Site de Véronique Belen
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Méditations bibliques

Moïse disait au peuple d’Israël : « Aujourd’hui le Seigneur ton Dieu te commande de mettre en pratique ces décrets et ces ordonnances. Tu veilleras à les pratiquer de tout ton cœur et de toute ton âme.
Aujourd’hui tu as obtenu du Seigneur cette déclaration : lui sera ton Dieu ; toi, tu suivras ses chemins, tu garderas ses décrets, ses commandements et ses ordonnances, tu écouteras sa voix.
Aujourd’hui le Seigneur a obtenu de toi cette déclaration : tu seras son peuple, son domaine particulier, comme il te l’a dit, tu devras garder tous ses commandements.
Il te fera dépasser en prestige, renommée et gloire toutes les nations qu’il a faites, et tu seras un peuple consacré au Seigneur ton Dieu, comme il l’a dit.»

Deutéronome 26,16-19
Textes liturgiques©AELF

De la notion de peuple juif élu par Dieu – et qui le demeure, j’y crois – il me semble que nous sommes passés, après l’avènement de Jésus-Christ dans la chair, non pas à un peuple de chrétiens élu de façon comparable – notion qui contribue souvent à l’orgueil de l’Eglise qui s’est crue longtemps appelée au prestige – mais plutôt à un appel de personne à personne de la part de Dieu sur ceux qui veulent bien croire au Nom de son Fils – « Dieu sauve ».
Le baptême en est le signe, certes, mais vu la manière dont il est donné depuis des siècles par l’Eglise catholique en particulier – comme un dû pour certains parents d’enfants proposés au baptême, comme un « vaccin contre l’enfer » pour d’autres, comme une occasion de fête de famille encore pour d’autres – ce signe n’est de loin pas suffisant pour vivre en chrétien authentique. Et d’ailleurs nous ne pouvons que le constater, avec chagrin, dans nos paroisses : on ne revoit en général les baptisés que pour recevoir la première communion, puis ils disparaissent à nouveau jusqu’à un éventuel mariage où il se rappellent qu’ils ont déjà reçu deux sacrements et que c’est plus joli et solennel à l’église…

Bref, je ferme là cette parenthèse sur le baptême catholique qui me pose question depuis longtemps. Etre véritablement chrétien, c’est tout autre chose. C’est, comme Dieu l’attendait du peuple qu’il s’était choisi aux origines de l’alliance, « suivre ses chemins, garder ses commandements, écouter sa voix. » Cela peut concerner une assemblée réunie pour prier ensemble, écouter la Parole, la méditer et recevoir des sacrements. Mais plus encore, et j’insiste, cette attitude relève d’une réponse personnelle à un appel reçu personnellement.

Qui perçoit encore cet appel dans l’Occident d’aujourd’hui ? Je suis frappée par l’addiction au bruit de nombre de mes contemporains. Nos jeunes font leurs devoirs et leur footing avec des écouteurs sur les oreilles. La télévision s’est invitée dans les chambres à coucher et est pour beaucoup le dernier son qu’ils entendent avant de s’endormir, quand elle ne meuble pas déjà l’atmosphère familiale de toute la soirée. Quelle place pour l’écoute de la Parole de Dieu dans cette ambiance qui fuit le silence ?

La Parole de Dieu a besoin du silence.

C’est, pour qu’elle se manifeste, une condition incontournable. (suite…)

Jésus venait d’être baptisé. Aussitôt l’Esprit pousse Jésus au désert
et, dans le désert, il resta quarante jours, tenté par Satan. Il vivait parmi les bêtes sauvages, et les anges le servaient.
Après l’arrestation de Jean, Jésus partit pour la Galilée proclamer l’Évangile de Dieu ;
il disait : « Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l’Évangile. »

Marc 1,12-15

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

« Convertissez-vous et croyez à l’Évangile », ce sont les paroles qui nous ont été données ce matin, avec les Cendres sur notre front.
« Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. »
Ce qui est étrange, c’est que l’Eglise me demande de croire en l’Evangile, mais qu’elle m’ignore quand j’y crois si fort que je proclame aussi cette autre phrase. Certains me lisent, apprécient quelques billets, mais quand je me lance sur le terrain des temps accomplis et du règne de Dieu tout proche, plus personne ne me suit. On me dit poliment : « Je ne suis pas d’accord avec tout ce que tu écris », ou « Je ne te suis pas, là. » On répond « Je » par la négative. Ces « Je » ne veulent pas me suivre et me croire, et considèrent ma parole comme une idée parmi d’autres, une opinion discutable, une posture erronée due à je ne sais quel dysfonctionnement spirituel de ma part.

M’a-t-on vue, ici, fléchir dans ce que j’annonce ? Non. Je poursuis ce chemin, espérant toujours que parmi les lecteurs résistants à l’évidence se glissera peut-être un jour une âme réceptive à la vérité de l’Evangile. Jusqu’au bout des Ecritures, sans s’arrêter à la Nativité et à la Résurrection. C’est bien gentil de fêter pieusement Noël et Pâques, mais tout de même, n’y aura-t-il personne pour remarquer que le Christ Jésus est déjà ressuscité il y a 2000 ans, et qu’il est temps de l’attendre sous une autre forme, que son Ascension est déjà bien loin derrière nous, et que c’est bel et bien son retour en Gloire « pour juger les vivants et les morts » qu’il faut désormais espérer? Personne n’en a envie, parce que cela dérange nos perceptions contemporaines du monde, notre petit confort, notre idée de notre descendance, nos placements bancaires et immobiliers… Mais Dieu nous a-t-il jamais demandé notre avis avant que d’accomplir les grandes étapes de la révélation ?
Il s’est laissé infléchir par les suppliques d’Abraham sur Sodome et Gomorrhe, oui, il a demandé le « Oui » de Marie avant d’envoyer son Fils incarné dans la chair, oui, mais il ne faudrait pas pour autant prendre Dieu pour notre valet obéissant à toutes nos requêtes, et croire qu’il retardera indéfiniment l’heure de la fin des temps parce que tous ne se sont pas encore convertis. (suite…)

Au milieu d’un long réquisitoire pour un jeûne vraiment accompagné de justice et de charité, Isaïe glisse cette belle formule :
On t’appellera : « Celui qui répare les brèches »,
« Celui qui remet en service les chemins ».

J’aborde le Carême de cette année comme un temps de récollection entre la tourmente et la joie qui m’habite toujours pour la fête de Pâques, entre toutes ma préférée. L’hiver a été long, froid, humide, gris, pénible comme certains jours de mon quotidien. Le stress professionnel à son summum pour plusieurs raisons.

Jeudi dernier, je pousse pour la première fois de ma carrière la porte de la médecine de prévention au travail. C’est ainsi, les enseignants n’y ont pas droit, sauf à avoir une requête exceptionnelle et à prendre un rendez-vous hors de leurs heures de classe.
Une personne particulièrement à l’écoute et aux mots bienfaisants me reçoit pendant une heure trente. Pouvoir me confier, enfin, à un médecin du milieu qui va comprendre et ne pas juger, ne pas douter non plus de la réalité de mon malaise et des efforts parfois surhumains que je fournis. Elle écoute, comprend, me croit et me conseille. Moi qui viens à elle avec un passif d’années de mésestime subie, elle me rassure et me restaure, par quelques phrases, dans la confiance en moi. Elle s’étonne de mon calme et de mon analyse claire de la situation. Elle admire la façon dont j’ai su faire face, toutes ces années. Elle reconnaît que j’ai eu à mener un dur combat, et m’accorde du mérite.

En quittant son cabinet, les idées se bousculent dans ma tête. Ce n’est pas si souvent qu’on raconte la moitié de sa vie en quatre-vingt-dix minutes, même les détails les plus douloureux encore au souvenir. Cette grâce de la confiance en une personne donnée au service d’un patient, je l’ai, je l’ai toujours eue je crois. Il me faut peu de temps pour capter en quelqu’un la bienveillance et la compétence. Gratitude.

Rien n’est résolu, mais plus rien n’est tu. Je ne suis plus seule dans ce chaos.

J’ai compris aussi qu’avec une histoire telle que la mienne, peu de gens s’en sortent aussi bien que moi sur le plan psychique et professionnel. Rendre grâce, encore. Car ce n’est pas là l’œuvre de ma seule volonté. Il me restaure jour après jour, « Celui qui répare les brèches. » En personne, ou par prochain interposé.

Ainsi parle le Seigneur :
Si tu fais disparaître de chez toi
le joug, le geste accusateur, la parole malfaisante,
si tu donnes à celui qui a faim ce que toi, tu désires,
et si tu combles les désirs du malheureux,
ta lumière se lèvera dans les ténèbres
et ton obscurité sera lumière de midi.
Le Seigneur sera toujours ton guide.
En plein désert, il comblera tes désirs
et te rendra vigueur.

