Site de Véronique Belen
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Méditations bibliques

gamalielteaches

En ces jours-là, comme les Apôtres étaient en train de comparaître devant le Conseil suprême, intervint un pharisien nommé Gamaliel, docteur de la Loi, qui était honoré par tout le peuple. Il ordonna de les faire sortir un instant, puis il dit : « Vous, Israélites, prenez garde à ce que vous allez faire à ces gens-là. Il y a un certain temps, se leva Theudas qui prétendait être quelqu’un, et à qui se rallièrent quatre cents hommes environ ; il a été supprimé, et tous ses partisans ont été mis en déroute et réduits à rien.
Après lui, à l’époque du recensement, se leva Judas le Galiléen qui a entraîné beaucoup de monde derrière lui. Il a péri lui aussi, et tous ses partisans ont été dispersés.
Eh bien, dans la circonstance présente, je vous le dis : ne vous occupez plus de ces gens-là, laissez-les. En effet, si leur résolution ou leur entreprise vient des hommes, elle tombera.
Mais si elle vient de Dieu, vous ne pourrez pas les faire tomber. Ne risquez donc pas de vous trouver en guerre contre Dieu. »

Actes des Apôtres 5,34-39
©Evangelizo.org 2001-2016

On m’a souvent opposé cet extrait des Actes des Apôtres quand je disais ma conviction à propos de tel ou tel faux prophète ou d’une fausse apparition. Il me semble que l’Eglise se base énormément sur l’exemple de Gamaliel dans son discernement. On pourrait penser que c’est là une attitude juste.
Dans le cas présent, les Israélites étaient en présence des témoins du Ressuscité, et il est vrai qu’ils auraient commis une nouvelle lourde faute en les mettant à mort. Gamaliel a donc eu une heureuse inspiration de l’Esprit saint.
De là à s’y référer toujours en matière de discernement, je crois que le procédé est un peu court…
De nos jours, et heureusement, l’Eglise ne met plus à mort les prophètes authentiques ou faux – d’autres bien sûr persécutent les chrétiens, mais là n’est pas mon propos. Mais personnellement, je la trouve d’une mollesse coupable face à certains phénomènes, et je crois que la référence à Gamaliel n’est plus adaptée à notre époque. (suite…)

Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison, et Thomas était avec eux. Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d’eux. Il dit :
« La paix soit avec vous ! »
Puis il dit à Thomas : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant. »
Alors Thomas lui dit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! »
Jésus lui dit : « Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »

Jean 20, 26-29
©Evangelizo.org 2001-2016

Je me souviens très bien des sentiments que m’inspirait cet évangile quand j’étais petite fille  et que je l’entendais à la messe. Thomas me scandalisait un peu. Je ne comprenais pas son incrédulité. J’avais une foi si limpide, si naturelle que je lui en voulais un peu d’avoir blessé le cœur de Jésus. Pourquoi avait-il demandé toutes ces preuves alors que dans mon esprit, il était si facile et si doux de croire ?
Heureuse foi de mon enfance !
Plus tard, il ne m’a pas fallu des preuves, non. Il m’a fallu surtout des témoignages de croyants authentiques, et grâce à Dieu il s’en est trouvé beaucoup sur mon chemin.
A bien lire les Ecritures et à méditer sur ma vie et celle des autres, autour de moi, je pense que c’est assez masculin, de réclamer des preuves de l’existence de Dieu, de vouloir des démonstrations rationnelles, des « signes » et que sais-je encore de la résurrection du Seigneur. Je crois que nous autres femmes, par grâce, avons dès l’enfance une aptitude beaucoup plus naturelle et profonde à la foi. Et je m’attriste que l’on étouffe cette grâce dans l’éducation déchristianisée de nos sociétés. Que faire, quand on est enfant, d’une foi sans objet, sans connaissance concrète de Dieu ?

