Site de Véronique Belen
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Méditations bibliques

Frères,
soit que je vive, soit que je meure,
le Christ sera glorifié dans mon corps.
En effet, pour moi, vivre c’est le Christ,
et mourir est un avantage.
Mais si, en vivant en ce monde,
j’arrive à faire un travail utile,
je ne sais plus comment choisir.
Je me sens pris entre les deux :
je désire partir
pour être avec le Christ,
car c’est bien préférable ;
mais, à cause de vous, demeurer en ce monde
est encore plus nécessaire.

Quant à vous,
ayez un comportement digne de l’Évangile du Christ.

Philippiens 1, 20c-24.27a
Textes liturgiques©AELF

Cet extrait de l’Epître aux Philippiens de l’Apôtre Paul, je crois que je pourrais l’écrire presque dans les même termes. Combien de fois ai-je eu envie de « partir » pour être enfin auprès du Christ Jésus ! Non pas que j’aie eu des pensées suicidaires, telle n’est pas la question. C’est que mon désir de voir Jésus et de vivre près de Lui est plus fort que tout autre désir que je pourrais concevoir. Certes, comme pour tout un chacun, c’est plus prégnant dans les moments de découragement. Mais je peux aussi être pleine d’enthousiasme et de projets et néanmoins prête à rejoindre Celui que mon cœur aime et auquel mon âme aspire ! Souvent, je conclus avec Lui une sorte de pacte : « Tu veux que je demeure encore ici-bas, dans cette vallée de larmes où il y a en outre si peu de foi et d’amour pour Toi ? Tu ne veux pas encore me donner le bonheur de me prendre près de Toi ? Alors fais que mon désir de te servir soit le plus fort, et donne-moi le témoignage inlassable, en écrit et en actes, pour que le monde comprenne que tu es le véritable Sauveur et qu’aucune de tes paroles données à l’humanité n’a été vaine. Donne-moi de témoigner encore et encore de ta Vérité, de mettre en garde encore et encore contre la paresse de l’âme qui sera surprise au matin de ton retour comme le serviteur infidèle ou les vierges insensées… Seigneur, si tu veux que je demeure dans ce monde où je suis comme une étrangère, donne-moi de contribuer un tant soit peu, par ma constance et ma fidélité et dans les toutes petites choses du quotidien, à ton œuvre de rédemption… »

Heureux les saints du ciel qui Le contemplent de leurs yeux ! Quant à nous qui avons reçu sa Parole, vivons-en et témoignons qu’elle est véridique !

Image : Sainte Thérèse d’Avila et Jésus

Le Christ Jésus, ayant la condition de Dieu, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu.

Mais il s’est anéanti, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes.
Reconnu homme à son aspect, il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la croix.

C’est pourquoi Dieu l’a exalté : il l’a doté du Nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse au ciel, sur terre et aux enfers, et que toute langue proclame :
« Jésus Christ est Seigneur » à la gloire de Dieu le Père.

Philippiens 2, 6-11
Textes liturgiques©AELF

Je trouve que ces versets sont parmi les plus beaux qu’ait écrits l’Apôtre Paul. Ils nous parlent magnifiquement de Dieu le Père et de son Fils, sans les confondre l’un avec l’autre comme la théologie le fait parfois, à mon grand étonnement. Jésus est « dans la condition de Dieu » ne veut pas dire qu’il soit Dieu à lui tout seul. Un jour que je le faisais remarquer à des évangéliques, on m’a rétorqué comme une volée de bois vert : « Mais Jésus est Dieu !  » Personnellement, je n’arrive pas à affirmer cela. Jésus est l’une des trois Personnes de la Trinité sainte, oui, il y a en lui cette part irréductible de divinité qu’il avait dès le commencement, avant la création. Je le crois profondément. Mais son incarnation ne signifie pas que Dieu tout entier soit descendu du Ciel en lui. Non ! Le Christ Jésus vivait au milieu des hommes reconnu homme à son aspect, mais pendant ce temps, Dieu le Père était toujours aux cieux, et d’ailleurs Jésus ne priait pas le vide du Ciel, il priait son Père qui y était ! Un Père qui n’a sans doute pas forme humaine, et qui n’est absolument pas masculin.
Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa, il les créa homme et femme (Genèse 1, 27), ce verset est tout à fait clair, il y a en Dieu à la fois la future masculinité et la future féminité de l’être humain. Il me plaît de penser à Dieu le Père avec des entrailles maternelles, des entrailles qui auraient porté les prémices masculines du Fils et les prémices féminines de la ruah. (suite…)

