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Totalement confinée chez moi depuis une semaine puisque je pense avoir contracté il y a quinze jours le coronavirus, fort heureusement sans gravité, et que j’observe le délai de quatorzaine pendant ma convalescence, j’ai le loisir de méditer sur ce qui compte le plus dans ma vie et ce qui revêt moins d’importance… comme le font, je pense la grande majorité de nos concitoyens et frères et sœurs d’Europe.

J’ai médité ainsi sur mon rapport à ma pratique religieuse. Quand les premières mesures ont été prises ici début mars, j’ai craint de beaucoup souffrir de ce jeûne eucharistique, moi qui allais à la messe plusieurs fois par semaine. Mais je l’ai considéré comme une offrande de carême, la période y étant propice. C’est cependant beaucoup plus difficile d’envisager la Semaine Sainte et les célébrations pascales sans aucun partage communautaire. Ce temps liturgique-là, je l’affectionne au-delà de tout. Depuis bien des années, du Jeudi Saint à l’octave pascale, je ne manque aucun office.

Depuis deux semaines, je suis la messe télévisée, et ici ou là, des messes offertes par des prêtres internautes. Mais je me suis rendu compte que ce n’était pas tant le rituel catholique qui me manquait, et même pas non plus l’Eucharistie pour laquelle j’ai pourtant une très grande dévotion, non, ce qui me manque en fait vraiment, c’est la communauté paroissiale, toutes ces personnes que j’ai appris, au long des années, à connaître et à aimer comme une famille dans nos quatre villages d’une même communauté de paroisses. Là, pour sûr, je peux dire que ces femmes et ces hommes, ces plus rares jeunes et enfants me manquent terriblement. Nous nous rassemblons dimanche après dimanche, fête après fête et aussi en semaine pour les petites messes du soir, dans une sacristie en hiver, une chapelle latérale ou une petite église à la lumière tamisée, nous sommes alors quelques fidèles, la plupart âgés, et je les chéris tous comme s’ils étaient de ma famille. (suite…)

Depuis que j’écris sur ce site, c’est-à-dire depuis huit ans, et depuis plus longtemps encore, je me suis faite l’avocate des métiers de service à la personne en opposition à ceux qui consistent à générer de l’argent et des biens plus ou moins utiles à notre vie quotidienne. En 2012, je relevais déjà dans un billet en lien ci-dessous que notre société occidentale fonctionnait de manière inversée, c’est-dire-dire que les métiers de soins à la personne étaient les plus mal rémunérés – aide-soignant(e)s, aides à domicile, personnels d’entretien des lieux publics et privés, gardiennes d’enfants… – contrairement aux métiers de la finance, du management et du spectacle qui sont certes utiles dans le type de société dans laquelle nous vivons, mais pour lesquels les rémunérations sont parfois complètement disproportionnées par rapport à l’efficience sociale.

Il me semble que la grave crise à laquelle nous sommes en ce moment confrontés avec l’explosion de l’épidémie de Covid-19 est susceptible de remettre nos valeurs en place. Plus que jamais, nous avons besoin d’hygiène, et sans les femmes de ménage et agents de service hospitalier, la situation deviendrait infiniment plus dramatique.
Il va sans dire qu’avec le confinement des plus de 70 ans, les aides à domicile sont plus que jamais indispensables et précieuses.
Que dire des aides-soignant(e)s et des infirmiers/ères ? Cette crise sanitaire serait absolument ingérable sans eux. Espérons que la nation leur en sera reconnaissante !
Quant à tout ce qui touche à la garde d’enfants, les parents vont mesurer dès après-demain le casse-tête que représentera sa quasi mise à l’arrêt.

