Site de Véronique Belen
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Méditations bibliques

Je vous l’écris, petits enfants :
Vos péchés vous sont remis à cause du nom de Jésus.
Je vous l’écris, parents :
Vous connaissez celui qui existe depuis le commencement.
Je vous l’écris, jeunes gens :
Vous avez vaincu le Mauvais.
Je vous l’ai écrit, enfants :
Vous connaissez le Père.
Je vous l’ai écrit, parents :
Vous connaissez celui qui existe depuis le commencement.
Je vous l’ai écrit, jeunes gens :
Vous êtes forts,
la parole de Dieu demeure en vous,
vous avez vaincu le Mauvais.
N’aimez pas le monde,
ni ce qui est dans le monde.
Si quelqu’un aime le monde,
l’amour du Père n’est pas en lui.
Tout ce qu’il y a dans le monde
– la convoitise de la chair,
la convoitise des yeux, l’arrogance de la richesse –,
tout cela ne vient pas du Père, mais du monde.
Or, le monde passe, et sa convoitise avec lui.
Mais celui qui fait la volonté de Dieu
demeure pour toujours.

1 Jean 2, 12-17
Textes liturgiques©AELF

J’aime beaucoup les épîtres de Jean, mais j’avoue qu’à lire cet extrait-ci, je reste un peu perplexe. En effet, dans notre cher pays de France du moins, ne pourrait-on pas dire de nos jours exactement l’inverse de ce qu’exprime Jean dans tous les passages qui commencent par « Je vous l’ai écrit… » ?
Les jeunes gens d’aujourd’hui ont-ils vaincu le Mauvais ? Les enfants connaissent-ils le Père ? Et leurs parents ?
Pour la majorité de nos concitoyens, la réponse est, il me semble, tristement négative. Nous vivons dans un pays déchristianisé. Et on y a même tendance, je crois, à diaboliser les croyances et à exalter l’athéisme voire le paganisme. Qui les enfants ont-ils attendu à Noël ? L’enfant de la crèche ou le faux Père, celui qui est vêtu de rouge « avec une hotte sur le dos  » ?
Nos jeunes ont des valeurs, certes. Mais je les observe s’enivrant à la première occasion, s’étourdissant dans des concerts en scandant des paroles parfois douteuses, n’ayant de la fidélité qu’une idée toute relative…
Quant à leurs parents, quelle éducation religieuse leur ont-ils donnée ? Beaucoup de jeunes ne sont plus baptisés, et quand bien même ils le seraient, ils ne vivent pas ce baptême en profondeur, souvent faute de connaître les fondements de leur religion. (suite…)

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Quand fut accompli le temps prescrit par la loi de Moïse pour la purification, les parents de Jésus l’amenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur,
selon ce qui est écrit dans la Loi : « Tout premier-né de sexe masculin sera consacré au Seigneur.»
Ils venaient aussi offrir le sacrifice prescrit par la loi du Seigneur : « un couple de tourterelles ou deux petites colombes. »
Or, il y avait à Jérusalem un homme appelé Syméon. C’était un homme juste et religieux, qui attendait la Consolation d’Israël, et l’Esprit Saint était sur lui.
Il avait reçu de l’Esprit Saint l’annonce qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Christ, le Messie du Seigneur.
Sous l’action de l’Esprit, Syméon vint au Temple. Au moment où les parents présentaient l’enfant Jésus pour se conformer au rite de la Loi qui le concernait,
Syméon reçut l’enfant dans ses bras, et il bénit Dieu en disant :
« Maintenant, ô Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix, selon ta parole.
Car mes yeux ont vu le salut
que tu préparais à la face des peuples :
lumière qui se révèle aux nations et donne gloire à ton peuple Israël. »
Le père et la mère de l’enfant s’étonnaient de ce qui était dit de lui.
Syméon les bénit, puis il dit à Marie sa mère : « Voici que cet enfant provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de contradiction
– et toi, ton âme sera traversée d’un glaive – : ainsi seront dévoilées les pensées qui viennent du cœur d’un grand nombre. »

Luc 2,22-35
©Evangelizo.org 2001-2015

Toute cette page d’évangile est magnifique, et j’aime particulièrement le Cantique de Syméon, qui me bouleverse à chaque fois que je l’entends chanter à complies à l’abbaye de Tamié. Je ne peux le lire sans penser à mes amis moines qui l’entonnent tous les soirs dans la pénombre, ardents dans la foi et confiants. Pensée qui sera associée désormais au souvenir de l’enterrement du grand-père de mes enfants, où cet évangile a été lu et commenté. Je savais de lui qu’il priait tout au long de ses nombreuses et éprouvantes dialyses. Il est parti dans la paix de la foi, comme Syméon heureux d’avoir tenu dans ses bras l’enfant Jésus.