La parole du Seigneur me fut adressée :
« Fils d’homme, je fais de toi un guetteur pour la maison d’Israël. Lorsque tu entendras une parole de ma bouche, tu les avertiras de ma part.
Si je dis au méchant : “Tu vas mourir”, et que tu ne l’avertis pas, si tu ne lui dis pas d’abandonner sa conduite mauvaise, lui, le méchant, mourra de son péché, mais à toi, je demanderai compte de son sang.
Au contraire, si tu avertis le méchant d’abandonner sa conduite, et qu’il ne s’en détourne pas, lui mourra de son péché, mais toi, tu auras sauvé ta vie. »

Ézéchiel 33,7-9
Textes lioturgiques©AELF

Difficile mission du prophète de Dieu ! Lui qui n’est qu’un faible parmi les faibles, il doit porter la parole du Très-Haut contre ceux qui se croient dans leur bon droit et ne voient pas la ruine qui s’annonce sur eux pour toutes leurs idolâtries… Et comme depuis toujours dans les temps bibliques, pour un prophète authentique qui se lève, abondance de faux prophètes que le peuple écoute avec avidité et qui entendent ridiculiser et noyer les avertissements de Dieu, quand ils ne les font pas tout bonnement passer pour des manœuvres de l’Adversaire…

De nos jours, dénoncer les idolâtries de la part de Dieu est encore plus périlleux, car elles se déguisent avec des oripeaux de sainteté, elles s’infiltrent partout dans l’Eglise en feignant la foi et la pureté, elles font la leçon à ceux qui ne les partagent pas et entendent conquérir jusqu’à la chaire de Pierre.

Je ne vais pas y aller par quatre chemins : aujourd’hui, il y a péril en la demeure. L’idolâtrie triompherait si l’Eglise catholique romaine se décidait ces temps-ci à reconnaître comme authentiques les « apparitions » de Medjugorje, même seulement les sept premières en 1981. La tentation est forte, terrible, clivante : tant de pèlerins là-bas, tant de vocations de prêtres, tant de conversions et aussi, bien sûr, tant de rentrées d’argent ! (suite…)

Frères,
nous le savons, quand les hommes aiment Dieu,
lui-même fait tout contribuer à leur bien,
puisqu’ils sont appelés selon le dessein de son amour.
Ceux que, d’avance, il connaissait,
il les a aussi destinés d’avance
à être configurés à l’image de son Fils,
pour que ce Fils soit le premier-né
d’une multitude de frères.
Ceux qu’il avait destinés d’avance,
il les a aussi appelés ;
ceux qu’il a appelés,
il en a fait des justes ;
et ceux qu’il a rendus justes,
il leur a donné sa gloire.

Romains 8, 28-30
Textes liturgiques©AELF

En méditant cet extrait de l’Epître aux Romains, je ne voudrais pas entrer dans un débat théologique sur la doctrine de la prédestination, ce dont je serais bien incapable. Mais cependant, ce texte me parle en profondeur. Il peut interroger les chercheurs de Dieu. Personnellement, je le comprends à travers tout ce que je connais de l’histoire sainte, et de ma propre vie. Ce n’est pas une compréhension intellectuelle. C’est beaucoup plus profond que cela.

