Alouette, je te plumerai…
Un peu étrange d’être l’alouette dans l’histoire. Un peu sonnée, un peu stupéfaite d’avoir été une fois de plus si naïve et si confiante…
Plantons le décor : une femme âgée, malade, sans héritier direct, possédant quelques modestes biens qu’elle sous-entendait depuis longtemps vous transmettre en vertu d’un lien fort de marraine à filleule…
La maladie et la dépendance s’incrustent dans sa vie. Et aussitôt, également, une voisine débordante de bonnes intentions et rendant plus de services qu’on ne lui en aurait demandé. Vous êtes loin, elle habite la maison mitoyenne. Vous êtes honnête et désintéressée, elle maîtrise toutes les ficelles de la finance et des successions. Vous avez pour seul souci la santé en déclin de la pauvre malade et elle, son patrimoine.
Le dernier acte est joué. Ou l’art, pour une simple voisine, de se trouver subitement légataire universelle devant un notaire qui se déplace en maison de retraite au chevet d’une mourante.
Fin de la pièce. Encore au chagrin de votre deuil, vous serez sans doute néanmoins priée de débarrasser la maison tombée dans s’escarcelle de la voisine des vieux meubles inutilisables dont vous avez, pour votre part, hérité…
Heureusement qu’il vous reste les valeurs l’Evangile :
Et si quelqu’un veut te poursuivre en justice et prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau.
Matthieu 5, 40
