Site de Véronique Belen
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Méditations bibliques

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, qu’il soit tué, et que, le troisième jour, il ressuscite. »
Il leur disait à tous : « Celui qui veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix chaque jour et qu’il me suive.
Car celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie à cause de moi la sauvera.»
Quel avantage un homme aura-t-il à gagner le monde entier, s’il se perd ou se ruine lui-même ? »

Luc 9, 22-25
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

Précieuses paroles de Jésus, données à ses disciples qui ne les ont pas comprises avant la mort et la résurrection de leur Maître.
Il en va souvent ainsi des paroles mêmes de Dieu. Le Père, qui a enseigné son Fils, l’a fait marcher sur ses chemins qui ne sont pas les chemins de hommes, lui a partagé ses pensées qui sont infiniment plus hautes que les pensées humaines (Cf. Isaïe 55, 8-9). Si le Fils, lui, a bien compris sur quelle voie de renoncement à sa propre vie il devait marcher pour le salut de ses frères et sœurs en humanité, il a beau l’annoncer par trois fois à ses disciples, ceux-ci n’y comprennent rien, Pierre cherchera même à le dissuader de faire la volonté du Père !
(Matthieu 16, 22-23)

Et ainsi, tous les prophètes authentiques depuis la Première Alliance et jusqu’à aujourd’hui se heurtent-ils à l’opposition du monde au projet de Dieu sur ses enfants et sur l’humanité tout entière. Notre Dieu est un Dieu qui se propose et qui jamais ne s’impose. Mais trouve-t-il une âme qui accepte de se nourrir de sa Parole et de marcher dans ses voies plutôt que dans toute voie humaine, il se la réserve en la passant d’abord au creuset des pires épreuves spirituelles, auxquelles même son propre Fils n’a pas échappé pendant ses quarante jours au désert et son face à face avec le Tentateur.

Quand Dieu juge cette âme digne de sa confiance – et il la choisit en général cachée et sans éclat, pour qu’elle ne puisse définitivement s’enorgueillir que de Lui-même – il lui fait peu à peu la confidence de son projet pour elle-même et pour ses frères et sœurs en humanité.
Non, Dieu n’est pas silencieux. Ce n’est que le monde qui reste sourd à ses appels et à ses prophètes. Ce n’est que l’humanité préférant ses propres voies aux voies de la Trinité Sainte qui fait mine de ne pas avoir reçu ses commandements et ses avertissements répétés, comme les disciples du Seigneur Jésus préféraient ne pas le croire quant à sa Passion inéluctable et toute proche.

Eh bien, voici que la première création de notre Dieu est entrée dans sa propre Passion. On aura beau s’évertuer à corriger la dérive écologique, on ne pourra plus sauver ce que l’homme a déréglé voire détruit. On aura beau faire monter vers Dieu de pieuses prières pour la paix, ce n’est plus sur cette présente création qu’Il va nous l’accorder. On aura beau restaurer des cathédrales et montrer les meilleures volontés de réformer l’Eglise, on ne pourra pas leur ajouter une mesure de vie au-delà des temps et des moments fixés par le Père.

« Car celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie à cause de moi la sauvera. »

Celles et ceux qui accepteront de quitter toutes leurs possessions terrestres pour la terre nouvelle sous les cieux nouveaux, cette Eternité bienheureuse promise à travers toutes les Ecritures et qui n’est pas que l’au-delà de la mort, mais aussi et surtout l’au-delà de cette création dévoyée, celles-là et ceux-là seront sauvés.

Mettons donc à profit ce temps du Carême pour discerner enfin, ici et ailleurs, la volonté ultime de Dieu sur nous et les mystères pas si cachés qu’on le prétend du Salut et de la parousie.

Frères, ne savez-vous pas que vous êtes un sanctuaire de Dieu, et que l’Esprit de Dieu habite en vous ?
Si quelqu’un détruit le sanctuaire de Dieu, cet homme, Dieu le détruira, car le sanctuaire de Dieu est saint, et ce sanctuaire, c’est vous.
Que personne ne s’y trompe : si quelqu’un parmi vous pense être un sage à la manière d’ici-bas, qu’il devienne fou pour devenir sage.
Car la sagesse de ce monde est folie devant Dieu. Il est écrit en effet : ‘C’est lui qui prend les sages au piège de leur propre habileté.’
Il est écrit encore : ‘Le Seigneur le sait : les raisonnements des sages n’ont aucune valeur !’
Ainsi, il ne faut pas mettre sa fierté en tel ou tel homme. Car tout vous appartient,
que ce soit Paul, Apollos, Pierre, le monde, la vie, la mort, le présent, l’avenir : tout est à vous,
mais vous, vous êtes au Christ, et le Christ est à Dieu.

1 Corinthiens 3, 16-23
Textes liturgiques©AELF

La Parole que nous lisons personnellement ou en Eglise est vivante, et je sais que de nombreux catholiques, tout comme moi, ont trouvé ce matin que cet extrait de la première Epître aux Corinthiens entrait singulièrement en résonance avec l’actualité de cette fin de semaine. Comment ne pas penser à ce « saint vivant » qu’était Jean Vanier pour beaucoup de chrétiens, déchu en quelques heures de son piédestal en raison de la révélation d’abus spirituels et sexuels avérés dont il s’est rendu coupable pendant une bonne partie de sa vie ?

