Site de Véronique Belen
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Méditations bibliques

Deutéronome 30, 10-14
Psaume 68
Colossiens 1, 15-20
Luc 10, 25-37

Nous méditons aujourd’hui en Eglise la page célèbre de l’Evangile du bon Samaritain.
En écoutant l’homélie de notre prêtre ce matin, je me disais que comme toujours, sa prédication était imprégnée d’une psychologie masculine. Vivre la loi de l’amour, tout supporter de la part du prochain et tout pardonner… Se reconnaître encore et encore pécheur parce que personne n’est meilleur que son voisin…
Je me disais, l’écoutant, lui dont j’apprécie pourtant beaucoup les homélies et la pastorale, que je commençais à être fatiguée d’être incitée dimanche après dimanche à battre ma coulpe. Quels que soient nos efforts de vie évangélique au jour le jour, nous sommes ainsi culpabilisés sans cesse de ne pas être encore assez bons chrétiens. Nous devons nous voir pécheur et encore pécheur, considérer tout ce que nous n’avons pas fait pour autrui comme ayant plus de poids que les petits gestes que nous avons pu poser…

Cela m’incommode d’autant plus qu’il y a toujours plus de femmes dans l’assemblée que d’hommes. Et quand on sait la propension des femmes à culpabiliser de tout pour un oui ou pour un non ! Elles sont là, leurs maris, quand elles en ont encore un, n’y sont pas pour la plupart, et c’est encore elles qui s’entendent recommander de tout accepter et de les servir encore et encore dans l’abnégation… (suite…)

Le Christ entouré des saints

Bien-aimé, je suis déjà offert en sacrifice, le moment de mon départ est venu.
J’ai mené le bon combat, j’ai achevé ma course, j’ai gardé la foi.
Je n’ai plus qu’à recevoir la couronne de la justice : le Seigneur, le juste juge, me la remettra en ce jour-là, et non seulement à moi, mais aussi à tous ceux qui auront désiré avec amour sa Manifestation glorieuse.
Le Seigneur, lui, m’a assisté. Il m’a rempli de force pour que, par moi, la proclamation de l’Évangile s’accomplisse jusqu’au bout et que toutes les nations l’entendent. J’ai été arraché à la gueule du lion ;
le Seigneur m’arrachera encore à tout ce qu’on fait pour me nuire. Il me sauvera et me fera entrer dans son Royaume céleste. À lui la gloire pour les siècles des siècles. Amen.

Deuxième lettre de saint Paul Apôtre à Timothée 4,6-8.17-18

D’aucuns pourraient juger ces lignes de Paul fort orgueilleuses, surtout s’ils ne croient pas en la grâce toujours possible et agissante.
Paul pouvait-il seulement prévoir à quel point l’Evangile allait encore se répandre après lui ? Il a jeté les bases de l’évangélisation, l’Eglise a poursuivi son œuvre. Nous voici, vingt siècles plus tard, dans une Europe qui se déchristianise et certaines contrées où l’Evangile est interdit. Il n’empêche qu’il suffit de le chercher en quelques clics sur internet pour le trouver en de multiples traductions et dans toutes les langues de la terre. Un esprit curieux et libre aura toujours accès à la Parole du Christ s’il le veut bien. Encore faut-il le vouloir, certes. C’est ce qui manque le plus à nos contemporains. Beaucoup croient le connaître parce qu’ils ont une vague image de Jésus et ont entendu quelques-unes de ses paroles. Mais qui fait vraiment l’effort d’ouvrir ce livre de vie et de vérité pour s’en nourrir et le méditer ? Il faudrait être honnête et connaître vraiment les paroles et les actes de Jésus-Christ avant que de les juger obsolètes, ou mensongers, et de les rejeter.

Parfois, je me dis que le monde est en train de se saborder, à mépriser ainsi l’Evangile que Paul a annoncé en son temps avec tant de peine. Car l’histoire de l’Eglise et de la Révélation n’est pas statique et close. Tout n’est pas accompli dans les Ecritures, et nous sommes en marche de façon certaine vers leur réalisation eschatologique.

A force de mégoter sur l’existence ou non du Christ Jésus, sur sa messianité et sur chacune de ses paroles, on se retrouvera fort surpris et en mauvaise posture quand il paraîtra rayonnant de sa Gloire que nul ne pourra plus tenter de lui ravir. Ce sera pourtant l’heure du Jugement, mot honni de nos contemporains s’il en est.

Zacharie 12, 10-11a ; 13, 1
Psaume 62
Galates 3, 26-29
Luc 9, 18-24

Dans les chapitres 5 à 19 de son évangile, Luc nous montre la vie publique de Jésus. On peut distinguer une première formation des disciples qu’on peut appeler « humaine » (chapitres 5 à 9). Jésus fait défiler sous les yeux de ses disciples 14 miracles. Les disciples voient combien le monde renferme de malheurs. Ils sont ainsi formés à l’attention aux autres et à la bonté contagieuse de Jésus.. Puis, des chapitres 9 à 18, il s’agit de la formation non seulement humaine mais de la formation chrétienne, c’est-à-dire de la foi, avec trois thèmes : 1) celui du détachement par rapport aux richesses, aux honneurs pour devenir de plus en plus libres ;  2) celui de la confiance au Père en prenant l’habitude de s’abandonner à son Père et notre Père ; 3) celui de l’acquisition du sens de la croix. Trois annonces de la Passion ponctuent ces chapitres. Notons que cette formation n’est pas idéologique mais à partir de la vie courante, des événements qui se présentent. Jésus agit, réagit et enseigne en même temps.

« Qui suis-je ? » Jésus a-t-il besoin, comme nous, de passer par le regard des autres pour savoir qui Il est ? La question de notre identité est importante pour chacun. (« Connais-toi toi-même » était la devise de Socrate). Pour répondre à la question, il faut avoir déjà fréquenté un peu Jésus, l’avoir rencontré personnellement sinon nous répétons ce que d’autres ont dit, comme les foules. Leurs réponses indiquent toutes un autre que Jésus : Jean-Baptiste, Élie… Il ne s’agit pas d’identité mais d’identification à du connu, à du passé ou à une fonction. Notre identité n’est pas que biologique (fils de…) ni sociale (médecin, enseignant…). Le seul qui ait bien répondu à la question de Jésus, c’est Pierre dans le passage parallèle de l’évangile de Matthieu chapitre 16 : Jésus félicite Pierre en disant qu’il n’a pas trouvé tout seul la bonne réponse, il a été inspiré. Ce qui est vrai de Pierre est vrai de nous !« Personne ne peut dire que Jésus est Seigneur sans être inspiré par l’Esprit Saint. » (suite…)

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Bien-aimé,
devant Dieu,
et devant le Christ Jésus qui va juger les vivants et les morts,
je t’en conjure,
au nom de sa Manifestation et de son Règne :
proclame la Parole,
interviens à temps et à contretemps,
dénonce le mal, fais des reproches, encourage,
toujours avec patience et souci d’instruire.
Un temps viendra
où les gens ne supporteront plus l’enseignement de la saine doctrine ;
mais, au gré de leurs caprices,
ils iront se chercher une foule de maîtres
pour calmer leur démangeaison d’entendre du nouveau.
Ils refuseront d’entendre la vérité
pour se tourner vers des récits mythologiques.
Mais toi, en toute chose garde la mesure,
supporte la souffrance,
fais ton travail d’évangélisateur,
accomplis jusqu’au bout ton ministère.
Moi, en effet, je suis déjà offert en sacrifice,
le moment de mon départ est venu.
J’ai mené le bon combat,
j’ai achevé ma course,
j’ai gardé la foi.
Je n’ai plus qu’à recevoir la couronne de la justice :
le Seigneur, le juste juge, me la remettra en ce jour-là,
et non seulement à moi,
mais aussi à tous ceux qui auront désiré avec amour
sa Manifestation glorieuse.

Deuxième lettre de saint Paul apôtre à Timothée 4, 1-8
Textes liturgiques©AELF

Paul, grand visionnaire ? Certainement… Nous sommes plongés, en cette époque, en Europe en particulier, dans cette problématique. Rejet de l’enseignement du Christ, tentative de réduction des Evangiles à des écrits contestables et non vérifiables, assimilation des chrétiens à des personnes crédules et cherchant à se rassurer devant la mort… La foi est considérée comme une option, ou, pire, comme une ridicule faiblesse. On est prié de la taire, de la cacher : elle doit appartenir à la « sphère privée ». Surtout, ne pas faire de vagues… Surtout, ne pas faire de prosélytisme…

J’ai un grand tort dans la société bien-pensante d’aujourd’hui : je n’ai pas – plus – de doute quant à la Vérité des Evangiles et de l’incarnation, la résurrection, la venue dans la Gloire du Christ Jésus et sa royauté à venir. Combien de fois ne m’a-t-on pas objecté que cela tenait de la croyance et non de la connaissance ! Est-ce parce que la multitude ne peut, ne veut pas croire en la Révélation de la Parole de Dieu en son Verbe, le Seigneur Jésus, en la puissance de l’Esprit qui nous fait « souvenir de tout ce qu’il nous a dit » que je devrais plier ma foi comme un mouchoir au fond de ma poche et cacher qu’elle est le moteur de ma vie ?
Professionnellement, j’y suis durement contrainte.
Cela me pèse déjà bien assez.
Que l’on ne me demande pas, en plus, dans cet espace d’expression libre que je me suis créé, de renier que le Christ soit vraiment Vérité, Chemin et Vie.

Image : Enluminure de l’Evangéliaire d’Egbert (vers 980)  L’entrée à Jérusalem

Proverbes 8, 22-31
Psaume 8
Romains 5, 1-5
Jean 16, 12-15

Dans notre monde, qui non seulement se déchristianise mais où les hommes se battent, se tuent, en plusieurs régions du monde, sous des prétextes religieux, il est indispensable que ceux qui se disent chrétiens soient capables de rendre compte de leur foi en Dieu ami des hommes, révélé par Jésus-Christ. Nous rendons ce témoignage moins par des arguments rationnels que par notre façon de vivre. Pensons au témoignage que donnent notre pape François et d’autres non seulement en paroles mais en actes. Nous-mêmes, en nous rassemblant pour célébrer l’eucharistie, nous témoignons aussi, ensemble, de notre foi en la Trinité.

* Notre foi chrétienne tourne autour de trois mystères : celui de la Trinité, celui de l’Incarnation et celui de la Rédemption. Ce sont des « mystères». C’est quoi un « mystère » ? C’est une réalité qui nous dépasse et qu’on ne peut observer à l’œil nu. Ainsi le soleil est une image pour dire qu’un mystère ne s’observe pas à l’œil nu mais il se reconnaît par ses effets sur terre, des effets bien visibles eux ! La lumière, la chaleur… Un mystère ne s’explique pas, il se médite. C’est ce qu’a fait la vierge Marie devant les événements mystérieux de sa vie.. À force de méditer en faisant confiance à ce qui ne nous apparaît pas du tout évident, nos yeux commencent à voir les choses, les autres, la vie… autrement. La Bible révèle le mystère de Dieu comme une Alliance avec l’humanité. C’est le fil rouge qui va de la Genèse à l’Apocalypse : « Je serai avec vous » ou « avec toi ». Dans l’Ancien Testament cette alliance ne concerne que le peuple juif. Avec le Nouveau Testament, une nouvelle alliance est révélée qui vaut non seulement pour le peuple juif mais pour tous les hommes qui acceptent de faire confiance en Jésus. Et dimanche dernier, en célébrant la Pentecôte, nous avons fêté le don de l’Esprit qui nous rend frères de Jésus, frères entre nous et fils du Père si nous faisons confiance en cette « force de Dieu » qui nous est proposée à tous et à chacun. (suite…)