
Une amie proche et bien-aimée, que je connais de longue date, prenant ces jours-ci connaissance d’un profond conflit familial qui déchire les miens depuis le lendemain de Noël et dont je souffre beaucoup, mais en restant digne et déterminée à lutter contre les manipulations de toutes sortes qui ont pour objectif, depuis très longtemps, de diviser ma famille en plusieurs clans et de discréditer la foi chrétienne, m’écrivait ce matin, en faisant référence à une prière bien connue attribuée à Saint François d’Assise :
“Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix” (voir liens ci-dessous)
qu’elle me souhaitait avec amitié l’apaisement personnel dans cette situation conflictuelle, et d’éviter un quelconque jugement sur les attitudes des uns et des autres.
Voici donc des extraits, quelque peu remaniés pour ce blog, de la réponse que je lui ai faite :
(Prénom de mon amie modifié par souci de discrétion).
Merci chère Albane,
Oui, j’aime beaucoup cette prière de Saint François d’Assise.
Être un instrument de paix, j’ai essayé à tout prix de l’être depuis toujours, retissant le lien entre les différents membres de ma famille malgré tensions et conflits, en aimant toujours chaque personne inconditionnellement, revenant vers chacune encore et encore, la considérant pour elle-même et pas pour ce qu’elle avait pu faire ou dire de déplacé, voire de grave, à autrui comme à moi-même.
Et cela a valu évidemment aussi pour mes parents tant qu’ils étaient en vie.
Je suis toujours revenue vers eux avec amour, fidélité et respect filial, et ce malgré leur façon récurrente de pousser sous le tapis les vrais problèmes qui surgissaient au fil des années, sans plus les évoquer plus tard, ni jamais les interroger.
Ainsi, j’ai de manière continue pardonné, pardonné et encore pardonné, selon les nobles valeurs chrétiennes dans lesquelles nous avions été élevés. Pardonné pour entretenir des relations d’amour, d’écoute, de consolation, et concernant mon père, d’accompagnement totalement bienveillant jusque dans sa mort.
Cela ne signifie pas pour autant que j’aie “oublié” le mal fait de part et d’autres, et pour lequel, me concernant, les différents membres de ma famille ne m’ont jamais formulé de demande explicite de pardon.
Il se trouve que personnellement, j’ai une mémoire des mots et des faits exceptionnelle, c’est ainsi depuis mon enfance, et j’en rends grâce à Dieu. Cela doit bien avoir du sens et une utilité à terme.
Pour ce qui est de mes proches déjà décédés, dans ma grande foi, je les ai tous remis à Dieu, à son jugement et à sa miséricorde, confiante dans leur innocence pour certaines femmes d’une grande humilité, d’une foi sincère et d’une piété exemplaire, ou en intercédant ardemment pour leur salut quand à l’évidence, ils avaient mené, impunément, toute une vie de nuisance à autrui. Et j’ai vraiment pris sur moi au maximum pour le faire – à la différence de bien d’autres, qui se soucient peu de l’Évangile et des questions existentielles concernant la vie, la mort et l’au-delà.
Pourquoi t’écrire tout cela, chère amie ?
Parce qu’en toute bonne volonté et désir de me venir en aide, tu me conseilles apaisement dans mes relations humaines actuelles et absence de jugement sur les faits et les personnes.
Ce discours est un discours catholique récurrent, je le connais parfaitement, et je comprends très bien que l’on puisse en être prisonnier pour soi-même, ou pour son prochain.
J’observe même que d’aucuns s’en servent insidieusement de manière éhontée – ce n’est pas à toi, chère Albane, que je pense à ce sujet – pour faire pression sur des chrétiennes sincères et observantes, en tentant de les culpabiliser par des admonestations au nom de valeurs qu’ils ne mettent pas eux-mêmes en application.
Procédé manipulatoire malheureusement courant, et ravageur.
Or, depuis environ vingt ans que j’échange énormément sur des questions de foi et de théologie, par le biais de divers supports de débat sur le net, je suis très régulièrement agressée verbalement par de “bons catholiques” qui me reprochent de juger mon prochain, et de ne pas savoir pardonner. Et là, j’avoue que je suis arrivée à un point de ma vie où je ne puis plus tolérer ces attaques gratuites, trop faciles et culpabilisantes à dessein, de la part d’interlocuteurs souvent ignorants des tenants et des aboutissants de ma vie personnelle, et se permettant de juger de manière larvée et mesquine de ma propre façon de vivre au quotidien mes valeurs évangéliques, au besoin en mettant en doute mon amour absolu pour la personne du Christ, mon unique modèle.
Albane, nous nous sommes connues à la Jeunesse Ouvrière Chrétienne dans les années 80, et quelle joie ce fut de t’avoir pour amie à cette époque, et aussi de t’avoir retrouvée comme amie il y a quelques années !
Vois-tu, depuis plus de vingt ans que je ferraille tous les jours sur internet sur des questions théologiques, j’ai très souvent pu remettre à leur place mes accusateurs, au sujet du jugement et du pardon, forte de ma formation intellectuelle et spirituelle au sein de la JOC justement, et ce en reprenant son principe essentiel et toujours mis en pratique dans notre jeunesse du “VOIR – JUGER – AGIR” qui est résolument, à mon avis, un outil de discernement spirituel et personnel extrêmement pertinent.
