Site de Véronique Belen
Header

Blog

Je m’amuse d’associer ces deux mots que beaucoup confondent, tout comme les fêtes auxquelles ils correspondent. Ascension, la montée au Ciel de Jésus quarante jours après sa résurrection, fêtée en mai, Assomption, la montée au Ciel de Marie en son corps incorrompu à sa mort, ou « dormition » pour les orthodoxes, fêtée le 15 août.

Si je les associe, c’est qu’hier, 15 août, j’ai fait pour la première fois l’ascension du sommet le plus proche de mon domicile, le Petit Ballon d’Alsace, qui domine fièrement ma vallée. Douze kilomètres de montée harassante en compagnie de mon fils et de ma fille aînée, un parcours de toute beauté, ponctué de forêts, prairies, auberges de montagne, troupeaux à sonnailles, paysages splendides, nuages menaçants mais ne donnant pas une goutte de pluie… Il fallait monter, monter et monter encore, le corps souffrait, le mental menaçait de lâcher, mais le sommet devenait si proche que plus rien ne pouvait entamer le désir de l’effort et de la victoire sur soi-même.

Ma fille m’avait dit avant le départ : « Tu verras, Marie t’attend là-haut ! »
Alors un jour d’Assomption, je n’ai pas manqué de la supplier de me hisser jusqu’au but de ce pèlerinage éreintant.
Joie d’atteindre le sommet, d’admirer la statue de la Vierge et les vues époustouflantes, temps de pause après l’effort intense et appréhension du retour si long encore à la vue de notre village très très loin au-delà des forêts ondulantes…
Je l’avoue, le retour a été une épreuve, et pour tous les trois. De la difficulté réelle et symbolique de « redescendre de la montagne ». Les pieds et les jambes ne voulaient plus, mais étaient obligés d’avancer. Douze kilomètres encore sur huit cents mètres de dénivelé, dans l’autre sens.

Mais quelle joie aujourd’hui du défi accompli, des souvenirs montagnards plein les yeux et la tête, et de cette douce complicité avec mes enfants qui a rendu cette expédition des plus agréables malgré les difficultés qui n’ont pas manqué !

Comme je commentais dimanche 26 juillet Matthieu 13, 44-52, un extrait qui revient d’ailleurs dans la liturgie d’aujourd’hui à quelques versets près et qui comporte les paraboles du Royaume des Cieux – le trésor caché dans un champ, la perle de grande valeur et le tri des poissons dans le filet – une discussion a eu cours sur les réseaux sociaux au sujet de cet extrait et de ma méditation. Un contributeur m’a objecté que l’exégèse contemporaine, notamment les travaux du prêtre John Meier considéré comme « le spécialiste incontesté de travaux sur le « Jésus historique » », amenaient à découvrir que ces paraboles n’étaient pas de Jésus, mais des premières communautés chrétiennes ayant contribué à rédiger les évangiles vers le IIème siècle. Seules quatre paraboles en tout et pour tout seraient attribuables à Jésus lui-même dans tous les évangiles !

J’avoue que cette remarque m’a énormément fâchée. Je suis allée lire d’un peu plus près quels étaient les travaux de ce « spécialiste incontesté » qui apparemment en a écrit des pavés sur le sujet. Je ne nie pas la compétence et la rigueur intellectuelle de l’auteur qui est soulignée dans toutes les recensions de ses ouvrages. Mais je m’interroge sur la volonté de Dieu dans tout cela.

En effet, le Dieu d’Israël qui s’est fait connaître d’Abraham, de Moïse, de David et de multiples prophètes choisis toujours parmi les plus humbles du peuple aurait-il décidé, au moment d’envoyer son propre Fils, d’entourer sa vie de mystères et de la faire raconter ensuite par des rédacteurs malhonnêtes qui extrapoleraient sur ses origines, ses charismes et même ses paroles ? Car les évangiles ne sont pas n’importe quelle hagiographie bourrée de superlatifs et d’exagérations sur les vertus du saint ou de la sainte en question ! Les évangiles sont le pilier de la foi chrétienne, et je ne puis concevoir que les rédacteurs en aient été privés de la grâce de l’Esprit au point de prêter à Jésus des faits, gestes et paroles qui n’aient jamais été les siens. (suite…)

Ayant acquis cet ouvrage au moment de sa sortie, j’ai suivi sur les réseaux sociaux les débats qu’il a suscités. Mais je n’avais pas encore pris le temps de le lire. A la faveur de deux après-midis d’été successives sans projet précis, je me suis plongée dans la lecture de ce livre si franc, honnête et courageux de René Poujol. On devine derrière les mots de l’auteur un homme de bonne foi, sincèrement croyant, et pourvu des mêmes qualités que son livre qui me marque profondément. Je ne prétends pas en faire une recension, ce qui me serait bien difficile tant cet ouvrage est riche et actuel. René Poujol témoigne d’une foi catholique sans cesse remise en question non pas sur sa base solide qu’est l’amour du Christ et de l’Evangile, mais sur tout ce que signifie communément « être catholique » au XXe puis au XXIe siècle au cœur d’une Eglise par trop figée dans ses dogmes et son fonctionnement pyramidal, dans notre pays de France et aussi dans l’opinion publique souvent ignorante de la quintessence de notre foi. Je dis « notre » car moi aussi je suis baptisée et pratiquante catholique, et à lire le livre de René Poujol, j’ai ressenti un grand réconfort, comme un sentiment d’être moins seule dans mes revendications de liberté, d’esprit critique, de remise en cause de la raideur de notre doctrine et de l’Eglise-institution dans son  fonctionnement et sa parole publique.

