Site de Véronique Belen
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Méditations bibliques

Il leur dit alors : « Esprits sans intelligence ! Comme votre cœur est lent à croire tout ce que les prophètes ont dit !
Ne fallait-il pas que le Christ souffrît cela pour entrer dans sa gloire ? »
Et, partant de Moïse et de tous les Prophètes, il leur interpréta, dans toute l’Écriture, ce qui le concernait.

Luc 24, 25-27
Textes liturgiques©AELF

Pauvre Jésus ! Toute sa vie, il a été confronté à des personnes qui ne comprenaient pas qui il était, à des disciples qui se scandalisaient de l’annonce de son inéluctable Passion, à des sceptiques qui ne croyaient pas au témoignage des femmes l’ayant pourtant vu ressuscité ! Pire : ceux-là même qui connaissaient les Ecritures sur le bout des doigts n’ont fait aucun rapprochement entre sa Personne et le Messie fils de David annoncé depuis longtemps. Tout s’est passé pour Jésus comme pour Moïse confronté à des Egyptiens au cœur endurci. Le plus étonnant, c’est que nous pouvons lire que Dieu lui-même avait endurci ces cœurs-là. Ainsi de l’entourage de Jésus :
« Si je leur parle en paraboles, c’est parce qu’ils regardent sans regarder, et qu’ils écoutent sans écouter ni comprendre.
Ainsi s’accomplit pour eux la prophétie d’Isaïe : Vous aurez beau écouter, vous ne comprendrez pas. Vous aurez beau regarder, vous ne verrez pas.
Le cœur de ce peuple s’est alourdi : ils sont devenus durs d’oreille, ils se sont bouché les yeux, de peur que leurs yeux ne voient, que leurs oreilles n’entendent, que leur cœur ne comprenne, qu’ils ne se convertissent, – et moi, je les guérirai.
Mais vous, heureux vos yeux puisqu’ils voient, et vos oreilles puisqu’elles entendent !
Amen, je vous le dis : beaucoup de prophètes et de justes ont désiré voir ce que vous voyez, et ne l’ont pas vu, entendre ce que vous entendez, et ne l’ont pas entendu. »

Matthieu 13, 10-17

On s’imagine souvent que du temps de Jésus, on l’aurait écouté, aimé, suivi, loué même. Et on s’enorgueillit d’être de ceux qui croient en Lui quand on lui dit : « Seigneur, Seigneur ! »
Je voudrais cependant souligner que c’est maintenant un peu facile de croire en Lui, après vingt siècles d’Eglise et de foi chrétienne. (suite…)

Ce Jésus, Dieu l’a ressuscité ;
nous tous, nous en sommes témoins.
Élevé par la droite de Dieu,
il a reçu du Père l’Esprit Saint qui était promis,
et il l’a répandu sur nous,
ainsi que vous le voyez et l’entendez.

Actes 2, 32-33
Textes liturgiques©AELF

« Nous tous » !  Qui est, de nos jours, englobé dans cette formulation ?
Au minimum, il devrait s’agir des baptisés. Baptisés dans la mort et la résurrection du Christ Jésus, nous nous devons d’être ses témoins. Rêvons un peu : si le minimum de la foi du baptisé, c’était la résurrection du Seigneur Jésus, elle serait certes annoncée bien mieux qu’elle ne l’est de nos jours.
D’où vient la faiblesse de la foi de nos contemporains ? Je n’ai pas de réponse à cette question, seulement des hypothèses.
Peut-être que ce déficit de foi vient déjà du manque de conviction des parents qui présentent leurs enfants au baptême : certains le voient davantage comme une sorte de rite qui introduit l’enfant dans une famille, avec une fête à la clef, ou comme le sésame pour la première communion à laquelle ils vont les inscrire dans le même esprit. Et la plupart du temps, on ne voit ces enfants à la messe ni avant le jour de la première communion, ni après.
On ne peut incriminer les enfants, « l’éducation silencieuse » joue ici pleinement son rôle. Un parent qui ne confesse pas lui-même la résurrection du Seigneur, qui n’a aucune envie de lui rendre grâce en venant l’aimer au rendez-vous de l’Eucharistie transmettra difficilement la foi de vingt siècles de chrétiens qui nous ont précédés. Tout se passe comme si le baptisé d’aujourd’hui voulait volontiers de la vie après la mort, mais sans vivre, de son baptême à son enterrement, une vie de chrétien.
Disant cela, je ne suis pas seulement désappointée pour mon Seigneur ressuscité et vivant que je chéris tant et qui est si délaissé. Je crois surtout que les Ecritures sont en train de s’accomplir : (suite…)

En ce temps-là, il y avait quelqu’un de malade, Lazare, de Béthanie, le village de Marie et de Marthe, sa sœur. Or Marie était celle qui répandit du parfum sur le Seigneur et lui essuya les pieds avec ses cheveux. C’était son frère Lazare qui était malade. Donc […]

Les disciples lui dirent : « Rabbi, tout récemment, les Juifs, là-bas, cherchaient à te lapider, et tu y retournes ? » Jésus répondit : « N’y a-t-il pas douze heures dans une journée ? Celui qui marche pendant le jour ne trébuche pas, parce qu’il voit la lumière de ce monde ; mais celui qui marche pendant la nuit trébuche, parce que la lumière n’est pas en lui. » Après ces paroles, il ajouta : « Lazare, notre ami, s’est endormi ; mais je vais aller le tirer de ce sommeil. » Les disciples lui dirent alors : « Seigneur, s’il s’est endormi, il sera sauvé. » Jésus avait parlé de la mort ; eux pensaient qu’il parlait du repos du sommeil. Alors il leur dit ouvertement : « Lazare est mort, et je me réjouis de n’avoir pas été là, à cause de vous, pour que vous croyiez. Mais allons auprès de lui ! » Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), dit aux autres disciples : « Allons-y, nous aussi, pour mourir avec lui ! » […]

Comme Béthanie était tout près de Jérusalem – à une distance de quinze stades (c’est-à-dire une demi-heure de marche environ) –, beaucoup de Juifs étaient venus réconforter Marthe et Marie au sujet de leur frère. […]

Ayant dit cela, elle partit appeler sa sœur Marie, et lui dit tout bas : « Le Maître est là, il t’appelle. » Marie, dès qu’elle l’entendit, se leva rapidement et alla rejoindre Jésus. Il n’était pas encore entré dans le village, mais il se trouvait toujours à l’endroit où Marthe l’avait rencontré. Les Juifs qui étaient à la maison avec Marie et la réconfortaient, la voyant se lever et sortir si vite, la suivirent ; ils pensaient qu’elle allait au tombeau pour y pleurer. Marie arriva à l’endroit où se trouvait Jésus. Dès qu’elle le vit, elle se jeta à ses pieds et lui dit : «Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. » Quand il vit qu’elle pleurait, et que les Juifs venus avec elle pleuraient aussi, Jésus, en son esprit, fut saisi d’émotion, il fut bouleversé, et […]

repris par l’émotion, […]

Extraits de Jean 11,1-45
Textes liturgiques©AELF

Qu’est-ce donc que ce curieux passage d’évangile, allez-vous penser ?
Je me suis simplement prêtée à un petit jeu : je n’ai copié que les passages proposés à la suppression dans l’Evangéliaire pour la lecture brève de Jean 11, 1-45. Donc, ce qui reste ci-dessus, ce sont les passages « entre parenthèses » considérés comme facultatifs et que, dans certaines paroisses, le prêtre n’a pas lus aujourd’hui. Bien sûr, on ne comprend plus bien ici le récit de la résurrection de Lazare, magnifique, que j’encourage chacun à lire entièrement. Mon propos n’est pas de commenter cet événement annonciateur de la résurrection de Notre Seigneur, mais plutôt de me pencher sur ce que l’Eglise considère comme secondaire dans cet extrait d’évangile, et propose de supprimer pour qu’il ne soit pas trop long à lire.

Et comme par hasard, dans les passages supprimés, il y a presque tout ce qui concerne Marie de Béthanie. La profession de foi de Marthe est bel et bien présente dans la lecture brève. Celle de sa sœur Marie, non. On coupe aussi la phrase de Marthe qui donne à comprendre que Jésus a fait appeler Marie près de lui, comme si c’était un détail sans importance. Marie voulait rester discrètement à la maison, à pleurer son frère Lazare, mais Jésus demande à Marthe de la faire venir. Jamais je n’ai entendu un prédicateur souligner ce fait-là, qui pourtant est significatif de l’attachement du Christ pour Marie. Et c’est bien en la voyant pleurer, elle, Marie – et non pas Marthe avant elle – que Jésus est « saisi d’émotion » et qu’il se met à pleurer lui aussi. Il ne pleure donc pas seulement sur la mort de son ami Lazare, mais aussi – et c’est l’élément déclencheur – sur le chagrin de la jeune Marie. (suite…)

En ce temps-là, Jésus enseignait au temple de Jérusalem. Dans la foule, on avait entendu ses paroles, et les uns disaient : « C’est vraiment lui, le Prophète annoncé ! »
D’autres disaient : « C’est lui le Christ ! » Mais d’autres encore demandaient : « Le Christ peut-il venir de Galilée ?
L’Écriture ne dit-elle pas que c’est de la descendance de David et de Bethléem, le village de David, que vient le Christ ? »
C’est ainsi que la foule se divisa à cause de lui.
Quelques-uns d’entre eux voulaient l’arrêter, mais personne ne mit la main sur lui.
Les gardes revinrent auprès des grands prêtres et des pharisiens, qui leur demandèrent : « Pourquoi ne l’avez-vous pas amené ? »
Les gardes répondirent : « Jamais un homme n’a parlé de la sorte ! »
Les pharisiens leur répliquèrent : « Alors, vous aussi, vous vous êtes laissé égarer ?
Parmi les chefs du peuple et les pharisiens, y en a-t-il un seul qui ait cru en lui ?
Quant à cette foule qui ne sait rien de la Loi, ce sont des maudits ! »
Nicodème, l’un d’entre eux, celui qui était allé précédemment trouver Jésus, leur dit :
« Notre Loi permet-elle de juger un homme sans l’entendre d’abord pour savoir ce qu’il a fait ? »
Ils lui répondirent : « Serais-tu, toi aussi, de Galilée ? Cherche bien, et tu verras que jamais aucun prophète ne surgit de Galilée ! »
Puis ils s’en allèrent chacun chez soi.

