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Homélie du 7 juillet 2013 à Tamié

7 juillet 2013 | Publié par Véronique Belen dans Méditations bibliques

Isaïe 66, 10-14
Psaume 65
Galates 6, 14-18
Luc 10, 1-12.17-20

Les ouvriers de la moisson sont peu nombreux ! Souvent ou presque toujours en lisant cette parole de Jésus, on pense aux vocations « Il nous faut plus de prêtres, plus de religieux, plus de religieuses ». Oui, bien sûr ; mais, ce matin essayons de changer notre regard et notre façon de penser.

C’est à nous tous ici réunis que revient le rôle, mais je dirais plutôt la joie d’annoncer le règne de Dieu. A nous tous de nous prendre en main et d’aller de l’avant. Notre Pape François, dont beaucoup de paroles meublent cette méditation, nous dit : « Personne n’est inutile dans l’Église ; nous sommes tous nécessaires pour construire ce temple ; car personne n’est plus important dans l’Église, nous sommes tous égaux devant Dieu ».

Alors, demandons-nous comment nous vivons notre manière d’être en Église ? Sommes-nous des pierres vivantes ou des pierres lasses, ennuyées, indifférentes ? Avez-vous vu, dit le pape François, comme il est laid de voir un chrétien las, ennuyé indifférent ? Non un chrétien doit être vivant, joyeux d’être chrétien. Tout comme les 72 disciples qui reviennent tout joyeux d’avoir rempli leur mission.

Et pourquoi reviennent-ils joyeux d’avoir accompli leur mission ? Car la mission est parfois dure. Peut-être tout simplement parce qu’ils ont été choisis par le Christ ; mais beaucoup plus sûrement parce qu’ils ont trouvé, là, l’occasion de mettre en valeur au service des autres les dons que Dieu leur a donnés. Et tous nous avons des dons ; mais oui ! Et pourquoi peuvent-ils aller au milieu des loups : tout simplement parce que Jésus est avec eux. Combien se croient seuls ou se sentent parfois seuls (et ça m’arrive à moi aussi), alors que Jésus est avec chacun de nous. C’est Malraux qui a dit qu’une civilisation de l’homme seul ne dure pas très longtemps. L’homme sans Dieu est toujours l’homme seul. Nous ne réalisons pas assez combien la présence de Dieu et le fait de la partager avec d’autres peut nous apporter une grande joie.

Comment ont-ils rempli leur mission ? Nous ne le savons pas exactement. Mais ils ont mangé chez les gens, ils ont accepté leur hospitalité, ils ont parlé avec les habitants qui ont eu alors tout loisir de les voir vivre. C’est très important parce que l’Évangile doit être annoncé par le témoignage de notre vie. Combien d’hommes et de femmes, de religieux ou religieuses et de prêtres peuvent aussi bien annoncer l’Evangile par leur mode de vie, que de lui porter un puissant contre témoignage. Lanza Del Vasto disait que quiconque se hasarde à enseigner l’Évangile, risque de se voir dresser contre lui les grandes et terribles vérités qu’il a lui-même enseignées. Eh bien il faut se risquer ; sans peur !

Et cette mission ils la remplissent « gratuitement » : Jésus nous dit de ne rien emporter avec nous. Là est tout le symbole de la grâce qui doit nous animer. Avez-vous déjà vu qu’on achète la grâce : elle est le don par excellence, tant pour celui qui la donne que pour celui qui la reçoit ! Cela est d’autant plus important à souligner à notre époque où la gratuité semble diminuer dans les relations interpersonnelles et où tout se vend ou s’achète. Et qu’avons-nous à proposer au monde ? Un Dieu, qui pour être notre ami ne demande rien, si ce n’est d’être accueilli. Car en quoi consiste le message que nous voulons communiquer au monde ?

Ça c’est une question que nous devons parfois nous poser, car elle nous oblige à préciser ce qui est le plus important pour nous. Ce que nous devons annoncer c’est l’Évangile, l’Évangile qui est destiné à tous, aux pauvres bien sûr en priorité, mais à tous. Car tous ont leur pauvreté qu’ils ne veulent ou ne peuvent pas souvent reconnaître. L’Évangile qui doit nous animer du dedans, qui doit nous faire vivre. Mais aussi, et peut-être surtout, l’Évangile qui doit nous pousser à aller vers les autres. Tout cela nous invite à ne pas rester enfermés en ghettos, en petits cercles où tout ronronne ( Karl Barth disait que si l’Église n’a d’autre but que son propre service, elle porte en elle les stigmates de la mort). Tout nous invite à ne pas avoir peur d’aller à contre courant ; même si parfois il faut beaucoup de courage et de patience. Rappelez-vous ce leitmotiv que lançait Jean Paul II « N’ayez pas peur ! ». On va chercher parfois très loin le martyre : on oublie trop souvent qu’il est là, dans la perte de sa vie pour annoncer l’Evangile, pour se consacrer aux pauvres, aux oubliés, à sa famille et à tant d’autres pour l’amour de Dieu.

Alors ce matin et toute cette semaine, réjouissons-nous. Pourquoi ? Parce que nos noms sont inscrits dans les cieux ; nos noms à chacun de nous que Dieu connaît personnellement. Et que cela soit pour nous la source d’une paix profonde ; celle-là même que Dieu nous donne parce que nous le laissons entrer dans la maison de nos cœurs.

Frère Patrice

Source : http://www.abbaye-tamie.com/la_communaute/la_liturgie/homelies_tamie/homelies-2013/homelie-to-14/vue

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