Site de Véronique Belen
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Méditations bibliques

Ce jour-là, le soir venu, Jésus dit à ses disciples : « Passons sur l’autre rive. »
Quittant la foule, ils emmenèrent Jésus, comme il était, dans la barque, et d’autres barques l’accompagnaient.
Survient une violente tempête. Les vagues se jetaient sur la barque, si bien que déjà elle se remplissait.
Lui dormait sur le coussin à l’arrière. Les disciples le réveillent et lui disent : « Maître, nous sommes perdus ; cela ne te fait rien ? »
Réveillé, il menaça le vent et dit à la mer : « Silence, tais-toi ! » Le vent tomba, et il se fit un grand calme.
Jésus leur dit : « Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ? »
Saisis d’une grande crainte, ils se disaient entre eux : « Qui est-il donc, celui-ci, pour que même le vent et la mer lui obéissent ? »

Marc 4,35-41

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

Une chose m’a frappée en lisant l’évangile du jour ce matin, c’est la question des disciples à Jésus qui dort dans une barque agitée par la tempête : « Cela ne te fait rien ? » Elle a immédiatement fait écho en moi à la même question posée par Marthe au Seigneur en Luc 10, 40 :
Quant à Marthe, elle était accaparée par les multiples occupations du service. Elle intervint et dit : « Seigneur, cela ne te fait rien que ma sœur m’ait laissé faire seule le service ? Dis-lui donc de m’aider. »

A priori, aucun rapport entre ces deux évangiles. A priori seulement.
Au sujet des barques dans l’Evangile, on fait souvent un parallèle avec l’Eglise. La barque agitée par les tempêtes représenterait l’Eglise mise à rude épreuve aussi par l’agitation, voire l’hostilité du monde. Et Jésus de calmer la tempête en menaçant le vent et en intimant le silence à la mer.
A ce sujet, je pense aux grands yeux limpides de bien des moines et moniales aguerris au combat spirituel. Ils ont connu, c’est indéniable, les assauts de la tempête dans leurs vies. Et pourtant, une paix, une sagesse sont là, et quand on leur transmet dans l’angoisse et l’incertitude une intention de prière, la paix de leur regard ou de leur réponse est déjà un début d’exaucement. Sérénité que l’on ne retrouve pas toujours, il faut bien le dire, dans l’Eglise soumise aux assauts du siècle.

J’en reviens à Marthe et Marie. Marthe, la tornade domestique. Accaparée, stressée dirions-nous aujourd’hui, certainement perfectionniste aussi. Elle veut recevoir son Seigneur dignement. Mais elle en fait des tonnes. Et elle s’aigrit contre sa sœur, « assise aux pieds du Seigneur, (qui) écoutait sa parole ». Et résonne son « Cela ne te fait rien ? »

La barque Eglise dans la tempête du siècle. Et Jésus qui semble dormir.
La maîtresse de maison qui prend à partie son hôte pour accuser à sa suite sa sœur passive.
Mais Jésus ne se laisse pas embarquer dans son courroux.
Le Seigneur lui répondit : « Marthe, Marthe, tu te donnes du souci et tu t’agites pour bien des choses. Une seule est nécessaire. Marie a choisi la meilleure part, elle ne lui sera pas enlevée. » Luc 10, 41-42

Le parallèle est finalement parfait avec la conclusion de Jésus au sujet de la tempête :  « Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ? »

En ces jours-là, Paul dit au peuple : « Je suis Juif, né à Tarse en Cilicie, mais élevé ici dans cette ville, où, à l’école de Gamaliel, j’ai reçu une éducation strictement conforme à la Loi de nos pères; j’avais pour Dieu une ardeur jalouse, comme vous tous aujourd’hui.
Ac 22, 3
Textes liturgiques©AELF

