Site de Véronique Belen
Header

Homélie pour l’Ascension par le père Charles-André Sohier sur Kerit

9 mai 2013 | Publié par Véronique Belen dans Méditations bibliques

La fête de l’Ascension de Jésus porte en elle les deux piliers de notre foi chrétienne : l’incarnation et la résurrection. La Parole faite chair remonte vers le Père. Elle fait entrer dans la Trinité notre chair humaine. Le Ressuscité, remonté du séjour des morts, fait déboucher l’humanité dans l’intimité divine.

Jésus revient des enfers où il a délivré les captifs de la mort. Il ne s’est arrêté sur un palier que quelques 40 jours pour se faire reconnaître, dans la foi, par ses amis. Il emporte dans son Ascension toutes celles et ceux qui, en lui, découvrent Dieu comme son Père et notre Père. Il est le passeur de lumière, celui qui arrache Adam à la profondeur de l’abîme, pour le faire naître à la danse trinitaire.

L’ascension nous ouvre les portes de notre résurrection. En portant Jésus de Nazareth, dans sa chair ressuscitée auprès du Père, elle introduit déjà quelque chose de nous au cœur de la Trinité. Dieu s’est fait homme pour que l’homme devienne Dieu ! Le Verbe s’est fait chair pour que notre chair soit unie à la chair ressuscitée du Christ !

« C’est votre intérêt que je m’en aille » (Jean 16, 7). Il nous est bon qu’il parte, que nous ne l’ayons plus devant nos yeux. Dieu se révèle et se donne dans l’insaisissable. Dès le premier chapitre  de la Bible (Genèse 1), le 7ème jour, Il se retire ! « Dieu crée le monde comme la mer le continent : en se retirant », disait le poète Höderlin. Dieu appelle Abraham à quitter son pays vers l’ailleurs de la rencontre. Moïse ne voit que de loin la terre promise. Après la joie de la nuit de Noël, Jésus se retire dans l’anonymat des 28 années de Nazareth. Après avoir guéri le paralysé de Bethesda ou l’aveugle-né, il disparait dans la foule. Sa mission s’accomplit par sa mise au tombeau. Il ne cesse de disparaitre, comme devant les yeux des pèlerins d’Emmaüs. Dieu se révèle autant par sa présence perçue que par son absence où nous le cherchons ! Il est le Bien-Aimé du Cantique des Cantiques sans cesse trouvé et perdu. Notre Dieu Trinité est l’au-delà et l’en dedans absolu de nos vies. Il nous habite au plus profond de nous et nous entraîne plus haut !

Il vit sa toute-puissance d’aimer dans le respect le plus absolu de notre liberté ! Il  ne cesse de se retirer pour nous donner de grandir vers lui ! Le vrai message de l’ascension,  c’est que Dieu est avec nous jusqu’à la fin du monde en nous entraînant plus loin que nous-mêmes. Il est présent sans nous enfermer. Il nous accompagne pour nous dilater vers l’infini de son être.

Il est cette présence discrète et humble dans les sacrements qui nous font ressusciter dès aujourd’hui dans l’Esprit Saint ! Il est présence dans l’Eglise quand elle invite et sert l’humanité en l’ouvrant à la rencontre du Ressuscité. Il est présent dans le frère qu’est tout homme, surtout le plus pauvre. Entrons dans la joie de l’Ascension du Seigneur : elle  est déjà la nôtre !

Lectures :

Actes des Apôtres 1, 1-11
Psaume 46
Hébreux 9, 24-28; 10, 19-23
Luc 24, 46-53

Source : http://www.kerit.be/homelie.php

Vous pouvez suivre les réponses à cet article via le RSS 2.0 Vous pouvez répondre, ou faire un trackback.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *