
Si la perversion narcissique de la supérieure “Mère Marie-Agnès” ne fait ici pas l’ombre d’un doute, son autorité toxique ayant causé plusieurs décennies de souffrances en raison d’ignobles traitements infligés aux religieuses bénédictines du Sacré-Cœur de Montmartre, on obtient, dans l’affaire évoquée par l’article en lien ci-dessus, l’illustration paroxystique des dérives liées au vœu d’obéissance, pourtant si cher à l’Eglise catholique romaine.
Un concept vicié dès la base : postuler qu’une personne humaine puisse représenter Dieu et sa Volonté dans une congrégation ou une institution religieuses est la porte ouverte à tous les abus de pouvoir et spirituels.
Il m’a fallu personnellement presque soixante ans pour comprendre cela par l’observation, la réflexion et l’expérience.
Cette croyance catholique source d’emprise n’a pas cessé de graviter autour de ma personne et de ma foi : au lieu d’écouter ce que j’avais à dire depuis le début des années 2000, les clercs de mon entourage, et jusqu’à l’unique évêque qui avait alors, et a toujours aujourd’hui, toute mon estime, ont observé en priorité ma capacité d’obéir à l’arbitraire en la personne d’un homme d’Eglise, et par extension d’un mari ou même d’un médecin.
Ainsi est organisée l’Eglise catholique romaine depuis des siècles : on n’y accorde éventuellement crédit à une femme vivant des grâces dans sa prière et dans sa vie, que si elle se montre soumise à une autorité, qui au sommet de sa hiérarchie est forcément un homme.
Or l’obéissance à Dieu, depuis la Vierge Marie, c’est absolument l’inverse : se dégager comme elle l’a fait de toute emprise religieuse ou masculine, pour donner librement en son âme et conscience, pures et tournées vers Dieu, l’acquiescement irréversible à Sa Volonté.
Pour justifier malgré tout de continuer à mettre sous leur joug les femmes, fussent-elles d’une foi irréprochable, les clercs ont tricoté la doctrine de l’obéissance, dès le couple conjugal et jusque dans la vie religieuse, qu’elles soient consacrées ou non.
Et force est de constater, par la multiplicité des affaires d’abus révélées ces dernières décennies, à quel point ce fonctionnement ecclésial délétère a produit l’inverse des fruits vantés : oppression des consciences, formatage à la foi catholique autour de doctrines contestables, asservissement des personnes au profit d’institutions et de paroisses n’ayant pourtant à terme plus grand chose à voir avec le supposé service du Christ.
Il faut toute une vie d’accompagnement infaillible par le Seigneur pour parvenir à cette conscientisation de la toxicité du vœu d’obéissance en Église catholique romaine.
Car en vérité, cette obéissance à une créature, même ordonnée ou ci-dessus élue prieure, prive l’âme de la liberté ontologique de la foi. Loin d’être un gage d’obéissance à Dieu, elle empêche le Seigneur d’agir à sa guise dans une âme choisie par Lui, pour se manifester au monde dans Ses propres volontés et révélations ultimes.
Ajoutons à cela le fantasme catholique d’être un jour canonisé et vénéré comme saint, et on obtient le présent résultat : une horde de baptisés contraints à une foi définie par des dogmes et doctrines à interroger enfin, car tous, sans exception, élaborés par des hommes cultivant l’entre-soi masculin et le désir de domination sur les consciences, surtout d’ailleurs sur celle des femmes, baptisés, donc, qui ne ressemblent plus en rien à d’authentiques chrétiens initialement affranchis du monde et des créatures par le Christ.
Mais vraiment, cette prise de conscience d’un fonctionnement ecclésial délétère est le travail de toute une vie en Dieu, l’Unique capable de révéler en un cœur et une âme tournés vaille que vaille vers Lui, que le vrai salut se trouve désormais dans la fuite de cette institution devenue au fil des siècles un étau de plus en plus sectaire.
L’ultime argument brandi par l’institution catholique de lier le don de l’Esprit Saint à des sacrements, allant crescendo, depuis le baptême, de la confirmation jusqu’à l’ordination pour aboutir à l’infaillibilité pontificale, est une aberration théologique tissée de vaines prétentions à domestiquer le Don de Dieu.
L’Esprit Saint est et demeure souverainement libre de se prodiguer à qui il veut et comme il veut, et se révèle aujourd’hui tout aussi libre de se retirer, brutalement et irrévocablement, d’une institution ecclésiale qui n’a que trop trahi le Christ et son Évangile.
Source photo : https://www.maumont.com/fr/profession-de-soeur-marie-noel