Je ne m’étendrai pas davantage sur le cas de cet homme aux mains également pleines d’œuvres bonnes, mais je saisis l’occasion de cette lecture liturgique pour redire mon aversion pour toute forme d’idolâtrie.
Les Baal contemporains ne sont plus des divinités païennes auxquelles les idolâtres offrent des sacrifices, mais bien souvent des personnes que, pour une raison ou pour une autre, on érige en êtres supérieurs et dont on se veut les « fans » dans ce monde en perte de repères.

Depuis les adolescents et leurs idoles de la chanson jusqu’aux inconditionnels de tel ou tel acteur ou actrice, cinéaste, sportif/ve, star dans quelque domaine que ce soit, nombre de nos contemporains se comportent en idolâtres de créatures qui brillent à leurs yeux pour de bonnes ou de moins louables raisons. Et si les tabloïds se portent bien, c’est bien qu’il existe des gens friands « d’actualités people » pour les lire. (suite…)

En ce temps-là, appelant de nouveau la foule, Jésus lui disait : « Écoutez-moi tous, et comprenez bien.
Rien de ce qui est extérieur à l’homme et qui entre en lui ne peut le rendre impur. Mais ce qui sort de l’homme, voilà ce qui rend l’homme impur. »
[…]
Quand il eut quitté la foule pour rentrer à la maison, ses disciples l’interrogeaient sur cette parabole.
Alors il leur dit : « Êtes-vous donc sans intelligence, vous aussi ? Ne comprenez-vous pas que tout ce qui entre dans l’homme, en venant du dehors, ne peut pas le rendre impur,
parce que cela n’entre pas dans son cœur, mais dans son ventre, pour être éliminé ? » C’est ainsi que Jésus déclarait purs tous les aliments.
Il leur dit encore : « Ce qui sort de l’homme, c’est cela qui le rend impur.
Car c’est du dedans, du cœur de l’homme, que sortent les pensées perverses : inconduites, vols, meurtres, adultères, cupidités, méchancetés, fraude, débauche, envie, diffamation, orgueil et démesure.
Tout ce mal vient du dedans, et rend l’homme impur. »

Marc 7, 14-23
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

Soyons un peu audacieux sur cet extrait d’évangile aujourd’hui, puisqu’en son temps, Jésus a été d’une audace extrême en prononçant ces paroles contre les rituels du pur et de l’impur dans sa propre tradition religieuse, notamment les interdits alimentaires si prégnants dans le judaïsme.

Dans le christianisme, nous ne connaissons plus d’interdits alimentaires.
Mais par contre, que d’interdits sexuels, en particulier visant les femmes, que de crispations sur les questions entourant la virginité des femmes, la sexualité hors mariage ou dans le remariage, la contraception, le corps des femmes en général !

Personne n’a donc jamais eu l’idée de transposer au féminin cette parole de Jésus ? Il nous a enseigné :
« Rien de ce qui est extérieur à l’homme et qui entre en lui ne peut le rendre impur. Mais ce qui sort de l’homme, voilà ce qui rend l’homme impur. »
Et si je dis ceci, je scandalise ?
« Rien de ce qui est extérieur à la femme et qui entre en elle ne peut la rendre impure. Mais ce qui sort de la femme, voilà ce qui rend la femme impure. »
Entendu bien sûr non pas ses menstruations (autre obsession religieuse…) mais les élans de son cœur quand ils sont mauvais : inconduites, vols, meurtres, adultères, cupidités, méchancetés, fraude, débauche, envie, diffamation, orgueil et démesure.
Et encore faut-il honnêtement reconnaître que ces travers-là, du moins pour quelques-uns d’entre eux, sont bien plus souvent masculins que féminins… (suite…)

Ainsi parle le Seigneur :
Partage ton pain avec celui qui a faim, accueille chez toi les pauvres sans abri, couvre celui que tu verras sans vêtement, ne te dérobe pas à ton semblable.
Alors ta lumière jaillira comme l’aurore, et tes forces reviendront vite. Devant toi marchera ta justice, et la gloire du Seigneur fermera la marche.
Alors, si tu appelles, le Seigneur répondra ; si tu cries, il dira : « Me voici. » Si tu fais disparaître de chez toi le joug, le geste accusateur, la parole malfaisante,
si tu donnes à celui qui a faim ce que toi, tu désires, et si tu combles les désirs du malheureux, ta lumière se lèvera dans les ténèbres et ton obscurité sera lumière de midi.

