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Dix ans

11 mars 2020 | Publié par Véronique Belen dans Blog - Aucun commentaire

Ces derniers temps, je rêve de toi toutes les nuits. Je te rêve joyeuse, facétieuse, rieuse comme tu ne l’étais pas, ou si peu ! Je te rêve dans le quotidien d’une vie toute simple, une vie heureuse mais avec toi. Je te rêve près de nous, sans rupture, dans ta maison, dans des sorties pleines de surprises, dans des conseils pratiques que tu nous donnes avec simplicité, dans ta présence qui n’aurait pas cessé.
Ce ne sont que des rêves, et pourtant c’est bien toi ! Déchargée du poids des ans et de la souffrance. Déchargée de cette gravité qui t’imprégnait tout entière, à cause d’une enfance difficile, d’une mère tyrannique, d’une absence cruelle de confiance en toi-même.
Je te rêve ainsi, simple et heureuse, humble et rayonnante.
Qui me prouvera que ce n’est pas toi qui me visites telle que tu es devenue, vraie, récompensée, enfin toi-même ? Qui me prouvera que tu ne m’envoies pas le joyeux message de ta vie nouvelle, délivrée que tu es de toutes les chaînes du monde et des blessures anciennes ?

Depuis dix ans, je ne t’ai jamais pensée ailleurs que près de Lui, mon Bien-Aimé, notre frère et Sauveur. En Lui tu as déjà trouvé toute consolation, et moi tout réconfort, toute espérance de te revoir telle que dans mes rêves nocturnes, joyeuse et aimante.

Tu as eu quatre arrière-petits-fils dont tu aurais été si fière !
Tu es la source indélébile dans tous nos cœurs.

Dix ans aujourd’hui, dix ans déjà.
Maman !

Je réagis à des assertions qui ont tendance à se propager ces derniers jours dans le cercle assez large de mes contacts sur les réseaux sociaux. Certains s’autorisent à asséner aux autres que Jésus ne serait pas né par conception miraculeuse dans le sein vierge de la jeune Marie, et que par conséquent il serait fils d’un homme – Joseph ou un autre, pourquoi pas un violeur romain d’ailleurs ? – et non pas Fils de Dieu par volonté du Père et « fiat » de la Vierge Marie. Les chrétiens qui croiraient à cette « fable » ou ce « mythe » seraient de faibles crédules voire des arriérés. Car attention : les personnes qui prétendent nous révéler l’origine 100 % humaine de Jésus sont des savants : ils sont de la caste des théologiens et des exégètes, ont « travaillé » sur les textes, et donc, ils sont en mesure de nous sortir de nos pauvres ignorances. Si vous leur opposez l’orthodoxie de la foi chrétienne et votre confiance dans les Ecritures, ils vous rétorquent que les évangiles de l’enfance en Luc et Matthieu sont postérieurs au reste des textes et donc sujets à caution. Eux, les doctes et les initiés, viennent donc au secours de votre crédulité, ils revendiquent un droit d’inventaire sur les Ecritures, même les Evangiles, et se penchent vers vous pauvres incultes pour assainir votre foi.

On l’aura compris au ton de ce billet, je suis en colère. Voilà tous les doutes ancestraux sur la divinité de Jésus qui ressurgissent, et dans nos débats, l’un des pourfendeurs de la conception virginale me qualifie allègrement d’hérétique quand je défends bec et ongles les Ecritures et ma foi totale en Jésus Fils du Père et de Marie.

Combien de temps faudra-t-il encore pour que les chrétiens qui prétendent l’être se hissent enfin au niveau de la foi de Pierre ou de Marthe ?
« Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! » (Pierre)
Matthieu 16, 16
« Oui, Seigneur, je le crois : tu es le Christ, le Fils de Dieu, tu es celui qui vient dans le monde. » (Marthe)
Jean 11, 27

Ces négationnistes de la divinité de Jésus prétendent qu’elle ne réside que dans sa résurrection, et que même ses disciples n’y ont cru qu’à partir de là. Or Pierre et Marthe, malgré leurs défauts personnels, ont confessé Jésus Christ et Fils de Dieu bien avant sa résurrection !

