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« Mais des jours viendront où l’Époux leur sera enlevé ; alors, ce jour-là, ils jeûneront. » Marc 2, 20

20 janvier 2020 | Publié par Véronique Belen dans Méditations bibliques

« Les invités de la noce pourraient-ils jeûner,
pendant que l’Époux est avec eux ?
Tant qu’ils ont l’Époux avec eux,
ils ne peuvent pas jeûner.
Mais des jours viendront où l’Époux leur sera enlevé ;
alors, ce jour-là, ils jeûneront. »

Marc 2, 19-20
Textes liturgiques©AELF

On le sait, les Prophètes du Premier Testament délivraient une parole qui avait une portée immédiate dans le temps de leur prophétie, mais aussi à beaucoup plus long terme, ce qui rend cette parole encore vivante pour nous, deux à trois millénaires plus tard. Et d’ailleurs, certaines prophéties, notamment celles d’Isaïe, ne sont pas encore accomplies à ce jour. Elles ont une portée eschatologique.
A plus forte raison la Parole du Christ Jésus, lui qui est le Verbe de Dieu, sa Parole d’éternité !

Sur l’évangile d’aujourd’hui dont je n’ai retenu ici qu’un extrait, je suis donc toujours étonnée que dans nos homélies soit souvent éludée la portée eschatologique de cette puissante prophétie du Seigneur lui-même. Tout est présenté comme si les Noces de l’Agneau étaient déjà accomplies pour nous catholiques dans l’Eucharistie. Nos cantiques aussi le disent. On parle de la messe comme du « festin des noces de l’Agneau. » Soit. Ce n’est certainement pas moi qui vais nier la présence réelle du Christ dans l’Eucharistie alors que j’en vibre à chaque fois que je la reçois, dans une très grande gratitude.

Ce que je veux exprimer, c’est que nous oublions trop souvent que Jésus a un corps qui n’est pas que mystique. « Il a pris chair de la Vierge Marie et s’est fait homme «  (Credo de Nicée-Constantinople). Ce corps n’a pas été aboli par sa résurrection. Jésus n’est pas un « Grand Tout » dans lequel chacun pourra se noyer à sa manifestation glorieuse. Et d’ailleurs, je récuse aussi l’expression « le Christ Epoux de l’Eglise ». C’est curieux tout de même, qu’est l’Eglise dans cette expression ? L’ensemble des baptisés ? Oui, c’est là la signification la plus acceptable. Mais ôtons-nous de l’idée que Jésus sera, à son retour glorieux, l’Epoux de chaque baptisé(e). Je le répète, il est circonscrit dans un corps masculin, de chair et de sang, et ce qui manque à son bras de Roi, c’est une Epouse de chair et de sang elle aussi, qui ne sera ni le pape, ni un évêque, ni un prêtre, mais la Bien-Aimée qu’il s’est lui-même choisie et qu’il élèvera à la dignité de reine de tous ceux-là – qu’ils en aient envie ou pas. Les chemins de Dieu ne sont pas leurs chemins.

Je pense qu’il y aura un temps offert par Dieu pour que les baptisés, et l’humanité tout entière après eux, se familiarisent avec cette idée. Dieu ne s’impose jamais de façon brutale. Il prépare patiemment son peuple à ce qui va arriver. J’ai remarqué que nous catholiques, contrairement aux évangéliques par exemple, éludions beaucoup ce qui nous est dit en 1 Thessaloniciens 4, 16-17 :

Au signal donné par la voix de l’archange, et par la trompette divine, le Seigneur lui-même descendra du ciel, et ceux qui sont morts dans le Christ ressusciteront d’abord. Ensuite, nous les vivants, nous qui sommes encore là, nous serons emportés sur les nuées du ciel, en même temps qu’eux, à la rencontre du Seigneur. Ainsi, nous serons pour toujours avec le Seigneur.

Je me souviens d’une dame âgée, très fervente chrétienne dans une assemblée évangélique, qui avait un sourire lumineux quand elle évoquait cette perspective. Elle ne parlait pas de sa mort, elle attendait cet avènement du Christ glorieux et cet enlèvement auprès de Lui. Avec grande foi et réelle espérance. J’avais trouvé cela magnifique.

Oui, je pense que cet « enlèvement » aura lieu, encore faut-il y croire avec espérance et ferveur, comme la vieille dame évangélique. Le Christ ne ravira personne à ses côtés qui n’ait pas eu envie, pendant le temps de son absence visible, de le suivre « sur les nuées » en attendant que la fin des temps de l’Eglise terrestre soit complètement accomplie. Les catholiques incrédules en sa Parole ont à ce niveau-là, à mon avis, quelques soucis à se faire.

Et là sera certainement advenu pour ceux qui n’auront pas été ainsi « élevés » le temps du jeûne eucharistique évoqué en Marc 2, 20. Un temps où le Seigneur sera plus palpable spirituellement que jamais, délivrant grâce sur grâce à l’intercession de sa Bien-Aimée élevée à ses côtés, mais retiré de l’eucharistie qui n’aura plus beaucoup de sens à ce moment-là. Ce pourra enfin être sur terre le temps de l’œcuménisme vrai : accueillir et méditer la Parole de Dieu – femmes et hommes à égalité – chanter des hymnes, prier et intercéder avec cœur, éventuellement participer, unis, à une fraction du pain en mémoire du sacrifice du Seigneur Jésus, mais de présence réelle dans ce pain, il n’y aura plus. Jusqu’à ce qu’éclate quelque temps plus tard pour l’humanité tout entière le vrai Jour du Seigneur : son véritable retour dans la Gloire, avec son Epouse à son bras, pour emmener cette fois tous les rachetés vers leur Royaume qui n’aura pas de fin.

Amen, viens, Seigneur Jésus !

 

Source image : https://www.catholique78.fr/priercelebrer/liturgie/prier/le-careme/sens-chretien-jeune/

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