Oui, certaines âmes sont appelées par Dieu, et ce parfois très tôt. Dieu peut donner à une personne le goût de l’aimer et de connaître et faire sa volonté depuis la plus tendre enfance. Et au risque de choquer, je dirais que cet appel n’est pas universel. Nous le savons tous, beaucoup de nos contemporains – et cela a toujours été le cas – sont indifférents aux choses de Dieu. L’exemple le plus parlant en est l’élection divine du peuple d’Israël dans un monde de paganisme depuis les temps bibliques. Il fallait un peuple témoin pour révéler Dieu le Père à tous – et quelle reconnaissance devons-nous au peuple juif d’avoir joué ce rôle ! De même, tandis que le témoignage de fidélité du peuple juif se poursuit et a toute son importance, faut-il depuis 2000 ans des témoins de l’Evangile pour rendre crédible et désirable la Parole du Christ Jésus et la mémoire de sa vie, de sa mort et de sa résurrection. Un chrétien authentique doit témoigner par toute sa vie du Fils de Dieu vérité et chemin vers le Père.
Or, des chrétiens authentiquement témoins, il n’y en a pas tant que cela. Les contre-témoignages abonderont toujours, parmi les fidèles comme au milieu des consacrés. Nous connaissons tous de ces gens qui nous ont, ou auraient pu « nous dégoûter de la religion ».
Ne nous arrêtons pas à ceux-là. Pour reprendre des mots de Jésus « la puissance de la mort ne l’emportera pas sur elle » – l’Eglise, et par extension, notre foi quand elle est sincère et profondément ancrée. (Matthieu 16, 18)
Il incombe à ceux qui ont été vraiment appelés par Dieu de refléter sa lumière et de marcher avec courage sur le chemin de la sainteté. Les saints sont nos plus beaux phares dans la nuit, ceux qui ont été reconnus par l’Eglise comme tous les saints du quotidien, les humbles, qui vivent vraiment en actes et en vérité la Parole de Dieu. Ceux-là nous aident à avancer à la suite du Christ.

Alors comment accepter que Dieu appelle celui-ci et non pas celui-là ? Les incroyants sont souvent pleins de jalousie : quel est ton Dieu qui ne me parle pas, ne m’exauce pas, ne m’a pas appelé(e) ? Pourquoi te crois-tu son élu, au mépris de ma personne non moins importante que la tienne ? Et ainsi se poursuit le malentendu qui a généré la haine du Juif et qui tourne en ridicule le chrétien, pour ne pas afficher un mépris ouvert à son encontre. (suite…)

En ce temps-là, Jésus commença à montrer à ses disciples qu’il lui fallait partir pour Jérusalem, souffrir beaucoup de la part des anciens, des grands prêtres et des scribes, être tué, et le troisième jour ressusciter.
Pierre, le prenant à part, se mit à lui faire de vifs reproches : « Dieu t’en garde, Seigneur ! cela ne t’arrivera pas. »
Mais lui, se retournant, dit à Pierre : « Passe derrière moi, Satan ! Tu es pour moi une occasion de chute : tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. »
Alors Jésus dit à ses disciples : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive.
Car celui qui veut sauver sa vie la perdra, mais qui perd sa vie à cause de moi la gardera.
Quel avantage, en effet, un homme aura-t-il à gagner le monde entier, si c’est au prix de sa vie ? Et que pourra-t-il donner en échange de sa vie ?
Car le Fils de l’homme va venir avec ses anges dans la gloire de son Père ; alors il rendra à chacun selon sa conduite. »

Matthieu 16,21-27
Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

Parole du Seigneur ô combien difficile à recevoir en ce XXIe siècle ! Je crois que beaucoup de nos contemporains ne la comprennent pas du tout. Pourtant, pour la vivre intensément au creux de mon âme et de ma chair, je peux attester qu’elle est profondément authentique.
Pour ce qui est de Jésus, il est certain que tout s’est passé – et se passera – exactement comme il l’a annoncé ce jour-là. Ne commençons pas à remettre sa propre parole en doute, comme le fit Pierre. La tentation existe toujours – et de plus en plus dans notre monde – de contester les paroles de Jésus. J’accepte ceci, mais pas cela… Ce n’est pas Jésus lui-même qui a écrit les évangiles… Jésus n’était qu’un sage inspiré, mais pas le Fils de Dieu… La résurrection est symbolique… Je pourrais poursuivre indéfiniment la liste de ces paroles insidieuses qui sèment le doute dans les esprits insuffisamment ancrés dans la Parole du Christ. Il serait sage, dans notre vie de baptisés, au milieu de la tempête des incroyances et des influences d’autres traditions, de conserver comme roc de notre foi l’Evangile tout entier, sans chercher à en raboter ceci ou cela. Je le dis même pour les prêtres, en ayant entendu beaucoup qui ne voyaient que des symboles partout, par exemple pour les miracles que Jésus a accomplis. Ne pouvons-nous donc garder des yeux émerveillés devant les signes et les guérisons que Dieu a accordés par la personne de son Fils du temps de son incarnation parmi les hommes, et bien au-delà ? (suite…)