être humain de la quête, du désir, de l’amour. Trouve-t-il cela, authentiquement, il finit par se donner au-delà même des espérances de l’âme qui a véritablement aspiré à le connaître. Dieu ne reste pas caché pour toujours. Au détour du chemin ardu de l’espérance, dans le saut dans le vide qu’est la pari de la foi, Dieu s’offre pour des retrouvailles amoureuses brûlantes avec sa créature.

Pour avoir confiance en Dieu, il faut déjà une certaine idée de ce qu’il est et de ce qu’il a dit. Et là, il est nécessaire d’avoir confiance en ceux qui témoignent de lui : ceux qui l’ont connu, cherché, étudié avant nous. Les prophètes du Premier Testament dont les paroles sont intemporelles et si édifiantes, ceux qui en ont dit des choses justes et élevées, ceux qui ont consigné ces paroles dans le canon des Ecritures. Faire confiance au Christ Jésus et à ses témoins authentiques. Un verset de l’Evangile, une épître de Paul ou d’un autre auteur du Nouveau Testament, un passage des Actes des Apôtres pourront parfois plus pour notre foi que n’importe quelle leçon de catéchisme apprise pieusement – ou non – dans l’enfance. Refuser de lire les Ecritures, c’est s’enfermer dans le risque de ne jamais comprendre la quintessence de Dieu. Ne jamais ouvrir une Bible, c’est se priver du plus grand trésor de l’humanité, c’est à coup sûr s’exposer soit à une foi approximative, soit au doute voire à l’ignorance.

Enfin, la foi en Dieu requiert aussi la confiance en soi-même. Car ils ne manqueront pas autour de vous, tous ceux qui chercheront à renverser votre foi, à mettre autre chose à la place, à vous prouver que leurs idées de créatures valent mieux que le choix de la foi que vous avez librement posé. Ils ne manqueront pas, ceux qui prétendront vivre mieux que vous sans attendre quelque chose de Dieu. Ce n’est pas parce que ceux-là sont majoritaires, notamment dans notre pays de la raison raisonnante, qu’il faut en venir à douter de soi-même quand on a son ancrage en Dieu, sa Parole voire ses sacrements. Avoir confiance en soi est aussi la quête de toute une vie. Et là où Dieu s’est plu à faire grâce, il n’y a plus lieu de douter, ni de Lui, ni de ses témoins, ni de soi-même si on est résolu à marcher sur la voie de la sainteté, en se nourrissant de l’exemple du Christ et de toutes celles et ceux qui se sont configurés à lui au long des siècles. Puisons dans l’histoire sainte l’exemple de ce qui manque à nos propres vertus.

Alors, dans cette triple confiance en Dieu, ses témoins et soi-même, nous résisterons à toutes les manœuvres des esprits chagrins et malins qui, tout en dénigrant notre foi, ne font rien d’autre qu’ambitionner de la renverser par pure jalousie. N’oublions pas non plus que plus notre foi sera forte, affirmée et abreuvée de la grâce, plus les ennemis seront nombreux et redoutables autour de nous. Mais la confiance est réciproque entre Dieu et ses créatures : quand il se plaît à combler une âme de bienfaits spirituels, il l’envoie très sûrement dans sa vigne, avec une grande confiance en elle. Il ne lui épargne pas les obstacles, mais lui donne toujours les moyens de les surmonter.

Image : Le Christ et saint Thomas, Cathédrale Notre-Dame de Paris

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