Site de Véronique Belen
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Méditations bibliques

En ce temps-là, Jésus entra de nouveau dans la synagogue ; il y avait là un homme dont la main était atrophiée.
On observait Jésus pour voir s’il le guérirait le jour du sabbat. C’était afin de pouvoir l’accuser.
Il dit à l’homme qui avait la main atrophiée : « Lève-toi, viens au milieu. »
Et s’adressant aux autres : « Est-il permis, le jour du sabbat, de faire le bien ou de faire le mal ? de sauver une vie ou de tuer ? » Mais eux se taisaient.
Alors, promenant sur eux un regard de colère, navré de l’endurcissement de leurs cœurs, il dit à l’homme : « Étends la main. » Il l’étendit, et sa main redevint normale.
Une fois sortis, les pharisiens se réunirent en conseil avec les partisans d’Hérode contre Jésus, pour voir comment le faire périr.

Marc 3,1-6
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

Très souvent, je réfléchis à la portée des enseignements de Jésus en son temps, et à la manière dont on pourrait les transposer à notre époque. Je n’imagine pas des situations du style « What would Jesus do ? » comme certains le font de leur côté. Car le Christ Jésus ne peut revenir que dans sa gloire, et alors la question d’obéir ou non à son enseignement ne se posera plus. Tous le reconnaîtront comme le Fils du Très-Haut, et l’accepteront – ou non – comme leur Roi d’éternité. Non, ce qui m’intéresse, c’est de savoir ce que l’Esprit Saint, qui « procède du Père et du Fils » a à nous enseigner dans l’aujourd’hui de nos vies. Et comme, depuis saint Paul et les 2000 ans d’Eglise qui ont suivi, les hommes se sont beaucoup, beaucoup exprimés sur ce sujet et ont fixé entre eux toutes les règles de l’Eglise, il me plaît d’interroger plutôt la vie et les profondeurs de l’âme féminine pour chercher à discerner ce que l’Esprit veut nous enseigner aujourd’hui.
Jésus a mené un difficile combat contre les rigidités doctrinales des gardiens de la Loi de son époque. L’observance du sabbat revenait sans cesse sur le devant de la scène et a été l’alibi puissant des pharisiens pour faire persécuter et condamner Jésus. Dieu ayant donné les tables de la Loi à Moïse, dont la prescription de l’observance du sabbat le 7ème jour, Jésus était fort mal venu de se mettre à leur déclarer : « Le sabbat a été fait pour l’homme, et non pas l’homme pour le sabbat. » (Marc 2, 27) Dès lors, la guerre était déclarée contre le Fils de Dieu.

Revenons à notre époque. Quel est le problème majeur que l’Eglise catholique rencontre aujourd’hui, pourquoi se vide-t-elle, pourquoi les générations encore actives la désertent-elles ? Pourquoi ceux qui ne la quittent pas et se réclament de la stricte observance ecclésiale en matière de morale sexuelle et conjugale ne sont-ils pas forcément des témoins convaincants ? – c’est même souvent l’inverse aux yeux des non-croyants, ou tout du moins des non-pratiquants. (suite…)

Lorsqu’ils arrivèrent et que Samuel aperçut Éliab, il se dit :
« Sûrement, c’est lui le messie,
lui qui recevra l’onction du Seigneur ! »
Mais le Seigneur dit à Samuel :
« Ne considère pas son apparence ni sa haute taille,
car je l’ai écarté.
Dieu ne regarde pas comme les hommes :
les hommes regardent l’apparence,
mais le Seigneur regarde le cœur. »

1 Samuel 16, 6-7
Textes liturgiques©AELF

Je médite ce beau passage donné par la liturgie de l’Eglise depuis ce matin. Tout le monde connaît la citation du Petit Prince de Saint-Exupéry : « On ne voit bien qu’avec le coeur. L’essentiel est invisible pour les yeux. »
Il est bon de revenir encore et encore aux textes bibliques, pour se rendre compte que bien des maximes de notre quotidien y sont puisées. Qui regarde, mieux que tout homme, avec le cœur ? C’est bien notre Dieu ! Et il est important de s’en souvenir, à une époque où l’apparence prend tant de place dans l’esprit de nos contemporains. Soigner « son look », être « tendance », refuser de vieillir physiquement, avoir recours à la chirurgie esthétique… Frénésie contemporaine qui masque le fait que l’apparence n’a jamais suffi au bonheur de personne, quand au contraire la sagesse qui s’acquiert avec les années conduit à la sérénité et à la paix de cœur. C’est là le secret d’une vie réussie, tandis que l’apparence passe et, bien souvent, trompe autrui et peut aller jusqu’à nous tromper nous-mêmes.
Que voit Dieu en nous, que voit Dieu de nous, Lui qui nous connaît mieux que nous-mêmes ?
Comme dans le Livre de Samuel, où il choisit le plus petit des enfants de Jessé pour lui faire donner l’onction suprême, Dieu voit en nous ce qu’il y a d’humble, de discret, de caché. Notre cœur, voilà le livre ouvert devant les yeux aimants et perspicaces du Père. Voit-il seulement notre apparence ? Je n’en suis même pas sûre ! Mais quant aux détours de notre âme, rien ne lui en échappe. Et si c’était la raison pour laquelle les personnes retorses, menteuses, trompeuses, manipulatrices ne sont en général pas à l’aise avec l’idée même de Dieu ? Nous savons qui est le maître du mensonge. Celui-là se complaît dans les apparences trompeuses. Mais qui contemple autrui avec le même regard que Dieu n’est pas dupe longtemps des subterfuges de l’Adversaire.