Enfin, j’aimerais que l’on m’explique par quel phénomène magique Jésus a, de toute sa vie, été le seul et unique homme sans aucun péché s’il n’est pas le Fils de Dieu, Lui qui lui a donné dès l’origine la sainteté des intentions et des comportements, des pensées et des paroles, et la puissance déjà présente en lui de la résurrection ? Toutes dispositions innées à la sainteté qui sont absolument inaccessibles à n’importe quelle homme, par nature clivé intérieurement entre le bien et le mal.

Alors je l’affirme aujourd’hui de manière forte : oui, notre Seigneur Jésus Christ est né de la volonté suprême du Père de se donner un Fils, et de l’humble assentiment à ce projet de la toute jeune Marie, encore vierge quand la question lui a été posée, ce que les Ecritures soulignent et qui n’a d’autre intérêt que de nous assurer que Jésus n’a jamais eu aucun géniteur masculin terrestre. Naissant ainsi, il pouvait être l’Agneau sans tache propre à nous sauver du péché qui marque notre humaine condition. Si nous voulons bien avoir l’humilité de courber notre nuque devant lui en marque d’infinie reconnaissance pour sa vie si chahutée et son sacrifice ultime sur la Croix.

 

Image : L’Annonciation     El Greco     XVIe      Musée des Arts catalans de Barcelone

Le blanc des cendres

26 février 2020 | Publié par Véronique Belen dans Blog - Aucun commentaire

Ce fut un hiver sans neige, sans blanc, sans crissement sous les bottes fourrées, sans cette sensation de grand froid propre à régénérer les organismes fatigués par de trop longs mois privés de grands flots de lumière.
Ce fut une période ecclésiale sombre, ponctuée de révélations d’abus de toutes sortes, sexuels, spirituels ou pire encore, associant les deux.
Ce fut une veille de Carême traumatisante pour les catholiques par la chute brutale de son piédestal de quelqu’un qui passait déjà pour un grand saint du XXIe siècle.

Ce Mercredi des Cendres, on le désirait comme jamais pour entrer en pénitence de tant de crimes couverts en Eglise pour les pires des raisons. Pour crier vers Dieu de mettre un terme à toutes ces souffrances insupportables pour les victimes d’abus, insoutenables pour les baptisés sincèrement attachés à la sainteté du Christ. Pour revenir à Lui, à sa Parole, à ses commandements pourtant si limpides et que d’aucuns ont outrepassé avec une incroyable désinvolture. Pour retourner en soi, à la source où se croisent la conscience du bien et du mal et la foi. Pour faire mémoire des tentations du Christ au désert et lutter chacun contre les siennes propres, dans l’effort du jeûne, de la prière et de l’aumône. Un Carême plus que jamais nécessaire et bienvenu.

Je m’étais reposée un instant, et quand j’ai rouvert les yeux, la neige tombait à gros flocons. La première, et qui restera peut-être la seule de cette saison. En un instant, le jardin a blanchi. Lumière soudain du blanc à travers le gris du ciel.
Blanc du recommencement en ce  jour de l’imposition des cendres grises sur nos fronts.
J’ai pensé très fort au Psaume 50 :

Purifie-moi avec l’hysope, et je serai pur ; lave-moi et je serai blanc, plus que la neige.
Psaume 50, 9

Quand, il y a seize ans, j’ai débarqué sur le net avec ma foi en bandoulière et ma très grande envie de prendre la défense de mes sœurs en humanité, quelle que soit leur religion, dans ce monde si inégalitaire et très souvent injuste envers elles, j’avais pensé que je pourrais me sentir à l’aise au contact des croyantes à tendance féministe, soucieuses de réhabiliter les femmes au sein des traditions qui ont très largement trahi l’amour de Dieu pour ses filles. Cet amour parfaitement manifesté en Jésus, lui qui prenait toujours leur parti contre des hommes prêts à les condamner et ne s’est jamais aigri, dans tous les évangiles, contre une femme, alors qu’il a pu être si virulent à l’égard des religieux malintentionnés de son temps et même de ses propres disciples à l’occasion.

