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Comme des oiseaux dans Ta main

21 juillet 2014 | Publié par Véronique Belen dans Blog

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C’est une rencontre qui trouve ses racines dans des émotions d’enfance. A des centaines de kilomètres les unes des autres, sans nous connaître, nous écoutions les mêmes disques vinyles qui nous racontaient, par des voix d’enfants mélodieuses, les joies et les peines du quotidien, l’amitié et l’amour en famille, les jeux et les expériences de l’enfant, et le regard bienveillant de Dieu sur toutes ces choses, l’action de grâce pour Ses bienfaits. Toutes les trois, nous avons été profondément marquées par ces chansons que notre mémoire a fredonnées jusqu’à aujourd’hui. Il a suffi d’un billet sur ce blog pour que le désir de retrouver ces enregistrements, de parvenir à les numériser pour nos enfants devenus grands et nos petits-enfants déjà nés ou à venir nous rapproche et nous fasse entrer en contact plus profondément. Il a plu des mails dans lesquels s’intensifiait le désir de se rencontrer « en vrai ». Une date, deux billets de train, et elles sont venues chez moi. De l’impatience mêlée d’une douce appréhension, trois jours à passer ensemble alors que nous ne nous connaissions pratiquement pas.
Le temps s’est arrêté. La télévision est restée éteinte et les horreurs du monde tenues à distance. Je leur avais concocté un petit programme pour leur faire découvrir les merveilles de ma belle région. Sorties multiples sous un soleil généreux, et l’envie de se raconter, de combler les années perdues à ne pas se connaître depuis les refrains communs de l’enfance. Confiance absolue l’une dans l’autre, chaque confidence est accueillie avec amour et respect, et nous sommes deux à prendre la main de la troisième pour être ses yeux. « Maintenant, il y a un escalier d’une dizaine de marches, pardon, j’ai oublié de te dire que c’était à monter et pas à descendre. » Elle nous accompagne partout avec une facilité déconcertante. Tous mes préjugés s’envolent. Je ne savais pas qu’on pouvait aborder la vie quotidienne avec une telle aisance en étant privé de la vue.
Un temps fort, la messe dominicale toutes les trois ensemble, et le bonheur de leur faire découvrir ma communauté de paroisses dans laquelle habituellement on m’accueille seule. Partager sur l’homélie qui nous a touchée chacune autant, sur notre foi, sur notre vécu en Eglise. Moi qui suis habituée à avoir plutôt des amis non-croyants, je découvre un terrain de discussion entre amies dont je suis souvent un peu frustrée.
L’heure tourne. Une dernière plongée dans les beautés du vignoble, sentir encore la fine main abandonnée en confiance dans la nôtre, être envahies déjà par la difficulté à se séparer. Elles montent dans leur train. Les larmes ne sont pas loin. Nous avons vécu trois jours d’amitié à l’état pur. Ce n’est qu’un commencement.

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