Nous fêtons aujourd’hui la conversion de saint Paul et je ne cite que cet extrait de la lecture des Actes des Apôtres (22, 3-16) qui est fort connue.
Je me sens proche de Paul à bien des égards. Le zèle pour l’annonce de l’Evangile et l’authenticité de ce qu’il a reçu de la part du Seigneur. A une grande différence près : il était homme, et je suis femme. Différence qui marque profondément nos charismes distincts : on n’entendra jamais ma voix sur une place publique, et sauf à me connaître dans ma vie quotidienne, on ne verra pas non plus mon visage. Il parlait, j’écris, il voyageait, je suis plutôt sédentaire, il prenait des coups physiques, je ne prends que des coups à l’âme de la part de mes détracteurs – mais non moins violents.
Il y a encore une chose qui me rapproche de Paul : c’est notre légitimité dans la foi.
Je ne suis pas une convertie de la dernière heure. Je suis d’une famille – de deux familles devrais-je dire – catholiques de manière immémoriale. A quelques jours, j’ai été baptisée par mon propre oncle, tout jeune prêtre. J’ai grandi dans les valeurs les plus chrétiennes et dans une pratique irréprochable. La foi était mon moteur principal jusqu’à mes 18 ans, elle me faisait vivre et je la vivais en actes et en vérité.
Puis je l’ai questionnée en profondeur pendant quinze ans.
Et depuis une vingtaine d’années, je la vis à nouveau de manière éminente, au quotidien, dans ma paroisse et sur l’espace public du net.
Mon développement pourra paraître bien orgueilleux. Soit. On adresse d’ailleurs souvent le même reproche à Paul…

Ce que je veux souligner par ces quelques lignes, c’est ma légitimité à parler de ce dont je parle.
Le monde – et L’Eglise – ont souvent les oreilles avides de témoignages de convertis partis du néant de la foi. Et ils ont vite fait d’en faire des héros.
Je suis consciente d’être beaucoup moins plaisante et beaucoup plus gênante. Je connais l’Eglise par cœur, et depuis toujours. Les prêtres ne sont pas pour moi des personnes « à part » et qu’il faudrait aduler. J’en avais trois dans ma famille la plus proche et je compte un certain nombre d’amis parmi eux. Je les connais donc très bien, tous différents mais aussi dans leurs points communs. Des êtres humains, c’est tout. Même si j’ai le plus grand respect pour leur sacerdoce.

Je veux donc redire aujourd’hui que tout ce que j’avance en matière de vérités de foi est conscient, vécu et réfléchi. C’est peut-être parce que la vie m’a faite on ne peut plus catholique que je suis légitime à rechercher dans ma prière et dans les autres traditions des éclats de vérité de l’Esprit Saint.

En ce temps-là, les scribes, qui étaient descendus de Jérusalem, disaient : « Il est possédé par Béelzéboul ; c’est par le chef des démons qu’il expulse les démons. »
Les appelant près de lui, Jésus leur dit en parabole : « Comment Satan peut-il expulser Satan ?
Si un royaume est divisé contre lui-même, ce royaume ne peut pas tenir.
Si les gens d’une même maison se divisent entre eux, ces gens ne pourront pas tenir.
Si Satan s’est dressé contre lui-même, s’il est divisé, il ne peut pas tenir ; c’en est fini de lui.
Mais personne ne peut entrer dans la maison d’un homme fort et piller ses biens, s’il ne l’a d’abord ligoté. Alors seulement il pillera sa maison.
Amen, je vous le dis : Tout sera pardonné aux enfants des hommes : leurs péchés et les blasphèmes qu’ils auront proférés.
Mais si quelqu’un blasphème contre l’Esprit Saint, il n’aura jamais de pardon. Il est coupable d’un péché pour toujours. »
Jésus parla ainsi parce qu’ils avaient dit : « Il est possédé par un esprit impur. »

Marc 3,22-30

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

Voilà l’un des passages les plus difficiles à comprendre et à admettre de tout l’Evangile.
Habituellement, on prêche ou on écrit que tout sera pardonné en Jésus, sauf le fait de refuser son pardon et son amour. Que celui qui s’obstinera à ne pas accepter – solliciter – le pardon de Dieu restera dans son péché.
A la lecture de cet extrait, de ce qui le précède et de ce qui le suit, je ne suis pas du même avis. L’interprétation de l’Eglise me semble singulièrement édulcorée.
D’une part, on ne voit pas ici Jésus pardonner des péchés, mais chasser des esprits mauvais et guérir des maladies. Et parce qu’il fait cela, les scribes l’accusent d’agir par le chef des démons, c’est-à-dire qu’ils rejettent en lui toute trace d’Esprit Saint, toute manifestation de sa divinité en son humanité incarnée.
C’est bien plutôt le fait de lui refuser cette puissance de l’Esprit Saint en lui, de postuler qu’il est possédé d’un esprit impur, qui constitue le blasphème contre l’Esprit. Ces scribes font preuve à son égard d’une malveillance extrême et veulent le discréditer auprès de tout le peuple qui commence pourtant à le suivre. C’est un peu plus grave que de « refuser son amour » ! (suite…)