J’ai lu des livres et écouté des interviews de ces femmes engagées avec foi pour une meilleure représentation féminine au cœur de l’Eglise catholique, j’ai même noué des contacts avec certaines d’entre elles par les réseaux sociaux. Tout cela pour me rendre compte assez vite que je n’étais pas vraiment la bienvenue dans leurs rangs en écrivant ce que moi j’ai à dire sur ces questions-là.

Etre haïe par les conservateurs en Eglise, j’y étais fort habituée. A l’époque florissante des forums internet, j’étais déjà leur bête noire, taxée d’être une affreuse féministe, ce qui, aux yeux de ces messieurs jaloux de leurs prérogatives ancestrales, était l’ultime insulte qui marquait la fin de tout dialogue. Leurs comparses féminines n’étaient d’ailleurs pas en reste, et me rejetaient tout autant que leurs compagnons de culte ou de messe à l’ancienne.

Eh bien, me disais-je, les féministes auront lieu de se réjouir de mes écrits dénués de toute influence, et de ma grande empathie pour toute fille et femme en ce monde. Mais dès qu’elle ont eu l’occasion de me lire ici ou là, la plupart m’ont opposé un silence gêné ou une réaction d’agressivité. Assurément, je n’étais pas de leur caste. (suite…)

Je me souviens de ma naïveté il y a vingt ans, quand le Père et le Fils se sont manifestés à mon esprit dans des grâces infuses et inoubliables. Je jubilais intérieurement, comprenant que sur un plan personnel, je ne douterais jamais plus d’eux deux et de leur lien paternel et filial d’amour et de substance. Et cela s’est vérifié. Non, vraiment, ces vingt dernières années, je n’ai plus jamais douté de Dieu le Père et de son Fils Jésus Christ.

Ce à quoi je ne m’attendais pas dans l’excès de mon enthousiasme, c’est que les ennuis sérieux allaient commencer pour moi. Ce que je n’avais pas escompté, c’est que le retournement de ma vie désormais tout orientée vers le Père et le Fils n’allait paraître que suspect voire infiniment dérangeant aux yeux de ceux, très nombreux dans mon entourage, qui n’ont tout simplement pas envie de croire parce que l’incroyance leur est plus confortable, et aussi, et cela me fut beaucoup plus incompréhensible, aux yeux de ceux qui chantent pieusement le « Veni Creator » mais qui repoussent de toutes leurs forces l’Esprit Saint quand il se manifeste en une autre personne que la leur propre, et surtout quand il exprime ce qu’ils n’ont pas envie d’entendre.

On a vite fait de se créer un Dieu à sa propre mesure, et le psaume de la liturgie d’aujourd’hui nous le redit :
« Mais mon peuple n’a pas écouté ma voix,
Israël n’a pas voulu de moi.
Je l’ai livré à son cœur endurci :
qu’il aille et suive ses vues ! »

Psaume 80 (81) 12-13

Oui, dans ma grande naïveté, il y a vingt ans, je pensais que beaucoup seraient heureux de m’entendre quand j’affirmerais désormais :
« Mais oui, Dieu existe, et le Christ Jésus est son Fils ! »
Je croyais que beaucoup seraient curieux d’entendre ce que Dieu avait à dire dans l’aujourd’hui de ce XXIe siècle par la toute simple créature à qui Il avait choisi de circoncire l’oreille pour lui murmurer ses confidences, ses volontés, ses promesses d’accomplissement des Ecritures, ses mises en garde contre les faux prophètes, les faux voyants, les fausses apparitions. (suite…)