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J’ai dû les offusquer

27 juin 2018 | Publié par Véronique Belen dans Blog

Tiens tiens, en quelques jours, deux prêtres m’ont supprimée de leur liste « d’amis » sur les réseaux sociaux. Un autre, avec lequel je correspondais un peu, ne me répond plus.
Que s’est-il donc passé ?
J’ai rédigé ces derniers temps plusieurs billets et commentaires qu’ils ont dû considérer comme trop polémiques, l’un des trois m’a même demandé si j’étais « un troll ». Non, je ne suis pas un troll, je suis une femme catholique d’âge respectable, qui réfléchit avant de poster quelque chose, qui assume tout ce qu’elle écrit ici et ailleurs, qui ne cherche pas à offusquer pour offusquer mais qui provoque un peu les catholiques dans leurs retranchements, c’est vrai. Je nourris l’espoir de contribuer, à mon tout petit niveau, à faire bouger certaines lignes. Vous savez, « l’effet papillon » ! Je n’ai de pouvoir nulle part dans l’Eglise : ni en paroisse, ni sur le plan de la formation en théologie universitaire. Et de toute façon, puisque je suis une femme, aucun pouvoir de décision ni même de parole au niveau du Magistère !

Qu’ai-je donc écrit de si déplacé, pour que ces prêtres en col romain ou en tenue civile aient jugé bon de m’ignorer désormais ? J’ai parlé du fait que je ne croyais résolument pas – et depuis très longtemps – à la doctrine de la virginité perpétuelle de Marie Mère de Jésus – j’entends bien, après sa conception virginale et sa naissance. J’ai osé parler de cet hymen certainement altéré par l’accouchement du Fils de Dieu incarné pour de bon et pas en capacité de se dématérialiser au moment de sa venue au monde (théorie de la virginité avant / pendant et après la naissance de Jésus),  j’ai aussi osé parler d’argent, de la Providence divine quand on s’abandonne vraiment à Dieu dans le dénuement financier et que l’on évite de thésauriser.

On va me rétorquer que je n’y mets pas la forme. C’est vrai. Je ne suis jamais onctueuse, et je ne pratique pas la flatterie envers les prêtres, qui est un sport courant sur les réseaux sociaux un peu cathos (« Ah mon Père, mais comme vous prêchez bien, quelle merveille que vos homélies ! »). Pas mon style. Quand j’entends ou lis une homélie qui me touche positivement, en général, je le fais savoir, simplement et chaleureusement. Je remercie. Quand une homélie me heurte, je relève aussi, quelquefois, sur quels points. Est-ce un crime de lèse-majesté ?

On va me rétorquer encore que je suis bien péremptoire, trop sûre de mes prises de position, à quoi je réponds que j’ai assez rongé mon frein, j’ai 54 ans dont quarante ans de pratique fidèle et discrète dans l’Eglise catholique romaine, une foi à déplacer les montagnes, une intense vie d’oraison, et j’estime que j’ai bien le droit, après vingt années à me manifester discrètement mais sans succès aux portes du discernement de l’Eglise, de donner mon avis sur un tissu de doctrines qui ont toutes été élaborées et entretenues jalousement par des collèges de clercs hommes depuis vingt siècles.

On glorifie ces derniers temps le « génie féminin ». Soit.

Encore faudrait-il ne pas se fermer comme une huître quand une femme catholique qui sait un peu de quoi elle parle conteste le Magistère, en son nom personnel, certes, mais pourquoi pas aussi au nom de l’Esprit Saint ?

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