Site de Véronique Belen
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Méditations bibliques

Le Verbe était la vraie Lumière,
qui éclaire tout homme
en venant dans le monde.
Il était dans le monde,
et le monde était venu par lui à l’existence,
mais le monde ne l’a pas reconnu.
Il est venu chez lui,
et les siens ne l’ont pas reçu.

Jean 1, 9-11

Pour la cause de Sion, je ne me tairai pas,
et pour Jérusalem, je n’aurai de cesse
que sa justice ne paraisse dans la clarté,
et son salut comme une torche qui brûle.
Et les nations verront ta justice ;
tous les rois verront ta gloire.
On te nommera d’un nom nouveau
que la bouche du Seigneur dictera.
Tu seras une couronne brillante
dans la main du Seigneur,
un diadème royal
entre les doigts de ton Dieu.
On ne te dira plus : « Délaissée ! »
À ton pays, nul ne dira : « Désolation ! »
Toi, tu seras appelée « Ma Préférence »,
cette terre se nommera « L’Épousée ».
Car le Seigneur t’a préférée,
et cette terre deviendra « L’Épousée ».
Comme un jeune homme épouse une vierge,
ton Bâtisseur t’épousera.
Comme la jeune mariée fait la joie de son mari,
tu seras la joie de ton Dieu.

Isaïe 62, 1-5

En ce jour de Noël, je mets à dessein à la suite l’un de l’autre ces deux extraits de la Parole de Dieu, Le premier étant tiré de la lecture de l’évangile du 25 décembre et le deuxième, de la première lecture donnée à la messe du soir du 24 décembre, la veille de Noël.

Je m’interroge et j’interroge mes lecteurs.

Très profondément, dans ma foi chrétienne, je crois que le Christ Jésus est bien le Verbe de Dieu, sa Parole la plus fidèle, son propre Fils né de Lui, le Père, et du consentement de Marie à cette naissance virginale tout à fait unique dans l’histoire de l’humanité. Oui, Jésus qui porte si bien son nom est l’émanation de ce Dieu qui nous sauve, qui nous rachète en sa grande miséricorde de nos péchés par le sacrifice plein d’abnégation de ce Fils si pur et innocent sur la Croix. Jésus absolument sans péché a pris sur lui tout l’opprobre du monde et des créatures depuis les origines et jusqu’à son retour glorieux. En nous approchant de Lui avec contrition, nous pouvons désormais obtenir miséricorde. C’est là ma foi totale au Christ Jésus rédempteur, et je la proclame.

Pourquoi l’Eglise choisit-elle aussi Isaïe 62, 1-5 dans les lectures de ce temps de Noël ? Cela me semble plus obscur…
Certes, Jésus est issu du peuple élu de Dieu, le peuple juif, il allait avec ses parents puis ses disciples vivre sa foi juive à Jérusalem, la ville sainte. Mais le moins que l’on puisse dire, c’est que Jérusalem n’a jamais jubilé ni de sa naissance, ni de sa prédication, à peine a-t-elle acclamé le rabbi monté sur un âne qui pénétrait ses murs quelques jours avant sa passion. (Matthieu 21, 1-11) Sans doute attendait-elle davantage le supposé thaumaturge Jésus de Nazareth que le Messie annoncé depuis des siècles par les prophètes. Nous savons comment se dérouleront les jours suivants : Jésus trahi, arrêté, moqué, supplicié, condamné par la foule au profit de Barabbas sera crucifié comme un paria hors des murs de Jérusalem. (suite…)

Or, voici comment fut engendré Jésus Christ : Marie, sa mère, avait été accordée en mariage à Joseph ; avant qu’ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l’action de l’Esprit Saint.
Joseph, son époux, qui était un homme juste, et ne voulait pas la dénoncer publiquement, décida de la renvoyer en secret.
Comme il avait formé ce projet, voici que l’ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : «Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, puisque l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ;
elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus (c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. »
Tout cela est arrivé pour que soit accomplie la parole du Seigneur prononcée par le prophète :
Voici que la Vierge concevra, et elle enfantera un fils ; on lui donnera le nom d’Emmanuel, qui se traduit : « Dieu-avec-nous »
Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse,
Matthieu 1, 18-24

Voici l’extrait d’évangile qui a été donné à notre méditation pour le quatrième dimanche de l’Avent hier.
Nous avons tous entendu en Eglise catholique de belles homélies sur l’humilité et l’obéissance à Dieu de Joseph, et cela est justice. Sans lui, que serait devenue Marie enceinte de l’Enfant Jésus ? Livrée à la vindicte populaire, paria car fille-mère, elle aurait été exposée à une vie des plus difficiles, ce que Dieu n’a pas voulu pour elle en lui donnant un époux attentif à sa parole, dans l’abnégation de son honneur d’homme d’abord blessé par cette grossesse ne venant pas de lui. Joseph a tenu compte de ce que son songe divin lui a inspiré et a pris chez lui son épouse Marie.