On dit parfois : « A quelque chose malheur est bon. » La maxime me semble excessive dans la tourmente que nous traversons, avec le lot de souffrances qu’elle entraînera pour beaucoup de nos contemporains.
Mais si cette crise sans précédent dans le monde occidental pouvait nous recentrer sur les valeurs essentielles de la vie en société, si nos regards pouvaient changer sur ces personnes dévouées à autrui dans des métiers peu valorisés et très mal rémunérés, nous n’aurions pas tout perdu et aurions matière à remettre, enfin, nos fausses valeurs en question.

https://www.histoiredunefoi.fr/blog/1667-une-societe-aux-valeurs-inversees

Source image : https://directinfo.webmanagercenter.com/2016/05/07/lhygiene-dans-les-hopitaux-un-goulot-detranglement-du-systeme-de-sante-en-tunisie/

Dix ans

11 mars 2020 | Publié par Véronique Belen dans Blog - Aucun commentaire

Ces derniers temps, je rêve de toi toutes les nuits. Je te rêve joyeuse, facétieuse, rieuse comme tu ne l’étais pas, ou si peu ! Je te rêve dans le quotidien d’une vie toute simple, une vie heureuse mais avec toi. Je te rêve près de nous, sans rupture, dans ta maison, dans des sorties pleines de surprises, dans des conseils pratiques que tu nous donnes avec simplicité, dans ta présence qui n’aurait pas cessé.
Ce ne sont que des rêves, et pourtant c’est bien toi ! Déchargée du poids des ans et de la souffrance. Déchargée de cette gravité qui t’imprégnait tout entière, à cause d’une enfance difficile, d’une mère tyrannique, d’une absence cruelle de confiance en toi-même.
Je te rêve ainsi, simple et heureuse, humble et rayonnante.
Qui me prouvera que ce n’est pas toi qui me visites telle que tu es devenue, vraie, récompensée, enfin toi-même ? Qui me prouvera que tu ne m’envoies pas le joyeux message de ta vie nouvelle, délivrée que tu es de toutes les chaînes du monde et des blessures anciennes ?

Depuis dix ans, je ne t’ai jamais pensée ailleurs que près de Lui, mon Bien-Aimé, notre frère et Sauveur. En Lui tu as déjà trouvé toute consolation, et moi tout réconfort, toute espérance de te revoir telle que dans mes rêves nocturnes, joyeuse et aimante.

Tu as eu quatre arrière-petits-fils dont tu aurais été si fière !
Tu es la source indélébile dans tous nos cœurs.

Dix ans aujourd’hui, dix ans déjà.
Maman !

Je réagis à des assertions qui ont tendance à se propager ces derniers jours dans le cercle assez large de mes contacts sur les réseaux sociaux. Certains s’autorisent à asséner aux autres que Jésus ne serait pas né par conception miraculeuse dans le sein vierge de la jeune Marie, et que par conséquent il serait fils d’un homme – Joseph ou un autre, pourquoi pas un violeur romain d’ailleurs ? – et non pas Fils de Dieu par volonté du Père et « fiat » de la Vierge Marie. Les chrétiens qui croiraient à cette « fable » ou ce « mythe » seraient de faibles crédules voire des arriérés. Car attention : les personnes qui prétendent nous révéler l’origine 100 % humaine de Jésus sont des savants : ils sont de la caste des théologiens et des exégètes, ont « travaillé » sur les textes, et donc, ils sont en mesure de nous sortir de nos pauvres ignorances. Si vous leur opposez l’orthodoxie de la foi chrétienne et votre confiance dans les Ecritures, ils vous rétorquent que les évangiles de l’enfance en Luc et Matthieu sont postérieurs au reste des textes et donc sujets à caution. Eux, les doctes et les initiés, viennent donc au secours de votre crédulité, ils revendiquent un droit d’inventaire sur les Ecritures, même les Evangiles, et se penchent vers vous pauvres incultes pour assainir votre foi.

On l’aura compris au ton de ce billet, je suis en colère. Voilà tous les doutes ancestraux sur la divinité de Jésus qui ressurgissent, et dans nos débats, l’un des pourfendeurs de la conception virginale me qualifie allègrement d’hérétique quand je défends bec et ongles les Ecritures et ma foi totale en Jésus Fils du Père et de Marie.