Debout, Jérusalem, resplendis ! Elle est venue, ta lumière, et la gloire du Seigneur s’est levée sur toi.
Voici que les ténèbres couvrent la terre, et la nuée obscure couvre les peuples. Mais sur toi se lève le Seigneur, sur toi sa gloire apparaît.
Les nations marcheront vers ta lumière, et les rois, vers la clarté de ton aurore.
Lève les yeux alentour, et regarde : tous, ils se rassemblent, ils viennent vers toi ; tes fils reviennent de loin, et tes filles sont portées sur la hanche.
Alors tu verras, tu seras radieuse, ton cœur frémira et se dilatera. Les trésors d’au-delà des mers afflueront vers toi, vers toi viendront les richesses des nations.
En grand nombre, des chameaux t’envahiront, de jeunes chameaux de Madiane et d’Épha. Tous les gens de Saba viendront, apportant l’or et l’encens ; ils annonceront les exploits du Seigneur.

Isaïe 60,1-6
textes liturgiques©AELF

J’ai eu une joie incommensurable à lire ce texte à l’ambon pour cette fête de l’Epiphanie. Isaïe est un Prophète qui me transporte d’allégresse de bout en bout. Je suis revenue sur cet extrrait  ce matin et ai prolongé la lecture du chapitre 60.
A l’évidence, pour notre temps « Debout Jérusalem, resplendis ! » ne s’adresse pas à la ville de Jérusalem, tout importante qu’elle soit pour notre Dieu. Jérusalem a déjà eu ses heures de gloire. A notre époque, elle n’est que tensions politiques et convoitises. Et je ne suis pas de ceux qui pensent que sa splendeur reviendra comme « ville de la paix » en ce bas monde.
Les chrétiens ont décidé un jour que toutes les prophéties du Premier Testament étaient accomplies en Jésus Christ, Jérusalem devenant alors l’Eglise terrestre dans un premier temps, puis céleste au terme de l’histoire.
Je trouve cette interprétation tout autant réductrice. C’est finalement assez nombriliste de la part de l’Eglise – catholique surtout – de se croire ainsi le terme de la Révélation. Contemplons le visage que donne l’Eglise catholique romaine de nos jours : rien, dans ce chapitre 60 d’Isaïe, ne fait penser à elle.
Quant au Royaume promis par le Christ, à l’évidence, il ne sera jamais réalisé sur cette terre où nous vivons et souffrons tous pour le moment, le mal étant très puissamment à l’œuvre, avec des stratégies et des armes de plus en plus meurtrières.
Alors ?
Méditons encore cet extrait du chapitre 60, un peu plus loin : (suite…)

Grâce à la foi, Sara, elle aussi, malgré son âge,
fut rendue capable d’être à l’origine d’une descendance
parce qu’elle pensait que Dieu est fidèle à ses promesses.
C’est pourquoi, d’un seul homme, déjà marqué par la mort,
a pu naître une descendance aussi nombreuse
que les étoiles du ciel
et que le sable au bord de la mer,
une multitude innombrable.

Hébreux 11, 11
Textes liturgiques©AELF

J’aime particulièrement, dans la Lettre aux Hébreux ou la Genèse, ces passages qui nous disent que par la foi, Abraham et Sarah ont pu être exaucés dans  leur vœu le plus cher : avoir une descendance issue de leur union. Alors que cela semblait totalement improbable au vu de leur âge avancé. Quelles que soient nos familles, nous pouvons nous nourrir de leur exemple pour croire aux promesses que Dieu a chuchotées à l’oreille de notre cœur parfois dès le plus jeune âge. Et ne pas perdre de vue qu’avant Isaac naquit Ismaël, le fils de la servante, et qu’en cela, Abraham avait pourtant bel et bien transgressé les commandements du Seigneur.