Curieusement, ou plutôt de façon fort prévisible, l’Eglise catholique découpant comme elle l’entend les versets bibliques pour l’usage liturgique a omis le verset 25 qui conclut ce chapitre 1 de l’évangile de Matthieu :

 mais il ne s’unit pas à elle, jusqu’à ce qu’elle enfante un fils, auquel il donna le nom de Jésus.

Et là, j’avoue que je suis scandalisée.
L’Eglise de mon baptême nous prend-elle donc pour des enfants immatures se nourrissant exclusivement du lait de sa doctrine ? Pourquoi omet-elle sciemment le verset 25 ? (suite…)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples :
« Quand vous verrez Jérusalem encerclée par des armées, alors sachez que sa dévastation approche.
Alors, ceux qui seront en Judée, qu’ils s’enfuient dans les montagnes ; ceux qui seront à l’intérieur de la ville, qu’ils s’en éloignent ; ceux qui seront à la campagne, qu’ils ne rentrent pas en ville,
car ce seront des jours où justice sera faite pour que soit accomplie toute l’Écriture.
Quel malheur pour les femmes qui seront enceintes et celles qui allaiteront en ces jours-là, car il y aura un grand désarroi dans le pays, une grande colère contre ce peuple.
Ils tomberont sous le tranchant de l’épée, ils seront emmenés en captivité dans toutes les nations ; Jérusalem sera foulée aux pieds par des païens, jusqu’à ce que leur temps soit accompli.
Il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles. Sur terre, les nations seront affolées et désemparées par le fracas de la mer et des flots.
Les hommes mourront de peur dans l’attente de ce qui doit arriver au monde, car les puissances des cieux seront ébranlées.
Alors, on verra le Fils de l’homme venir dans une nuée, avec puissance et grande gloire.
Quand ces événements commenceront, redressez-vous et relevez la tête, car votre rédemption approche. »

Luc 21,20-28
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

J’ai déjà, ici ou là, commenté cet extrait d’Evangile, je veux juste m’arrêter aujourd’hui sur la phrase mise en titre : « Ce seront des jours où justice sera faite pour que soit accomplie toute l’Écriture. »
Il est de bon ton, dans une homélie catholique, d’appuyer sur la fait que ce soit le Christ Jésus, par son incarnation, sa mort et sa résurrection, qui ait déjà accompli toutes les Ecritures. Le catholique n’aime pas s’appesantir sur l’espérance en un retour du Christ en gloire à la fin des temps. Sommes-nous donc tellement craintifs qu’il faille toujours nous ménager face à ce type de texte ? Sommes-nous tellement auto-satisfaits de notre propre salut en Jésus-Christ – que beaucoup considèrent comme d’ores et déjà acquis – que nous finissions par devenir indifférents au salut de notre prochain qui ne croit pas au Fils de Dieu ? Sommes-nous tellement jaloux de notre confort, notamment en occident, que nous ne voulions plus penser que la justice de Dieu soit autre chose que notre petite paix personnelle et nos prérogatives de bon chrétien ?

Il y a vingt ans, « recommençante » dans l’Eglise, j’étais vivement interpellée par les récits apocalyptiques qui ne me laissaient pas dans une paix béate. Notre curé, issu du Renouveau charismatique, balayait mes questionnements en me répondant que Luc parlait ici de la destruction du temple de Jérusalem en l’an 70 et que tout cela était accompli depuis longtemps. Il riait presque de mes préoccupations pour le devenir de notre monde. Et comme il me voyait inquiète, il me disait que ce n’était pas là la signature de Dieu, celle-ci étant une paix profonde. Quand c’est votre curé de paroisse, unanimement apprécié, qui vous dit ces choses, vous ravalez vos questionnements et vous apprenez à les taire. (suite…)

En ce temps-là, comme les pharisiens demandaient à Jésus quand viendrait le règne de Dieu, il prit la parole et dit : « La venue du règne de Dieu n’est pas observable.
On ne dira pas : “Voilà, il est ici !” ou bien : “Il est là !” En effet, voici que le règne de Dieu est au milieu de vous. »
Puis il dit aux disciples : « Des jours viendront où vous désirerez voir un seul des jours du Fils de l’homme, et vous ne le verrez pas.
On vous dira : “Voilà, il est là-bas !” ou bien : “Voici, il est ici !” N’y allez pas, n’y courez pas.
En effet, comme l’éclair qui jaillit illumine l’horizon d’un bout à l’autre, ainsi le Fils de l’homme, quand son jour sera là.
Mais auparavant, il faut qu’il souffre beaucoup et qu’il soit rejeté par cette génération. »

