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Un beau moment de communion

20 août 2015 | Publié par Véronique Belen dans Blog

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Ce fut un beau moment de communion. Le village uni autour de sa doyenne qui s’en allait après une longue vie de plus d’un siècle. Et comme un leitmotiv, cette phrase que l’officiant avait retenue d’elle : « Il faut aller à l’essentiel : la foi. »
Je la revoyais il y a quelques années, quand elle allait encore à la messe tous les dimanches, toujours dans le même banc que moi, et qu’elle était la première personne avec qui j’échangeais le geste de paix. Silencieuse mais présente. Je la revoyais aussi jardiner, à un âge très avancé. Portrait d’une femme simple et fidèle, qui finissait sa vie dans la prière.
Ce fut un beau moment de communion.
Pourtant, je suis restée songeuse au moment de l’eucharistie. C’est toujours comme ça aux enterrements : la moitié au moins de l’église s’assoit et s’abstient.
Alors je pensais à tout ce qui peut faire qu’on ne soit pas, à ce moment-là, attiré vers le Corps du Christ.
« Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir, mais dis seulement une parole et je serai guéri. »
Il y a ceux qui n’ont sans doute pas prononcé cette phrase, parce qu’ils ne la connaissent pas. Ceux pour qui l’Eglise est une maison étrangère.
Ceux qui en sont restés à la première moitié de la phrase. Ils ne se sentent pas dignes, sans doute ne vont-ils jamais non plus vers la parole qui guérit.
Il y a ceux qui ne croient pas au mystère de l’eucharistie, et alors, comme le rappelait Paul aux Corinthiens (1 Corinthiens 11, 28-29) il vaut mieux s’abstenir que de communier sans foi.
Et puis, près de moi, il y avait deux amies qui ne se sont pas levées non plus.
L’une que les lois internes de l’Eglise catholique empêchent de recevoir les sacrements, et j’ai mal pour elle à chaque fois.
L’autre, sans doute plus croyante que la plupart de ceux qui étaient là, mais qui pratique sa foi dans une autre confession chrétienne. Pas d’accueil pour elle chez nous à la Table du Seigneur.

Ce fut un beau moment de communion. Mais j’ai regretté, dans ces circonstances, que mes deux amies ne puissent pas ouvrir leurs mains au Corps du Seigneur elles aussi. Sans abdiquer mon espérance dans le prochain Synode sur la famille et mes ardeurs œcuméniques.

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