Jean 7,40-53
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

« Jamais un homme n’a parlé de la sorte ! » Oui, c’est vrai, Jésus a sans doute été le plus grand orateur de tous les temps. Et à la différence des orateurs que nous connaissons, il n’utilisait pas la manipulation mentale et le mensonge. Différence fondamentale entre le Verbe de Dieu et les beaux parleurs dont notre époque – comme toutes les autres sans doute – est friande.

La foule reste divisée à son sujet. Croire ou non au Christ Jésus Fils de Dieu, c’est encore très clivant de nos jours.

Mais je voudrais aller plus loin. Rester simplement au niveau de ceux qui croient déjà en Lui et en sa Parole, ce qui n’est tout de même pas un exploit, 2000 ans après sa résurrection et tant de témoignages de croyants, jusque dans le martyre et la mort !
Il y a parmi les croyants au Christ un « entre soi » qui peut être détestable. Il y a cette manière de tenir pour acquises et infaillibles les piles de doctrines enchevêtrées les unes dans les autres, mêlées de dévotions populaires confinant parfois au paganisme. Il y a ce glissement de plus en plus fort dans l’Eglise catholique de ce qui devrait être son cœur – la Parole du Seigneur – vers les dévotions secondaires que l’on veut faire passer pour le centre de la foi, notamment tout ce qui concerne le culte à Marie. A force de vouloir se démarquer de la Réforme, les catholiques ont développé de plus en plus une mariologie poussée à son paroxysme depuis Jean-Paul II. (suite…)

Les impies ne sont pas dans la vérité lorsqu’ils raisonnent ainsi en eux-mêmes :
« Attirons le juste dans un piège, car il nous contrarie, il s’oppose à nos entreprises, il nous reproche de désobéir à la loi de Dieu, et nous accuse d’infidélités à notre éducation.
Il prétend posséder la connaissance de Dieu, et se nomme lui-même enfant du Seigneur.
Il est un démenti pour nos idées, sa seule présence nous pèse ;
car il mène une vie en dehors du commun, sa conduite est étrange.
Il nous tient pour des gens douteux, se détourne de nos chemins comme de la boue. Il proclame heureux le sort final des justes et se vante d’avoir Dieu pour père.
Voyons si ses paroles sont vraies, regardons comment il en sortira.
Si le juste est fils de Dieu, Dieu l’assistera, et l’arrachera aux mains de ses adversaires.
Soumettons-le à des outrages et à des tourments ; nous saurons ce que vaut sa douceur, nous éprouverons sa patience.
Condamnons-le à une mort infâme, puisque, dit-il, quelqu’un interviendra pour lui. »
C’est ainsi que raisonnent ces gens-là, mais ils s’égarent ; leur méchanceté les a rendus aveugles.
Ils ne connaissent pas les secrets de Dieu, ils n’espèrent pas que la sainteté puisse être récompensée, ils n’estiment pas qu’une âme irréprochable puisse être glorifiée.

Sagesse 2,1a.12-22

J’aime tout le Livre de la Sagesse, et cet extrait en particulier.
Mais de nos jours, je ne suis pas sûre que ce soient les « impies » qui raisonnent le plus ainsi en eux-mêmes. J’ai beaucoup d’amis non-croyants, certains même athées et anti-cléricaux farouches, et bien qu’ils me sachent profondément croyante et même donnée à Dieu, ils me respectent et ne me tendent aucun piège. Ils ne me soumettent jamais à outrages et tourments, et je passe d’agréables moments en leur compagnie. Je les aime et ils m’aiment telle que je suis, voilà tout.

Les personnes qui me haïssent le plus et me le font bien sentir sont les « super pieux ». Des traditionalistes sur les forums catholiques, des amateurs de fausses révélations mystiques et de fausses apparitions. Ceux-là sont redoutables, et oui, je peux dire que ma présence au milieu d’eux leur pèse, car je suis un démenti pour leurs idées. Souvent ligués à plusieurs contre ma personne isolée, ils se défoulent en chœur, font de l’humour douteux sur mes accointances avec le diable, prétendent que mon âme est en perdition et me dénient l’Esprit Saint au prétexte que je ne suis pas avec eux un ange de douceur et d’onctuosité. On me ressort l’hymne à la charité de saint Paul pour m’apprendre la vie… sans rien savoir de celle que je mène au quotidien.

Je crois surtout que ce qui les rend si hargneux, c’est de ne rien comprendre aux secrets de Dieu…