Site de Véronique Belen
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Méditations bibliques

 

« Au bord des fleuves de Babylone, nous étions assis et nous pleurions,

nous souvenant de Sion  » Psaume 136

Les mots me manquent…
Seulement un immense chagrin.
Et une grande communion de prière avec tous nos frères et soeurs juifs, les familles éplorées, toute la communauté bouleversée…

Image Nymphéas de Monet

C’est une constante dans l’histoire de Dieu et des hommes, ceux à qui Il se révèle en des intuitions profondes sont en général rejetés par la communauté des croyants comme des gêneurs qui viennent les pousser dans leurs retranchements. Le peuple de la première Alliance voulait bien observer la Loi de Moïse, pensant sincèrement par ce biais être « en règle » avec Dieu, mais quand survenaient les prophètes, ils subissaient toutes sortes de persécutions et ne parvenaient pas à faire passer leurs admonestations dérangeantes.

« Tu leur expliques toutes ces paroles  :  ils ne t’écoutent pas. Tu les appelles : ils ne répondent pas » nous dit le Livre de Jérémie ( 7, 27).

Qui, mieux que Jérémie, préfigure Jésus en son combat pour porter la parole du Père à un peuple « à la nuque raide » ?  Jésus accomplit bien plus de signes et de guérisons que les prophètes n’ont pu le faire avant lui. Mais au lieu de susciter l’admiration et l’écoute des plus observants des Juifs, il est accusé d’être « de Béelzéboul ». Eux se réclament de Dieu. Donc, dans leur logique, Jésus en qui ils ne veulent pas croire n’est pas de Dieu.

Gardons-nous de penser que parce que nous sommes chrétiens, nous sommes tous plongés dans l’Esprit Saint et la vérité tout entière, et que cette lourde erreur ne nous affectera pas. (suite…)

J’ai connu bien des souffrances dans ma vie, mais pas celle que je considère comme la plus absolument intolérable. Je n’ai jamais perdu un enfant.
Alors tout ce que j’ai à offrir à ceux qui vivent cette abominable souffrance, ce sont mes larmes de compassion et cette méditation que j’ai trouvée, du frère dominicain Philippe Lefebvre.

 

L’évangile de Matthieu va nous faire entendre la voix de Rachel peu après la naissance de Jésus (Matthieu 2, 18). C’est au moment du massacre des enfants de Bethléem. Ecoutons Rachel qui pleure pour entrer dans l’espérance sans concession qu’elle annonce ainsi.

« Ainsi parle le Seigneur : Écoutez ! à Rama on entend des plaintes, des pleurs amers : c’est Rachel qui pleure à cause de ses fils ; elle refuse d’être consolée, parce qu’ils ne sont plus » (Jérémie 31, 15).

Si Rachel ne veut pas être consolée, c’est qu’elle n’accepte pas les apaisements faciles, les mots usés, elle ne veut pas que la mort devienne un thème de rhétorique ni une réalité à laquelle une parole permettrait de s’acclimater. (suite…)

J’aime beaucoup ce verset de Luc. Jésus a voulu annoncer la parole de Dieu dans la synagogue de Nazareth, son propre village, et là, tous ont été furieux contre lui, tentant de le précipiter en bas d’un escarpement pour se débarrasser de cet « empêcheur de tourner en rond ». Mais Jésus lui ne veut pas tourner en rond, justement. Il passe au milieu d’eux et il va son chemin. Quiétude de Jésus. Certitude que le Père est avec lui, que comme tous les prophètes, il ne va pas être accueilli chez lui, mais ailleurs, oui, le Père le lui a promis. Il quitte ce village où il a grandi, où il a commencé sa vie d’homme, où pour tous il n’est que le fils du charpentier – ce n’est pas Marie, dans sa parfaite humilité, qui aurait colporté partout qu’elle avait enfanté le Fils de la promesse. Jésus est aux yeux des Nazaréens un Juif observant, et rien de plus. Ce n’est pas ici qu’on lui accordera ne serait-ce que le titre de Rabbi. Qu’il reste à sa place de charpentier ! Chacun bien à sa place, et que celui-là ne vienne pas nous faire la leçon !

