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« Celui qui ne rassemble pas avec moi disperse. » Luc 11, 23

15 mars 2012 | Publié par Véronique Belen dans Méditations bibliques

C’est une constante dans l’histoire de Dieu et des hommes, ceux à qui Il se révèle en des intuitions profondes sont en général rejetés par la communauté des croyants comme des gêneurs qui viennent les pousser dans leurs retranchements. Le peuple de la première Alliance voulait bien observer la Loi de Moïse, pensant sincèrement par ce biais être « en règle » avec Dieu, mais quand survenaient les prophètes, ils subissaient toutes sortes de persécutions et ne parvenaient pas à faire passer leurs admonestations dérangeantes.

« Tu leur expliques toutes ces paroles  :  ils ne t’écoutent pas. Tu les appelles : ils ne répondent pas » nous dit le Livre de Jérémie ( 7, 27).

Qui, mieux que Jérémie, préfigure Jésus en son combat pour porter la parole du Père à un peuple « à la nuque raide » ?  Jésus accomplit bien plus de signes et de guérisons que les prophètes n’ont pu le faire avant lui. Mais au lieu de susciter l’admiration et l’écoute des plus observants des Juifs, il est accusé d’être « de Béelzéboul ». Eux se réclament de Dieu. Donc, dans leur logique, Jésus en qui ils ne veulent pas croire n’est pas de Dieu.

Gardons-nous de penser que parce que nous sommes chrétiens, nous sommes tous plongés dans l’Esprit Saint et la vérité tout entière, et que cette lourde erreur ne nous affectera pas.

Depuis très longtemps, je lis des débats entre catholiques ou autres chrétiens sur des forums internet. Et je constate ces dernières années une recrudescence de petites comptabilités catéchétiques, de bonne conscience à peu de frais, comme s’il suffisait d’avoir une liste des bonnes manières morales et familiales à cocher au fur et à mesure de nos louables efforts  pour s’avancer d’un coeur conquérant vers l’autel.

« Merci Seigneur de m’avoir préservé de la fange dans laquelle baigne le monde. Cette semaine, j’ai récité tant de chapelets, je suis allé manifester contre des pièces de théâtre impies, je n’ai plus honte de porter une croix en or autour du cou au travail, je t’honore comme il se doit en ne prenant pas la communion dans la main… »

Qui se soucie d’une telle comptabilité, le Seigneur ou mon petit moi ?

Pour moi, j’ai plutôt envie de faire monter vers le Christ une supplication.

« Seigneur, qu’avons-nous fait de l’héritage de l’abbé Paul Couturier ? Pourquoi sommes-nous si indifférents à la stagnation de l’oecuménisme ? Comment puis-je me réjouir de recevoir le pardon de mes péchés et de communier à ton Corps quand mon frère protestant ne peut pas partager la Table avec moi ?  Comment puis-je me réclamer de la Vérité tout entière en faisant comme si mes frères évangéliques étaient tous entièrement plongés dans l’erreur ? »

C’est il y a 2000 ans que Jésus demandait à son Père dans sa prière sacerdotale « Que tous soient un comme toi,  Père, tu es en moi et que je suis en toi, qu’ils soient en nous eux aussi, afin que  le monde croie que tu  m’as envoyé. » (Jean 17, 21)

C’est dans la marche vers l’oecuménisme que je vois la volonté du Seigneur. Pas dans un retour à des fastes d’un autre âge et des palabres rétrogrades en latin.

Image : Léonard de Vinci « La dernière Cène »

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1 commentaire

  • Debbie says:

    Je ne sais pas, là…
    Je fais partie des gens qui font.. obstacle. Je dérange.
    Ce que je vois à l’heure actuelle ? Un désir de rassembler les chrétiens qui s’appuie sur une ignorance abyssale de ce qui pouvait d’abord.. SEPARER les chrétiens, dans bien des cas…
    Un désir de rassembler qui veut faire table rase du passé.
    Est-ce bon, cela ?
    Je ne le crois pas.
    Moi, élevée Protestante, je porte en moi les préjugés de ma mère protestante qui a accouché dans un hôpital catholique, et avait peur d’être laissée pour morte en cas de problèmes.
    C’était en 1956, ça. Ma mère connaissait que dalle au Catholicisme, mais elle « savait » quand même que c’était « diabolique »…
    Notre actualité est bouleversée par des conflits financiers qui puisent dans les querelles de la Réforme autour de l’usure.
    Qui le sait ?
    Qui veut même prendre la peine de le savoir ?
    Moi, adolescente, j’ai été portée par un très beau rituel initiatique maçonnique. Avec faste, et pompes.
    Pour rien au monde, je renierais ce que cet héritage m’a apporté, qui continue à résonner en moi aujourd’hui.
    Pour moi, regardant le Catholicisme de l’extérieur, il est porteur d’une richesse qui puise loin dans le passé européen.
    Je ne me réjouis pas de le voir prendre le chemin d’une modernité obsédée le « progrès » à tout prix…
    Réactionnaire ? Probablement.
    Mais quand j’entends les sbires du Médef causer de leur désir de bâtir des « cathédrales industrielles de demain » avec l’argent du contribuable républicain, je m’interroge, là…



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