Et donc, j’estime que j’ai déjà passé environ quarante ans de ma vie à VOIR, sans me défendre et sans pouvoir y répliquer, le mal qui se pratiquait autour de moi, et en outre, bien plus souvent qu’à mon tour, envers moi.
Puis j’ai commencé, après ce temps de souffrance indicible et incompréhensible, en renouant avec la foi chrétienne et en bénéficiant peu à peu de l’esprit de discernement – Dieu m’en faisant la grâce en réponse à mon incessante prière pour qu’Il me vienne enfin en aide dans les difficultés et les injustices inouïes que j’avais à endurer depuis bien trop longtemps – à JUGER, non pas par orgueil ou posture de surplomb indue, mais selon l’enseignement du Christ et le contenu authentique des Évangiles, que je ne cesse de méditer depuis au moins vingt-huit ans.
Et enfin, à l’aune de mon vécu patiemment réfléchi pendant toutes ces années, de ma capacité à juger si un comportement de ma part ou de la part d’autrui était conforme ou non à la Volonté de Dieu, j’ai compilé récemment en moi-même toutes ces observations attentives au long de ma vie, et je les ai confrontées consciencieusement aux valeurs de l’Évangile, pour en tirer les conclusions raisonnées qui me permettent aujourd’hui enfin d’AGIR.
Car il est plus que temps.
Ce que les chrétiens, et peut-être malheureusement en particulier les catholiques, oublient ou omettent souvent par méconnaissance des Écritures, ou même par malice en les détournant, tronquant et relativisant – en disant cela, je pense particulièrement aux prédicateurs, exégètes et théologiens contemporains – c’est que les Évangiles, tout comme la Bible en son entier, ne s’achèvent pas sur une paix béate et un pardon universel, mais bien au contraire sur une lutte acharnée du Bien qui est en Dieu contre le mal qui est dans l’homme, sournoisement instrumentalisé en lui et autour de lui par le Mauvais des origines.
Et cette lutte n’est rien moins qu’une guerre entre le Bien et le mal, entre la Vérité et le mensonge, entre les rescapés de la manipulation mentale délétère, et leurs persécuteurs jusqu’ici impunis.
Nous y sommes, et c’est maintenant, non seulement dans ma propre vie, mais encore à l’échelle du monde tel qu’il évolue ces dernières décennies, et même au cœur des différentes traditions et religions qui y ont cours.
Je ne sais pas, Albane, si tu connais le mot Kairos. Sinon, recherche sa définition.
Je suis, en ce début de nouvelle année, exactement au Kairos de ma vie, et sans prétention inappropriée, je peux te dire que le monde arrive maintenant aussi à son Kairos.
La lutte évoquée dans mes lignes plus haut est maintenant cruciale et déterminante, car elle mène tout droit, à son terme, au jugement de Dieu.
Dieu, lui aussi, a vu pendant des millénaires ce qui se jouait dans l’humanité, Il a jaugé les rapports entre les personnes, et notamment entre les hommes et les femmes, et maintenant Il agit, appelant dans cette “lutte finale” les femmes, et également les hommes de bonne volonté, qui veulent bien L’aider à préparer la moisson évoquée à travers toutes les Écritures, et après laquelle Lui, le Seigneur, effectuera le tri final entre ses brebis fidèles et persécutées, et les boucs malfaisants.
Donc là, il est urgent de prendre position, de choisir son camp, eh oui Albane, car l’abomination des persécutions injustes n’a que trop duré, et qu’il est plus que temps de faire tomber les masques des menteurs, et de dénoncer les subterfuges des manipulateurs, pour que rayonne enfin la gloire des Justes.
Albane, je te remercie de ta remarque, certes un peu convenue, mais qui m’a conduite à développer et à pouvoir rédiger cette mise en forme de ma conviction la plus profonde.
Le temps n’est plus dans ma vie à la négociation et au compromis avec les manipulateurs et les menteurs, ce que j’ai fait déjà bien trop longtemps, mais au contraire à la lutte inflexible contre l’injustice et l’iniquité.
Et à présent, autour et avec l’aide de l’aînée de mes deux filles, médecin et victime naguère de manipulateurs de très haut vol – c’est elle qui a initié en moi depuis deux ans cette prise de conscience des ignominies endurées par plusieurs personnes dans notre propre famille, et par bien d’autres encore en ce vaste monde – à chacune et à chacun, désormais, de prendre position entre ce qui est négociable et ce qui est inacceptable dans sa propre vie, et de choisir une fois pour toutes entre la mort de l’âme dès ce monde, ou la vie éternelle à laquelle aspirer !
Voilà, mon amie Albane, ma réaction à ton message qui se voulait consolant et conciliant.
Merci d’avoir suscité ma réaction argumentée, et que je t’autorise à partager, en cas de besoin, à qui tu voudras.
Je t’embrasse,
Véronique
https://paroissedermont.fr/docs/la_priere_de_saint_Francois_dAssise.pdf
https://youtu.be/36gtZh4iifk?si=_ab5TCoN2G8uMwPC
Image : L’Apocalypse de Corpus Christi College Cambridge
Source image : https://quaternio.ch/fr/editions-en-fac-simile/apocalypse-corpus-christi-college/