Site de Véronique Belen
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Méditations bibliques

En ce temps-là, laissant les foules, Jésus vint à la maison. Ses disciples s’approchèrent et lui dirent : « Explique-nous clairement la parabole de l’ivraie dans le champ. »
Il leur répondit : « Celui qui sème le bon grain, c’est le Fils de l’homme ;
le champ, c’est le monde ; le bon grain, ce sont les fils du Royaume ; l’ivraie, ce sont les fils du Mauvais.
L’ennemi qui l’a semée, c’est le diable ; la moisson, c’est la fin du monde ; les moissonneurs, ce sont les anges.
De même que l’on enlève l’ivraie pour la jeter au feu, ainsi en sera-t-il à la fin du monde.
Le Fils de l’homme enverra ses anges, et ils enlèveront de son Royaume toutes les causes de chute et ceux qui font le mal ;
ils les jetteront dans la fournaise : là, il y aura des pleurs et des grincements de dents.
Alors les justes resplendiront comme le soleil dans le royaume de leur Père. Celui qui a des oreilles, qu’il entende ! »

Matthieu 13,36-43
©Evangelizo.org 2001-2016

Des paroles de Jésus qui résonnent de façon anachronique pendant ce Jubilé de la Miséricorde. Et pourtant, il les a prononcées, on ne peut pas arracher cette page de l’Evangile parce qu’elle nous déplairait.
Nos grands-mères craignaient un Dieu implacable qui avait pouvoir d’envoyer en enfer. Nous sommes passés de nos jours à un Dieu un peu sucré en qui tout est pardonné d’avance, et qui nous attend tous dans son paradis, quels que soient nos actes, notre foi  et notre vie.
Je force un peu le trait, mais c’est presque ça. Je sais, sainte Faustine est passée par là avec ses enseignements sur la grande miséricorde du Seigneur. Je voudrais cependant souligner qu’il y a un décalage permanent dans l’Eglise : on méprise les mystiques de leur vivant, on marginalise leurs écrits pendant des décennies, puis soudain, on les canonise, et leurs apports théologiques deviennent alors presque parole d’évangile.
Remettons les choses dans leur contexte : sainte Faustine s’est éteinte en 1938… soit à l’époque où on terrorisait en chaire nos aïeux avec l’enfer. C’était peut-être alors le moment, justement, d’adoucir les prédications. Nous voici presque un siècle plus tard, et on ne parle plus que de miséricorde, à une époque où le monde de tradition chrétienne s’enfonce dans l’apostasie et l’indifférence à l’Evangile. A ces peuples malmenant souvent le prochain dans l’anonymat des grandes cités, plongés dans une logique consumériste et ne croyant plus que Jésus soit le Fils du Père et que sa parole soit Vérité, on prêche le pardon de toute faute et la vie éternelle à moindre frais. (suite…)

Genèse 18, 20-32
Psaume 137
Colossiens 2, 12-14
Luc 11, 1-13

D’Abraham qui négocie avec le Seigneur le salut des gens de Sodome aux disciples de Jésus qui l’observent en prière et lui demandent de leur apprendre à prier, nous avons dans les lectures de ce dimanche des modèles de prière donnés par le père de tous les croyants et le Fils de Dieu lui-même. Bienheureux sommes-nous de pouvoir nous en inspirer ! Ainsi, nous découvrons dans les Ecritures que Dieu se laisse infléchir par la prière d’un homme, Abraham, que Dieu change ses projets en raison de l’intercession d’un priant ! J’aime cette image. Le Premier Testament n’est pas aboli par le Nouveau, et personnellement, je crois profondément en la prière d’intercession. Les grandes et vastes intentions récurrentes de la prière universelle à la messe du dimanche me laissent parfois dubitative. Par contre, j’aime beaucoup prendre à cœur une intention particulière glanée dans mon entourage proche ou « virtuel » et la présenter, longtemps et sans relâche, au Seigneur, pendant la Consécration à la messe ou au creux de l’oraison, quand Il est là, tout près, et tout disposé à recevoir mon humble requête. Et quelle joie quand, parfois longtemps après et quand le souvenir de cette ardente prière se dissipe déjà, je constate, étonnée, un exaucement !