En parlant à Thomas, Jésus nous a aussi laissé un bel enseignement :
Heureux ceux qui croient sans avoir vu !
Ce serait à graver en lettres d’or à l’égard de nos contemporains qui courent après la dernière apparition à la mode. Voir, voir des signes ! Quelle tentation tenace ! Et quelles dérives à cause de cette faiblesse dans la foi ! (suite…)

Résurrection Grünewald

En ces jours-là, les chefs du peuple, les Anciens et les scribes constataient l’assurance de Pierre et de Jean et, se rendant compte que c’était des hommes sans culture et de simples particuliers, ils étaient surpris ; d’autre part, ils reconnaissaient en eux ceux qui étaient avec Jésus.
Mais comme ils voyaient, debout avec eux, l’homme qui avait été guéri, ils ne trouvaient rien à redire.
Après leur avoir ordonné de quitter la salle du Conseil suprême, ils se mirent à discuter entre eux.
Ils disaient : « Qu’allons-nous faire de ces gens-là ? Il est notoire, en effet, qu’ils ont opéré un miracle ; cela fut manifeste pour tous les habitants de Jérusalem, et nous ne pouvons pas le nier.
Mais pour en limiter la diffusion dans le peuple, nous allons les menacer afin qu’ils ne parlent plus à personne en ce nom-là. »
Ayant rappelé Pierre et Jean, ils leur interdirent formellement de parler ou d’enseigner au nom de Jésus.
Ceux-ci leur répliquèrent : « Est-il juste devant Dieu de vous écouter, plutôt que d’écouter Dieu ? À vous de juger.
Quant à nous, il nous est impossible de nous taire sur ce que nous avons vu et entendu. »
Après de nouvelles menaces, ils les relâchèrent, faute d’avoir trouvé le moyen de les punir : c’était à cause du peuple, car tout le monde rendait gloire à Dieu pour ce qui était arrivé.

Actes des Apôtres 4,13-21
©Evangelizo.org 2001-2016

Difficile et belle mission des premiers témoins de la résurrection du Christ Jésus. Il leur a été donné d’accomplir en son nom des miracles, mais cela ne suffit toujours pas à convaincre les autorités religieuses de leur temps, celles qui ont désiré la crucifixion de Jésus. Ils aimeraient tant les faire taire !
2000 ans ont passé… Dans notre cher pays de France, il n’est pas bienvenu non plus d’annoncer Jésus comme Seigneur ressuscité.
« La foi est du domaine de la sphère privée. »
Quel chrétien n’a jamais entendu ces mots ?
Au royaume de la laïcité dure, même si on a vécu des expériences qui ont bouleversé totalement notre foi et notre vie, on met mal à l’aise son entourage si on prétend ne pas se taire à ce sujet. (suite…)

saintes femmes tombeau

À vrai dire, des femmes de notre groupe nous ont remplis de stupeur. Quand, dès l’aurore, elles sont allées au tombeau,
elles n’ont pas trouvé son corps ; elles sont venues nous dire qu’elles avaient même eu une vision: des anges, qui disaient qu’il est vivant.
Quelques-uns de nos compagnons sont allés au tombeau, et ils ont trouvé les choses comme les femmes l’avaient dit ; mais lui, ils ne l’ont pas vu. »
Il leur dit alors : « Esprits sans intelligence ! Comme votre cœur est lent à croire tout ce que les prophètes ont dit !
Ne fallait-il pas que le Christ souffrît cela pour entrer dans sa gloire ? »
Et, partant de Moïse et de tous les Prophètes, il leur interpréta, dans toute l’Écriture, ce qui le concernait.

Luc 24, 22-27

©Evangelizo.org 2001-2016

Je n’ai retenu ici qu’un extrait du très bel évangile de la route d’Emmaüs (Luc 24, 13-35) que nous méditons aujourd’hui en Eglise.
Il y aurait beaucoup à dire sur l’aventure des disciples d’Emmaüs. Je voudrais pour ma part m’arrêter sur le fait que les femmes qui accompagnaient souvent les disciples n’ont pas été crues par eux.
Un peu plus haut, nous pouvons lire, au moment où les saintes femmes rapportent aux disciples ce qu’elles ont vu au tombeau – sa vacuité et le message des deux anges qui leur annoncent que le Christ est ressuscité – « Mais ces propos leur semblèrent délirants, et ils ne les croyaient pas. » (Luc 24, 11)
Que de parallèles bibliques et de l’histoire de l’Eglise pourrait-on faire !
Anne, la future mère de Samuel, qui prie et pleure abondamment sur sa stérilité à l’entrée du sanctuaire et le prêtre Eli qui la prend pour une femme ivre, méprisant d’abord sa prière sincère (1Samuel 9-18).
La Vierge Marie, ayant vécu l’Annonciation, que son fiancé Joseph envisagera de répudier car il la croit adultère (Matthieu 1, 18-20).
Tant de femmes qui ont cherché à approcher Jésus avec sincérité et qui ont été rabrouées par les disciples ou les hôtes du Seigneur. (suite…)