Je voudrais m’arrêter aujourd’hui sur une parole de Syméon : Il sera un signe de contradiction.
En Isaïe 9, 5, les noms prophétisés à l’enfant Messie sont : « Conseiller-merveilleux, Dieu-Fort, Père-à-jamais, Prince-de-la-Paix ».
Cela pourrait sembler contradictoire avec cette prophétie de Syméon.
Et pourtant, nous voyons bien par toute la vie de Jésus qu’il a été ce signe de contradiction annoncé, rencontrant dans ses années de prédication du Royaume autant de haine qu’il a suscité d’amour. Souvent, l’amour des humbles, des pauvres, des petits, des pécheurs capables de repentir et de conversion, et souvent aussi, la haine des gardiens de la Loi juive, qui ne pouvaient reconnaître en lui le Fils annoncé, sans doute par jalousie spirituelle. (suite…)

Dieu, personne ne l’a jamais vu ;
le Fils unique, lui qui est Dieu,
lui qui est dans le sein du Père,
c’est lui qui l’a fait connaître.

Jean 1, 18
Textes liturgiques©AELF

Un prêtre m’a dit un jour que le Prologue de l’Evangile de Jean donnait lieu à un an de cours de théologie au séminaire. Moi qui n’ai jamais mis les pieds dans une fac de théologie – et qui en conçois une certaine fierté – je ne vais certes pas me lancer dans une analyse exégétique. Néanmoins, en ce jour de Noël, j’ai envie de parler de mon propre ressenti des mystères divins. Car après tout, l’Esprit saint ne nous est-il pas donné à chacun, librement de la part du Seigneur, quand nous avons franchi la porte d’entrée des sacrements et de la foi ?
« Je ferai de toi mon épouse pour toujours, je ferai de toi mon épouse dans la justice et le droit, dans la fidélité et la tendresse ;
je ferai de toi mon épouse dans la loyauté, et tu connaîtras le Seigneur » nous dit Osée au chapitre 2, 21-22.
C’est dans l’esprit de ces épousailles spirituelles que je voudrais partager ma connaissance du Christ Jésus dont nous fêtons la naissance parmi les hommes aujourd’hui. Je n’ai pas de cursus de théologie à mettre en avant, mais plus d’un demi-siècle de proximité de cœur avec le Seigneur, et je crois pouvoir dire que, oui, je le connais. Je le connais vraiment. Mieux que les scribes de son temps qui l’ont vu mais ne l’ont pas reconnu.
Les scribes d’aujourd’hui ont souvent, dans le temps de Noël, de grandes envolées lyriques sur l’Incarnation. En ayant lu une l’autre jour sur le blog d’un jeune prêtre, je lui ai envoyé un commentaire qu’il n’a pas daigné publier. J’en reprendrai donc quelques éléments ici.

Nous chrétiens avons l’habitude de dire, en Eglise, que Dieu s’est fait homme en Jésus Christ. Eh bien, au risque de paraître hérétique, je voudrais quelque peu nuancer ce propos. (suite…)

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Les textes liturgiques d’aujourd’hui nous parlent de la venue d’Elie (Malachie 3, 1-4. 23-24) et de la venue de Jean-Baptiste (Luc 1, 57-66) pour annoncer celle du Messie, le Christ Jésus. Ce sont des parallèles bibliques très pertinents. Dieu est cohérent et donne bien des signes quand il veut nous amener à écouter quelqu’un comme sa Parole même.

