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« Dès le commencement, le Créateur les fit homme et femme » Matthieu 19,4

16 août 2019 | Publié par Véronique Belen dans Méditations bibliques

Arrêtons-nous à ce court extrait de l’évangile d’aujourd’hui :

« N’avez-vous pas lu ceci ? Dès le commencement, le Créateur les fit homme et femme,
et dit : ‘À cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme, et tous deux deviendront une seule chair.’
Ainsi, ils ne sont plus deux, mais une seule chair. Donc, ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ! »

Matthieu 19, 4-6

De quelles origines Jésus parle-t-il ici ?
Certes, de la Genèse. Adam et son épouse Eve. Et personne ne songe jamais à les séparer l’un de l’autre.
Mais cependant, revenons aussi à ces autres versets de la Genèse, justement.

Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa, il les créa homme et femme.
Genèse 1, 27

Homme et femme à l’image de Dieu ! Dieu est-il donc homme et femme ? D’où vient que les catholiques vénèrent sans sourciller une sainte Trinité toute masculine ? Le Père, le Fils et le Saint Esprit, ce dernier étant, selon notre théologie, souffle ou feu ou encore « circulation d’amour » entre le Père et le Fils.
Nous voilà bien loin d’un Dieu homme et femme ! Nous voilà bien loin de la Genèse !
Il y a pourtant, chez les Prophètes, de nombreuses allusions aux « entrailles maternelles » de Dieu, et l’évangéliste Jean dans son Prologue nous dit aussi :

Dieu, personne ne l’a jamais vu ; le Fils unique, lui qui est Dieu, lui qui est dans le sein du Père, c’est lui qui l’a fait connaître.
Jean 1, 18

De l’expression « Fils unique » employée ici, on a déduit bien vite que dans le sein du Père, aux origines, il y avait un Fils, le Verbe, et c’est tout. Mais on adore tout de même un Dieu en trois Personnes, la troisième étant curieusement considérée comme un flux immatériel entre les deux premières, le Père et le Fils. Force est de constater que la Sagesse a disparu dans cette configuration. Les chrétiens nous diront encore que la Sagesse dans le Premier Testament préfigure Jésus le Christ. Ce qui, au passage, rend bien curieuses les envolées amoureuses de Salomon qui désirait « la prendre pour épouse » (Sagesse 8, 2-21 et encore 9).

Je crois bien plutôt qu’aux origines, dans le sein du Père, il y avait le masculin et le féminin qui lui ont inspiré de créer l’homme et aussi la femme. Il y avait le Verbe, non encore incarné, et aussi la Sagesse, essence féminine distincte de Lui et non encore incarnée. Le Logos et la Sophia…

Va-t-on encore me montrer du doigt comme hérétique ? Mais où est le féminin de Dieu, s’il n’est dans cette Ruah qui sourd de Lui-même ?

Je reviens au Prologue de Jean :

Il était dans le monde, et le monde était venu par lui à l’existence, mais le monde ne l’a pas reconnu.
Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas reçu.

Jean 1, 10-11

Eh bien, au lieu de jeter la pierre aux juifs qui n’ont pas reconnu leur propre Messie il y a 2000 ans, ou encore au monde qui ne reconnaît toujours pas le Verbe de Dieu après vingt siècles de christianisme, demandons-nous si les chrétiens – et là je parle de tous les baptisés, quelle que soit leur église d’appartenance – ne sont pas sourds et aveugles à leur tour à la Sagesse du Père, absolument féminine, et incarnée dans ce siècle où nous sommes plongés. Et s’ils ne sont pas coupables de vouloir encore et toujours la dissocier du Verbe, son Bien-Aimé d’éternité.

« Ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ! »

 

Image : Jérusalem personnifiée – Enluminure – Guiard des Moulins, Bible

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8 commentaires

  • Raymond HENNINGER says:

     » le Verbe » : dans une note de la TOB, il est indiqué qu’on peut aussi traduire  » la Parole  » mais que le terme  »le Verbe » viens de l’influence du judaïsme hellénistique -et que le Verbe , le Christ, c’est  »l’expression parfaite du Père » ,  »l’image parfaite du Père – par l’incarnation il sera  »la manifestation suprême de Dieu » … en voilà donc du  »féminin » … dans l’homélie du jour de Noël, où le prologue de Jean est proclamé, j’ai déjà dit que  »le Verbe » c’est  » la Parole à l’action  » … c’est à cette recherche, à ce discernement que nous sommes appelés:  » comment, où, sous quelles modalités, dans la vie de qui »‘ voyons-nous  » La Parole en action » ? c’est, à mon avis, plus urgent que de chercher où est le féminin de Dieu

    • Véronique Belen says:

      Savez-vous ce que m’inspire votre commentaire, Raymond ? Il me fait penser à une réplique des Grecs d’Athènes à Paul (Actes 17, 32) :
      Quand ils entendirent parler de résurrection des morts, les uns riaient, et les autres déclarèrent : «Sur cette question nous t’écouterons une autre fois.» [ Fin de citation ]

      Facile de croire en la résurrection du Seigneur Jésus après vingt siècles de christianisme.
      Plus difficile d’accueillir de la part d’une femme, au XXIe siècle, une vérité jusque là jamais exprimée sur le Dieu que nous adorons… sans forcément le connaître tel qu’Il est.

