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Depuis plusieurs années, les affaires de pédophilie dans l’Eglise sortent de la gangue du silence coupable qui les entourait et ont fait maintes fois la une des journaux. Moins connus étaient les cas d’abus sexuels doublés d’abus spirituels sur des femmes majeures voire des religieuses. Le reportage d’Arte « Religieuses abusées, l’autre scandale de l’Eglise » il y a quelques mois a révélé de façon crue l’étendue de cet autre volet de la perversité de certains prêtres ou religieux usant et abusant de leur autorité spirituelle pour parvenir à leurs fins de prédateurs sur des femmes en situation de dépendance et souvent incapables de se défendre tant est sidérante l’attitude de leurs agresseurs.

Le livre de Claire Maximova que je viens de lire détaille au scalpel le processus d’emprise spirituelle qui conduit ici à des abus sexuels répétés, initiés dans la clôture du carmel où l’auteure avait fait profession, et aggravés par la suite quand elle vit hors de la clôture tout en désirant observer la fidélité à ses vœux carmélitains. Le récit est dur, sans concession, et l’on mesure à quel point l’innocence, l’élan de désir de sainteté et la sincérité de la foi de Claire Maximova ont été mis à mal dans un premier temps par la dureté extrême de la vie dans un carmel aux religieuses vieillissantes acceptant mal les initiatives de la jeune moniale, et dans un second temps par le travail de sape de toutes ses aspirations les plus pures par le religieux qu’elle s’évertuait à considérer comme son frère spirituel et son seul soutien dans l’Eglise. Ce dernier profite impunément, pour  la satisfaction de ses pulsions, de l’état de solitude extrême dans lequel la jeune carmélite a été laissée, abandonnée de toutes parts dans cette Eglise à laquelle elle aspirait pourtant à donner sa vie. (suite…)

Passion Yiddish

5 octobre 2020 | Publié par Véronique Belen dans Blog - Aucun commentaire

Je crois que la première fois où j’ai entendu des chants en yiddish, c’était dans le film « L’homme est une femme comme les autres ». Cette langue un peu bizarre m’a tout de suite intriguée. J’étais dans une période où je me passionnais pour la culture juive, et je me suis mise à écouter beaucoup de klezmer et de chants traditionnels. Le yiddish m’interpellait particulièrement parce que je parvenais à en comprendre des bribes grâce à ma connaissance, au moins auditive, de plusieurs dialectes germaniques. Ils ont de grandes similitudes avec le yiddish.

Récemment, j’ai découvert la chanteuse Chava Alberstein, et j’aime infiniment sa voix et son répertoire. Ce retour dans un passé d’avant-guerre qu’on devine heureux dans des chansons simples sur la vie quotidienne m’émeut, il aussi un parfum d’anecdotes familiales rurales qui se rapprochent de ce que ma mémoire a pu retenir des récits de mes grands-parents, même si nous ne sommes pas du tout de lignée juive. Le grave et le tragique s’invitent aussi dans les paroles de ces chansons, souvent des poèmes mis en musique, et je suis touchée en plein cœur par les évocations des drames de la Shoah. Le yiddish que je comprends de mieux en mieux m’aide à entrer dans l’histoire d’un peuple si tragiquement frappé.

Par passion et compassion, je réalise de temps en temps des petits clips de chansons en yiddish sur ma chaîne youtube. Pour vous partager cet univers, je vous en mets deux en lien, chers lecteurs. Puissiez-vous être aussi touchés par cet art émouvant que je le suis !

Ovnt Lid :

https://www.youtube.com/watch?v=vJUrTKFaemE

Mayn Schvester Khaye :

https://www.youtube.com/watch?v=dsJ1IgldSe8

Le froid de l’automne s’insinuant résolument dans ces derniers jours de septembre, j’ai concilié la chaleur douillette d’un plaid avec la plongée dans un bon livre. Je connais un peu l’auteur de « Propos intempestifs de la Bible sur la famille », Philippe Lefebvre, dominicain, pour suivre ses contributions sur les réseaux sociaux et avoir déjà eu quelques occasions d’échanger avec lui. Me lançant dans le lecture de cet ouvrage, je savais donc d’avance qu’il n’aurait rien de conventionnel, à l’image de son auteur qui préfère toujours le questionnement multiple à la réponse toute faite. Et ainsi, on ressort de ce livre avec tout un questionnement originé dans le foisonnement des récits bibliques, et plus aucune certitude péremptoire sur « la famille », si toutefois on en avait auparavant.

On pourrait rêver que ce livre soit lu et médité par tous les donneurs de leçons sur l’idéal chrétien de la famille qu’ils prétendent posé par Jésus lui-même dans l’Evangile. Je relève d’ailleurs que Philippe Lefebvre visite de multiples histoires bibliques et nous renvoie à bien des passages des deux Testaments, sans pour autant brandir l’arme fatale des pourfendeurs de l’union libre, du divorce et du remariage qui ont coutume de nous asséner, en sortant ces versets de leur contexte :
« N’avez-vous pas lu ceci ? Dès le commencement, le Créateur les fit homme et femme, et dit : À cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme, et tous deux deviendront une seule chair.
Ainsi, ils ne sont plus deux, mais une seule chair. Donc, ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ! »
Matthieu 19, 4-6

Non, Philippe Lefebvre nous convie à une lecture biblique bien plus exigeante et profonde que cela. Il aimerait même que des groupes de partage biblique se créent, Bible en main et pourquoi pas aussi son ouvrage, pour que nous mûrissions un peu dans le choix de nos arguments et que nous prenions conscience qu’à travers toute l’Ecriture, Dieu visite et bénit même les couples ou familles dans les situations les plus improbables et les moins « religieusement correctes. » La généalogie de Jésus devrait nous suffire pour comprendre qu’il n’est pas issu d’une longue lignée papa-maman-enfants, familles constituées comme une évidence à la sortie de l’adolescence dans le même clan, la même religion et pour une fidélité irréprochable jusqu’à la mort. Dans la généalogie de Jésus, on est très loin de ce stéréotype !

