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Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix (Edith Stein)

8 août 2012 | Publié par Véronique Belen dans Méditations bibliques

Ce que je ressens pour elle va au-delà de la vénération due à la sainte qu’elle a été. Je ne peux le dire qu’avec les mots les plus simples : je l’aime. Comme on aimerait sa plus proche amie… Invisible à mes yeux mais si présente à mon coeur !

 

Source homélie : http://www.homelies.fr/homelie,sainte.therese-benedicte.de.la.croix.%28edith.stein%29,1768.html

Oui, je suis venu séparer l’homme de son père, la fille de sa mère ». Ce genre de versets de l’évangile nous semble spontanément difficile à vivre dans sa radicalité. L’amour d’un père et d’un fils, d’une mère et de sa fille, sont tellement fondamentaux : comment le Christ pourrait-il nous demander d’y renoncer ?

Les vies de saints sont des réponses que l’Église nous donne à méditer. Celle de sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix, Édith Stein, est édifiante. Orpheline de père à trois ans, elle est élevée, avec ses six autres frères et sœurs, par une mère exemplaire et courageuse. Très fidèle à sa foi juive, elle est un modèle pour toute la famille. « Nous pouvions lire dans l’exemple de notre mère la vraie manière de nous comporter. » disait soeur Thérèse-Bénédicte.

Mais le Seigneur Jésus avait choisi la jeune Édith. Après des années passées à la recherche de la vérité loin des chemins de la foi, Édith se convertit en lisant la vie de sainte Thérèse d’Avila. Aussitôt, elle va trouver le curé et demande le baptême : elle a fait le choix du Christ, désormais son Seigneur passe avant tout.

Il est facile d’imaginer l’émotion et le déchirement de sa mère, israélite exemplaire, quand elle a appris de sa fille la nouvelle. Il est facile d’imaginer le déchirement et l’émotion de la fille qui désirait tant ne pas blesser le cœur de sa mère. « Je suis venu séparer la fille de sa mère » a dit le Seigneur. Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix nous en donne une belle illustration, elle qui su rester fidèle à l’amour du Christ tout en respectant sa mère, tout en restant profondément unie à elle. Édith Stein a par exemple toujours continué à l’accompagner à la synagogue. Par piété filiale, elle accompagnait sa mère dans sa prière, au point que madame Stein en fut émue et disait : « Je n’ai jamais vu quelqu’un prier comme Édith ». Cette belle unité dans le Seigneur, vécue dans la souffrance mais avant tout dans la prière, nous aide à mieux lire ce verset de l’évangile. Le Seigneur n’est pas celui qui divise les familles, Jésus n’est pas venu nous opposer les uns aux autres. Dieu est celui qui crée en séparant. En séparant la fille de sa mère, en séparant l’homme de son père, il permet à chacun d’être libre, car on n’est vraiment libres que dans le Christ. Alors on peut aimer.

« Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi » dit encore Jésus. Édith Stein l’avait bien compris. Mais Jésus ajoute « celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n’est pas digne de moi ». Édith en a fait le cœur de ce qu’elle nous enseigne. Elle est devenue experte dans la « science de la Croix ». Un jour, en méditant la Passion de Notre Seigneur, elle songeait à son peuple persécuté par les nazis. Elle disait : « Je m’adressais intérieurement au Seigneur, lui disant que je savais que c’était Sa Croix qui maintenant était posée sur le peuple juif. La plupart des Juifs ne le comprenaient pas, mais ceux qui le comprenaient devaient volontairement, au nom de tous, la prendre sur eux. C’est ce que je désirais faire. Je lui demandais seulement de me montrer comment. Lorsque la méditation prit fin, je reçus la certitude intime que j’étais exaucée. J’ignorais cependant sous quel mode la Croix me serait donnée ». Il ne s’agit pas d’une pensée de solidarité qui va jusqu’à l’héroïsme : sœur Thérèse-Bénédicte avait compris que les souffrances du Christ sont plus utiles aux hommes que toutes les actions qu’on peut imaginer. Elle a donc choisi de partager ces souffrances, pour porter un fruit qui demeure. Elle disait encore : « Je suis contente de tout… La science de la Croix ne peut s’acquérir que si l’on sent réellement la Croix peser sur ses épaules. Dès le premier instant j’en étais convaincue et, en moi-même, j’ai dit: ‘Ave Crux, Spes unica’ : ‘je te salue, ô Croix, unique espérance !’ ».