      • Raymond HENNINGER says:

        que voilà une belle pirouette en utilisant, un peu abusivement, l’épisode d’Athènes ! Ben non, il n’est pas facile, en notre temps, de croire en la résurrection… j’ai plutôt tiqué au passage  » Plus difficile d’accueillir de la part d’une femme, au XXIe siècle, une vérité jusque là jamais exprimée sur le Dieu que nous adorons  » …jamais exprimée, sinon par vous -même.( ? ). prétention inouïe !!! …et puis, Véronique, je me demande quand même d’où vient votre tendance à vous victimiser parce que femme ? Je me demande quelle analyse en ferait un psychologue ou un psychanalyste ? Avez-vous conscience que vous ne tiendriez pas longtemps dans un groupe avec des personnes s’employant à réfléchir sereinement et désireuses de s’éclairer mutuellement sur tel ou tel point grâce à l’apport des uns et des autres – Pour ce qui est de connaître Dieu, c’est un long chemin sur lequel personne n’est laissé à lui même selon St Jean :  » Personne n’a jamais vu Dieu; le Fils unique, qui est dans le sein du Père, nous l’a dévoilé  » ( Jean 1, 18 ) il nous reste donc de nous mettre humblement et patiemment, à la lecture et à la relecture des quatre Evangile et de nous mettre tout aussi humblement et patiemment, à l’écoute de ce que le Christ nous  »dit » à travers des événements, des paroles et des réflexions communautaires

        • Véronique Belen says:

          Raymond, Paul n’aurait jamais été l’apôtre qu’il a été sans une expérience mystique déterminante, qu’il a d’ailleurs souvent racontée et qui a retourné sa vie. Mais peut-être n’y croyez-vous pas non plus et n’y voyez-vous que des symboles… S’il est difficile pour vous et vos compagnons de soirées de réflexion de croire en la résurrection du Christ, vous êtes les plus à plaindre de tous les chrétiens, vingt siècles après cet événement sans lequel notre foi n’a rigoureusement aucun sens.

          Quant aux psychologues et psychanalystes – qui peuvent même être des femmes, voyez-vous – j’ai peut-être un avantage sur vous : je les ai très largement fréquenté(e)s et ils / elles me savent parfaitement équilibrée désormais. Etes-vous capable d’en dire autant quant à votre connaissance de vous-même ? Savez-vous que la connaissance de soi ouvre à une meilleure perception non seulement de soi-même, mais encore des autres, du monde et même de Dieu ?

          J’en reviens à l’entourage de Paul. Très nombreux sont aussi ceux qui l’ont trouvé d’une « prétention inouïe » pour reprendre vos mots. Il n’empêche qu’il disait vrai, à part ses quelques dérives misogynes.

          Ici, je suis patiente avec vous. Ce n’est pas pour autant que vous aboutirez dans votre travail de sape de tout ce que je crois, sais, expérimente et désire partager. Sur ce site qui est mien et où je revendique ma liberté d’expression.

          • Raymond HENNINGER says:

             » Va-t-on encore me montrer du doigt comme hérétique ?  » c’est votre propos plus haut… et  » votre travail de sape  »….c’est bien là 2 exemples de votre tendance à vous victimiser… et puis, cf ls 4 dernières lignes du début de votre réponse – où avez-vous lu qu’il qu’il est difficile pour moi et mes compagnons de soirées de croire en la résurrection ? …  » Ben non, il n’est pas facile, en notre temps, de croire en la résurrection… » j’ai écris cela en pensant à des personnes que je connais, en commençant par des voisins….au fond, aux  »yeux » de Dieu, ce n’est pas, en dernier ressort, le plus déterminant si je m’en réfère à Matthieu 25, 31 à 46…

  • MAGNAN Geneviève says:

    Notre Mère la Terre et notre Père le Ciel . TOUT CE QUI EST en Haut est en Bas Tout ce qui est en Bas est en Haut… TOUT est UN. La séparation vient du Diviseur: le Diable…. L’unité se réalise avec l’Esprit Saint.

    • Véronique Belen says:

      Bonjour Geneviève,

      Votre commentaire me rappelle le discours que j’entendais en pratiquant le yoga il y a quelques années. Personnellement, ce n’est pas du tout ce que j’ai écrit ni voulu dire. Je parle de Personnes et non de vagues concepts, l’Esprit Saint, féminin, étant justement une de ces trois Personnes.
      Cordialement,

  • Raymond HENNINGER says:

    petite précision: le verset de la Genèse ne dit rien de la Trinité … dans la TOB, G n 1, 26, il y a bien  » à notre image  »,et aussi  » à notre ressemblance » suivi de » et qu’il soumette les oiseaux du ciel etc… et dans la note de la TOB, il est précisé qu’en 1, 26 et 27 cette ressemblance, cette image est signifiée par la domination de l’homme ( terme générique qui désigne l’homme et la femme ) sur la création – dans la TOB la fin du verset 27 c’est  »mâle et femelle, il les créa » et au verset 28 on peut lire » soyez féconds et prolifiques, remplissez la terre’ …. donc le début de la Genèse parle de reproduction ….



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