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Je n’ai pas pour habitude de m’exprimer sur ce blog sur des sujets d’actualité, mais cette fois mon émotion est trop forte et je ne puis cacher ma colère.
Mercredi 26 août, une jeune psychologue de 30 ans a été tuée en pleine consultation dans son cabinet du centre ville d’Annecy d’un coup de fusil de chasse par un homme de 75 ans. Il n’était pas son patient, non. Le mobile du crime est abominable : la jeune psychologue allait signaler ce septuagénaire à la justice pour des faits d’agression sexuelle sur une mineure dans le cadre familial.

Le meurtrier a reconnu le coup de feu. Certes, il demeure la présomption d’innocence sur les faits d’abus sexuels sur mineure, mais je conçois difficilement qu’une adolescente, ou une personne s’exprimant à son sujet chez cette psychologue ait inventé cette histoire dans le cabinet jusqu’au point de provoquer chez la jeune professionnelle la réaction de faire remonter l’information préoccupante à la justice.

Dans le cadre de mon métier de professeure des écoles, je sais que l’on ne procède jamais à un signalement au sujet d’un enfant en danger ou déjà victime sans maintes précautions et suspicions vraiment fondées. Je n’imagine donc à aucun moment que cette jeune psychologue ait agi à la légère sans avoir de bonnes raisons de faire remonter une information préoccupante sur cette mineure.

Pourquoi ce billet de blog ?
Parce que la coupe est pleine. (suite…)

Je m’amuse d’associer ces deux mots que beaucoup confondent, tout comme les fêtes auxquelles ils correspondent. Ascension, la montée au Ciel de Jésus quarante jours après sa résurrection, fêtée en mai, Assomption, la montée au Ciel de Marie en son corps incorrompu à sa mort, ou « dormition » pour les orthodoxes, fêtée le 15 août.

Si je les associe, c’est qu’hier, 15 août, j’ai fait pour la première fois l’ascension du sommet le plus proche de mon domicile, le Petit Ballon d’Alsace, qui domine fièrement ma vallée. Douze kilomètres de montée harassante en compagnie de mon fils et de ma fille aînée, un parcours de toute beauté, ponctué de forêts, prairies, auberges de montagne, troupeaux à sonnailles, paysages splendides, nuages menaçants mais ne donnant pas une goutte de pluie… Il fallait monter, monter et monter encore, le corps souffrait, le mental menaçait de lâcher, mais le sommet devenait si proche que plus rien ne pouvait entamer le désir de l’effort et de la victoire sur soi-même.

Ma fille m’avait dit avant le départ : « Tu verras, Marie t’attend là-haut ! »
Alors un jour d’Assomption, je n’ai pas manqué de la supplier de me hisser jusqu’au but de ce pèlerinage éreintant.
Joie d’atteindre le sommet, d’admirer la statue de la Vierge et les vues époustouflantes, temps de pause après l’effort intense et appréhension du retour si long encore à la vue de notre village très très loin au-delà des forêts ondulantes…
Je l’avoue, le retour a été une épreuve, et pour tous les trois. De la difficulté réelle et symbolique de « redescendre de la montagne ». Les pieds et les jambes ne voulaient plus, mais étaient obligés d’avancer. Douze kilomètres encore sur huit cents mètres de dénivelé, dans l’autre sens.

Mais quelle joie aujourd’hui du défi accompli, des souvenirs montagnards plein les yeux et la tête, et de cette douce complicité avec mes enfants qui a rendu cette expédition des plus agréables malgré les difficultés qui n’ont pas manqué !

Comme je commentais dimanche 26 juillet Matthieu 13, 44-52, un extrait qui revient d’ailleurs dans la liturgie d’aujourd’hui à quelques versets près et qui comporte les paraboles du Royaume des Cieux – le trésor caché dans un champ, la perle de grande valeur et le tri des poissons dans le filet – une discussion a eu cours sur les réseaux sociaux au sujet de cet extrait et de ma méditation. Un contributeur m’a objecté que l’exégèse contemporaine, notamment les travaux du prêtre John Meier considéré comme « le spécialiste incontesté de travaux sur le « Jésus historique » », amenaient à découvrir que ces paraboles n’étaient pas de Jésus, mais des premières communautés chrétiennes ayant contribué à rédiger les évangiles vers le IIème siècle. Seules quatre paraboles en tout et pour tout seraient attribuables à Jésus lui-même dans tous les évangiles !