Je n’ai jamais beaucoup aimé que l’on fasse du Dimanche de la Sainte Famille la glorification du trio Jésus-Marie-Joseph comme modèle de famille idéale. Parce qu’on en fait alors une famille conventionnelle qui pourtant, ne l’est pas du tout. Jésus n’est pas le fils biologique de Joseph. Il n’est pas né d’un projet commun du jeune couple, mais du Oui de Marie au projet de Dieu sur eux. Joseph a certainement dû prendre sur lui pour accepter d’élever comme sien cet enfant qui n’était pas né de son sang.
Je n’aime pas beaucoup non plus que l’on fasse de Marie dès sa vie terrestre une créature diaphane que Joseph aurait contemplée patiemment comme une madone entièrement dédiée à un Fils unique et négligeant par là-même toutes les prérogatives de sa condition d’épouse juive. D’autant plus que le canon des Ecritures ne dit absolument pas cela, mais uniquement une tradition pudibonde issue des évangiles apocryphes dans lesquels nous ne devrions rien puiser du tout. Célébrant encore et encore le trio Jésus-Marie-Joseph, nous construisons sans doute une image erronée de l’authentique Sainte Famille, composée bien plutôt d’un couple légitimement marié, d’un Fils premier-né conçu par grâce de la volonté de Dieu et de l’acquiescement de Marie, et de nombreux frères et sœurs de Jésus nés après lui de l’union féconde et aucunement peccamineuse de Marie et de Joseph. Voilà très profondément ma foi, et tant pis si elle choque de chastes oreilles catholiques plus soucieuses de la tradition que de la vérité des Ecritures. Je ne vois vraiment pas ce qu’il pourrait y avoir de glorieux dans le fait de se refuser une vie durant l’un à l’autre dans le cadre du mariage et de se fermer par là-même à la possibilité d’engendrer la vie.
Si l’Eglise catholique acceptait enfin de revoir ses doctrines irréalistes et contestables, elle gagnerait sans nul doute en crédibilité. (suite…)

HOMELIE DE NOËL

Nous sommes tous là pour célébrer Noël. Sainte et belle fête pour nous, chrétiens.

En passant, ce n’est pas pour entrer dans des logiques élitaires ou identitaires, mais il me semble, que nous devenons toujours moins nombreux… Et je ne sais pas si ce constat doit nous attrister ou plutôt nous encourager… Nous célébrons la naissance de Jésus fils de Marie, un enfant-pauvre né dans une famille pauvre, et qui, dès le début, est déjà refusée par les gens-bien et les puissants de son temps. En même temps, nous savons, par la foi, que dans cet Enfant est la lumière de Dieu, celui que, nous l’avons entendu, l’évangéliste Jean appelle : « Logos » (traduit par Verbe, Parole-de Dieu) qui vient partager notre nature humaine. C’est le grand cadeau de Dieu à l’humanité tout entière, à chacun de nous, sous des apparences très modestes : un enfant. Et nous qui sommes là nous en sommes heureux et reconnaissants.

Mais il serait trop peu d’en rester simplement l et de réduire ce jour de Noël à une occasion de joie intimiste ou, pire encore, égoïste. Nous sommes invités à la partager, cette joie, à réfléchir ensemble pour que notre joie devienne aussi joie pour les autres. Car, pour commencer, il n’est pas question de fêter cette date comme un anniversaire au milieu de tant d’autres. En effet, ce qui est curieux, c’est qu’une partie importante de gens autour de nous (même parmi ceux qui se disent chrétiens) c’est ainsi qu’ils l’entendent. Ils fêtent Noël sans trop savoir pourquoi, sans se préoccuper de comprendre de quoi il s’agit réellement. Nous le constatons : pour beaucoup, Noël est réduit parfois à un fait culturel comme tant d’autres, une occasion folklorique qui permet de briser la monotonie et la grisaille de l’hiver ; en quelque sorte, une manière de pimenter notre quotidien. À ce titre là, cette fête est adoptée même par ceux qui refusent, par principe, toute référence chrétienne et la considèrent un envahissement indu, inopportun dans la vie civile. Cela est devenu un fait assez courant. Pour eux, toute manifestation religieuse serait une atteinte dangereuse à la vie des honnêtes gens, quelque chose qui dérange.

Sur certains documents officiels important où figure une date, que ce soit 2017 ou 2018, il est conseillé de préciser : « de notre ère », dans le cas où l’on pourrait imaginer une quelconque allusion, possible, à la naissance du Christ. Ce qui est pourtant une réalité incontestable. Cette distorsion est tellement naïve qu’elle nous fait sourire. (suite…)