Debout, Jérusalem, resplendis ! Elle est venue, ta lumière, et la gloire du Seigneur s’est levée sur toi.
Voici que les ténèbres couvrent la terre, et la nuée obscure couvre les peuples. Mais sur toi se lève le Seigneur, sur toi sa gloire apparaît.
Les nations marcheront vers ta lumière, et les rois, vers la clarté de ton aurore.
Lève les yeux alentour, et regarde : tous, ils se rassemblent, ils viennent vers toi ; tes fils reviennent de loin, et tes filles sont portées sur la hanche.
Alors tu verras, tu seras radieuse, ton cœur frémira et se dilatera. Les trésors d’au-delà des mers afflueront vers toi, vers toi viendront les richesses des nations.
En grand nombre, des chameaux t’envahiront, de jeunes chameaux de Madiane et d’Épha. Tous les gens de Saba viendront, apportant l’or et l’encens ; ils annonceront les exploits du Seigneur.

Isaïe 60,1-6
Textes liturgiques©AELF

On lit ce texte pour l’Epiphanie du Seigneur Jésus. Soit. Mais il ne faudrait pas occulter que toute la prophétie d’Isaïe 60 n’est pas accomplie, même à ce jour. Il y a certes des similitudes entre cette prophétie et la visite des mages à Bethléem, mais je ne vois pas en quoi la ville de Jérusalem, qui fera seulement semblant d’accueillir le Christ pour le crucifier quelques jours plus tard, est définitivement glorifiée depuis son premier avènement. Ouvrons les yeux : aucune ville n’a été et n’est encore plus qu’elle objet de convoitises, de divisions, de conflits sanglants, et ce depuis de très longs siècles. Concernant la ville de Jérusalem, la venue du Seigneur dans la chair n’a donc rien arrangé du tout. Il y a un faux angélisme catholique qui s’obstine à prêcher que toutes les prophéties de l’Ancien Testament sont accomplies en Jésus. Lisons vraiment ces passages d’Isaïe, de 60 à 62, et nous ne pourrons que constater qu’ils sont bien plus à mettre en parallèle avec la fin de l’Apocalypse de Jean qu’avec les débuts de l’Evangile. « Jérusalem » n’est donc absolument pas la ville que nous connaissons, mais la personnification d’une élue de Dieu. (suite…)

Bien-aimés,
voici l’assurance que nous avons auprès de Dieu :
si nous faisons une demande selon sa volonté,
il nous écoute.
Et, puisque nous savons qu’il nous écoute
en toutes nos demandes,
nous savons aussi que nous obtenons
ce que nous lui avons demandé.

1 Jean 5, 14-15
Textes liturgiques©AELF

Un extrait de la liturgie du jour qui me vient comme un baume au cœur.
Depuis longtemps, j’ai compris que ma vocation propre dans l’Eglise se situait dans la prière d’intercession. Mon agenda n’est pas plein de rendez-vous et de réunions. J’ai même dû, un temps, lutter contre une forme de culpabilisation qu’il ne le soit pas.
Le Seigneur m’a montré la voie de la prière d’intercession.
Comment expliquer cela ? Depuis toujours, les situations difficiles viennent à moi. Oh, pas forcément pour ma propre vie, qui trouve son apaisement, mais j’ai toujours été touchée par les tragédies qui frappaient mon entourage, et de plus, on venait facilement s’en confier à moi. C’était souvent bien trop lourd pour ma pauvre personne, alors au fil du temps, j’ai pris l’habitude de partager tout cela avec Celui que mon cœur aime, Celui qui, mieux que moi, a pouvoir de soulager les âmes et les blessures profondes. Quand on déverse en moi un trop plein de souffrance, je le déverse à mon tour dans le cœur du Christ, dans les tréfonds de sa miséricorde et de sa compassion. Je crois que nous nous rejoignons, Lui et moi, dans les fibres de notre être bouleversées par la douleur d’autrui. Je sais alors qu’Il entend, qu’Il comprend, et que ceux que nous aimons vont obtenir d’une manière ou d’une autre justice et consolation, voire guérison.
C’est important de parvenir à discerner sa vocation dans l’Eglise.
J’ai compris la mienne dans des échanges profonds avec des religieux contemplatifs.
Demeurer à l’écoute de Dieu, pour mieux rester ensuite à l’écoute de mon prochain, et dans un mouvement naturel, Le supplier pour ceux qui ne pensent peut-être pas à le faire eux-mêmes. Personne, quel que soit son degré d’indifférence voire d’hostilité à Dieu, n’est anonyme ou oublié dans Son cœur incandescent.