J’avoue que cette remarque m’a énormément fâchée. Je suis allée lire d’un peu plus près quels étaient les travaux de ce « spécialiste incontesté » qui apparemment en a écrit des pavés sur le sujet. Je ne nie pas la compétence et la rigueur intellectuelle de l’auteur qui est soulignée dans toutes les recensions de ses ouvrages. Mais je m’interroge sur la volonté de Dieu dans tout cela.

En effet, le Dieu d’Israël qui s’est fait connaître d’Abraham, de Moïse, de David et de multiples prophètes choisis toujours parmi les plus humbles du peuple aurait-il décidé, au moment d’envoyer son propre Fils, d’entourer sa vie de mystères et de la faire raconter ensuite par des rédacteurs malhonnêtes qui extrapoleraient sur ses origines, ses charismes et même ses paroles ? Car les évangiles ne sont pas n’importe quelle hagiographie bourrée de superlatifs et d’exagérations sur les vertus du saint ou de la sainte en question ! Les évangiles sont le pilier de la foi chrétienne, et je ne puis concevoir que les rédacteurs en aient été privés de la grâce de l’Esprit au point de prêter à Jésus des faits, gestes et paroles qui n’aient jamais été les siens. (suite…)

Ayant acquis cet ouvrage au moment de sa sortie, j’ai suivi sur les réseaux sociaux les débats qu’il a suscités. Mais je n’avais pas encore pris le temps de le lire. A la faveur de deux après-midis d’été successives sans projet précis, je me suis plongée dans la lecture de ce livre si franc, honnête et courageux de René Poujol. On devine derrière les mots de l’auteur un homme de bonne foi, sincèrement croyant, et pourvu des mêmes qualités que son livre qui me marque profondément. Je ne prétends pas en faire une recension, ce qui me serait bien difficile tant cet ouvrage est riche et actuel. René Poujol témoigne d’une foi catholique sans cesse remise en question non pas sur sa base solide qu’est l’amour du Christ et de l’Evangile, mais sur tout ce que signifie communément « être catholique » au XXe puis au XXIe siècle au cœur d’une Eglise par trop figée dans ses dogmes et son fonctionnement pyramidal, dans notre pays de France et aussi dans l’opinion publique souvent ignorante de la quintessence de notre foi. Je dis « notre » car moi aussi je suis baptisée et pratiquante catholique, et à lire le livre de René Poujol, j’ai ressenti un grand réconfort, comme un sentiment d’être moins seule dans mes revendications de liberté, d’esprit critique, de remise en cause de la raideur de notre doctrine et de l’Eglise-institution dans son  fonctionnement et sa parole publique.

Le grand vent de liberté et le souffle de l’Esprit Saint – oui, je le crois – qui animent ce livre nécessaire me confortent dans mes propres combats, âpres et encore plus ardus que les siens, moi qui suis femme en Eglise et ne bénéficie pas de la stature que donne à René Poujol sa longue carrière dans la presse chrétienne. J’admire d’autant plus sa liberté de ton qu’il se permet de dire ce que d’aucuns n’attendaient pas de lui dans les milieux catholiques divers qu’il a très largement fréquentés. (suite…)


Ce dialogue est composé uniquement d’extraits des lectures liturgiques du Dimanche 21 juin 2020

Jérémie 20, 10-13 ; Psaume 68 (69), 8-10, 14.17, 33-35 ; Romains 5, 12-15 ; Matthieu 10, 26-33

Le Seigneur :

Ce que je vous dis dans les ténèbres,
dites-le en pleine lumière ;
ce que vous entendez au creux de l’oreille,
proclamez-le sur les toits.
Rien n’est voilé qui ne sera dévoilé,
rien n’est caché qui ne sera connu.

La créature :

Par un seul homme,
le péché est entré dans le monde,
et par le péché est venue la mort.

L’amour de ta maison m’a perdu ;
on t’insulte, et l’insulte retombe sur moi.

Mais le Seigneur est avec moi, tel un guerrier redoutable :
mes persécuteurs trébucheront, ils ne réussiront pas.
Leur défaite les couvrira de honte,
d’une confusion éternelle, inoubliable.

Réponds-moi, Seigneur,
car il est bon, ton amour ;
dans ta grande tendresse, regarde-moi.

Le Seigneur :

Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes,
moi aussi je me déclarerai pour lui
devant mon Père qui est aux cieux.
Mais celui qui me reniera devant les hommes,
moi aussi je le renierai
devant mon Père qui est aux cieux.

La créature :

Le Seigneur écoute les humbles,
il n’oublie pas les siens emprisonnés.
Que le ciel et la terre le célèbrent,
les mers et tout leur peuplement !