Le Seigneur mon Dieu m’a donné le langage des disciples, pour que je puisse, d’une parole, soutenir celui qui est épuisé. Chaque matin, il éveille, il éveille mon oreille pour qu’en disciple, j’écoute.
Le Seigneur mon Dieu m’a ouvert l’oreille, et moi, je ne me suis pas révolté, je ne me suis pas dérobé.
J’ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient, et mes joues à ceux qui m’arrachaient la barbe. Je n’ai pas caché ma face devant les outrages et les crachats.
Le Seigneur mon Dieu vient à mon secours ; c’est pourquoi je ne suis pas atteint par les outrages, c’est pourquoi j’ai rendu ma face dure comme pierre : je sais que je ne serai pas confondu.
Il est proche, Celui qui me justifie. Quelqu’un veut-il plaider contre moi ? Comparaissons ensemble! Quelqu’un veut-il m’attaquer en justice ? Qu’il s’avance vers moi !
Voilà le Seigneur mon Dieu, il prend ma défense ; qui donc me condamnera ?

Isaïe 50,4-9
©Evangelizo.org 2001-2016

Troisième chant du serviteur, en Isaïe, que nous méditons en ce Mercredi saint.
Evidemment, le parallèle avec Jésus est saisissant, et pourtant ce texte est bien antérieur à l’incarnation du Christ. Il faudrait être d’une grande malhonnêteté intellectuelle pour ne pas voir Jésus dans ce serviteur humilié, bafoué, malmené, torturé. Je me demande même comment on peut le lire, dans la tradition juive, sans penser à celui que les chrétiens considèrent comme le messie d’Israël.
Bien sûr, ce n’est pas là l’image du messie glorieux, que certains juifs attendent encore avec raison. Car nous, contemplons-nous le Seigneur glorieux dans ce monde ? Ce monde est-il à l’image du Royaume promis par Jésus dans l’Evangile ?
Allumons notre téléviseur, pas seulement ces jours-ci mais tous les jours, et nous constaterons immédiatement que non. Le monde cruel et parfois insensé dans lequel nous vivons n’a rien à voir avec les magnifiques prophéties d’Isaïe plus loin, au chapitre 62 par exemple. Je ne rejoins pas la ligne théologique catholique quand elle prétend que toutes les Ecritures avant le Nouveau Testament sont déjà accomplies dans la résurrection du Seigneur Jésus. C’est l’événement majeur de notre foi chrétienne, certes, mais pour moi ce n’en est pas l’aboutissement absolu. Je crois de tout mon être à la résurrection de Jésus et à celle qu’il nous a promise, mais j’attends résolument la suite de la révélation. Tout n’est pas abouti. Il y a encore bien trop de larmes dans les yeux de mes contemporains, bien trop de souffrance en ce monde, bien trop, et je crois même, de plus en plus au fil des années.
Ma foi va plus loin que la résurrection du Christ, même si je sais bien qu’en cela, très peu sont prêts à me croire et à m’y suivre.
Et je ne suis pas de nature pessimiste – bien au contraire – mais plutôt, pour reprendre les mots d’un prêtre qui m’avait accompagnée un moment « d’une grande lucidité ». Je suis persuadée que cette création ne se relèvera pas de tout ce qu’elle endure, tant sur le plan humain qu’environnemental. Le mal est déchaîné et ne se calmera pas. Il va frapper encore et encore, et il est illusoire de se rassurer en se disant « N’ayons pas peur, continuons à vivre comme nous avons toujours vécu, sortons, festoyons, adonnons-nous à tous les plaisirs du monde… » (suite…)