Pourquoi alors l’Eglise d’aujourd’hui s’obstine-t-elle à prêcher de façon monolithique le mariage sacramentel unique et fécond ? Cette réalité a-t-elle jamais été prépondérante dans la société passée comme elle le prétend ?

Le livre de Philippe Lefebvre vient nous procurer une bouffée d’air frais dans les débats qui ont empoisonné les milieux catholiques cette dernière décennie, laissant parfois des traces profondes de division. J’en retiens que rien ne sert de brandir des versets bibliques quand on ne se laisse pas interroger et convertir en profondeur dans sa vie et ses certitudes par la Parole de Dieu, toujours disponible et d’une infinie richesse.

C’est une passion dont certains s’étonnent de ma part mais qui remonte à loin : depuis l’enfance, la télé du dimanche après-midi en famille nous rassemblait autour des étapes du Tour de France passant malheureusement rarement par la Lorraine. Plus tard, mon mari m’a entraînée encore dans sa propre passion, il en connaissait long et m’instruisait sur les coureurs et les règles année après année. Le déménagement en Alsace et les vacances fréquentes en Haute-Savoie nous donnèrent l’occasion d’assister à maintes étapes, depuis les passages dans notre village jusqu’à des étapes mythiques au col de la Colombière où je me souviens d’avoir encouragé Miguel Indurain dans sa langue natale. Nous emmenions les enfants encore petits qui se réjouissaient de remplir leurs petits sacs de cadeaux de la caravane publicitaire, jour de fête et de joie pour eux comme pour leurs parents passionnés par la course ! Il n’en fallait pas plus pour que notre fils se passionne à son tour pour la plus belle des compétitions de cyclisme. C’est donc avec lui désormais que je vais sur les routes du Tour dès qu’il passe pas trop loin de chez nous.

Samedi, nous avons eu la chance d’assister à une étape historique : le contre-la-montre de Lure à la Planche des Belles Filles. Les routes étant fermées de bonne heure, nous sommes partis tôt et, postés dans un long virage du col de la Chevestraye, nous avons eu tout le temps de profiter de l’ambiance joyeuse et bon enfant –  il y avait énormément de monde – nous réjouir au passage de la caravane publicitaire et attendre dans la ferveur le premier coureur lancé pour son chrono. J’assistais pour la première fois à un contre-la-montre, et pour moi qui aime prendre des photos, c’était du pain bénit. J’ai pu immortaliser presque tous les coureurs, des plus anonymes aux grands champions. Le spectacle n’était pas fugace comme sur une étape habituelle, nous avons eu tout le loisir d’admirer l’effort de ces hommes extraordinaires qui donnent tout chaque jour pendant trois semaines ! (suite…)

Je l’avoue d’emblée : je n’aime pas cette fête des Eglises catholique et orthodoxe qui ne s’origine dans aucun écrit de la Bible canonique. On a brodé autour des évangiles apocryphes que je rejette absolument et puisé dans des traditions qui relèvent plus de la légende que de la vérité.

Tout cela pour nous faire croire quoi ? Que la naissance de la Vierge Marie n’est pas une naissance ordinaire, elle serait précédée de stérilité, de jeûne au désert, de visites d’anges et que sais-je encore. Tout cela pour justifier la croyance en une mère de Jésus radicalement différente des autres femmes depuis l’instant de sa conception.

Eh bien, que l’on sache que je m’érige contre cette perception de la naissance de Marie. Car toutes ces légendes farfelues ne visent qu’à la mettre à part de l’humanité et à la distinguer absolument des autres femmes qui l’ont précédée et qui lui succèdent encore.

Quoi ? Une femme née de parents ordinaires et semblable à toutes ses sœurs en humanité n’aurait donc jamais pu avoir une foi suffisante pour accepter d’accueillir en son sein le Fils de Dieu? Une jeune fille vierge sans naissance surnaturelle n’aurait donc pas été digne de porter en son sein le Messie d’Israël ?

Croire cela, c’est en fait mépriser profondément toute femme. Car je le dis et le répète : de très nombreuses jeunes filles au cœur pur, à la foi vive et au grand désir de contribuer au salut de l’humanité auraient acquiescé au projet de Dieu avec autant de grâce et de foi que Marie si elles s’étaient retrouvées dans la même situation. Aucun besoin d’être « Immaculée » à un titre particulier pour cela. Catholiques et orthodoxes commettent toujours la même erreur en voyant du surnaturel en Marie et en finissant par relativiser la différence de Jésus d’avec les autres hommes. Car enfin, qui, de Jésus ou de Marie, est né sans aucune intervention d’un géniteur masculin ? C’est Jésus et non Marie ! C’est Jésus qui est fondamentalement différent de ses frères en humanité puisqu’il ne partage pas avec eux le péché profondément inscrit dans leur chair, tandis que Marie est seulement une jeune fille ouverte à la Parole et à l’action de Dieu comme peut l’être n’importe quelle fille dans n’importe quelle culture. (suite…)