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Je vis la Cité sainte

4 avril 2016 | Publié par Véronique Belen dans Blog

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Une effervescence mêlée d’émotion me saisit. Comme une réponse à un appel vieux d’un demi-siècle.
Nous ne partions pas en vacances avec nos parents. Jamais.
Mais cette année-là, je ne sais pour quelle raison précise, eux sont partis, avec oncle et grand-mère. Nous, placées chez nos grands-parents ou nos tantes pour quelques semaines. J’avais trois ou quatre ans, et c’était la première séparation d’avec ma mère.
Ils sont revenus avec au cœur un grand mystère qui me fascinait. Quelques objets pieux pour nous, et puis de l’eau dans une bouteille, que nous n’avons jamais bue, on la gardait pour une occasion ultime qui ne se présenta pas. Un 45 tours qui grésillait sur le vieil électrophone jaune et gris : « Je vis la Cité sainte », on l’écoutait religieusement, il nous était précieux. Mes parents avaient fait un pèlerinage à Lourdes.
Peut-être est-ce par respect pour ce mystère auquel je n’avais pas été associée que je n’ai jamais formé le projet d’aller là-bas. D’ailleurs, quand on vit dans le Nord-Est, c’est fort loin. Ce n’est jamais sur la route des vacances, et les pèlerinages sont toujours trop chers. Ça demeurait pour moi un peu comme une cité interdite.
Et puis voilà que ma fille envisage de poursuivre ses études dans le Sud-Ouest. Cela ne se fera pas tout seul. Alors on prend les devants et on y va pour quelques jours à la fin de cette semaine.
Et moi, hier, devant mon ordinateur.
Et si, presque cinquante ans plus tard, mon tour était aussi venu ?
Et si j’allais sur ces terres où ma mère a prié et a été exaucée d’une demande forte qu’elle n’a jamais voulu nous révéler ? Et si je me rapprochais un peu plus d’elle en allant goûter à ce mystère qui l’a portée pour le reste de sa vie ?
Marie est présente dans ma prière. Présente à sa juste place. Juste après la Trinité. Telle qu’elle est, telle que je la perçois. Je crois sans réticence aux apparitions de Lourdes et aux grâces qui en ont découlé depuis 150 ans.
Alors hier, sur mon ordinateur, j’ai cherché s’il était possible, de là où nous serons, de nous rendre à Lourdes rien que pour une journée. Avec ma fille. Pas sans elle.
Et puis voilà. Les billets de train sont réservés.
Et je sens cette douce effervescence qui transporte les foules vers la grotte de Massabielle depuis des décennies.
Nous fondre dans cette foule.
Chanter un Ave Maria. A Lourdes.

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