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Double grâce

20 novembre 2018 | Publié par Véronique Belen dans Blog - Aucun commentaire

La journée avait été bonne, une formation dans la camaraderie, une bonne nouvelle pour mon école ce matin, plusieurs tâches accomplies enfin et l’agenda qui s’allège un peu… Bonne humeur, bonne journée. L’esprit plus libre, le temps pour la messe de semaine dans ma paroisse, l’église moins froide que d’habitude, une première lecture que j’affectionne particulièrement dans l’Apocalypse et, dans l’Evangile du jour, Zachée qui me rappelle un refrain que chantaient mes enfants avec leur catéchiste quand ils étaient petits :
« Zachée, Zachée, pourquoi te cacher ? Zachée descends vite, chez toi je m’invite ! »
Je repense aussi, amusée, à un impossible virelangue : « Jésus soupa chez Zachée » (Allez-y, essayez plusieurs fois de suite à haute voix ! ).

Bref, un épilogue heureux à une bonne journée. Je m’avance pour recevoir le Corps du Christ, et là, pour la première fois de toute ma vie… le prêtre me met dans la main deux hosties au lieu d’une!

Double grâce, double joie, double reconnaissance.

Alléluia !

Tellement mignon !

12 novembre 2018 | Publié par Véronique Belen dans Blog - Aucun commentaire


C’est tellement mignon qu’il faut que je le partage ici.
Mes petits élèves de CP commencent à savoir déchiffrer des syllabes et des mots, et pour corser l’affaire, ils en créent eux-mêmes avec leurs petites étiquettes pour les lire ensuite et me les soumettre. Et voilà ce que je découvre sur la table d’un petit garçon… J’adore !

Les pommes moches

10 novembre 2018 | Publié par Véronique Belen dans Blog - Aucun commentaire

Je poussais mon caddie en quête de fruits et légumes, et je suis tombée sur l’offre de la semaine : les « pommes moches ». Franchement, cela m’a tellement amusée que j’ai pris l’affiche en photo. Et puis, à y regarder de plus près, elles n’étaient pas si moches que ça, ces pommes-là. Tachetées ici ou là, oui, de calibres différents, certes, mais à les observer, j’ai imaginé d’emblée la bonne compote que je pourrais en tirer. Et d’en prendre deux bons kilos.

Voilà, ma compote m’attend pour le dessert, bien appétissante. Et je songe à la disgrâce dont on a affublé ces pauvres pommes : « moches ». Sans aucun égard.

Qui a des égards pour les personnes qui ne correspondent pas aux canons de la beauté ? La cruauté du monde m’étreint parfois le cœur. Je me souviens de ces bals, naguère, où les jeunes gens faisaient leur marché parmi les jeunes filles. Quels étaient donc leurs critères de choix ? Il y avait celles qui « faisaient banquette ». Assises au bord de la piste de danse tandis que les autres s’amusaient et s’enlaçaient, elles avaient le temps de ressasser leurs complexes et leurs blessures d’adolescence face aux moqueries dans les cours de collèges. Et cela continuait, indéfiniment. Elles n’avaient guère le choix d’une relation parmi les jeunes hommes beaux et brillants. Il leur fallait attendre, patiemment ou non, les garçons relégués aussi et qui avaient déjà essuyé plusieurs refus des jolies filles.

Nous pouvons avoir une certitude : Dieu ne regarde pas ainsi ses créatures. Sous les fards et les coupes à la mode comme sous les traits disgracieux, il voit les cœurs, et rien ne lui échappe. Il voit ce qui, en nous, est beau, en tout premier. Tout comme j’ai découvert des pommes fermes et savoureuses rien qu’en les épluchant. Ne jamais s’arrêter à l’enveloppe extérieure. Il voit aussi ce qui, même sous de belles apparences, peut être moche en nous. L’acuité de son regard peut nous transpercer l’âme de façon foudroyante. Par grâce, en un instant, on prend conscience de son néant. Et on s’en repent. Miracle toujours donné du sacrement de la réconciliation. La créature en est renouvelée, et souvent, la beauté intérieure déborde alors des yeux lavés et du sourire retrouvé.

Les pommes moches.

Dieu lui, jamais, ne nous étiquettera.

Au feu rouge

3 novembre 2018 | Publié par Véronique Belen dans Blog - Aucun commentaire

J’avais de la route à faire. Il avait plu, et même neigé. Conditions de circulation difficiles.
J’étais en train d’arriver à ma première étape. Dans cette ville qu’il me fallait traverser de bout en bout, pas de chance, tous les feux passaient au rouge à mon arrivée. S’énerver un peu, et puis patienter.
Et soudain, à cette intersection-là, devant l’église, mes yeux se sont arrêtés sur un petit autocollant, juste en-dessous du feu qui ne voulait pas passer au vert.
« Jésus t’aime, oui, toi ! »
Voilà. C’était aussi simple que cela, mais délicat de me le rappeler.
Il m’aimait. Moi.
J’ai fini mon trajet la joie au cœur.

Depuis des mois, en secret, je contactais ses meilleurs amis : quand toutes les feuilles seraient rousses, comme elle qui a toujours pétillé du feu de sa joie de vivre, elle aurait vingt ans. Une occasion qu’on ne pouvait pas manquer. Je ne sais pas mentir, alors cela a été un peu difficile de dissimuler l’événement et de détourner ses projets jusqu’au bout. Parce qu’il faudrait que cette fête d’anniversaire soit une inoubliable surprise et qu’elle ne se doute de rien jusqu’au bout.

En son absence, elle qui étudie dans le « ville rose », j’avais plaisir à anticiper les courses de déco et de tout ce qu’il faudrait pour faire vivre un gîte deux jours et une nuit. Le sous-sol de la maison s’emplissait d’objets hétéroclites aux couleurs de l’automne.

Jour J. La pression monte. Certains amis très chers, son frère, sa sœur sont déjà là qui donnent un coup de main pour tout installer, fignoler et préparer la salle et l’apéritif pour qu’elle soit accueillie au mieux quand elle arrivera avec son papa et sa belle-mère, vêtue de façon festive pour aller, officiellement, au restaurant en famille restreinte.

Tandis que résonne le chant d’anniversaire à son entrée tant attendue au gîte, elle sourit, très émue, mais ne pleure même pas ! Entourée d’amour et d’amitié, elle va fêter joyeusement ses vingt ans radieux, accueillant encore des amis qu’elle ne s’attendait pas à voir là, dansant, riant, savourant mets et boissons, versant des larmes quand même quand son papa lui chantera une chanson écrite par lui rien que pour elle, et qui reflète si bien les espoirs que nous portons sur sa belle personne. Rétrospective en photos et vidéos projetées de toute sa jeune vie, émotions, souvenirs, rires, ce sont vingt ans de nos vies aussi qui défilent entre ombres et éclats de lumière, événements familiaux, amicaux, festifs, scolaires…

Elle souffle ses bougies. Toute cette journée, elle a vingt ans. Et je crois bien qu’elle aura vingt ans très longtemps encore.