Isaïe 58, 9-11

Textes liturgiques©AELF

En ce temps-là, les disciples avaient oublié d’emporter des pains ; ils n’avaient qu’un seul pain avec eux dans la barque.
Or Jésus leur faisait cette recommandation : « Attention ! Prenez garde au levain des pharisiens et au levain d’Hérode ! »
Mais ils discutaient entre eux sur ce manque de pains.
Jésus s’en rend compte et leur dit : « Pourquoi discutez-vous sur ce manque de pains ? Vous ne saisissez pas ? Vous ne comprenez pas encore ? Vous avez le cœur endurci ?
Vous avez des yeux et vous ne voyez pas, vous avez des oreilles et vous n’entendez pas ! Vous ne vous rappelez pas ?
Quand j’ai rompu les cinq pains pour cinq mille personnes, combien avez-vous ramassé de paniers pleins de morceaux ? » Ils lui répondirent : « Douze.
– Et quand j’en ai rompu sept pour quatre mille, combien avez-vous rempli de corbeilles en ramassant les morceaux ? » Ils lui répondirent : « Sept. »
Il leur disait : « Vous ne comprenez pas encore ? »

Marc 8,14-21
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

L’évangile de Marc n’est pas celui que je lis et médite le plus souvent, et ainsi, cet extrait donné aujourd’hui à la liturgie de l’Eglise, et que je connais mal, me frappe dans l’actualité de ma vie. Je le comprends aujourd’hui sous un éclairage particulier.
Je suis à l’âge où, entre collègues, amis ou avec la famille, la perspective de la retraite revient assez régulièrement dans les conversations. On envie un peu ceux qui y accèdent, on se demande franchement quand viendra notre tour au vu des lois qui changent sans arrêt, on s’interroge sur ce que sera notre niveau de vie à ce moment-là… J’ai depuis longtemps une anxiété diffuse : j’ai travaillé toute ma vie, mais aussi élevé trois enfants et pour leur consacrer un temps suffisant, j’ai très longtemps travaillé à temps partiel voire bénéficié de congés parentaux. Je le sais bien, quand sonnera l’heure de la retraite, le compte n’y sera pas. Et Dieu sait si mon métier est éreintant et que je ne pourrai guère dépasser la soixantaine au travail.

Voici que l’Etat met à la disposition des fonctionnaires un portail numérique qui permet de faire retour sur sa carrière et de simuler le futur montant de sa pension. Je m’y suis aventurée le cœur battant, comme si j’allais affronter le couperet qui me hante depuis tant d’années. Et voilà que mes craintes se concrétisent : je ne peux prétendre dans quelques années qu’à une pension d’environ 40 %, ce qui se traduira par un léger mieux que le SMIC, mais pas beaucoup plus. Dur à recevoir, quand on a donné toute sa vie de travail pour les enfants de la nation, et qu’en outre on lui en a offert trois, qui ne sont pas pour elle des charges, bien au contraire… (suite…)

« Ce que j’ai entendu dire dans mon pays
sur toi et sur ta sagesse,
c’était donc vrai !
Je ne voulais pas croire ce qu’on disait,
avant de venir et de voir de mes yeux ;
mais voilà qu’on ne m’en avait pas appris la moitié !
Tu surpasses en sagesse et en magnificence
la renommée qui était venue jusqu’à moi.
Heureux tes gens,
heureux tes serviteurs que voici,
eux qui se tiennent continuellement devant toi
et qui entendent ta sagesse ! »

1 Rois 10, 6-8

Heureuse reine de Saba qui vit la splendeur et goûta la sagesse du roi Salomon !
Ces mots siéraient parfaitement à la fiancée du Cantique des cantiques et, les prenant à son compte, toute femme consacrée au Seigneur pourrait les déclamer d’un cœur ému à son Bien-Aimé.
« Tu surpasses en sagesse et en magnificence
la renommée qui était venue jusqu’à moi. »

Oh, ce n’est pas la richesse matérielle de Jésus qui nous impressionne, car il n’en a point ! Mais l’âme qui s’est donnée à Lui et l’approche jour après jour au creux de l’oraison est éblouie elle aussi par sa sagesse et sa magnificence !
Rares sont les âmes bénies qui ont pu contempler le Christ Jésus des yeux de l’esprit. Sainte Thérèse d’Avila en fut terrassée d’amour pour lui, c’est dire à quel point sa beauté doit surpasser toute beauté !
Pour moi, jamais mes yeux n’ont vu sa gloire et sa splendeur. Mais quant à la renommée qui était venue jusqu’à moi dès mon plus jeune âge au sujet de son amour de la vérité, de sa justice et de sa miséricorde, je dois dire que ce que j’ai trouvé en son cœur si pur et si aimant les surpasse infiniment ! Oui, le Christ Jésus notre Roi est d’une innocence, d’une justesse de sentiments et d’une authenticité insurpassables. Je ne le dis pas par ouï dire. Je le dis par expérience, par vécu, par rencontre ineffable, par connaissance intime de sa délicieuse Personne.
Qui a goûté à sa perfection tant humaine que divine ne pourra jamais plus s’émerveiller d’une créature, et ne trouvera de complicité vraie, dans l’amitié spirituelle, qu’avec ses plus authentiques et heureux serviteurs.