Isaïe 58, 7-10
Textes liturgiques©AELF

Cet extrait d’Isaïe est tout simplement magnifique, et tout l’enseignement de Jésus est allé plus tard dans le même sens.
Souvent, nos contemporains se plaignent du silence voire de l’absence de Dieu, quand ce n’est pas qu’ils se gaussent de son inexistence. Or que nous enseignait déjà Isaïe ?
Si tu fais disparaître de chez toi le joug, le geste accusateur, la parole malfaisante, si tu donnes à celui qui a faim ce que toi, tu désires, et si tu combles les désirs du malheureux, ta lumière se lèvera dans les ténèbres et ton obscurité sera lumière de midi.

Peut-être y a-t-il un préalable à la grâce de la foi. Peut-être pouvons-nous être une terre favorable à la manifestation de Dieu à notre cœur. Peut-être, en observant ces préceptes-là, en les observant déjà par amour du prochain sans le moindre calcul, pouvons-nous devenir sel de la terre et voir se pencher sur nous la bienveillance de Dieu. Peut-être se révèlera-t-il alors, Lui, la lumière de nos vies, comme réponse à une question existentielle que nous n’aurons pas forcément pensé à lui poser.

« Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu » , répliquait Jésus au diable dans le désert, quand celui-ci l’incitait à réclamer un prodige de Dieu en sa faveur. (Matthieu 4, 7)

Le Seigneur n’apprécie pas qu’on le défie et qu’on le somme de prouver son existence ou sa puissance.
Mais à un cœur humble et généreux envers le prochain, il se manifeste volontiers tôt ou tard.
Il nous reste alors à discerner les discrets mais innombrables signes de sa présence qu’il dissémine dans nos vies, comme autant de « Me voici. »

En ce temps-là, les scribes, qui étaient descendus de Jérusalem, disaient : « Il est possédé par Béelzéboul ; c’est par le chef des démons qu’il expulse les démons. »
Les appelant près de lui, Jésus leur dit en parabole : « Comment Satan peut-il expulser Satan ?
Si un royaume est divisé contre lui-même, ce royaume ne peut pas tenir.
Si les gens d’une même maison se divisent entre eux, ces gens ne pourront pas tenir.
Si Satan s’est dressé contre lui-même, s’il est divisé, il ne peut pas tenir ; c’en est fini de lui.
Mais personne ne peut entrer dans la maison d’un homme fort et piller ses biens, s’il ne l’a d’abord ligoté. Alors seulement il pillera sa maison.
Amen, je vous le dis : Tout sera pardonné aux enfants des hommes : leurs péchés et les blasphèmes qu’ils auront proférés.
Mais si quelqu’un blasphème contre l’Esprit Saint, il n’aura jamais de pardon. Il est coupable d’un péché pour toujours. »
Jésus parla ainsi parce qu’ils avaient dit : « Il est possédé par un esprit impur. »

Marc 3, 22-30
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

«Il est possédé par un esprit impur.»
Les scribes ont osé le dire au sujet de Jésus. A priori. Sans chercher à l’écouter vraiment, à le comprendre, à discerner ses propos et ses faits et gestes. Ils ont préféré dire qu’il était possédé par le démon car Jésus les gênait dans leurs prérogatives séculaires. Eux s’estimant de la vérité et de Dieu, Jésus devait sans nul doute, à leurs yeux, être du mensonge et de Satan. Bien trop dérangeant pour l’ordre religieux établi.

Finalement, nous avons là un bon critère de discernement pour aujourd’hui, à cette époque étrange où même en Eglise, beaucoup ne croient plus en l’existence du Mauvais et de ses hordes d’esprits retors prompts à mettre en accusation ce qui vient réellement de Dieu.

Il faut dire que le Malin est devenu plus rusé que jamais. Depuis le serpent de la Genèse, il s’ingénie à prendre des apparences bien plus anodines et ambiguës. Passer inaperçu et ne plus exister aux yeux de ceux qui n’ont aucune forme de foi solide, c’est déjà son triomphe. Mais il jubile encore bien davantage quand il parvient à revêtir les apparences de la sainteté. Car ne nous leurrons pas : Satan a un ennemi majeur, c’est le Dieu Trinité, Père, Fils et Esprit Saint, de qui sourd toute Vérité. Il n’a pas tant pour ennemi l’être humain : le séduisant pour le perdre et le priver de vie éternelle, il est d’une complaisance extrême avec les âmes qui aiment par dessus tout le monde. Comme lorsqu’il a voulu tenter le Christ Jésus lui-même, le Mauvais fait miroiter à l’être humain l’avoir, le pouvoir et le paraître. Toutes choses qu’il peut offrir, et dont l’humain raffole. J’ai remarqué souvent que les gens qui se laissaient aller à ces trois convoitises fondamentales avaient en apparence une vie des plus agréables : inféodés au « prince de ce monde », ils sont comblés et le monde leur sourit. La vie leur est facile, ils glissent sur le toboggan des possessions matérielles, de l’insouciance spirituelle et des plaisirs. Et n’allez pas leur dire qu’ils sont en train d’y perdre leur âme, vu qu’elle les indiffère, eux qui ne croient, justement, ni à Dieu ni à diable. Satan les tient par la ruse de leur faire croire qu’il n’est pour rien dans leur inconsistance spirituelle, vu qu’il n’existe même pas à leurs yeux ! (suite…)