Luc 17, 20-25
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

Jésus a prononcé ces paroles il y a 2000 ans ! Nous en rendons-nous toujours bien compte ? Et pourtant elles demeurent, elles sont toujours d’actualité, et si ses contemporains avaient beaucoup à en apprendre, il en va de même pour nous, vingt siècles plus tard.
Les contemporains de Jésus venu dans la chair ont eu cette chance inestimable de le côtoyer, de pouvoir l’écouter et même l’interroger. Malheureusement, souvent, ils ne l’ont fait que pour chercher à le piéger ou à ridiculiser son enseignement, comme nous l’avons vu dans l’évangile de dimanche dernier (Luc 20, 27-38) au sujet de la résurrection des morts. Les pharisiens, les sadducéens et autres sceptiques s’en prenant à Jésus ne pouvaient pas anticiper sa résurrection –  que nous chrétiens nous connaissons – et y comprendre à l’avance quelque chose. Et Jésus en était tristement lucide quand il disait :
« Mais auparavant, il faut qu’il souffre beaucoup et qu’il soit rejeté par cette génération. »

J’insiste une fois de plus sur le fait que la passion et la crucifixion de Jésus n’ont pas été « un accident de l’histoire » comme le prétendent certains théologiens contemporains. Elles étaient inéluctables, tout comme est inéluctable à notre époque le rejet de la vérité qui est dans l’Evangile – tous les faits et gestes, et surtout la Parole du Christ Jésus. « Cette génération », c’est aussi la nôtre, et même spécialement la nôtre, elle qui rejette les enseignements de la Sagesse incarnée à son tour après le Verbe incarné il y a vingt siècles. (suite…)

En ce temps-là, quelques sadducéens – ceux qui soutiennent qu’il n’y a pas de résurrection – s’approchèrent de Jésus
et l’interrogèrent : « Maître, Moïse nous a prescrit : ‘Si un homme a un frère qui meurt en laissant une épouse mais pas d’enfant, il doit épouser la veuve pour susciter une descendance à son frère.’
Or, il y avait sept frères : le premier se maria et mourut sans enfant ;
de même le deuxième, puis le troisième épousèrent la veuve, et ainsi tous les sept : ils moururent sans laisser d’enfants.
Finalement la femme mourut aussi.
Eh bien, à la résurrection, cette femme-là, duquel d’entre eux sera-t-elle l’épouse, puisque les sept l’ont eue pour épouse ? »
Jésus leur répondit : « Les enfants de ce monde prennent femme et mari.
Mais ceux qui ont été jugés dignes d’avoir part au monde à venir et à la résurrection d’entre les morts ne prennent ni femme ni mari, car ils ne peuvent plus mourir : ils sont semblables aux anges, ils sont enfants de Dieu et enfants de la résurrection.
Que les morts ressuscitent, Moïse lui-même le fait comprendre dans le récit du buisson ardent, quand il appelle le Seigneur ‘le Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob.’
Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants. Tous, en effet, vivent pour lui. »

Luc 20, 27-38
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

Je ne sais pas ce qu’il en est pour vous amis lecteurs, mais jamais les homélies catholiques ne m’incommodent  autant que les jours où l’on lit en Eglise cet évangile-là. Je dois dire que cet évangile lui-même me met déjà dans l’embarras. Que dire alors des homélies catholiques qui, puisant à peu près toutes aux mêmes sources, nous livrent une image de la résurrection tellement  désincarnée et éthérée que même Jésus n’a pas forcément voulu nous l’inculquer ainsi ?

J’ajoute à cette introduction qu’ayant lu aujourd’hui une dizaine d’homélies sur les lectures du jour, j’y ai trouvé presque à chaque fois l’image de l’enfant dans le sein de sa mère, de la chenille qui devient papillon, du grain qui meurt pour devenir épi… Ces métaphores catholiques sont tellement rebattues qu’elles finissent vraiment par lasser. Et je ressens comme un très grand manque en ce jour le fait que nous soyons sans cesse obligés d’écouter des prêtres, et donc des hommes exclusivement, nous parler de « l’au-delà » tout en nous recommandant instamment de ne pas nous poser trop de questions à ce sujet ! (suite…)