Site de Véronique Belen
Header

Blog


Ce dialogue est composé uniquement d’extraits des lectures liturgiques du Dimanche 21 juin 2020

Jérémie 20, 10-13 ; Psaume 68 (69), 8-10, 14.17, 33-35 ; Romains 5, 12-15 ; Matthieu 10, 26-33

Le Seigneur :

Ce que je vous dis dans les ténèbres,
dites-le en pleine lumière ;
ce que vous entendez au creux de l’oreille,
proclamez-le sur les toits.
Rien n’est voilé qui ne sera dévoilé,
rien n’est caché qui ne sera connu.

La créature :

Par un seul homme,
le péché est entré dans le monde,
et par le péché est venue la mort.

L’amour de ta maison m’a perdu ;
on t’insulte, et l’insulte retombe sur moi.

Mais le Seigneur est avec moi, tel un guerrier redoutable :
mes persécuteurs trébucheront, ils ne réussiront pas.
Leur défaite les couvrira de honte,
d’une confusion éternelle, inoubliable.

Réponds-moi, Seigneur,
car il est bon, ton amour ;
dans ta grande tendresse, regarde-moi.

Le Seigneur :

Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes,
moi aussi je me déclarerai pour lui
devant mon Père qui est aux cieux.
Mais celui qui me reniera devant les hommes,
moi aussi je le renierai
devant mon Père qui est aux cieux.

La créature :

Le Seigneur écoute les humbles,
il n’oublie pas les siens emprisonnés.
Que le ciel et la terre le célèbrent,
les mers et tout leur peuplement !

Qu’ils sont grands, tes bienfaits !
Tu les réserves à ceux qui te craignent.
Tu combles, à la face du monde,
ceux qui ont en toi leur refuge.

Tu les caches au plus secret de ta face,
loin des intrigues des hommes.
Tu leur réserves un lieu sûr,
loin des langues méchantes.

Aimez le Seigneur, vous, ses fidèles :
le Seigneur veille sur les siens ;
mais il rétribue avec rigueur
qui se montre arrogant.

Ps 30 (31), 20, 21, 24
Textes liturgiques©AELF

Ce psaume, comme beaucoup d’autres, est bien réconfortant quand on souffre pour le Seigneur et la Vérité.
Pendant de longues années, j’ai affronté les intrigues et les langues méchantes dans le milieu du travail ou ailleurs. Quelle paix dans ma quasi retraite, dans le lieu sûr où j’ai été appelée à vivre il y a vingt-cinq ans maintenant avec une telle empreinte de la Providence que je n’ai jamais douté que Dieu me veuille là et pas ailleurs ! J’expliquais dernièrement à un interlocuteur prêtre qu’en tant que femme, je ne me sentais pas appelée, même pour le témoignage chrétien, à aller par les chemins pour évangéliser. Je ne perçois pas là mon charisme de femme. Une maison, presque un cocon à soigner et rendre agréable pour qui y vit et y vient, et l’expression suspendue à un clavier en matière de témoignage de foi, voilà qui suffit à satisfaire le Père et le Fils dans ma propre vocation. Et je crois qu’en Eglise, surtout de nos jours, on a parfois tort de prétendre que les vocations chrétiennes sont à dissocier du genre. Disant cela, je risque de me faire quelques ennemi(e)s. Ce qui m’apparaît personnellement clairement, c’est que ma vocation n’est pas l’itinérance pour le témoignage chrétien ni même un quelconque mandat en Eglise. Par contre, n’étant entrée dans aucun Ordre, je revendique très fortement le droit de n’être mise sous la tutelle d’absolument aucun homme, fût-il prêtre, évêque ou même pape. Libre je suis et je resterai. Un peu à la manière d’une béguine flamande en son temps… Et ainsi, il ne me déplaît pas d’être cachée au plus secret de la face du Seigneur. Solitaire mais infiniment libre.

Solitaire, je le suis aussi face à la horde des innombrables faux prophètes et faux voyants soit-disant chrétiens en tout genre. Les croisant inévitablement sur le net en raison de la propagande dont ils/elles bénéficient, je me donne un peu de temps pour en lire des bribes. Consternation. Tant devant leurs assertions hallucinées qu’en raison des foules aveuglées qui les suivent.

J’ai remarqué quelques traits caractéristiques qui se retrouvent chez à peu près tous : (suite…)

Ma voix inaudible

6 juin 2020 | Publié par Véronique Belen dans Blog - Aucun commentaire

J’en ai rêvé cette nuit : je me trouvais avec mes anciennes collègues, j’avais des choses importantes à leur dire et ma voix se tarissait en un souffle sans aucun son.
Ce rêve aurait-il fait écho aux débats plutôt stériles de ces derniers jours sur les réseaux sociaux ?