Quelque chose me tient à cœur. Je trouve que dans l’Eglise catholique, on ne prie pas assez Jésus. Pourtant, s’il nous a donné le Notre Père, il nous a affirmé aussi que tout ce que nous demanderions en son nom, il nous l’accorderait (Jean 14, 13-14). Or j’observe que dans le chapelet qu’on recommande toujours aux catholiques, il y a dix « Je vous salue Marie » pour un « Notre Père »… et rien en direction de Jésus le Christ. Il est pourtant l’intercesseur par excellence, et nous pouvons être tout à fait sûrs que tout ce qui monte vers Lui aboutit renforcé dans le cœur du Père. Le Père veut que nous aimions son Fils, et s’il nous a donnés à Lui, c’est pour que nous trouvions par Lui le plus sûr chemin vers Le Créateur des origines.

Alors bien sûr, Jésus était doux et humble de cœur, et il n’aurait pas recommandé à ses disciples de le prier lui en priorité. Il est descendu du Ciel pour tourner nos regards et nos âmes vers son Père.
Mais moi j’ai une confiance éperdue en Jésus notre Seigneur, et ma forme de prière n’est pas forcément la louange que l’on réserve souvent au Roi des rois. Je connais ces chants de louange, ils sont beaux, mais je trouve qu’ils frisent parfois la flatterie. Est-ce vraiment ce que Jésus attend de nous, qu’on le flatte ? Je ne le crois pas. Mais que l’on intercède, par lui, pour nos frères et sœurs en humanité, là je dis oui ! Qu’on lui demande encore et encore l’Esprit Saint « qui procède du Père et du Fils », trois fois oui !

Alors je propose à nouveau cette prière à Jésus qui m’a été inspirée en 1999. Personnellement, je dis peu le chapelet, mais j’aime beaucoup, hors l’oraison silencieuse, enchaîner indéfiniment un « Je vous salue Marie », un « Jésus notre Sauveur » et un « Notre Père ». Je puis affirmer que j’y trouve du fruit et la paix du cœur.

Jésus, notre Sauveur et notre frère,
Notre force et notre lumière,
Donne-nous par ta vie, ta mort et ta résurrection,
De sentir le monde à ta façon.
Que l’Esprit Saint reçu au baptême
Anime nos yeux, nos oreilles, notre bouche et nos mains.
Sois notre humilité et notre charité
Par le salut que tu veux nous donner,
Habite en nous par ta Parole de Vie,
Sois notre joie et notre espérance,
Augmente en nous la foi et la confiance,
Et donne mission à nous tous, fils et filles,
De former avec toi une unique famille
En Dieu, éternel Amour, notre Père.

https://www.histoiredunefoi.fr/prieres/47-jesus-notre-sauveur

Jésus guérit un lépreux

En ce temps-là, Jésus prit la parole et dit : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits.
Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bienveillance.
Tout m’a été remis par mon Père ; personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler. »

Matthieu 11,25-27
©Evangelizo.org 2001-2016

Depuis que je tiens ce blog, et même avant, j’ai pu constater que ceux qui cherchaient Dieu de manière intellectuelle, philosophique, rationnelle, souvent, ne le trouvaient pas. Ils nous mitraillent de questions et ne veulent pas forcément entendre les réponses si elles ne sont pas argumentées. Ar-gu-men-ter ! C’est bien la tentation omniprésente de notre époque. Trouver une explication à tout. Raisonner. Démontrer.
Souvent, face à de tels esprits, je me sens bêtement désarmée et incompétente.
Je n’ai jamais eu l’esprit scientifique, alors démontrer ma foi !
C’est d’ailleurs un non-sens.
Méditons plutôt cette page d’évangile. Tout y est dit !
Dans la quête de Dieu, il n’y a pas une personne qui raisonne et réfléchit et rien en face. La foi, c’est une question de relation. C’est accomplir un saut à un moment donné, sortir de la défiance pour entrer dans la confiance. Pas d’abord la confiance en soi, non, la confiance en l’Autre : en Dieu lui-même. Tenter comme un pari fou : « Je veux essayer de croire en toi. » Tenter la prière, même quand on ne peut pas savoir si elle aboutit ni où elle aboutit. Se dépouiller de soi pour aller à la rencontre du Tout Autre. Demander plutôt « Qui es-tu ? » que « Existes-tu ? »

Nous avons, dans cette quête, un merveilleux médiateur : le Fils. Une des trois Personnes de la Trinité, incarnée dans notre chair. Qui, mieux que lui, peut comprendre nos doutes et nos interrogations ? Il a vécu l’humanité, il sait très bien de quelle pâte nous somme faits.

Mais notre quête requiert aussi une part d’humilité : accepter que ce soit Lui, et non notre volonté propre, qui nous révèle le Père. Le temps de Dieu n’est pas le temps des hommes. Dieu peut être plus exigeant avec une âme qu’avec une autre, la laisser longtemps dans le doute, et puis vient le moment favorable, quand le Fils en aura décidé ainsi : il nous révèle alors le Père. Bienheureux sommes-nous si nous étions en état de veille, à attendre l’étincelle propre à illuminer notre âme !