Seigneur, tu nous donnes en sainte Thérèse-Bénédicte l’exemple d’une âme qui tu as conduite dans la nuit de la foi jusqu’à la lumière de ton jour. Donne-nous, à son exemple, d’accepter tout ce qui advient dans nos vies comme un don de ton amour. Aide-nous à mourir à nous mêmes pour ne plus vivre qu’en toi.

Frère Dominique

 

Autres liens :

http://www.lecarmel.org/saints/saints-et-saintes/therese-benedicte-de-la-croix.php

http://www.carmel.asso.fr/-Edith-Stein-.html

http://www.vatican.va/news_services/liturgy/saints/ns_lit_doc_19981011_edith_stein_fr.html

 

 

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2 commentaires

  • mirabelle says:

    La Paix soit avec vous !
    Ce que je ressens pour elle va au-delà de la vénération due à la sainte qu’elle a été. Je ne peux le dire qu’avec les mots les plus simples : je l’aime. Comme on aimerait sa plus proche amie… Invisible à mes yeux mais si présente à mon coeur !
    Ces lignes m’ont émuent, c’est exactement ce que je ressens à l’égard d’Edith Stein…
    mirabelle a une très grande admiration pour Sainte Thérèse Bénédicte de la Croix et vous remercie infiniment pour ces paroles qui lui vont droit au coeur…Soyez Bénie…mirabelle

  • André BONDU says:

    Comme tu l’ aimes, Véronique, Sainte Thérèse Bénédicte de la Croix – Edith Stein !
    Pour moi, on ne peut séparer ses deux noms : Elle est à la fois la sainte carmélite, entièrement donnée au Christ, et la fille d’ Israël qu’ elle est toujours restée, qui n’ a jamais renié son peup)le, la juive qui est morte martyre pour lui et avec lui..
    Après elle, il faudra attendre Aron Jean-Marie Lustiger, Cardnal de l’ Eglise catholique qui n’ a jamais renié sa judéité et est toujours resté fils d’ Israël, tout en devenant Cardinal.

    Il est beau le texte du Frère Dominique que tu cites;  » Je suis venu séparer la fille de la mère ».
    Mais, que ce fut dur pour cette dernière, cette journée du 12 octobre 1933, où elle dit à sa fille
    avant son départ : « Pourquoi l’as-tu connu (Jésus Christ)? Je ne veux rien dire contre Lui. Il aura été un homme bon. Mais pourquoi s’est-il fait Dieu? » Sa mère pleure…. Et jamais, elle n’ écrira à sa fille…

    « Laisse-moi, Seigneur, marcher sans voir sur les chemins qui sont les tiens.

    Je ne veux pas savoir où tu me conduis.

    Ne suis-je pas ton enfant ?

    Tu es le Père de la Sagesse et aussi mon Père.

    Même si tu me conduis à travers la nuit, tu me conduis vers toi.

    Seigneur, laisse arriver ce que tu veux : je suis prête, même si jamais tu ne me rassasies en cette vie.

    Tu es le Seigneur du Temps.

    Fais tout selon les plans de la Sagesse.

    Quand doucement tu appelles au sacrifice, aide-moi, oui, à l’accomplir. Laisse-moi dépasser totalement mon petit moi, pour que, morte à moi-même, je ne vive plus que pour toi !  »

    C’ est l’ acte de confiance de sainte Thérèse Bénédicte de la Croix – Edith Stein, qui guida toute sa vie de convertie et qui a été pour nous, ma femme et moi, notre acte d’ abandon à l’ Amour miséricordieux du Père,
    qui reste, après sa mort, la force divine qui me porte en cette fin de ma vie…

    Merci, Véronique, de cette belle méditation..



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