Il y a vingt ans, quand le Seigneur s’est manifesté de manière indubitable et bouleversante dans ma prière, j’ai eu la naïveté de croire que mon expérience serait une chance pour l’Eglise et pour le monde. Voilà qu’Il venait me révéler tant de secrets intimes sur sa délicieuse personne, qu’Il était là, tout proche, pour répondre à mes mille et une questions spirituelles et existentielles, qu’Il se manifestait encore et encore pour que jamais plus je ne puisse douter de son Etre débordant de vie, de la relation filiale éternelle entre le Père et le Fils, et de la place si douce de ma pauvre personne contre leurs deux cœurs si pleins d’amour ! J’avais envie de crier au monde entier que Dieu Est, que le Christ Jésus est bien le Fils de la promesse, que l’Esprit envahissait toute mon âme pour que j’en témoigne jusqu’à la limite de mes forces. Mais au vu de la réaction du curé de ma paroisse, de mon mari et d’une amie athée à mes premières confidences, j’ai compris assez vite que mon expérience n’était pas la bienvenue, et même tout au contraire. Remise en question de ses prérogatives d’intermédiaire obligé entre Dieu et moi pour le curé, jalousie non dénuée de violence de mon mari, refus d’entendre qu’il puisse exister une vérité immuable et un Dieu qui me comble pour mon amie athée, la descente aux enfers de l’incompréhension généralisée s’est vite amorcée, et ces trois-là ont été les premiers à désirer pour moi internement et camisole chimique qui leur économiseraient une remise en question de leurs propres certitudes.

Ce processus a été long, dévastateur, infiniment douloureux, et pas que pour moi d’ailleurs. Cependant, jamais plus ma foi n’allait faiblir. Jamais plus je ne pourrais renier le Dieu Trinité. (suite…)

Hier était une journée de jeûne et de prière interreligieuse pour implorer le Seigneur de mettre fin à la pandémie de Covid-19.
Le soir venu, j’ai regretté dans mon oraison de ne pas y avoir clairement participé. Jeûner de nourriture, c’est quelque chose que je fais peu. Prier, ce jour-là, je m’y suis peu consacrée aussi, occupée entre la visite d’un accordeur pour mon piano et la joie de lui découvrir un son magnifique sous les doigts virtuoses de cet artiste, moi qui ne suis qu’une débutante hésitante, puis du ménage, puis quelques exercices au piano… A vrai dire, on a toujours mille excuses pour zapper un peu la prière au cours d’une journée bien remplie.

Mais je suis très très loin d’être indifférente à cette tragique pandémie qui m’a arraché une amie partie en moins d’une semaine, a fait trembler toute ma famille et mes amis pour un jeune être cher finalement guéri quelques jours avant Pâques, et a supplicié la région où je vis pendant de longues semaines de grande tension dans les hôpitaux et d’interminables listes d’avis mortuaires.
Alors hier soir, j’étais un peu honteuse devant le Seigneur de n’avoir pas marqué davantage cette journée d’intercession du 14 mai 2020. (suite…)

J’ai une très grande envie d’écrire au sujet de la miséricorde et de la justice de Dieu. Pour ne pas me lancer sans prendre en considération ce que professent les églises, je viens de lire un certain nombre d’articles qui en traitent. Or, tous me laissent sur ma faim, même les écrits du pape François qui ont été déjà très abondants sur ce thème, notamment à l’occasion de l’année sainte de la Miséricorde en 2015-2016. Pendant ce jubilé-là, on a entendu surabondance de discours sur la miséricorde de Dieu, point n’est besoin d’y revenir, chacun en retrouvera très facilement les références, et il me semble que sous le pontificat de notre pape actuel, cette notion de miséricorde de Dieu imprègne très profondément tout le langage ecclésial, avec son influence sur la théologie contemporaine.

Or moi personnellement, j’ai une très grande faim et soif de justice, et j’attends fermement d’en être un jour rassasiée (Cf. Matthieu 5, 6).

J’ai constaté, dans tous les articles que les moteurs de recherche m’ont proposés à lire, une sorte de broderie autour du fait que la justice de Dieu serait en fait magnifiée par sa suprême miséricorde, qu’étant tous pécheurs, nous avions tous besoin de la miséricorde de Dieu pour nous relever et nous pardonner, et qu’en conséquence, être nous-mêmes miséricordieux les uns avec les autres, ce serait déjà avoir part à la justice de Dieu, sa miséricorde surpassant toujours notre sens parfois étroit de la justice. Certes. Et j’ajoute : Oui mais…

Oui mais, car revient comme un leitmotiv dans ces démonstrations la référence à l’épisode de la femme adultère en Jean 8, 2-11 et la fameuse conclusion de Jésus :

« Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus. »

Prenant cet exemple, les prédicateurs semblent toujours avoir tout dit. Or je voudrais souligner que cette femme, même adultère, n’est pas l’incarnation même du péché. Car enfin, si elle a commis l’adultère, c’est bien qu’un homme l’a commis avec elle. Où est-il, celui-là, dans cet extrait d’évangile ? Lequel des deux était le plus à l’initiative de cet adultère ? Quelle parole le Seigneur aurait-il eue pour l’homme adultère ? Nous n’en savons rien du tout ! (suite…)