Il passe son chemin. Il a mieux à faire que de se quereller avec les hommes au milieu desquels il a grandi. Il sait qu’Isaïe parle de lui quand il prophétise ( Isaïe 61,1):

« L’esprit du Seigneur Yahvé est sur moi, car Yahvé m’a donné l’onction ; il m’a envoyé porter la bonne nouvelle aux pauvres, panser les cœurs meurtris, annoncer aux captifs la libération et aux prisonniers la délivrance, proclamer une année de grâce de la part de Yahvé. »

Jésus doit entrer dans sa mission d’annonce de la parole du Père, lui qui est le Verbe de Dieu. Et comme le Père connaît la dureté de coeur et d’oreille de ses enfants, il donnera des signes, des guérisons en grand nombre, pour soulager les malades mais aussi pour justifier Jésus.

Il va son chemin. Il sait que d’autres chemins croiseront le sien, et qu’à ces carrefours, il trouvera des disciples, qui discerneront en lui ce que les Nazaréens n’ont pas su comprendre.
Les scribes, les pharisiens, les docteurs de la Loi seront toujours là, en travers de son chemin. Mais rien ne l’arrêtera, car sa vie, c’est faire la Volonté du Père.

 

Nous lisons aujourd’hui en Eglise la parabole si belle du fils prodigue. (Luc 15, 1-3. 11-32)

Les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l’écouter.
Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui : « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux ! »
Alors Jésus leur dit cette parabole :
« Un homme avait deux fils.
Le plus jeune dit à son père : ‘Père, donne-moi la part d’héritage qui me revient.’ Et le père fit le partage de ses biens.
Peu de jours après, le plus jeune rassembla tout ce qu’il avait, et partit pour un pays lointain où il gaspilla sa fortune en menant une vie de désordre. Quand il eut tout dépensé, une grande famine survint dans cette région, et il commença à se trouver dans la misère. Il alla s’embaucher chez un homme du pays qui l’envoya dans ses champs garder les porcs. Il aurait bien voulu se remplir le ventre avec les gousses que mangeaient les porcs, mais personne ne lui donnait rien. Alors il réfléchit : ‘Tant d’ouvriers chez mon père ont du pain en abondance, et moi, ici, je meurs de faim !
Je vais retourner chez mon père, et je lui dirai : Père, j’ai péché contre le ciel et contre toi. Je ne mérite plus d’être appelé ton fils. Prends-moi comme l’un de tes ouvriers.’
Il partit donc pour aller chez son père. Comme il était encore loin, son père l’aperçut et fut saisi de pitié ; il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers.
Le fils lui dit : ‘Père, j’ai péché contre le ciel et contre toi. Je ne mérite plus d’être appelé ton fils…’ Mais le père dit à ses domestiques : ‘Vite, apportez le plus beau vêtement pour l’habiller. Mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds. Allez chercher le veau gras, tuez-le ; mangeons et festoyons. Car mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé.’ Et ils commencèrent la fête.

Le fils aîné était aux champs. À son retour, quand il fut près de la maison, il entendit la musique et les danses. Appelant un des domestiques, il demanda ce qui se passait. Celui-ci répondit : ‘C’est ton frère qui est de retour. Et ton père a tué le veau gras, parce qu’il a vu revenir son fils en bonne santé.’
Alors le fils aîné se mit en colère, et il refusait d’entrer. Son père, qui était sorti, le suppliait.Mais il répliqua : ‘Il y a tant d’années que je suis à ton service sans avoir jamais désobéi à tes ordres, et jamais tu ne m’as donné un chevreau pour festoyer avec mes amis. Mais, quand ton fils que voilà est arrivé après avoir dépensé ton bien avec des filles, tu as fait tuer pour lui le veau gras !’
Le père répondit : ‘Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi. Il fallait bien festoyer et se réjouir ; car ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé ! »


Est-il un texte qui nous parle mieux de l’amour du Père que celui-là ?

Il y a quelques années,  je l’ai vécu d’une manière très forte. Pour des raisons que j’ai développées dans mon livre, je m’étais coupée de ma paroisse catholique pendant plus d’une année. Non pas par caprice ou par indifférence, loin de là, c’était plutôt une souffrance intense que j’ai vécue dans les larmes, dans la douleur de la solitude spirituelle. Cela pourra paraître présomptueux et n’a d’ailleurs pas été compris par mes amis paroissiens, mais au fond de moi,  je savais que c’était un sacrifice que le Père Lui-même me demandait. Je pensais souvent à Ezéchiel qui faisait des pénitences ridicules aux yeux de ses contemporains, et pourtant elles lui étaient demandées par Dieu et elles avaient un sens profond quant à ce qu’Il voulait dire à Son peuple. (suite…)