Combien de temps faudra-t-il encore pour que les chrétiens qui prétendent l’être se hissent enfin au niveau de la foi de Pierre ou de Marthe ?
« Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! » (Pierre)
Matthieu 16, 16
« Oui, Seigneur, je le crois : tu es le Christ, le Fils de Dieu, tu es celui qui vient dans le monde. » (Marthe)
Jean 11, 27

Ces négationnistes de la divinité de Jésus prétendent qu’elle ne réside que dans sa résurrection, et que même ses disciples n’y ont cru qu’à partir de là. Or Pierre et Marthe, malgré leurs défauts personnels, ont confessé Jésus Christ et Fils de Dieu bien avant sa résurrection !

Enfin, j’aimerais que l’on m’explique par quel phénomène magique Jésus a, de toute sa vie, été le seul et unique homme sans aucun péché s’il n’est pas le Fils de Dieu, Lui qui lui a donné dès l’origine la sainteté des intentions et des comportements, des pensées et des paroles, et la puissance déjà présente en lui de la résurrection ? Toutes dispositions innées à la sainteté qui sont absolument inaccessibles à n’importe quelle homme, par nature clivé intérieurement entre le bien et le mal.

Alors je l’affirme aujourd’hui de manière forte : oui, notre Seigneur Jésus Christ est né de la volonté suprême du Père de se donner un Fils, et de l’humble assentiment à ce projet de la toute jeune Marie, encore vierge quand la question lui a été posée, ce que les Ecritures soulignent et qui n’a d’autre intérêt que de nous assurer que Jésus n’a jamais eu aucun géniteur masculin terrestre. Naissant ainsi, il pouvait être l’Agneau sans tache propre à nous sauver du péché qui marque notre humaine condition. Si nous voulons bien avoir l’humilité de courber notre nuque devant lui en marque d’infinie reconnaissance pour sa vie si chahutée et son sacrifice ultime sur la Croix.

 

Image : L’Annonciation     El Greco     XVIe      Musée des Arts catalans de Barcelone

Le blanc des cendres

26 février 2020 | Publié par Véronique Belen dans Blog - Aucun commentaire

Ce fut un hiver sans neige, sans blanc, sans crissement sous les bottes fourrées, sans cette sensation de grand froid propre à régénérer les organismes fatigués par de trop longs mois privés de grands flots de lumière.
Ce fut une période ecclésiale sombre, ponctuée de révélations d’abus de toutes sortes, sexuels, spirituels ou pire encore, associant les deux.
Ce fut une veille de Carême traumatisante pour les catholiques par la chute brutale de son piédestal de quelqu’un qui passait déjà pour un grand saint du XXIe siècle.

Ce Mercredi des Cendres, on le désirait comme jamais pour entrer en pénitence de tant de crimes couverts en Eglise pour les pires des raisons. Pour crier vers Dieu de mettre un terme à toutes ces souffrances insupportables pour les victimes d’abus, insoutenables pour les baptisés sincèrement attachés à la sainteté du Christ. Pour revenir à Lui, à sa Parole, à ses commandements pourtant si limpides et que d’aucuns ont outrepassé avec une incroyable désinvolture. Pour retourner en soi, à la source où se croisent la conscience du bien et du mal et la foi. Pour faire mémoire des tentations du Christ au désert et lutter chacun contre les siennes propres, dans l’effort du jeûne, de la prière et de l’aumône. Un Carême plus que jamais nécessaire et bienvenu.

Je m’étais reposée un instant, et quand j’ai rouvert les yeux, la neige tombait à gros flocons. La première, et qui restera peut-être la seule de cette saison. En un instant, le jardin a blanchi. Lumière soudain du blanc à travers le gris du ciel.
Blanc du recommencement en ce  jour de l’imposition des cendres grises sur nos fronts.
J’ai pensé très fort au Psaume 50 :

Purifie-moi avec l’hysope, et je serai pur ; lave-moi et je serai blanc, plus que la neige.
Psaume 50, 9