Le grand vent de liberté et le souffle de l’Esprit Saint – oui, je le crois – qui animent ce livre nécessaire me confortent dans mes propres combats, âpres et encore plus ardus que les siens, moi qui suis femme en Eglise et ne bénéficie pas de la stature que donne à René Poujol sa longue carrière dans la presse chrétienne. J’admire d’autant plus sa liberté de ton qu’il se permet de dire ce que d’aucuns n’attendaient pas de lui dans les milieux catholiques divers qu’il a très largement fréquentés. (suite…)

Cette journée aurait pu donner lieu à un tendre dîner en tête à tête. Ou a une belle fête de famille.
Il y aurait eu de quoi se réjouir d’avoir partagé trente ans de vie commune. Trente ans ! J’étais belle ce jour-là dans ma robe que j’avais choisie colorée pour ne chercher à cacher à personne que j’exultais déjà d’attendre la vie. Il était beau aussi, celui que j’aimais et qui avait osé le pari fou de fonder une famille avec moi. Nous avions voulu la simplicité mais pas complètement l’intimité non plus, nous étions une cinquantaine de convives pour nous réjouir ensemble de cette vie qui nous souriait. La famille proche était au rendez-vous en ce jour heureux où nous n’avions pas encore connu de deuil déchirant. Grands-parents encore vaillants, parents présents, oncle, marraine ou cousins, frères et sœurs au complet, quelques amis aussi et déjà les enfants de la relève, la tablée était intergénérationnelle et joyeuse. Nous dansions harmonieusement sous les regards un brin soucieux de ma maman qui s’inquiétait que j’en fasse trop dans mon état de grossesse débutante. Des mets à l’ambiance, tout fut parfait.

Il me plaît aujourd’hui de m’en souvenir sans aigreur ni l’ombre d’un regret. La valse qui ouvrit le bal se poursuivit pour une quinzaine d’années, entre lumière et ombres, et nous fit parents de trois merveilleux enfants qui ne cessent de faire notre fierté et rendent notre lien indélébile.

Certes, nous n’avons pas partagé toutes ces trente années au quotidien, il y eut même de terribles tempêtes, des déchirures, des conflits, le divorce et bien des mots et des larmes chez différents psychologues pour plusieurs d’entre nous. Mais au-delà des meurtrissures du cœur et de l’âme, chacun de nous cinq a su garder intacte en lui la force de vie et le goût de l’enthousiasme dans les petites et grandes choses qu’une vie peut offrir. Reconstruit chacun sur les cendres d’un foyer bien trop conflictuel, nous avançons, parents vers la sagesse et la paix du cœur, enfants vers une vie adulte riche de conquêtes, d’intelligence à l’œuvre et de multiples talents. Non vraiment, je ne puis aucunement regretter ce jour de notre mariage, ni qu’il ait eu lieu, ni même que je l’aie commémoré seule aujourd’hui. Alors j’ai mis mes chaussures de marche et j’ai gravi des montées jusqu’à une charmante auberge de moyenne montagne et je me suis offert, seule mais en plénitude d’acceptation, un déjeuner de fête qui m’a réjoui les papilles et l’esprit. Et que pouvais-je rêver de mieux qu’un petit texto de mon mari d’il y a trente ans, apaisé lui aussi, qui disait :
« Si c’était à refaire, je le referais aussi. »


Ce dialogue est composé uniquement d’extraits des lectures liturgiques du Dimanche 21 juin 2020

Jérémie 20, 10-13 ; Psaume 68 (69), 8-10, 14.17, 33-35 ; Romains 5, 12-15 ; Matthieu 10, 26-33

Le Seigneur :

Ce que je vous dis dans les ténèbres,
dites-le en pleine lumière ;
ce que vous entendez au creux de l’oreille,
proclamez-le sur les toits.
Rien n’est voilé qui ne sera dévoilé,
rien n’est caché qui ne sera connu.

La créature :

Par un seul homme,
le péché est entré dans le monde,
et par le péché est venue la mort.

L’amour de ta maison m’a perdu ;
on t’insulte, et l’insulte retombe sur moi.

Mais le Seigneur est avec moi, tel un guerrier redoutable :
mes persécuteurs trébucheront, ils ne réussiront pas.
Leur défaite les couvrira de honte,
d’une confusion éternelle, inoubliable.

Réponds-moi, Seigneur,
car il est bon, ton amour ;
dans ta grande tendresse, regarde-moi.

Le Seigneur :

Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes,
moi aussi je me déclarerai pour lui
devant mon Père qui est aux cieux.
Mais celui qui me reniera devant les hommes,
moi aussi je le renierai
devant mon Père qui est aux cieux.

La créature :

Le Seigneur écoute les humbles,
il n’oublie pas les siens emprisonnés.
Que le ciel et la terre le célèbrent,
les mers et tout leur peuplement !