Mais le Dieu que j’aime et auquel je crois, qui est miséricorde mais aussi justice infinie nous laisse ce témoignage dans les toutes premières lignes de la Genèse : « Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa, il les créa homme et femme » (Genèse 1, 27)
Or, dans toutes les histoires magnifiques du Premier Testament et dans le fondement même de l’Evangile, il est toujours question, quand il s’agit de bénir un couple préalablement stérile ou non, de la naissance d’un fils. On pourrait dresser des listes infinies : Isaac, Jacob et Esaü, les douze fils de Jacob, Moïse, Josué, Samson, Samuel, David, Salomon, et toute la généalogie de Jésus, dans laquelle ne sont mentionnées que quatre femmes hormis Marie, et encore le sont-elles quand il s’agit d’unions irrégulières.
Je me suis toujours demandé si les hommes avaient une quelconque conscience de ce que nous pouvons ressentir, nous femmes, à ces récits dans lesquels nos semblables n’ont droit à une mention que pour leur maternité ou le fait d’être sœur de…, quand ce n’est pas carrément parce qu’elles sont prostituées. De nos jours, l’Eglise n’est pas, et loin de là, libérée de ce discours, puisqu’elle a même été capable au fil des siècles de faire d’un des personnages les plus purs de tout l’Evangile, Marie de Béthanie, la sœur de Marthe et Lazare, une prostituée repentie. C’est un peu comme si quelqu’un avançait aujourd’hui que sainte Thérèse de Lisieux aurait été prostituée à ses heures. Cette phrase vous choque ? Le dire de Marie de Béthanie me choque tout autant. (suite…)

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En ce temps-là,
Marie rendit grâce au Seigneur
en disant :
« Mon âme exalte le Seigneur,
exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !
Il s’est penché sur son humble servante ;
désormais tous les âges me diront bienheureuse.
Le Puissant fit pour moi des merveilles ;
Saint est son nom !
Sa miséricorde s’étend d’âge en âge
sur ceux qui le craignent.
Déployant la force de son bras,
il disperse les superbes.
Il renverse les puissants de leurs trônes,
il élève les humbles.
Il comble de biens les affamés,
renvoie les riches les mains vides.
Il relève Israël son serviteur,
il se souvient de son amour
de la promesse faite à nos pères,
en faveur d’Abraham et sa descendance à jamais. »

Marie resta avec Élisabeth environ trois mois,
puis elle s’en retourna chez elle.

Luc 1, 46-56
Textes liturgiques©AELF

Nous méditons aujourd’hui en Eglise le Magnificat qui porte si bien son nom. Dimanche, le Pape François disait aussi à l’angélus : « Dieu brouille les cartes, Il renverse les puissants de leur trône, il élève les humbles ».

Et je me demande si en Eglise, nous comprenons toujours bien ces paroles.
On tient certes de beaux discours sur les pauvres, nos maîtres. De magnifiques discours aussi sur l’humilité de Marie. Et on prononce de très belles homélies sur le lavement de pieds par Jésus au Jeudi saint.
Seulement, qui prononce ces beaux discours ? Qui est autorisé à les prononcer ?
J’observe depuis quelques décennies que les personnes engagées en Eglise sont de plus en plus poussées à se former en théologie. Que les prêtres et les religieux eux-mêmes vont toujours plus loin dans leurs études. Ne finissent-ils pas par former entre eux une petite caste de gens autorisés à parler des choses de Dieu, quand les autres ne le seraient pas, ou plus ?
Quelle confiance avons-nous encore en l’Esprit et dans les paroles mêmes de Jésus « Je te loue, Père (…), de ce que tu as caché cela aux sages et aux intelligents et de l’avoir révélé aux tout-petits ! » (Mt 11,25)
Même sur la blogosphère, pour avoir un peu de crédibilité, il faut pouvoir faire étalage de ses diplômes en théologie, et bien souvent, les blogueurs catholiques les mentionnent dans leur présentation, comme des trophées qui les autoriseraient à s’exprimer sur la foi.
J’observe, et je m’interroge.
Entre les docteurs en théologie et d’autres qui s’octroient d’office « l’effusion de l’Esprit saint » parce qu’ils prient dans le Renouveau charismatique, on est un peu une pauvre chose quand on n’a que l’oraison, comme Brel n’avait « que l’amour ».
Une voix de moindre importance.
Une pensée susceptible « d’erreur théologique ».

Pour ma part, je resterai fidèle à mon seul maître, le Christ Jésus, qui jamais n’ambitionna de devenir scribe ou docteur de la Loi.

https://www.youtube.com/watch?v=GyYB3JqLbdQ&t=5s