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L’Evangile et les femmes

8 mars 2012 | Publié par Véronique Belen dans Méditations bibliques

On n’en a pas toujours conscience, parce que l’Eglise elle-même a occulté cet aspect de l’Evangile au cours des siècles, mais on a beau chercher, on ne trouvera pas trace d’une aigreur contre une femme de la part de Jésus tout au long des quatre livres qui nous font connaître sa vie. Tout au plus provoque-t-il la Syro-phénicienne à approfondir la foi de sa demande avant de l’exaucer (Mt 15, 21-28,  Mc 7,24-30). En fait, les mouvements d’humeur de Jésus sont réservés soit à ses disciples auxquels il reproche la faiblesse de leur foi, soit aux scribes et aux pharisiens qui cherchent sans arrêt à le piéger et à le faire mourir.

Et il y a plus. Toutes les grandes révélations concernant le Christ ont été premièrement données par Dieu à des femmes, et non à des hommes :
–  Elisabeth a enfanté Jean- Baptiste qui est le précurseur, promesse qui avait laissé son mari Zacharie sans voix par manque de foi.
–  Marie a été visitée par l’ange Gabriel pour donner son « oui », qui n’a pas été demandé premièrement à Joseph.
–  Elisabeth reconnaît le Seigneur dans le sein de Marie, elle est la première à le faire.
–  Marie encouragera Jésus à réaliser son premier miracle aux noces de Cana.
–  Dans l’évangile de Luc, juste après avoir été méprisé dans la synagogue de Nazareth, Jésus accomplit pour première guérison celle de la belle-mère de Pierre.
–  Jésus se révèle comme Messie d’Israël à la Samaritaine.
–  Marie de Béthanie est la seule personne que l’on voie résolument assise aux pieds du Seigneur à écouter sa parole, c’est elle aussi qui aura l’intuition de son ensevelissement par l’onction de Béthanie.
–  Marthe, sa soeur,  est la première à offrir une très belle profession de foi en la résurrection lors de la mort de son frère Lazare.

Et la première à voir Jésus ressuscité est Marie de Magdala.

D’où vient donc cette idée tenace que les femmes tiendraient une moindre place dans le dessein de Dieu ?

 

Image : VIème station du chemin de croix du Mont Sainte Odile    Léon Elchinger

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7 commentaires

  • Debbie says:

    Merci de m’avoir appris des choses dans ce post.
    Je ne suis pas sûre que l’Eglise ait jamais pensé que la femme n’avait pas d’âme, pourtant. Dixit Régine Pernoud, grande historienne femme de la période médiévale.
    Et quand on dit l’Eglise, on parle de quelle église ?
    Je suis très ignorante (comme la plupart d’entre nous..) de l’histoire très longue de l’Eglise Catholique qui a changé de point de vue sur pas mal de questions au cours de la très longue élaboration de la doctrine, qui même maintenant n’est pas définitive…
    Oui, je crois aussi que les femmes ont une place très importante dans la vie et le message de Jésus, et que le Nouveau Testament insiste pour bien délimiter et séparer le rôle des sexes, en attribuant aux femmes la possibilité de voir avec les yeux du coeur, alors que pour des raisons mystérieuses, il est peut-être plus difficile pour un homme de le faire (bon, une généralisation, parce que tout le monde n’est pas pareil, certes).
    Pour le Judaïsme que je connais par mes lectures, les femmes ont une place primordiale : elles sont les garantes de la vie de la maison, la vie DE L’INTERIEUR, et qui dit « intérieur », dit « intériorité ». Elles sont les garantes du Shabbath, et garantir le Shabbat, le jour du Seigneur, n’est pas du tout une mince affaire.
    Les femmes docteur ?
    Je suis assez bien placée, tu en conviendras, Véronique, pour ne pas taper sur les femmes docteurs, mais il est diablement difficile de concilier dans un seul être le masculin ET le féminin…
    Nous aimons une certaine simplicité dans les rôles sexuels pour mieux savoir qui nous sommes. Trop de liberté tue la liberté, et sème la confusion et la zizanie dans le corps social, et ses membres.
    En ce moment, le féminin, et l’intériorité qui s’y attache, sont très attaqués dans notre société…
    Dommage.
    Pour moi, le salut viendra de la grâce des femmes de reconnaître un pouvoir, une puissance qui n’est pas celle des docteurs, et qu’elles chercheront activement pour elles, sans s’acharner dans une rivalité destructrice pour leurs hommes, et elles-mêmes, en fin de compte.
    Dans un monde utopique, les hommes auraient également la grâce ? la charité ? de reconnaître la valeur de cet autre pouvoir, à égalité avec le leur, mais sur un autre plan.
    Mais nous ne vivons pas en utopie, n’est-ce pas ?

  • André BONDU says:

    Comme vous, je me le suis toujours demandé.
    Non seulement, Jésus est apparu aux saintes femmes ( Mth. 28; 9-10 ), mais il :les a chargées d’aller annoncer la nouvelle de sa résurrection à ses frères, et de leur demander d’aller le rejoind(e en Galilée…
    Quant aux Docteurs de l’ Eglise, il ne faut jamais désespérer; Il semble que l’ Eglise ait envie de rattraper son retard. Après Thérèse de l’ Enfant Jésus, il va y en avoir une autre bientôt ( Catherine de Sienne, je crois…).
    Courage. Il y a eu du chemin de parcouru depuis le temps où l’ Eglise se demandait même si les femmes avaient une âme ..
    Cordialement.
    André BONDU:::

    • Véronique says:

      Pour sainte Catherine de Sienne, ça serait hautement justifié. J’ai lu un livre sur elle cet été, quelle magnifique personne !

  • Xavier says:

    Bonjour Véronique,

    Il faut dire que l’Ancien Testament n’est pas tendre avec les femmes. Néanmoins, il est vrai que l’Évangile opère une transformation radicale de la perception de la femme.

    Vous savez, on accuse souvent l’Église d’être misogyne. Mais que penser d’une misogynie qui a fait d’une femme (Marie), la plus belle de toutes les créatures de Dieu (anges compris) et qui a fait de certaines femmes des modèles de sainteté à suivre voire même des docteurs de l’Église ? Étrange misogynie si vous voulez mon avis…

    Bien à vous,



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