Deutéronome 30, 10-14
Psaume 68
Colossiens 1, 15-20
Luc 10, 25-37

Nous méditons aujourd’hui en Eglise la page célèbre de l’Evangile du bon Samaritain.
En écoutant l’homélie de notre prêtre ce matin, je me disais que comme toujours, sa prédication était imprégnée d’une psychologie masculine. Vivre la loi de l’amour, tout supporter de la part du prochain et tout pardonner… Se reconnaître encore et encore pécheur parce que personne n’est meilleur que son voisin…
Je me disais, l’écoutant, lui dont j’apprécie pourtant beaucoup les homélies et la pastorale, que je commençais à être fatiguée d’être incitée dimanche après dimanche à battre ma coulpe. Quels que soient nos efforts de vie évangélique au jour le jour, nous sommes ainsi culpabilisés sans cesse de ne pas être encore assez bons chrétiens. Nous devons nous voir pécheur et encore pécheur, considérer tout ce que nous n’avons pas fait pour autrui comme ayant plus de poids que les petits gestes que nous avons pu poser…

Cela m’incommode d’autant plus qu’il y a toujours plus de femmes dans l’assemblée que d’hommes. Et quand on sait la propension des femmes à culpabiliser de tout pour un oui ou pour un non ! Elles sont là, leurs maris, quand elles en ont encore un, n’y sont pas pour la plupart, et c’est encore elles qui s’entendent recommander de tout accepter et de les servir encore et encore dans l’abnégation… (suite…)

Le Christ entouré des saints

Bien-aimé, je suis déjà offert en sacrifice, le moment de mon départ est venu.
J’ai mené le bon combat, j’ai achevé ma course, j’ai gardé la foi.
Je n’ai plus qu’à recevoir la couronne de la justice : le Seigneur, le juste juge, me la remettra en ce jour-là, et non seulement à moi, mais aussi à tous ceux qui auront désiré avec amour sa Manifestation glorieuse.
Le Seigneur, lui, m’a assisté. Il m’a rempli de force pour que, par moi, la proclamation de l’Évangile s’accomplisse jusqu’au bout et que toutes les nations l’entendent. J’ai été arraché à la gueule du lion ;
le Seigneur m’arrachera encore à tout ce qu’on fait pour me nuire. Il me sauvera et me fera entrer dans son Royaume céleste. À lui la gloire pour les siècles des siècles. Amen.

Deuxième lettre de saint Paul Apôtre à Timothée 4,6-8.17-18

D’aucuns pourraient juger ces lignes de Paul fort orgueilleuses, surtout s’ils ne croient pas en la grâce toujours possible et agissante.
Paul pouvait-il seulement prévoir à quel point l’Evangile allait encore se répandre après lui ? Il a jeté les bases de l’évangélisation, l’Eglise a poursuivi son œuvre. Nous voici, vingt siècles plus tard, dans une Europe qui se déchristianise et certaines contrées où l’Evangile est interdit. Il n’empêche qu’il suffit de le chercher en quelques clics sur internet pour le trouver en de multiples traductions et dans toutes les langues de la terre. Un esprit curieux et libre aura toujours accès à la Parole du Christ s’il le veut bien. Encore faut-il le vouloir, certes. C’est ce qui manque le plus à nos contemporains. Beaucoup croient le connaître parce qu’ils ont une vague image de Jésus et ont entendu quelques-unes de ses paroles. Mais qui fait vraiment l’effort d’ouvrir ce livre de vie et de vérité pour s’en nourrir et le méditer ? Il faudrait être honnête et connaître vraiment les paroles et les actes de Jésus-Christ avant que de les juger obsolètes, ou mensongers, et de les rejeter.

Parfois, je me dis que le monde est en train de se saborder, à mépriser ainsi l’Evangile que Paul a annoncé en son temps avec tant de peine. Car l’histoire de l’Eglise et de la Révélation n’est pas statique et close. Tout n’est pas accompli dans les Ecritures, et nous sommes en marche de façon certaine vers leur réalisation eschatologique.

A force de mégoter sur l’existence ou non du Christ Jésus, sur sa messianité et sur chacune de ses paroles, on se retrouvera fort surpris et en mauvaise posture quand il paraîtra rayonnant de sa Gloire que nul ne pourra plus tenter de lui ravir. Ce sera pourtant l’heure du Jugement, mot honni de nos contemporains s’il en est.